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Mes Oncles, les pères Thomas et Marie-Dominique PHILIPPE,  sont-ils des criminels ? Ma contre-enquête.

par  Marie PHILIPPE,  le 18 juin 2019

Ce dossier est destiné aux Autorités de l’Eglise et fait suite aux accusations du Prieur Général de St Jean, des responsables de l’Arche et des articles de presse en particulier l’émission TV d’Arte «Religieuses abusées» du 5 mars 2019.

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  • Nous recherchons un traducteur bénévole pour traduire ce dossier en anglais

Je suis Marie PHILIPPE, nièce des pères Marie-Dominique PHILIPPE op (1912-2006) et Thomas PHILIPPE op (1905 -1993). Ils furent dénoncés par leur communauté respective en 2013  et 2015.

Puis ils refirent l’objet d’accusations lors d’une émission de télévision sur Arte le 5 mars 2019 sur les « religieuses abusées » Le communiqué de presse de la chaîne présente le contexte : « Depuis des décennies, des religieuses de tous les continents sont abusées sexuellement par des prêtres prédateurs. ARTE propose une enquête glaçante sur le dernier scandale de l’Église catholique au moment où le pape François vient de reconnaitre ces violences sexuelles au sein de l’institution. ». Grâce à un battage médiatique important (y compris dans l’hebdomadaire Famille Chrétienne…) et la conjonction avec d’autres affaires et évènements, il y eu un record d’audience avec 1,5 millions spectateurs.

Marie-Dominique Philippe fut fondateur de la Communauté St Jean et dénoncé par le Prieur de la Communauté St Jean 7 ans après sa mort le 13 mai 2013 pour dit-il avoir  posé avec des femmes adultes « des actes contraires à la chasteté ».

Thomas fut le cofondateur avec Jean Vanier de l’Arche et fut dénoncé 22 ans après sa mort par le Coordinateur de l’Arche International Patrick FONTAINE au printemps 2015 avec le soutien de Mgr d’ORNELLAS, Archevêque de Rennes.

Enfin, le Pape François a publiquement mis en cause mon oncle le 5 février dernier dans l’avion de retour des Emirats Arabes Unis. Il a parlé d’une congrégation féminine où « s’était installé cet esclavage des femmes, esclavage allant jusqu’à l’esclavage sexuel des femmes par des clercs et le fondateur« . Il faisait une référence claire (et confirmée par le Vatican) à la Congrégation St Jean dont tout le monde sait que le fondateur est le père Marie-Dominique PHILIPPE.

Cette déclaration du Pape étant clairement un opprobre post mortem, elle ne peut que me blesser et jette l’indignité sur la famille PHILIPPE et ses descendants (J’ai 66 ans et 7 enfants). Ainsi, le Souverain Pontife a également mis en cause mon oncle alors même qu’aucun tribunal civil, ni canonique n’a établi les faits allégués.  Par ailleurs,  le Pape a fait une confusion en visant « une communauté dissoute par Benoît XVI pour esclavage sexuel » alors que le motif de cette dissolution (voir plus bas) n’avait rien à voir ! … et que la communauté visée n’était plus dans la Famille St Jean !

Mon propos vise surtout à montrer que, dans cette affaire, les affirmations des plaignantes n’ont pas été évaluées correctement avec le discernement et le recul nécessaire par des personnes expérimentées et « indépendantes » des protagonistes.

Au terme d’une enquête personnelle sur les accusations, j’ai pu connaître certains noms de plaignantes présumées et noter beaucoup de contradictions et d’incohérences. Je vais donc essayer ici d’apporter des éléments probants à la décharge de mes oncles. J’ai acquis l’intime conviction que des «gestes» d’affection souvent posés par mes oncles tant en direction de leurs frères, de religieuses ou de jeunes femmes laïcs principalement à l’occasion de directions spirituelles ou de confessions, étaient empreints d’une intention pure et non équivoque.

Les interprétations de ces gestes d’affections ont été hélas amplifiées considérablement au point d’en faire des gestes malsains à connotations sexuelles ou bien même à en faire des comportements pornographiques (voir le témoignage de Michèle-France). Les plaintes me semblent donc infondées et j’apporte des nouvelles pièces au dossier.

Attention ! Je ne mets pas en cause la sincérité des personnes et leurs souffrances. Mais force est de constater que les plaignantes que j’ai pu identifier sont notoirement très fragiles sur le plan psychologique. Je ne mets pas en cause non plus la sincérité du fr Thomas Joachim prieur de st Jean qui a pensé honnêtement que son devoir était de « dénoncer » son fondateur.

Rappel des faits autour de la condamnation de Marie-Dominique PHILIPPE

  • En 2008, une forte majorité de sœurs contemplatives s’oppose au projet d’institutionnalisation de la famille Saint Jean, comme entité juridique unique (jusque-là, les trois branches étaient autonomes) dont le Prieur général des frères de St Jean serait le modérateur. Le père fondateur, le Père Marie-Dominique PHILIPPE, avait certes préconisé une autonomie de gouvernement pour chaque branche mais n’avait pas avalisé le « raidissement » de leur position dans les années 2000 à 2006. Le Cardinal BARBARIN (Ordinaire de la Congrégation des sœurs contemplatives) exige alors un « changement » de gouvernement soutenu par une petite minorité de sœurs (une vingtaine).
  • Le 6 juin 2009, le Cardinal BARBARIN dépose brutalement la prieure générale, Sœur Alix, et nomme Sœur Johanna. Une crise éclate rapidement. En juillet 2009, 70 religieuses quittent St Jodard sur les 80 présentes fin juin.
  • Le 10 novembre 2009, Rome révoque sr Johanna et nomme Mgr BONFILS comme commissaire pontifical de la Communauté des sœurs contemplatives. 
  • En 2012, une trentaine de sœurs arrivent à échéance de leurs vœux temporaires. Mgr BRINCARD (successeur de Mgr BONFILS) ayant refusé le renouvellement de leurs vœux pour la profession perpétuelle, elles fondent en juin les «Sœurs de Saint Jean et Saint Dominique» en Espagne, sous la direction de l’évêque de CORDOUE, Don DEMETRIO, avec l’accord de Rome. Elles seront vite 150 sœurs accueillies dans une dizaine de diocèses, dans le monde entier.
  • Le 10 janvier 2013, Benoît XVI par la voix du secrétaire d’Etat, Mgr Bertone, dissous cette nouvelle Communauté en raison de « leur désobéissance » alors que les évêques les accueillant n’avaient fait état d’aucun dysfonctionnement particulier. Dans toute cette histoire, il n’est toujours pas question « d’abus sexuels » évoqués par le Pape François. Le Pape Benoît XVI n’a donc pas dissous cette communauté de  contemplatives pour ce motif qui, par ailleurs, n’était plus « de Saint-Jean » !
  • En 2014, le Pape François régularise toutefois la situation des sœurs dissidentes et autorise la fondation de cette nouvelle Communauté en Espagne sous l’autorité de l’évêque de SAN SEBASTIAN, Mgr IGNACIO.

Notons aussi qu’entre cette dissolution et cette refondation :

  • Le 13 mai 2013, Le prieur de la Congrégation st Jean « dénonce » par lettre (pièce 1) et par voie de presse (interview dans La Croix et KTO) le Père Marie-Dominique PHILIPPE qui est accusé d’avoir eu des gestes « contraires à la chasteté, sans union sexuelle ». Notons bien cette « précision » qui sera amplement contredite par la suite !
  • en juin 2013, je rencontre Mgr RIVIÈRE, Evêque d’Autun, qui m’a dit « faire confiance » dans cette affaire au Supérieur de la Communauté St Jean, le fr. Thomas-Joachim mais sans que lui-même ait rencontré de visu les plaignantes. Il a été toutefois sensible à mes arguments sur la santé mentale des plaignantes et m’a promis de demander au Prieur de St Jean de faire une « évaluation » psychiatrique  des plaignantes ou au moins de leur témoignage. Notons qu’à ce jour, ma demande n’a pas été suivie d’effet.
  • N’ayant pas pu avoir l’assurance que « l’enquête » sur le Père Marie-Dominique PHILIPPE avait été faite dans les règles élémentaires de la justice et avec la prudence requise, je rencontre à Rome le 13 février 2014 le Cardinal BURKE (à l’époque Préfet de la Signature Apostolique) qui m’encourage à engager une procédure canonique que j’introduis le 25 mars 2015, auprès de Mgr RIVIERE dans le but de montrer publiquement qu’il y a des doutes très sérieux sur la crédibilité des plaignantes. (voir plus loin les suites de cette affaire)

Rappel des faits autour de la dénonciation du Père Thomas PHILIPPE

  • Le 28 avril 2015, Mr. Patrick FONTAINE envoi un lettre en principe à diffusion restreinte (pièce 2) aux amis et membres de l’Arche qui dit que :

« Le père Thomas a eu des agissements sexuels » « gravement contraires aux vœux religieux qu’il avait prononcés et à la morale enseignée par l’Eglise ». Ces agissements « attestent une emprise psychologique et spirituelle sur ces femmes auxquelles il demandait le silence »…  « Ces agissements et justification montrent une conscience faussée qui a fait plusieurs victimes connues, et sans doute inconnues, auxquelles il faut rendre justice »

  • Le 16 octobre 2015, le journal La Croix reprend toutes ces accusations. La divulgation n’était pas fortuite et était même prévisible du fait de la forte diffusion de la lettre. Autant dire qu’à partir de cette époque, l’accusation envers mon oncle est devenue « virale », et a fait l’objet de toutes les déformations et amplifications qui devaient s’en suivre en particulier sur des blogs internet qui se font une spécialité de dénoncer les « abus sexuels » dans l’Eglise, vrais ou supposés.[1]
  • Je décide alors de faire ma propre enquête en faisant face « au mur du silence » et sans avoir accès au dossier. Rapidement, je m’aperçois qu’il y a un lien étroit avec entre l’affaire du Père Thomas PHILIPPE et du celle Père Marie-Dominique PHILIPPE. Il y a par ailleurs des liens historiques entre l’Arche et la Communauté St Jean au point que de nombreuses vocations religieuses et sacerdotales se dirigeaient vers la Communauté St Jean.

 

Analyse de la dénonciation du père Thomas PHILIPPE

La divulgation par Patrick FONTAINE des «faits» avait selon lui deux motivations :

  1. « rendre justice aux personnes qui ont alerté L’Arche sur les blessures dont elles ont été victimes »
  1. « éviter que se propage des rumeurs contradictoires »

Enfin l’enseignement du père Thomas PHILIPPE est lui aussi clairement mis en cause.

Cette lettre ne laisse place à aucun doute sur la culpabilité du père Thomas PHILIPPE et sur la gravité des faits.[2] Le père Thomas PHILIPPE aurait eu une « trajectoire déroutante » selon Patrick FONTAINE qui ne veut pas « taire les graves zones d’ombres qui ont marqué son existence ». Ainsi, il « révèle » une sanction canonique à l’encontre du père Thomas PHILIPPE en 1956 mais précise toutefois qu’il ne « connaît pas l’objet de cette condamnation ». Il va rechercher des informations assez elliptiques ou de secondes mains[3] qui évoquent cette affaire qui « laisse supposer que cette condamnation est en rapport avec un comportement non approprié de la part du père Thomas et qui aurait donné lieu aux plaintes de plusieurs femmes ». Là encore, l’affirmation bien que conditionnelle est invérifiable.

