Droit de reponse à la CROIX

En qualité de nièce des Pères Thomas et Marie-Dominique Philippe, je tiens à apporter des réponses en mon nom et au nom d’une partie des descendants vivants de la Famille Philippe  au sujet des accusations portées sur mes oncles, mes tantes et mes grands-parents dont votre volumineux dossier de La Croix du 22 février 2021 a amplement fait écho.

Ces accusations sont très contestables en raison de l’absence de « preuves » sérieuses. On ne peut pas établir une vérité « historique » des faits allégués sans une analyse critique, juridique et psychologique des témoignages avancés y compris des plus anciens qui dateraient de 1950 !

L’anonymat des plaignantes nous est systématiquement opposé. La famille Philippe amplement vilipendée ne peut objecter le moindre doute sur ces plaintes car nous devons «croire» les frères de St Jean et les responsables de l’Arche avec une confiance aveugle tant ces accusateurs ont considéré les faits comme « crédibles ». Aucune expertise médico-psychologique des victimes présumées n’a donc été faite qui pourrait révéler des pathologies de type mythomanie, érotomanie, affabulation ou conviction passionnelle. Aucune pièce n’est produite. Aucune règle juridique sérieuse n’a été mise en œuvre. A ce jour, la seule accusation publique que nous avons pu analyser en détail est celle de Michelle-France Pesneau qui constitua l’élément central de l’émission de TV d’Arte et de la campagne de presse. Cette dame accuse les deux frères d’abus de 1972 à 2000 (38 ans !). Le P Marie-Dominique aurait aussi abusé d’elle 26 ans selon ses affirmations et le père thomas aurait abusé plus de 100 personnes et « même des hommes » (p. 104 de son livre « L’emprise » aux éditions Golias). En plus du caractère grotesque de cette accusation,  j’ai montré sur le site internet marie-dominique.philippe.com que ses allégations étaient incohérentes (en particulier sur les lieux et les dates) et peu crédibles. Cela ne semble pas gêner pour autant les accusateurs qui vont chercher une affaire qui date de plus de 70 ans …et dont les acteurs sont tous morts !

Sur la condamnation du P. Thomas en 1956 par le St Office, (que vous avez nommée « affaire trouble »…) là encore, aucune pièce probante n’est avancée car les archives pontificales sont encore couvertes par le strict secret. On sait juste que  le P. Thomas fut condamné à ne plus célébrer l’Eucharistie mais « seulement » pendant 1 an et 5 mois. On ignore encore les motifs exacts de sa condamnation. Mais des personnes « bien informées » continuent de faire « fuiter » des pièces parcellaires exclusivement à charge surtout en provenance des archives de la Province Dominicaine de France. (Le Provincial m’a pourtant dit devant deux témoins le 23 Novembre 2019 qu’il n’avait pas de pièces…) Elles sont interprétées hors du contexte et de la procédure comme celle d’un « lanceur d’alerte » citée par votre article. Cela va à l’encontre des règles élémentaires du droit et de du débat sincère et contradictoire.

On fait maintenant souvent état d’une condamnation du P. Marie-Dominique, de sa sœur Cécile prieure dominicaine et du P. Dehau oncle des religieux de la famille Philippe. Mais on omet de dire qu’à l’époque la confession des religieuses était très règlementée (Voir les canons 520 à 539 de l’ancien droit canon de 1917 en vigueur jusqu’en 1983). Ainsi un confesseur « ordinaire » de religieuses avait une « charge » d’une durée de trois ans (canon 526) qui était révocable (canon 527) sans que cela soit considéré comme une sanction infamante. Aussi, il est abusif de dire que le retrait présumé de la charge de confesseur de religieuses du père Marie-Dominique était une « condamnation ». Cette mesure n’a rien à voir avec le retrait des pouvoirs de confesser (canon 969 ou 872 cic1917). Le père Marie-Dominique aurait eu aussi interdiction (toujours d’après les Dominicains) “d’enseigner la spiritualité,  mais pas la métaphysique”. De là, la communauté St Jean a conclu que le père a été « jugé gravement complice des agissements de son frère » et donc qu’il serait à l’origine des abus des frères de St Jean de 1980 à ce jour… Curieux raccourci !

Ce qui est très étonnant dans cette « affaire » ce sont les affirmations et les certitudes de tous les clercs qui prennent à la fois des habits d’officiers de police, de juges et de procureurs. Certes, il y a des plaignantes. Mais comme il est malséant de mettre en doute leurs témoignages ou de demander des éléments probants, la cause n’est pas discutable. Dans une vraie procédure judiciaire, c’est souvent « parole contre parole ». Il y a un débat contradictoire et des confrontations. Avant le procès, il y a une instruction à charge et à décharge. Les  avocats ont accès à toutes les pièces. Ils peuvent plaider et sont écoutés. Mais ici, le procès est post mortem. C’est « paroles contre le silence du tombeau ». La défense n’existe pas. La famille Philippe est trainée dans la boue mais on lui refuse tout accès aux pièces du dossier. On lui oppose « le secret canonique » alors que des « sources bien informées » vont s’autoriser à violer le droit canon (canon 487, canon 1609) en exhumant des « archives ». Pensez donc, une condamnation du St Office de 1956 ne peut être que « sulfureuse »  devrions-nous dire! Il faut noter une autre violation du droit canon ( c. 1717 ) par Mgr d’Ornellas (archevêque de Rennes ) quand il fait faire en 2015 une l’enquête qualifiée de « canonique »  par le Père Marcovits alors que ni lui ou l’un de ses prédécesseurs ne fut l’Ordinaire du Père Thomas Philippe (du diocèse de Beauvais) . Je lui ai demandé à ce qu’il annule cet acte mais sans résultat. On peut aussi noter au passage  les violations des canons 489, 1455 et 1457.

Quand le droit élémentaire est violé de cette façon, on peut dire que c’est un procès stalinien. Mais qu’importe quand il faut justifier une thèse ! Comment peut-on prétendre dans l’Eglise faire œuvre de justice et de miséricorde envers des victimes quand le droit élémentaire est violé ?  C’est une chose bien étrange de voir ces communautés honnir maintenant, et de cette façon, leur fondateur !

Marie PHILIPPE

2 commentaires

  1. « Procès stalinien » c’est le cas de le dire quand on sait que le drapeau rouge a flotté , un temps , sur le Saulchoir , maison de formation des dominicains où le père Marie-Dominique a enseigné et où le père Thomas est venu comme visiteur apostolique envoyé par Rome ( cf « l’affaire Chenu » par Etienne Fouilloux historien ) .
    Quant à faire oeuvre de miséricorde et de justice , est ce vraiment le but ?
    La communauté St Jean , elle , après le retrait et le départ du père Marie-Dominique a été prise en main après l’arrivée de frères qui semblaient curieusement ne pas être en phase avec l’esprit initial d’une communauté qui voulait opérer , dans des temps troublés , un « retour à la Source »
    Il faudrait croiser les regards historiques , théologiques , philosophiques et politiques sur le 20e siècle pour comprendre .

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