A ce sujet, notre famille, et mon père en particulier (Joseph PHILIPPE), sans connaître non plus l’objet précis de cette condamnation, avaient la conviction que le père Thomas PHILIPPE s’était volontairement laissé « condamner » en raison d’un secret de confession ou de direction spirituelle qu’il ne pouvait pas invoquer pour sa défense.

Mr. Patrick FONTAINE parle ensuite des témoignages reçus qui rapportent des « gestes graves sur le plan sexuel ». Aucune forme conditionnelle n’est mise dans cette affirmation ni sur la nature des « gestes », Il affirme même qu’« aucune poursuite pénale ne peut être engagée » pour mieux marquer le caractère honteux, délictueux ou bien criminels des actes attribués au père Thomas PHILIPPE. Selon lui, les femmes « désirent être écoutées en faisant connaître la vérité » mais il veut aller « plus loin dans l’écoute ».

L’enquête du père MARCOVITS op sur le père Thomas

A l’origine de l’affaire, c’est en juin 2014, que deux témoignages (celui de Michèle-France et probablement de « Cécilia » assistante à l’arche) auraient été communiqués à Mgr d’ORNELLAS. Ce dernier ouvre une enquête par le truchement du père MARCOVITS, dominicain.

Quand j’interroge près d’une dizaine de personnes ayant connu le père Thomas PHILIPPE et vivant à Trosly ou proche de l’Arche, elles me confirment que le père MARCOVITS avait fait une enquête uniquement à charge. De plus, il n’a pas interrogé les femmes qui n’ont pas pu ou pas voulu se rendre à sa convocation dans ses bureaux parisiens. Il n’aurait pas fait d’enquête sur place en interrogeant les nombreux témoins de l’époque qui auraient pu confirmer (comme moi-même …) que le père Thomas PHILIPPE était souvent « accaparé » par de nombreuses femmes avec de grandes fragilités psychologiques qu’il ne voulait pas éconduire par miséricorde. (cf. les témoignages écrits non publics destinés aux autorités religieuses)

Le père MARCOVITS n’a semble-t-il pas interrogé des auditeurs crédibles de son enseignement. Aucun témoin sérieux ne peut attester que le père Thomas PHILIPPE aurait dit ou écrit que la vie mystique autoriserait, par-delà les lois humaines, à avoir des « gestes sexuels » avec des pénitentes. Ou bien que la jouissance sexuelle pouvait conduire à « expérimenter une expérience mystique ». Le père MARCOVITS a semble-t-il reçu toutes les accusations comme « véridiques » sans distanciation, ni prise en compte des possibles pathologies des « plaignantes ». Les accusations auraient dû être prises avec d’autant plus de circonspections que le père Thomas PHILIPPE était un prêtre complètement donné à son ministère. Sa personnalité n’avait en aucun cas le « profil » d’un prêtre abusif ou pervers.

Il y a un étrange paradoxe et même une contradiction dans la réception des plaintes par le père MARCOVITS et par les autorités religieuses. Les plaignantes sont bien présentées comme « un peu » fragiles  au point d’avoir pu être « sous emprise », abusées et contraintes au silence pendant plus de 20 ou 30 ans ! Mais elles ne sont pas «malades» au point que leurs plaintes soient accueillies avec circonspection et avec une approche clinique au sens médical du terme. Même si on fait abstraction des questions religieuses, ces accusations ne semblent pas humainement « rationnelles ». Ces personnes sont d’emblée déclarées saines d’esprit.

Aussi le père MARCOVITS a réalisé son enquête sans s’entourer de professionnels avertis des plaintes pénales (magistrats instructeurs, experts psychiatres, etc..). Dans le document qui fait état de l’audition de 14 « témoins » rapportant des faits directement ou « indirectement  par confidences », notons que :

  • Le nombre réel de victimes n’est pas mentionné (à ne pas confondre avec les « témoins » …),
  • Les témoignages sont jugés « concordants et sincères»,
  • Les agissements sont déclarés « gravement contraires aux vœux religieux» (donc de « chasteté ») et à « la morale enseignée par l’Eglise »,
  • Les agissements indiquent « une emprise psychologique et spirituelle sur ces femmes », et proviendraient « d’une conscience faussée» du père Thomas PHILIPPE qui recherchait à « communiquer une expérience mystique ».
  • Il n’est pas fait état des témoins qui disent avoir reçu de sa part « une véritable tendresse paternelle » non équivoque.

La Croix du 16 octobre 2015 (pièce n° 3 art de la Croix) reprend toutes les accusations et précise même que la « mariologie » du père avait déjà été sévèrement mise en cause dans les années 1950 par ses amis Jacques MARITAIN et Charles JOURNET qui lui auraient reproché de parler de la Vierge Marie comme « l’épouse du Christ ».

Suite à cet article, je demande de faire paraître un « droit de réponse » volontairement un peu provocateur qui paraitra 5 semaines plus tard dans le courrier des lecteurs le 26 novembre 2015 (Lettre à la croix et parution)

 

Le témoignage central de Michèle-France PESNEAU sur les deux affaires

Entre temps, plusieurs personnes proches de l’Arche me signalent qu’une femme à Trosly parle beaucoup de ses « relations » passées avec le père Thomas PHILIPPE : Michèle-France PESNEAU. Je cherche son numéro de téléphone sur les pages jaunes et la contacte directement en une seule tentative le 28 octobre 2015 vers 21h. Je mets le haut-parleur de mon téléphone et mon époux présent à mes côtés est témoin de la conversation et prend des notes.

Je lui explique que je suis la nièce des Pères Marie-Dominique et Thomas PHILIPPE et que je « cherche à comprendre » les faits. Cette femme s’exprime spontanément, courtoisement et très posément pendant presque une heure. Elle me livre son « histoire » avec des détails qui semblent cohérents et crédibles au premier abord. Je peux retranscrire ici quelques phrases importantes et significatives:

Je suis entrée au carmel de Boulogne en 1966. J’ai été accompagnée par le père Marie-Dominique PHILIPPE en 1971 dans une période de souffrance psychologique

Apres quelques rencontres, cela a dérapé. Je me suis laissé faire. C’était en juillet 72.

Je lui ai confié que je voulais sortir du Carmel ou sinon « m’ouvrir les veines ».

Je suis sortie et j’ai vécu un an à Paris dans une chambre de bonne où il venait me rejoindre tous les 15 jours. Au bout d’un moment, Il voulait se débarrasser de moi et m’a envoyé dans un prieuré de bénédictines à Azé (chez sa sœur « Mère Winfrida ») où je suis restée 18 mois. Et où j’ai beaucoup souffert. Le père Marie-Dominique me présente alors le père Thomas qui m’écoute en confession.

Le père Thomas m’a pris ensuite dans son lit en allant plus loin encore en parlant des grâces mystiques de Jésus et Marie pendant sa vie terrestre.

J’étais en grande détresse. Le père Thomas était une planche de salut. Je peux dire que le père Marie-Dominique m’a livrée au père Thomas.

Le père Thomas me demandait le secret car nous avions des grâces mystiques que personne ne pouvait comprendre. De là je suis venue à l’Arche pour être proche de la Communauté mais pas dans la Communauté ; Il y avait un défilé dans le lit du père Thomas.

Je fus à la disposition du père Thomas. Je n’étais pas la seule à être invitée dans le lit du père Thomas. Il était addict du sexe et cela presque jusqu’à la fin. Le père Marie-Do l’a fait venir à Rimont pour l’empêcher de parler de tout cela.

Il y avait des fellations et des masturbations. J’étais enfermée avec des arguments mystiques et j’étais sous emprise. Il se considérait infaillible dans le domaine « mystico-sexuel ». Cela s’enracine dans la théologie du père DEHAU.

A partir de 1989, je suis devenue proche d’une assistance très dépressive et suicidaire (jusqu’à sa mort en 1997) qui m’a confié avoir elle aussi couché avec le père. Je n’étais pas aux « obsèques grandioses » du père Marie-Dominique PHILIPPE [4]J’ai quitté toute pratique religieuse de 2000 à 2015.

J’ai aimé le père Marie-Dominique malgré le fait qu’il mentait et je l’aime encore. J’ai parlé de tout cela en 2007 avec un assistant de l’arche.

J’ai donné au père MARCOVITS une liste de femmes qui auraient pu être abusées par le père Thomas.

En premier lieu, le discours sur « l’emprise » serait presque crédible si nous avions eu à faire  dans L’Arche à une secte organisée au sein de laquelle un des  gourous, le père Thomas PHILIPPE, aurait pu exercer continuellement une vraie emprise et en aurait fait ses abus avec de nombreuses et indispensables complicités internes dans la Communauté.  Il faut noter que Michèle-France accuse Jean Vanier d’être complice des abus par « son silence » car selon elle, « il savait ». L’accusation de secte est reprise par elle dans son interview sur Konbini (Pièce 20). Dans le site de l’Avref (pièce 16 page 7) Michèle-France n’hésite pas à écrire :« Or en passant devant la porte arrière de ses appartements, j’ai entendu des bruits non équivoques de nature sexuelle : bruits de sommiers, soupirs de satisfaction… ». Cette double vie du P Thomas  n’aurait donc pas pu être discrète et aurait dû nécessairement être cachée et couverte par le silence de toute la communauté de l’Arche y compris Jean Vanier pendant plus de 30 ans !

Or, pour ceux qui ont connu la ferme, L’Arche et le père Thomas PHILIPPE entre 1970 et 1993, de telles accusations, non seulement ne sont pas crédibles, mais sont encore proprement grotesques. Présenter le père Thomas PHILIPPE comme un « addict du sexe » et un pervers serait acceptable dans d’autres circonstances ou pour bien d’autres clercs. Mais il n’en avait ni le « profil », ni la condition physique. Mon époux qu’il a connu en 1975, trouvait qu’il était physiquement déjà un vieillard ! ! A 70 ans, il en paraissait 85-90 et devait célébrer la messe assis sur un tabouret haut. Enfin la direction spirituelle et la confession ne sont pas des activités où l’on peut exercer discrètement et impunément pendant 50 ans « une emprise » surtout en vue d’obtenir des « faveurs » sexuelles.

5.1 L’enquête sur Michèle-France

La teneur du discours de Michèle-France PESNEAU est la preuve même de son dérèglement psychologique. Pourtant le témoignage de cette femme fut déterminant dans cette affaire car il s’agit du seul témoignage public contre mes deux oncles. Notons enfin que Mme Michèle-France PESNEAU n’est plus religieuse depuis Aout 1974 ! Aussi, quand Arte utilise Michèle-France comme l’exemple français de « religieuses abusées », cela est à l’évidence un mensonge de plus du reportage …

Quatre jours après la parution de mon courrier des lecteurs dans La Croix, mon époux reçoit à son bureau, une lettre « anonyme » postée du département de l’Oise (pièce N° 5 lettre de MF) qui, bien évidemment, provient de Michèle-France PESNEAU. Cette dernière « répond » à ma lettre puisqu’elle se dévoile. Elle veut surtout y montrer que le père Thomas PHILIPPE avait des « théories mystiques déviantes » qui seraient à l’origine de sa prétendue « déviance sexuelle ». Cela semble être le cœur de son accusation. Elle ne parle pas dans sa lettre des « victimes » dont pourtant elle est censée faire partie. Elle y dit textuellement que mon oncle était « aussi … fou, n’ayons pas peur des mots, et… pervers » et plus loin, qu’il me faudrait reconnaitre « la pénible vérité, celle de sa profonde maladie mentale semblable à celle de son frère Marie-Dominique».

Elle revient souvent sur la « maladie familiale » et veut montrer qu’elle connait bien la grande famille PHILIPPE (de mes 7 enfants jusqu’à mon arrière-grand-mère !) en proférant des menaces et des invectives. Je continuerai plus loin à montrer le déséquilibre de cette accusatrice.

Michèle-France PESNEAU délivre maintenant sans retenue son témoignage. Elle écrit sur le site de l’AVREF en avril 2016 sous le pseudonyme de « Fournier » (pièce N° 16), puis dans la revue « Sang-froid» automne 2016. Aujourd’hui, elle est  sur Arte, Europe 1, France 3, France 5, Konbini, la presse régionale, etc…  et même dans Golias.

Dans Golias Hebdo 562, elle livre un éclairage étonnant sur sa psychologie : « Un dimanche de juillet 1972, il revient. Quand vient mon tour d’entretien individuel, il me demande d’emblée si je veux bien lui donner ma main. La grille du parloir a été récemment allégée, ce qui rend un contact possible. Je pense que, pour lui, c’est une première étape sur la voie des abus qu’il médite – on peut déjà presque parler de viol ! » (pièce n° 6 golias) .

Notons ici que le fait de « donner la main » pour Michèle-France PESNEAU est dans l’intention du père Marie-Do « une étape » et qu’on peut « presque parler de viol » !

Michèle-France PESNEAU continue : « Abus de pouvoir spirituel. Il y a déjà viol spirituel, et on est sur le chemin du viol sexuel » (…) « A chacune de ses visites, il affermit sur moi son emprise. Ses gestes sont transgressifs, j’en ai vaguement conscience, mais il m’affirme avec toute son autorité de prêtre, de religieux dominicain, que je n’ai pas à m’inquiéter ».

Il est étonnant de voir cette ancienne Carmélite, instruite, cultivée, s’exprimant bien et ayant reçu un enseignement religieux poussé pendant son noviciat,  dire avoir « vaguement  conscience » du caractère transgressif de certains gestes …

Michèle-France après une description « détaillée » de ses relations (page 7 de golias hebdo 562), explique  cette «emprise » d’une façon étonnante. Cela devrait interpeller ceux qui ont des notions de vie religieuse et sacramentelle. « Je me confesse aux pères Thomas et Marie-Do régulièrement. (….) Je suis privée de ma liberté. Les « Pères » ont autorité. Ma volonté leur appartient. Pour moi c’est cela l’obéissance dont j’ai fait vœu. » . Les vœux d’obéissance qu’elle a faits, étaient destinée uniquement envers ses Mères Supérieures de son Ordre (et elle le sait !). Quand MF quitte le couvent du Carmel en 1974, elle n’est plus religieuse de facto. Par ailleurs, elle ne doit aucune  « obéissance » à un confesseur ! La confession ne donne aucune autorité particulière à celui qui l’entend. Il n’est donc pas sérieux pour une personne saine d’esprit d’invoquer des anciens vœux d’obéissance pour expliquer « l’emprise » d’un confesseur. Notons qu’un chrétien est libre de choisir librement son confesseur et il est interdit à un prêtre d’absoudre son complice.

5.2 Un diagnostic d’érotomanie : Une psychologue clinicienne (pièce 17) m’a écrit en mai 2019 spontanément après la mise en ligne de mon  analyse en me confirmant que le témoignage de cette dame était « sujet à caution ». Elle dit que « Les allégations de cette personne, sa posture, divers éléments me font penser à un cas d’érotomanie ».

En relisant son intervention dans Golias, on relève des assertions qui confirment cette hypothèse : « Je suis totalement sous son emprise, et il peut obtenir de moi ce qu’il veut. Il en profite. Il a tout de même une limite : il substitue à la pénétration pénis-vagin, la pénétration pénis-bouche. Il a préalablement vérifié du doigt la présence de la marque de ma virginité et m’a dit qu’il avait « un très grand respect pour ma virginité »

Il faut noter que pour décrire les faits présumés, MF fait  un usage anormal de termes comme  «substitue à la pénétration pénis-vagin » ou bien « la marque de ma virginité » ! (pour parler de l’hymen..).Ce qui est le signe entre autres problèmes d’une sexualité plus fantasmée qu’effective.

Nous avons ici une preuve littérale des affabulations de MF car concrètement il est impossible de « vérifier » au doigté la présence de l’hymen chez une femme. Seul un examen visuel réalisé par un médecin dans une position gynécologique  et avec les méthodes et les instruments adéquats (avec un speculum court…) pourraient vérifier la présence d’un hymen. On peut se demander aussi l’intérêt d’une telle vérification…

Je peux multiplier les exemples d’invraisemblances, de fantasme ou d’incohérences. Dans son témoignage dans Golias, elle n’hésite pas à dire  : (pièce N°6) :

« Je dois surmonter au début un peu de dégout, puis je m’habitue à ce type de « viol »

« Il a évidemment usé :

  • de surprise les premières fois » (quelles surprises ??)
  • Violence spirituelle » (ndlr: c’est quoi la violence spirituelle ?)
  • La contrainte psychologique par personne ayant autorité » (ndlr : ici elle reprend une partie de la définition juridique du viol aggravé alors qu’il n’avait pas «autorité»… Quelle fut cette «contrainte psychologique» ?)

« Je ne suis pas la seule à être tombée  sous emprise : il a séduit tout un groupe de ses étudiants à Fribourg  qui vont former le premier noyau de la congrégation st jean »

« Le père Thomas a de longues années d’expérience dans le domaine du viol érotico-spirituel » (??)

« J’ai peur de l’amour que je porte au père Marie Dominique « j’ai peur de l’aimer trop, de l’aimer mal, de lui faire du mal »

« Je suis subjuguée, fascinée, un peu comme l’oiseau par le serpent et je m’exécute.  Je suis dans un état second j’ai perdu tout sens critique »… « Je découvre des sensations inconnues »,  etc…

  Dans l’Avref (pièce N°16)   : « Et moi, dans les intervalles entre les visites du Père, je sombrais de plus en plus dans le trou noir de la solitude et de la dépression. Je dois dire que je ne comprends pas que Sœur XXX, la prieure, qui, malgré tous ses défauts, était une femme intelligente, n’ait pas compris à quel point j’allais mal et ne m’ait pas proposé des soins.

Dans les intervalles entre les visites du P. Marie-Do, je pensais de plus en plus souvent au suicide. La pensée de Marie-Do me rattachait à la vie » (…)  « Plongée dans une sorte de coma spirituel, je n’étais pas consciente alors que je nageais de plus en plus profondément dans les eaux de la folie ». (…)   « De manière générale, dans son accompagnement spirituel, le P. Thomas emprisonnait son interlocuteur/trice dans une relation où personne n’était vraiment une personne, où plus personne n’était libre, même pas lui-même finalement, car outre son addiction sexuelle (il avait parfois plusieurs rendez-vous dans la même journée, voire la même soirée, puisqu’il m’arrivait de trouver son lit encore chaud des ébats précédents), il devait tout de même craindre que quelques-unes ne parlent…

Une objection pourrait lui être faite : « pourquoi avoir eu ces liaisons si longuement (20 ans !) et attendu si longtemps pour les dénoncer ? » . Elle l’anticipe habilement dans Konbini (pièce N° 20) : «J’avais conscience d’avoir été abusée, d’avoir été trompée, menée sur un chemin toxique. Mais c’est en  collaborant au film et en parlant avec Eric Quintin (k : le réalisateur…) que j’ai réalisé que j’avais, en effet, subi des viols, d’abord psychologiques, spirituels, et même physiques »  On notera le terme des viols « et même physiques » qui lui semblent finalement accessoire et comme la conséquence des viols psychologiques et « spirituels ». Alors qu’habituellement les emprises sont destinées à une finalité : le viol physique !

  • L’aveuglement du Prieur Général de St Jean

Dans le Journal de la Saône et Loire du 10 mars,  On  va de plus en plus loin dans les  dénonciations incohérentes de MF contre mes oncles, en particulier ici contre Marie-Dominique (parce que Rimont est en Saône et Loire).  Michèle-France y dit : J’ai été abusée 26 ans par le Père Marie Dominique Philippe »[5]   Un rapide calcul peut nous montrer combien cette accusation est problématique : 1974 + 26 =2000. En l’an 2000, le Père Thomas était mort depuis 7 ans et le père Marie-Dominique à l’âge de 88 ans aurait continué encore à « abuser » cette femme.  On apprend aussi dans cet article que Mère Winfrinda Philippe,  sœur de mes oncles, bénédictine et Prieure à Aze (toujours en Saône et Loire), maltraitait aussi Michel-France dans son prieuré  et même « aurait pu être au courant » des abus, etc…

Or, à partir de 1976, MF était définitivement à Trosly-Breuil (dans l’Oise) sur le conseil du père Thomas et avait trouvé un  travail salarié à l’Arche (grâce au Père Thomas ?).  Le père Marie-Dominique n’allait pas souvent à Trosly (qui est à 100 kms au nord de Paris à 2 h de route). Une fois par an environ, en « coup de vent »  sans prévenir et pour quelques heures pour voir surtout son frère. Comment faisait MF pour se « faire abuser » par le Père MD ? Allait-elle aussi à Rimont ou St Jodard spécialement pour cela (à plus de 370 kms au sud de Paris ou 6 h30 de routes de Trosly) ? Cela ne se serait certainement pas passé inaperçu… Il faut savoir le Père Marie-Dominique n’avait pas le permis de conduire et se déplaçait toujours avec un frère comme chauffeur…  (fait de notoriété publique). Quand il allait à Paris, il logeait toujours chez Mr et Mme Marc JEANSON Av Gourgaud dans le 17 eme et avait un emploi du temps surchargé.

Ni le père Thomas-Joachim, ni son évêque Mgr Rivière n’ont trouvé opportun de protester même mollement auprès du journal ! Je leur ai demandé plusieurs fois mais ils n’ont pas trouvé utile de corriger. Il faut lire notre « échange » avec le prieur  (pièce N°18) pour voir comment il refuse avec un mépris à peine dissimulé tout dialogue ou remise en cause.

Il est donc légitime d’avoir des doutes sérieux sur la vraisemblance des autres déclarations que le fr. Thomas-Joachim considère comme « crédibles ». Mais les frères doivent le croire sur parole et au nom de l’obéissance. Le Prieur général impose son opinion sur cette affaire à St Jean en menaçant de mettre sur « la touche » les frères qui ne mettent en doute ses accusations (C’est ce qu’on appelle en droit un abus de pouvoir). Pour son excuse, je pense qu’il a été bien dupé! Mais nous sommes bien loin de son l’objectif initial en Mai 2013 quand il voulait juste « faire taire les rumeurs ».

Quand il affirme dans sa « lettre aux frères » du 20 février 2019 : « Je ne connais personne, ayant lu l’ensemble des témoignages, qui puisse douter de leur véracité. » je lui ai dit : « Ok ! Je veux les voir pour changer d’avis moi aussi ». Il m’a dit : « impossible !» car j’allais surement outrager les victimes, etc… Bref, je ne suis pas digne de confiance, je suis une femme et je ne suis pas clerc ! Pour moi, cette affaire est devenue comme un procès stalinien où seuls les accusateurs ont droit à la parole et ont accès aux pièces…

Le nombre de témoignages (une dizaine selon lui) serait un argument massif comme il l’est aussi à l’Arche pour le père Thomas. Or il est important de rappeler qu’il y a souvent dans ce type d’affaire un effet mimétique et opportuniste. Ainsi dans l’affaire d’Outreau, un prêtre, le père Dominique WEIL, était accusé d’actes pédophiles par au moins 6 enfants et fut condamné par la Cour d’Assises de St Omer en 2004 à 7 ans de prison ferme puis a été acquitté par la Cour d’Appel  en 2005 avec tous les autres accusés ( 13 au total  !) de ce fiasco judiciaire.  On disait à l’époque « ceux qui ont lu le dossier sont formels, le curé y est jusqu’au cou. Tant de gamins qui l’accusent, vous appelez ça une erreur judiciaire? ». Libération a fait ainsi le portrait celui qui fut lâché par son évêque qui n’a même pas pris la peine de lui payer un avocat pour sa défense (Pièce 21)

On peut trouver des similitudes dans l’enchaînement de l’affaire d’Outreau et celle « instruite » par le Prieur Général de St Jean : Les causes essentielles du fiasco d’Outreau selon le rapport de la Commission d’enquête Parlementaire [6] étaient :

  1. L’aveuglement et l’inexpérience du juge d’instruction Fabrice Burgaud qui a entrainé toute la «communauté » para-judicaire (policiers, parquet, experts, acteurs sociaux,…) avec en prime la pression médiatique qui veut toujours des coupables.
  1. L’écoute de la parole des « victimes » qui s’est faite sans précautions, sans méthode, et sans distance.  Par un effet « pervers » cette parole était d’autant plus « crédible » que les accusations étaient plus graves…Ainsi le rapport note avec sidération que la  déposition d’une enfant a été reconnue comme « cohérente et crédible » après avoir décrit une scène de viol au cours de laquelle elle disait avoir été victime d’une triple pénétration.  
  1. Le recours hyperbolique à la notion de crédibilité. “Érigée ainsi en absolu, la crédibilité n’a plus à être évaluée” relève la commission !

Je relève encore un passage « difficile » sur la cohérence du témoignage de Michèle-France  contre le père Marie-Dominique  dans  l’Emission TV de  France 5 – C à vous – du 19 février 2019. 

A la minute 3 :40 , L’animateur l’interroge sur son passage à Azé et prépare une question qui lui semble logique à partir des récits qu’il a bien examinés.  Il demande donc à MF au sujet du père Marie-Do :

« Cette emprise sexuelle, eh, elle n’a pas duré longtemps, elle a duré seulement deux ans parce que.. »

MF : Pardon, elle a durée 20 ans …

L’Animateur : Elle a durée 20 ans ? Mais pas avec … Euh?

MF : Si, si,  il y a eu les deux en même temps. Euh, enfin  …

L’autre journaliste : alternativement !

MF : oui, oui !

L’autre journaliste : les deux frères…

MF : Oui …

L’Animateur (qui veut sans doute « rattraper le coup »)   : « Il vous a confié à son frère ainé, le père Thomas, l’homme de la communauté de l’Arche où vous avez passé les 20 années suivantes … »

MF : Oui …

L’autre journaliste : Une passation de pouvoir sordide !

 MF : Oui, que je n’ai pas comprise sur le moment, etc…

Donc, 20 ans « d’abus » depuis 1976 avec le père thomas qui était déjà bien malade en 1991 et mort en fév. 1993… cela ne fait plus que 15 ans.  26 ans « d’abus » avec le père Marie-Dominique qu’elle ne voyait plus depuis 1976 … cela ne fait plus que deux ans d’abus « techniquement » possibles !

Ce bref passage lié aux autres déclarations montre combien le discours de Michèle-France est inepte ! Elle démolit elle-même sa propre thèse quand elle affirme avec aplomb avoir « subi » « 26 ans d’abus du père Marie Dominique »  et « 20 ans du Père Thomas » ! 

Mais plus étonnant encore est l’entêtement du père Prieur Thomas Joachim devant une telle ineptie…  Le Prieur Général affirme pourtant publiquement dans une récente lettre à ses frères en me visant directement que les «démarches mettant en cause la crédibilité des victimes sont d’une grave violence pour elles ».  Il me lance ainsi accusation de « violence » alors que je suis dans la recherche de la vérité et de la justice. Il me jette l’anathème sans argument alors que j’ai amplement montré que la crédibilité de certaines accusatrices était problématique.  Il utilise le seul argument d’autorité de la procédure canonique et  surtout la bonne volonté de sa part pour postuler sur la crédibilité des témoignages validés par lui seul et son entourage.

Je lui ai pourtant dit l’importance de ne pas rester sur une impression subjective et affective vis-à-vis de victimes présumées. Ainsi le Dr Lachaux rappelle que : « Le rôle de l’expert est de déterminer la présence ou l’absence de pathologie de type délire, mythomanie, affabulation, insuffisance intellectuelle, ou conviction passionnelle. En l’absence de ces facteurs pathologiques, clairement identifiés et décrits cliniquement, la victime présumée est crédible au sens médico-légal, mais aucune conclusion ne peut être portée en ce qui concerne la vérité judiciaire. On peut souffrir d’une pathologie et avoir été authentiquement agressé, ou ne pas souffrir d’une pathologie mentale et mentir pour des motifs non pathologiques, mais délibérément faux. »[7]

  • Les autres témoignages d’Arte

« Cecilia » témoigne aussi dans le reportage d’Arte. Elle l’avait déjà fait sur le site de l’AVREF sous le nom de Cynthia Howard. [8] Son témoignage est en fait un « copié-collé » de celui de Michèle-France. Par exemple, elle dit qu’elle allait retrouver le père thomas dans « son lit tous les 15 jours » et qu’il aurait « abusé de sa confiance et de sa naïveté ». (À la vue de cette description et en droit français, nous dirions qu’il y aurait dans ce cas plutôt un consentement et non abus…)

Rappelons de MF dit dans l’émission d’Arte (16 :30) « cela ne pouvait pas être tous les jours car je n’étais pas la seule à être invitée dans le lit du père Thomas ». Cette affirmation n’est  absolument pas crédible pour ceux qui ont connu le père Thomas, et devrait  interpeller ceux qui accordent du crédit à cette victime présumée (comme le Prieur de St Jean et l’Arche).

Un journaliste italien Giovanni Marcotullio qui est très engagé dans la vie catholique italienne, ne se pose pas trop de questions sur la véracité des faits des deux frères Philippe mais pourtant apporte dans Aleteia[9] une information intéressante sur la « crédibilité » de la jeune allemande du reportage d’Arte :

  Ici, s’il y a un personnage manifestement controversé parmi les témoins, c’est précisément Doris Wagner: Sa référence au « repaire des bandits » est un passage de Female Pleasure (2018), un documentaire féministe de Barbara Miller sur les relations entre les femmes et les religions.

« L’Eglise est devenue un repaire de bandits, un lieu d’où il vaut mieux rester à l’écart. […] Toutes les religions sont utilisées pour légitimer ceux qui sont au pouvoir. […] Sans une pression publique, l’Église n’entreprendra jamais rien ».

 Doris Wagner a non seulement voué sa vie à la cause de la révolte contre l’Église catholique (jusqu’à présent, cela serait également compréhensible, même si un commentateur moins empathique pourrait suggérer qu’un métier a été trouvé …), mais surtout, son attitude a changé radicalement après avoir rencontré en 2012 l’ancien confrère (et prêtre suspendu a divinis) Philipp Reisinger (ils sont maintenant mariés, civilement et ont un fils). Enfin, ses poursuites pénales contre le prêtre abuseur – en Autriche et en Allemagne – ont toutes deux été rejetées parce que la Cour semblait avoir eu des preuves et indices pour parler plus d’une relation consensuelle, bien que clandestine, que d’un viol. Plus récemment, la même personne a également dénoncé un prêtre responsable de service à la Congrégation Romaine de la doctrine de la  Foi (l’abbé Hermann Geissler), qui a dû démissionner le 28 janvier auprès du Cardinal Ladaria (qui l’a accepté)[10].

Il faut relever aussi que la communauté d’origine de Doris Wagner a protesté par voie de presse contre les « informations » de l’émission en soulevant ces points importants (les relations sexuelles consenties de la religieuse)[11][12]. Elle a protesté également auprès du Cardinal SCHONBORG qui a cru bon de faire preuve de beaucoup d’empathie auprès de Doris Wagner au cours d’une rencontre avec elle à la chaine de télévision ORF le 7 février 2019 [13].

L’abbé Geissler qui fut tout de suite déféré par le Pape devant les instances canoniques, fut acquitté le 17 mai 2019 par le tribunal de la Signature apostolique faute de preuves suffisantes (pièce 22)

Notons enfin certains « délires » de cette jeune femme sur les questions religieuses quand elle dit dans l’Avref (encore…) : « En aucune façon la virginité ne m’est apparue comme une perspective prometteuse. Et pourtant, j’y étais appelée (il n’y avait pas de doute à ce sujet !). Je me ressentais très fortement mon désir  d’avoir des enfants. Je voulais être aimée, également d’une manière physique. En même temps, je savais que ce serait à jamais impossible pour moi. Ma supérieure ne m’a pas aidée, elle semblait ne pas comprendre mon problème et, à la place, m’ont donné quelques méditations sur la virginité. Enfin je me suis mise colère contre Dieu. Tant que je vivrais, je serais appelée à la virginité et vivre sans suivre cet appel signifiait inévitablement être malheureuse. Je savais qu’il y avait une seule façon d’échapper à Dieu, le suicide »[14]

 Toutes les mystifications de cette dame ne l’empêche d’être une personnalité en vue dans l’Eglise d’Allemagne qui se définie comme « théologienne, philosophe et auteur » que l’on consulte souvent [15]

Elle milite  bien sûr avec d’autres pour la « la limitation du pouvoir clérical », pour la « réforme de sa morale sexuelle », pour l’abolition « du célibat obligatoire des prêtres » et l’ordination des femmes qui permettrait d’éviter des « solidarités masculines » repliées sur elles-mêmes. Elle a aussi des théories sur « l’abus spirituel »  qui serait selon elle une « atteinte à l’autodétermination dans le domaine de la foi et de la spiritualité » (pièce 23 )

  Je n’ai pas fait d’enquête sur le témoignage africain avec des avortements de 6 à 8 mois de grossesse et « des menaces de mort » sur l’ancienne religieuse en visage masquée, mais là encore le montage n’est pas très crédible.  Il est remarquable de voir qu’après 3 ans d’enquête et un budget considérable (on doit être proche de 1 million d’euros dépensés) ce documentaire soit aussi peu consistant et crédible.

  • Des accusations « convergentes » à celles « contradictoires »

ll y a une forte contradiction entre le témoignage de Michèle-France PESNEAU et la définition que donne le père Thomas JOACHIM dans l’accusation du père Marie-Dominique PHILIPPE. Il parle dans sa lettre de « gestes sans union sexuelle » (pièce 1), alors que Michèle-France PESNEAU donne une version très « sexuelle » de sa relation avec le père Marie-Dominique PHILIPPE. Les témoignages ne sont pas « convergents » comme l’affirment les accusateurs des pères Marie-Dominique et Thomas PHILIPPE. Ils ne sont pas non plus crédibles comme je vais le montrer plus bas.

La Congrégation du Vatican pour la Vie religieuse a eu à connaitre des plaintes contre le père Marie-Dominique PHILIPPE. Le cardinal RODE qui fut Préfet de cette congrégation de février 2004 à janvier 2011 a eu un complet accès aux plaintes initiales qui ont motivés l’accusation du Prieur. Or, le Cardinal RODE s’est confié verbalement en septembre 2015 à un couple d’oblats de la Communauté St Jean, Mr et Mme LAGRANGE, sur ses doutes au sujet des accusations contre le père Marie-Dominique PHILIPPE. Informé de cet entretien, C. RENDU a interrogé par écrit le Cardinal RODE qui a clairement répondu à sa missive et a indiqué dans une lettre datée du 17 novembre 2015 :

« Voici ma réponse : en tant que Préfet des Religieux j’ai eu accès à certains documents sur le père, où je n’ai trouvé rien de vraiment grave » (pièce N° 7)

Le Cardinal RODE avait été plus explicite verbalement auprès de Mr LAGRANGE « il n’y a rien dans le dossier !» et « c’est une affaire montée par les Dominicains qui ne lui ont pas pardonné d’avoir fondé la Communauté St Jean » (pièce N° 8).

Force est de constater, par ces témoignages fondamentaux, que les accusations (dont celles de Michèle-France PESNEAU) ne sont pas cohérentes. Il y a des incohérences entre les premières et les dernières accusations. De ce fait, Michèle-France perd une grande partie de sa crédibilité. Comme souvent dans ce genre d’affaire, les gens ont tendance à « se lâcher » avec le temps.

Le Prieur de St Jean persiste et signe pourtant dans ses accusations en ces termes dans sa dernière lettre du 20 février 2019 :

Outre ce témoignage, le dossier du père Philippe comporte une quinzaine de témoignages relatant des gestes de gravités diverses, principalement à l’égard de religieuses (essentiellement des soeurs contemplatives et apostoliques de Saint-Jean), dans le cadre de la direction spirituelle, de la confession, avec parfois justifications et intimation du secret, sur une période qui s’étend de 1974 à 1992. À ma connaissance, 5 cas font état d’actes qui peuvent être caractérisés comme sexuels (et non pas seulement comme fortement sensuels), dont trois, répétés sur une longue période.

On constate maintenant un changement dans l’exposé du Prieur: au début les témoignages étaient tous « convergents ». Maintenant il n’y a plus qu’un tiers des actes qui sont « caractérisés comme sexuels ». Les autres ne le sont pas … Où est donc la convergence ? Pourquoi tant de contradictions ? Pourquoi ces précautions de langage, cette gêne et cette ambigüité avec ce : « à ma connaissance, 5 cas font état d’actes qui peuvent être caractérisés comme sexuels » ?  Une accusation digne de ce nom ne devrait-elle pas être sûre et précise ?

  • Encore des plaignantes « désaxées » à l’Arche…

J’ai trouvé une autre plaignante « clef » de l’affaire coté de l’Arche: Anick (ce n’est pas son vrai prénom) avec qui je n’ai pas pu avoir d’entretien car son mari Pierre (autre pseudo) fait un « barrage » complet. Dans la conversation que j’ai eu avec lui, il était fuyant sur mes questions et se bornait à dire et répéter « je fais confiance dans l’Eglise et son enquête » (car pour lui Eglise= Père Markovits…).

Anick a vécu de nombreuses années à Trosly où elle a rencontré son futur mari lui-même très fragile. Le père Thomas PHILIPPE les a encouragés à fonder une famille. Elle a travaillé jusque récemment, à l’inverse de son mari qui n’avait pas souvent du travail. Ils vivent maintenant dans la Drome. Les 4 fils  sont entrés chez les Légionnaires du Christ. 3 en sont sortis assez rapidement mais un fils, très perturbé, a persévéré plus longtemps mais se trouve maintenant en invalidité.

Ce qui est étonnant, c’est que le père Thomas PHILIPPE a continué d’aller les voir même après son départ de Trosly et qu’après son décès, Anick et Pierre se sont raccrochés au père Marie-Dominique PHILIPPE qu’ils ont continué à voir jusqu’au bout … Anick ne parlait « que par le père Thomas ». Aussi, Pierre devait en prendre ombrage. Le couple avait des difficultés qu’ils ne semblaient pas surmonter malgré les efforts d’accompagnement des Pères PHILIPPE. Anick aurait dit récemment avoir été victime du père Thomas.

Mais c’est Pierre qui aurait poussé Anick à faire une plainte auprès du Cardinal BARBARIN. Ils ont sans doute été aussi marqués par les difficultés de leurs fils en raison des scandales des Légionnaires du Christ. De nombreux témoins pourraient attester de la grande fragilité psychologique d’Anick et Pierre qui ont probablement pensé rendre le père Thomas PHILIPPE responsable de leurs propres difficultés comme, de façon analogique, ils pourraient rendre le père Maciel et les Légionnaires du Christ responsables des difficultés de leurs fils.

De nouvelles pièces confidentielles récentes (et réservées aux Autorités Romaines) attestent  des dérèglements psychologiques des plaignantes identifiées.

  • Jean Vanier était-il au courant ?

C’est bien sûr la thèse de Michèle-France mais « pour le moment » elle n’est  pas trop mise en avant publiquement. Elle est sans doute mise « en réserve » pour le futur. Jean Vanier faisait figure d’icone vivante et « est intouchable ». Ce qui explique les pressions qu’il avait reçu pour au mieux parler contre le Père Thomas ou au moins se taire pour avoir l’air de consentir aux accusations. Or un récent témoignage digne de foi (que je ne rends pas public à la demande du témoin) montre que Jean Vanier a subi des pressions pour qu’il ne contredise pas la version officielle de l’Arche. En aparté, il a dit qu’il était « obligé par 3 évêques, dans l’obéissance à  l’Eglise, à assister à cette messe de réparation et écouter leur discours »

11 – Le père Thomas PHILIPPE avait-il une théologie « pervertie » ?

Pour asseoir ses accusations, Mr. Patrick FONTAINE évoque dans sa lettre des « graves zones d’ombres » chez le père Thomas PHILIPPE et fait une interprétation assez libre de la sanction canonique de 1956 dont il ignore tout ! La Croix va évoquer sa « mariologie » et sa mise en cause par ses amis Jacques MARITAIN et Charles JOURNET (qui lui auraient reproché d’associer la Vierge Marie comme « épouse du Christ »…) pour expliquer l’origine possible de ses « errements ». Cette condamnation cacherait selon les responsables de l’Arche une affaire honteuse dont il aurait cherché à se justifier dans son égarement théologique.

Mr. Patrick FONTAINE cite à l’appui de cette théorie une « bibliographie » comme l’ouvrage de l’historien Wedling sur le Dr Thomson ou un échange de correspondances entre le Cardinal JOURNET avec MARITAIN. Ces conjectures et ces éléments fragmentaires et hors contexte serviraient donc à conforter la thèse d’un père Thomas PHILIPPE pervers depuis des lustres qui aurait été déjà condamné en 1956 pour des faits, dit-on, de nature sexuelle et dont il aurait soi-disant cherché à se justifier en invoquant, selon les mots de Michèle-France PESNEAU, une théorie « mystico sexuelle ». Mgr d’ORNELLAS semble aussi reprendre ces théories en affirmant qu’il « recherchait et communiquait une expérience mystique ».

Comment peuvent-ils faire une telle affirmation ? Sans doute en prenant pour acquis les déclarations de Michèle-France PESNEAU … Cette théorie de la « perversion » des Pères Thomas et Marie-Dominique PHILIPPE aurait selon Michèle-France PESNEAU une lointaine origine familiale avec leur oncle, le père DEHAU (1870-1956) dominicain lui aussi.

Cette théorie de « l’affaire cachée de 1956 » revient régulièrement dans les explications que donnent les personnes que j’ai interrogées (Xavier Le PICHON, Michèle-France PESNEAU, Patrick FONTAINE, certains frères de St Jean, etc…). Elle est aussi reprise dans la presse et les « posts » anonymes de blogs sur internet (pièce 9)

Pour donner un exemple des amalgames qui peuvent être faits à ce sujet, je note que lors de ses conférences, le père Thomas PHILIPPE utilisait facilement des approches analogiques en parlant de la « sensation du toucher » comme communication que l’on peut avoir surtout avec les personnes âgées, les nouveau-nés et de grands handicapés. [16]

En parlant de « Marie l’Epouse mystique du Christ », il n’y avait pas la moindre ambigüité dans ses propos… Comment aurait-il pu prêcher pendant plus de 50 ans en soutenant théologiquement qu’on pouvait avoir des actes sexuels dans une expérience mystique ? Quand le père Thomas PHILIPPE parle de « Marie, Epouse du Christ », il le fait toujours dans une approche très classique et dans la tradition de l’Eglise. [17] On peut donc sans difficulté affirmer que la théologie du père Thomas, même si elle peut donner lieu à des objections légitimes, est totalement conforme à l’enseignement de l’Eglise.

12 – La Communauté St Jean devait elle se purifier de son péché originel ?

Au début de mon enquête, j’ai été très surprise de découvrir des liens particuliers entre des anciennes sœurs, aujourd’hui dans le monde, accusatrices de mon oncle avec des frères influents dans la Communauté Saint Jean et certains dominicains.

De façon fortuite, fr Alban Marie du COSQUER (à l’époque à la Communauté St Jean), m’a apporté son analyse sur cette affaire. Selon lui, le fr Marie-Alain d’AVOUT, très actif dans la recherche de témoignages, développe la thèse d’un prétendu « péché originel » de la Communauté. Cette thèse, est semble-t-il partagée par de plus en plus de monde dont le Prieur fr Thomas JOACHIM, mais surtout depuis longtemps par Golias ! (Pièce 13). Alors que de son vivant, le père MD avait  protesté auprès de son prieur pour lui demander de défendre la communauté (pièce 17 bis)  .

Il apparaît aussi, selon fr Marie Alain d’AVOUT, que le Cardinal SCHONBORN (ami du Père Garrigue) cherchait depuis de nombreuses années à constituer « un dossier » sur mon oncle, le père Marie-Dominique PHILIPPE (pièce 10).

Cette information semble vérifiée par un échange avec une accusatrice Corinne (prénom changé) qui témoigna à charge  déjà en 2008 dans une affaire de 1992 ( !) impliquant un frère de St Jean. La plainte  pour « abus » fut classée sans suite par le Procureur mais donna lieu à un procès canonique dont le jugement fut toutefois cassé par Rome en appel considérant qu’aucune preuve n’avait été établie. Corinne qui était jeune religieuse à l’époque et pendant plus de 10 ans est aujourd’hui mariée. Il est notoire que d’après les rumeurs[18] cette belle jeune femme avait tendance (volontairement ou pas…) à « allumer » certains frères.  Il est toujours étonnant de voir témoigner les mêmes personnes dans deux affaires disjointes mais connexes sur le fond comme sur les dates… Corinne connaissait bien le Cardinal SCHONBORN (un dominicain ayant été jeune professeur à Fribourg en 1975 quand MD y était encore…) et son ex secrétaire le père Jean-Miguel GARRIGUE[19] qui claqua la porte de St Jean en 2001 en rejoignant avec quelques frères les dominicains de Toulouse. Corinne dit qu’elle a fait son témoignage lors du vivant du Père Philippe et «l’aurait  prévenu ainsi que deux anciennes sœurs» dont Françoise (prénom changé).  Cette dernière a aussi confirmé le rôle du Cardinal SCHONBORN dans cette affaire qui lui demandait d’écrire un témoignage. Cette demande fut confirmée par le fr Marie Alain d’AVOUT, l’été 2010, lors d’un échange mail avec fr Alban Marie du COSQUER concernant sa déposition sur le sujet.

Ce qui peut expliquer la déclaration « en off » du  Cardinal RODE« C’est une affaire montée par les Dominicains qui ne lui ont pas pardonné d’avoir fondé la Communauté St Jean » (pièce 8).

Il est indéniable  que la communauté St Jean a accueilli sans discernement en son sein des hommes déséquilibrés ou même pervers, et sans doute en plus grande proportion que dans d’autres communautés. Les prieurs de St Jean ont dû faire face à de nombreux problèmes graves y compris avec des procédures  judiciaires au pénal.  Mais ce n’est pas une raison pour en faire porter la responsabilité sur le Père Marie-Dominique qui de son vivant gérait lui aussi «à l’ancienne » les questions de mœurs. C’était, ne l’oublions pas, avant les directives de fermeté du Pape benoit XVI sur cette question. Le traitement « à l’ancienne » de l’affaire du Père Preynat par les archevêques de Lyon, Mgrs Decourtray, Balland et Billé  en est l’exemple le plus emblématique. Comme Mgr Barbarin avec  l’affaire Preynat, le père Marie-Dominique est devenu avec sa philosophie sur l’amour d’amitié le « bouc émissaire » de  tous les problèmes de mœurs de la communauté. C’est la position centrale de « Corine » qui disait à juste titre qu’il se « passait des choses à St Jean ». Elle voulait aussi donner aux autorités de l’Eglise sur le mode de la « confidentialité » son explication causale par une accusation étonnante mais mortelle pour la  mémoire du fondateur de la Communauté St Jean.  C’est devenu aussi la position du gouvernement de la communauté.

13- Considérations sur la psychologie des plaignantes

Nous ne souhaitons pas mettre en doute la sincérité ou les bonnes intentions des plaignantes qui subjectivement ont pu se sentir blessées d’une façon ou d’une autre par les Pères PHILIPPE. Par contre, nous avons toutes les raisons de penser que les plaignantes ont fait des « relectures » psychologiques dans lesquelles l’imagination a joué un rôle important. Il n’est pas rare de voir surtout dans des affaires de mœurs, des témoins ou des victimes, faire des dépositions qui se révèlent être « fantaisistes ». La psychothérapeute américaine E. LOFTUS a témoigné comme expert dans des centaines d’affaires criminelles aux USA pour sensibiliser les jurys de son pays sur le fait que les souvenirs sont flexibles et que les témoignages sont loin d’être de parfaits enregistrements d’événements réels.

On peut trouver des « relectures » psychologiques et actualisées des directions spirituelles faites avec le Père Marie-Dominique PHILIPPE. Ainsi le témoignage du frère Alban Marie (pièce 10) donne une explication sur les interprétations erronées qui ont pu être faites sur des gestes du Père Marie-Dominique PHILIPPE par une jeune femme Gabrielle (prénom changé) : « Elle [Gabrielle] m’a alors donné son témoignage en disant ceci : « Je suis rentré une fois dans le parloir du Père Marie-Dominique PHILIPPE pour me confesser, j’avais un robe fendue et durant la confession le père a posé sa main sur mon genoux et cela m’a gênée ». Sans plus, je lui ai alors posé la question : « et après ? » elle a alors répondu : « ben rien, mais cela m’a gênée ! ». Je lui ai dit alors ma grande tristesse de voir que ce genre de relecture avait dû être provoquée par l’influence du père MA qui recherchait ce genre de témoignage ».

Le Médecin Psychiatre Paul Bensussan, et l’avocat Florence Rault ont bien décrit la mécanique qui conduisait des plaignants à faire des allégations erronées. Ils sont coauteurs d’un ouvrage « La dictature de l’émotion »[20] qui analyse ce mécanisme. Le Dr Bensussan, est expert auprès de la Cour de Cassation et a été entendu entre autres cas dans le cadre de l’enquête parlementaire sur l’affaire d’Outreau.

Dans une conférence donnée le 1er septembre 2001, il insiste sur la difficulté de la preuve « On me demande souvent la fréquence des accusations infondées d’abus sexuels. Les chiffres sont tellement disparates que vous allez tout de suite comprendre à quel point ils sont vides de sens. Un de mes éminents confrères chef de service de pédopsychiatrie disait récemment lors d’une émission que selon lui les allégations infondées s’étendaient de 3 à 6%, pour certains auteurs au contraire comme Hubert Van Gijseghem on estime ce chiffre allant jusqu’à 50 à 75%, l’American Psychological Association qui n’a pas l’habitude d’avancer des chiffres au hasard parle de 50%. Vous voyez que quand la disparité va de 3 à 75%, ça ne prouve qu’une seule chose, c’est que finalement on n’en saura jamais rien. Je veux dire par-là qu’on est dans un domaine où la certitude est pratiquement impossible à atteindre. Je parle bien sûr des attouchements, je ne parle pas des viols qui malheureusement laissent des traces physiques et donc plus souvent des preuves, mais en matière d’attouchement sexuel la preuve au sens policier, judiciaire, psychiatrique, scientifique du terme est impossible à obtenir. On va donc devoir travailler avec cette part de doute. Ce doute qui est défini comme « l’état d’esprit intermédiaire entre l’ignorance et la certitude » ».[21]

Dans un article paru dans le journal Libération, il note que « Bien souvent, sous le coup de l’émotion, de la pression, de la peur de passer à côté d’un abus réel, la justice a bien du mal à remplir son rôle. Pour une condamnation justifiée, combien de vies brisées, de carrières anéanties, de suicides ? »

Il remarque également que « sous l’influence de quelques affaires particulièrement atroces, l’adhésion de l’opinion publique s’est insidieusement muée en vindicte aveugle. En matière de pédophilie, il y a un « avant Dutroux » et un « après Dutroux ».

Pour paraphraser ce psychiatre, on peut dire que dans l’Eglise, il y a aussi un « avant Maciel » et un « après Maciel » au point que le mot d’ordre de « tolérance zéro » se transforme maintenant en principe de précaution avant toute autre considération. On fait preuve parfois d’un grand empressement à dénoncer le plus rapidement possible auprès du Procureur de la République les clercs qui seraient soupçonnés d’abus de toute sorte. J’ai eu connaissance du cas d’un prêtre qui fit l’objet récemment d’une dénonciation immédiate de son évêque auprès du Procureur de la république et dont l’affaire a fini par un non-lieu …

Les suicides récents en 2018 de deux jeunes prêtres « dénoncés » devraient nous faire réfléchir. La peur d’être accusé médiatiquement de « silence coupable » est devenue la source de conduites précautionneuses souvent opposées à de simple principe de prudence et de justice (sans parler du sens pastoral et de la vertu de prudence…). A cette peur, s’ajoute celle d’être impliqué dans un procès pénal ou civil par une victime ou un parent pour une non-dénonciation. Nous pouvons lire à ce sujet la contribution du Père du PUY-MONTBRUN[22], doyen émérite de la Faculté de droit canonique de Toulouse, sur cette tendance fâcheuse (pièce 11 : art du p du Puy-Montbrun).

Certes le motu proprio du pape «vos estis lux mundi » en date du 7 mai 2019 [23] fait obligation à l’évêque de dénoncer les « abus sexuels ». Mais cela doit se faire dans des conditions très précises. Il concerne les actes criminels (c’est-à-dire relevant le plus souvent d’une Cour d’Assises pour ce qui est du droit Français) comme des actes de pédophilie, pédopornographie ou de viol (art 1). Il doit se faire après enquête, selon les règles de droits (art 3) et  doit être couvert par le secret ou au moins par “la stricte confidentialité au sens du canon 471” (art 2.2). Ce qui exclut donc les publicités qui seraient faites par les autorités cléricales par voie de presse ou autre…  (interviews, communiqué, internet, etc…) .

Enfin il faut rappeler que selon le canon 1717, l’évêque doit faire « une enquête prudente » et doit « veiller à ce que cette enquête ne compromette la réputation de quiconque » ! L’application à tout va d’un « principe de précaution » mal compris conduit le Père du Puy-Montbrun à publier un article en janvier 2019 où il titre «Que les évêques appliquent le droit canonique ! »  en les invitant à ne pas s’affranchir des règles élémentaires de droit et ne pas céder à « la peur ambiante et mortifère amenant les évêques à «se substituer aux victimes», qui ne sont pas toujours de véritables victimes, malgré les apparences émotionnelles ».[24]

Des psychologues[25] notent que « des accusations sur des faits sexuels peuvent provenir de pathologies spécifiques dans lesquelles les accusatrices développent une force de conviction susceptible de faire croire à la réalité de ce qu’elles dénoncent. La plupart de ces motivations sont difficilement identifiables, voire inconcevables par des non-spécialistes, ce qui explique qu’il arrive que des accusatrices parviennent à tromper des policiers, des médecins, des magistrats, des jurys populaires… et même des psychologues au statut d’experts ».

Déjà, en 1909 dans leur ouvrage « les Folies raisonnantes »[26], les Dr Capgras et P Sérieux décrivaient les personnes atteintes de cette psychopathie en ces termes : « ils conservent toute leur vivacité d’esprit, avec une aptitude remarquable à discuter et à défendre leurs convictions. (…) On constate une façon correcte de s’exprimer, des associations d’idées normales, des souvenirs très fidèles, une curiosité éveillée, une intelligence intacte, parfois fine et pénétrante. On ne peut mettre en évidence ni hallucinations actives, ni excitation, ni dépression ; pas de confusion, pas de perte des sentiments affectifs. Des entretiens prolongés ou répétés sont souvent nécessaires pour découvrir certaines particularités »

Or force est de constater qu’aucun regard psychiatrique n’a été fait sur les plaignantes. Mgr d’ORNELLAS a confié un enquête à un clerc qui n’avait pas semble-t-il les compétences requises pour détecter une psychopathie. La lettre « anonyme » de Michèle-France PESNEAU est à cet égard éclairante surtout quand elle se présente comme victime d’un harcèlement de ma part. Michèle-France PESNEAU présente sans conteste un certain nombre de symptômes que l’on retrouve chez une personnalité paranoïaque et qui sont assez bien décrit dans les ouvrages de psychiatrie.

Ainsi pour JUIGNET[27] : Certains traits sont caractéristiques : orgueil, méfiance, susceptibilité, rigidité, irréalisme et fausseté de jugement. Le paranoïaque est orgueilleux et parfois méprisant pour les autres, car il se considère comme supérieur. L’agressivité est importante, exprimée indirectement par une pointe de mépris, ou directement sous forme de propos désagréables, d’injures. La méfiance et la suspicion sont systématiques. Le sujet s’attend à ce que les autres lui nuisent ou l’exploitent et craint toujours une attaque de leur part. Il met en doute l’honnêteté et la loyauté de ses proches, il est presque toujours jaloux

Le paranoïaque se sent facilement dédaigné, il craint qu’on lui manque de respect et parfois l’imagine quand ce n’est pas le cas. Susceptible, il tolère mal les remarques et critiques. Un désaccord, un jugement défavorable d’autrui, déclenchent colère et rancune. Le prestige et les titres sociaux, les filiations illustres, réelles ou fictives, tentent de compenser cette fragilité. Le paranoïaque est rigide et sans autocritique. Dur avec lui-même et avec les autres, il a des opinions inébranlables. Le terme journalistique de « pensée unique », convient bien pour désigner sa manière de penser : c’est la seule à pouvoir exister et tout le monde doit y adhérer. À aucun moment le sujet ne peut prendre une distance critique par rapport à lui.  Le rationalisme est constant et alimenté par des interprétations. Il se met en place un dogme argumenté par une avalanche d’arguments et un raisonnement assertif entièrement mis au service du postulat de départ. »

On peut retrouver ce raisonnement assertif dans les affirmations de Michèle-France PESNEAU sur la théorie « mystico-érotique » du Père Thomas PHILIPPE…

En allant sur des blogs spécialisés comme « l’envers du décor »[28], on trouve des accusations anonymes comme celle de « Sérénité » (pièce 9) qui ressemblent beaucoup à celle de Michèle-France PESNEAU et porte la marque de la réaction paranoïaque par son caractère assertif et fuyant : « Et les combats des victimes pour se faire entendre durant des années ? Comme s’ils n’existaient pas. MD PHILIPPE a commencé avec ma tante il y a plus de 50 ans (ami de la famille bien avant la fondation de sa Communauté) et a formé des dizaines de disciples à ses pratiques mystico-affectivoperverses avec emprise et tout ce qu’on connait. Faits connus des responsables. Faits d’aujourd’hui. » Notons que dans ce blog, un dialogue s’est instauré entre « Sérénité » et un autre blogueur. Et curieusement après une demande d’explication par un lecteur sur cette histoire, « Sérénité » refuse d’aller plus loin dans l’accusation et prétexte une « blessure » pour ne pas justifier cette affirmation.

JUINET poursuit : «La forme sensitive se caractérise par un caractère plus doux, une prédominance féminine et parfois un délire en réseau. Les sensitifs sont sensibles aux réactions d’autrui, facilement blessés, qui fuient le contact. La peur entraîne la mise en place d’une distance des autres, ressentis comme hostiles, ce qui donne une recherche de protection. Le sujet est sur le qui-vive, ayant peur ne pas être respecté, d’être agressé. Sans se sentir franchement persécutés, ces sujets ont l’impression qu’on s’intéresse à eux d’une manière qui est excessive à leurs yeux et qui n’est pas bienveillante.

Il arrive que l’on voit ces symptômes et traits de caractère apparaître transitoirement dans les autres personnalités psychotiques ou limites. On parle alors de réaction paranoïaque. Dans les cas de réactions paranoïaques, il y a souvent des circonstances déclenchantes réelles (préjudice, incivilités, etc.). Elles entraînent la certitude d’avoir été lésé ou trompé. Il s’ensuit une volonté de réparation et de vengeance. La volonté de se venger déclenche divers comportements de revendication, et fréquemment l’engagement de procédures auprès des autorités pour obtenir réparation. »

Il faut noter dans l’interview de Michèle-France PESNEAU sur Europe 1, l’importance qu’a prise la messe de « réparation » organisée, pour elle et « à sa demande », par Mgr d’ORNELLAS ! (voir l’émission Europe 1).  Elle y parle aussi de la rencontre avec la Pape qu’elle a demandée[29],  qu’elle a obtenue mais qu’elle a refusée parce que les journalistes d’Arte n’auraient pas eu la possibilité d’y assister pour y filmer le pape en train de « demander pardon » !

Il existe en fait  un continuum allant de la normalité à des formes plus graves de paranoïa en passant par « la personnalité paranoïaque ». Dans les cas qui nous intéressent, de nombreux témoins de l’époque à la Communauté St Jean comme dans l’Arche pourraient parler abondamment de ces nombreuses femmes dépressives, pathologiquement jalouses, très angoissées qui recherchaient la présence bienveillante et apaisante des pères Thomas ou Marie-Dominique PHILIPPE.

On retrouve ces traits de caractère chez ces femmes : jalousie maladive, recherche de protection, recours aux autorités ecclésiales si possible élevées (Cardinal ou Archevêque !), dogmatisme, sentiment d’être harcelée, raisonnements assertifs sur la « famille PHILIPPE », etc… Avec le temps ces femmes rechercheraient à compenser leurs difficultés par des dénonciations publiques (mais anonyme…) de personnalités qui n’auraient pas pu ou pas su améliorer leur mal-être psychologique.

On retrouve la description que fait le psychiatre Ernst Kretschmer de la personnalité paranoïaque sensitive marquée par un sens élevé des valeurs morales : l’orgueil (une estime de soi-même, qui conduit à se considérer comme jamais suffisamment reconnu à sa juste valeur) ; une hyper sensibilité au toucher relationnel entraînant une grande vulnérabilité dans les contacts interpersonnels ; une tendance à l’autocritique, à intérioriser douloureusement les échecs et une grande susceptibilité.

En restant dans l’anonymat relatif de cette dénonciation, les plaignantes calment leurs angoisses tout en ne prenant pas le risque d’une confrontation avec un contradicteur. Dans un procès pénal, les victimes doivent témoigner publiquement et contradictoirement. Le faux témoignage est puni pénalement. C’est souvent difficile psychiquement et « risqué » pour elles, mais c’est toujours indispensable pour qu’une justice humaine s’exerce si possible sans arbitraire pour éviter l’erreur judicaire. Dans cette démarche de dénonciation post mortem auprès d’une « autorité ecclésiale », il n’y a aucun risque ! Les plaignantes trouvent une écoute bienveillante et compatissante de cette Autorité et elles peuvent en abuser. Elles se « soulagent » de façon étonnante en accusant des personnalités disparues qu’elles ont pourtant admirées.

En rationalisant davantage cette question, je souhaite avancer une « hypothèse » sur ces plaintes et faire un parallèle avec une situation que l’on retrouve assez souvent en psychologie : Les pères Thomas et Marie-Dominique PHILIPPE avaient, humainement parlant, un très fort charisme de compassion qui avait pour effet d’apaiser un grand nombre de personnes profondément angoissées, dépressives, névrosées, instables, etc… qui ont expérimentés ce charisme et abusaient même de leur complète disponibilité. La tendresse (absolument pas sexuelle !) qu’ils pouvaient donner de façon paternelle doit encore une fois être replacée dans le contexte de cette époque.

Au-delà de l’aspect sacramentel et de la foi en Dieu que le prêtre peut (ou doit) y apporter, l’écoute compassionnelle de la direction spirituelle couplée à celle de la confession ressemble pour certains aspects à l’écoute psychanalytique. Les thérapeutes s’aperçoivent que des malades (généralement féminins) développent des sentiments amoureux à l’égard de l’écoutant.

Ainsi, S. Freud note dans Selbstdarstellung (Sigmund Freud présenté par lui-même) en 1925, « dans chaque traitement analytique, s’instaure, sans aucune intervention du médecin, une relation affective intense du patient à la personne de l’analyste, relation qui ne peut s’expliquer par aucune des circonstances réelles. Elle est de nature positive ou négative, va de l’état amoureux passionnel, pleinement sensuel, jusqu’à l’expression extrême de la révolte, de l’exaspération et de la haine. Cette relation, qu’on appelle, pour faire bref, transfert, prend bientôt la place chez le patient du désir de guérir et devient, tant qu’elle est tendre et modérée, le support de l’influence médicale et le ressort véritable du travail analytique commun. »
 Freud note que ce sentiment est en contradiction avec l’attitude réservée de l’analyste, et le fait que souvent il n’a rien d’un séducteur : les rapports du malade avec l’analyste “ne devraient comporter qu’une certaine dose de respect, de confiance, de reconnaissance et de sympathie humaine ».

Freud note aussi que le caractère compulsionnel de cet « amour » n’est pas étranger aux autres amours. Et il indiquera dans « Psychanalyse et Médecine » (page 196 ou 42) que le transfert est “un phénomène humain général, il domine toutes les relations d’une personne donnée avec son entourage humain”, “le malade répète, sous la forme de cet amour pour l’analyste, des événements psychiques qu’il a déjà une fois vécus – il a transféré sur l’analyste des attitudes psychiques qui étaient déjà prêtes en lui et sont en rapport intime avec sa névrose. Il aimerait reproduire, dans ses rapports avec l’analyste, toutes les vicissitudes oubliées de sa vie.[30]

Ne serait-il pas logique de retrouver aussi ces attitudes chez certaines personnes névrosées qui ont été « consulter » les pères Thomas et Marie-Dominique PHILIPPE ?

 

14- Les procédures canoniques

Il est vrai que j’ai fait « subir » au Père Thomas JOACHIM, deux procès canoniques en diffamation. L’un en France, l’autre à Rome. Je pensais naïvement que cette procédure était similaire à celle des tribunaux civils Français avec les grands principes du droit. En fait, dans ce cas le juge était Mgr Riviere autorité hiérarchique de la Communauté St Jean et qui a soutenu le Prieur dans sa démarche de « transparence ». Bref, il se retrouve juge et partie ! 

En fait de procès, je me suis retrouvée à Paris devant l’abbé N. qui m’a convoqué et fait promettre sur la Bible de garder le secret sur la « procédure » ! Je n’ai pas eu du mal à garder le « secret » car concrètement l’essentiel de l’échange fut une conversation de salon (ou plutôt de sacristie…) dont le but était de me faire « avouer » les noms des personnes clercs ou laïcs qui étaient « derrière » moi à me soutenir ! Mais pas de débats, pas d’échanges de pièces, pas de conclusions, pas de plaidoirie. Le grand secret !

Bref, en fait de jugement, je reçois un décret de Mgr Riviere qui tient en moins de dix lignes qui me déboute le 1er décembre 2015 sans autre explication.

Je fais appel à Rome en envoyant le dossier par la poste. Silence absolu là encore jusqu’en janvier 2017 où je reçois un décret de 8 pages cette fois-ci  signé du Cardinal BRAZ de AZIZ en date du 20 décembre 2016 qui me déboute à nouveau ! En fait de jugement, il s’agit plutôt  d’une dissertation écrite à la section française du dicastère et qui explique longuement que le Prieur a bien « vérifié les témoignages », a agi en plein accord avec les autorités de l’Eglise, a fait cela « pour le bien » de la Communauté et donc qu’il avait raison ! Il est vrai que la sincérité du Père Prieur, et sa crédulité inébranlable, font qu’il n’a sans doute pas eu l’intention de nuire à la réputation du Père Marie-Dominique PHILIPPE …

Je m’incline sans problème devant cette décision qui affirme qu’il n’y pas eu de diffamation de sa part. Mais cette décision ne règle toujours pas la question de la pertinence ou non des accusations ! Ce qui n’empêche pas le frère Prieur d’exhiber dans une lettre publique cette procédure « secrète » pour continuer à se justifier, se plaindre du temps qu’il a perdu et de mon comportement «injuste». J’ai dû  lui faire remarquer que j’étais quand même «dans mon droit » et que je n’étais pas comme lui l’accusatrice mais plutôt « l’avocate »…

Aussi je demande pardon, ici même, au Père Thomas-Joachim de lui avoir fait perdre son temps dans cette procédure inutile ! Ce procès «canonique- pénal» n’avait pas un enjeu important puisque dans le pire des cas, le Père Thomas-Joachim n’aurait eu qu’une remontrance de son évêque ou bien la contrainte de faire passer un démenti. Je pensais naïvement que j’aurais eu accès à des pièces pour justifier ma position…

Quand une plainte est faite auprès de la police ou d’un Procureur, la procédure est confiée à des gens dont c’est le métier. Les policiers disposent de nombreux moyens pour « prouver » les actes d’un prévenu ou d’un suspect : écoutes téléphoniques, gardes à vue, perquisitions, filatures, analyses de police scientifiques (ADN, etc..), constats de flagrant délit, constat de médecine légale, etc… les juridictions d’instruction prennent le relais. Elles instruisent à charge et à décharge : interrogatoires, confrontations, expertises psychiatriques, expertises techniques ou autres, recherche de témoins, etc … Puis vient enfin avec les actes du Parquet, l’audience publique et contradictoire du procès qui cherche à établir la vérité toujours sur le contrôle d’une cour d’Appel, de la Cour de cassation, avec parfois le recours possible au Conseil Constitutionnel et même à la CEDH !

Dans un procès canonique pénal, nous n’avons rien de tout cela ! Pourtant cette justice ecclésiastique qui reste très humaine peut changer la vie d’un prêtre ou d’un religieux. « Le secret canonique » couvre d’une chape de silence les actes des juges qui n’ont pas tous les outils pour établir des culpabilités. Pas d’audience publique, ni confrontations ! Toujours le secret. Les seules preuves invoquées sont toujours ces fameux témoignages écrits ! On peut légitimement trembler quand on voit des prêtres jugés sur ces seuls éléments ! [31]

15 -Justice, Droit et Vérité

En Droit, affirmer qu’il a eu « des agissements sexuels » « gravement contraires aux vœux religieux » et « à la morale enseignée par l’Eglise », c’est supposer non seulement que ces fautes aient été commises réellement, mais qu’elles ont été vérifiées auprès de l’auteur et si possible avouées. Quand on avance qu’aucune « poursuite civile ou pénale ne peut être engagée », cela induit clairement le fait que les actes imputés au Père Thomas PHILIPPE auraient pu donner lieu à des poursuites pénales. Or les actes susceptibles de donner lieu à une incrimination pénale contre le Père Thomas PHILIPPE pour des faits commis sur des personnes adultes « non consentantes » sont :

  1. le viol (crime passible de 20 ans de réclusion criminelle selon l’art 222.24)
  2. l’agression sexuelle (7 ans de prison selon l’art 222.27 du code pénal). Notons que « l’abus d’autorité » est de nature à qualifier l’agression sexuelle (ou même le viol …) sur une personne même en apparence
  3. « L’emprise psychologique » et spirituelle du Père Thomas. Mais si l’emprise est retenue, l’agression sexuelle ou le viol est pénalement caractérisé.

Force est de constater que tout est fait pour donner aux Pères PHILIPPE l’image d’hommes particulièrement pervers du fait de leur autorité et charisme dont ils auraient fait usage et donc amplement « abusé ». Elle rend plus évidente encore la nature infâmante de ces dénonciations du haut en bas de la hiérarchie de l’Eglise. Déclarer ces témoignages comme « vrais », c’est aller au-delà de la compétence de quiconque : Dans l’Eglise, dénoncer ce genre de faits qui conduisent à des sanctions pénales ne peuvent être établis que par voie judiciaire [32]:

La défense de la présomption d’innocence est une contribution fondamentale, tant du peuple juif, que du droit romain, à la Communauté humaine ; les exemples de décisions en ce sens surabondent depuis l’Ecriture Sainte jusqu’aux dernières dispositions législatives.[33]  Aussi d’un point de vue juridique ces dénonciations sans procès auraient dû rentrer dans la définition du délit prévu par le canon 1390[34].

En conclusion, la famille du père Marie-Dominique PHILIPPE serait favorable à la mise en place de la même politique de transparence sur les faits présumés que celle qui a motivée les dénonciations controversées.

C’est pourquoi, je demande aux Autorités Ecclésiastiques de me donner un accès aux pièces du dossier afin que je puisse exercer un « droit de la défense » complet et étayé face aux accusations précitées. Je m’engage à ne pas en dévoiler le contenu et n’émettre qu’un avis global.

A défaut, je demande la mise en place d’une véritable commission d’enquête indépendante de l’Eglise qui aurait pour mission d’infirmer ou de confirmer les faits ayant conduit à la « condamnation » des défunts et dont je demande si possible à en faire partie.

Cette commission en conformité avec la lettre et l’objectif  du récent Motu Proprio du Saint Père du 9 mai 2019  « Vos estis lux mundi »  devrait « impliquer des personnes qualifiées » (cf.  art. 13 du Motu proprio)  pour examiner sereinement et de façon « quasi-judicaire » les accusations. Notons aussi que le motu proprio reconnaît enfin la présomption d’innocence  (art 12). Cette commission devrait donc idéalement avoir en son sein un magistrat en activité ou en retraite ayant au moins 20 ans d’expérience des juridictions d’instructions et un Médecin psychiatre Expert près d’une Cour d’Appel. Il est souhaitable qu’aucun clerc n’en fasse partie et cela en conformité avec ce que demande le pape François dans sa lettre au peuple de Dieu du 20 aout 18 : Le cléricalisme, favorisé par les prêtres eux-mêmes ou par les laïcs, engendre une scission dans le corps ecclésial qui encourage et aide à perpétuer beaucoup des maux que nous dénonçons aujourd’hui. Dire non aux abus, c’est dire non, de façon catégorique, à toute forme de cléricalisme.

Je demande aussi aux Autorités de l’Eglise de France et aux Supérieurs de l’Ordre Dominicain de protester publiquement contre les violations constantes dans la presse du principe de présomption d’innocence dont devraient bénéficier les défunts Pères Marie-Dominique et Thomas PHILIPPE. Et en particulier protester au sujet de l’émission de télévision d’ARTE du 5 mars 2019.

Marie PHILIPPE

Mail : philippe4561@gmail.com

 EN ANNEXE : Une étude sur le rôle de la revue Golias dans les déboires de St Jean (Piece13 : complément)  et un memo avec des textes de Docteurs de l’Eglise sur l’atteinte à la bonne réputation et la calomnie (Pièce 14 : la diffamation et les docteurs de l’Eglise )

Liste des pièces : Toutes les pièces sont consultables en ligne sur le site:     

https://marie-dominique-philippe.com/

Pièce 1 :        Lettre ouverte de fr. Thomas JOACHIM du 13 mai 2013

Pièce 2 :     Lettre de Mr Patrick FONTAINE

Pièce 3 :     Article de La Croix du 16 octobre 2015

Pièce 4 :     Mon droit de réponse paru dans La Croix du 26 novembre 2015

Pièce 5 :     Lettre « anonyme » reçue par moi et envoyée par Michèle-France PESNEAU

Pièce 6 :     Article GOLIAS Hebdo 562

Pièce 7 :     Lettre du Cardinal RODE

Pièce 8 :     Lettre de M et Mme LAGRANGE suite à leur rencontre avec le Cardinal RODE

Pièce 9 :     Posts anonymes sur internet

Pièce 10 :   Témoignage du fr Alban Marie

Pièce 11 :   Article du père du PUY-MONTBRUN

Pièce 12 :   Interview Michèle-France  PESNEAU sur Europe 1 (audio seulement)

Pièce 13 :    Etude sur le rôle de la revue Golias dans les déboires de St Jean

Pièce 14 :    Mémo avec des textes de Docteurs de l’Eglise

Pièce 15 :    Témoignage de Cynthia a L’AVREF

Pièce 16 :    Témoignage de MC Fournier (en fait Michèle-France P  à L’AVREF

Pièce 17 :    échange avec une psychologue clinicienne

Pièce 17b :  Lettre du Père Marie-Dominique Philippe au Prieur General

Pièce 18 :    Echange (monologue) avec le prieur de St Jean

Pièce 19 :     Lettre de Jean Vanier sur le PT avril 1993

Pièce 20 :     Interview de MF P sur Konbini-news

Pièce 21 :     Portrait dans Libération sur le P WEIL

Pièce 22 :     La croix du 19 mai 2019

Pièce 23 :     Interview de D Wagner

Notes : 

[1]  Comme de nombreux amis du Père Thomas PHILIPPE, j’ai été assez incrédule et interloquée face aux « révélations » de faits qui se seraient produits il y a 30 ans ou 40 ans ! Aussi, je prends contact téléphonique avec Patrick FONTAINE, auteur principal de l’accusation, pour avoir des explications. Qui sont ces femmes et pourquoi ont-elles attendu si longtemps pour agir ? De quelles natures étaient ces « agissements sexuels inappropriés » ? Je n’ai eu aucune réponse précise, ni de nom, car l’enquête menée à la demande de Mgr d’ORNELLAS était « secrète ». Je dois faire une confiance sans discussion à Patrick FONTAINE et à « l’Arche » qui bénéficient de la caution de Mgr d’ORNELLAS et de l’enquête qualifiée de « canonique ». Je note au passage que cette appellation « enquête canonique » sur un mort me semble erronée car elle n’est pas prévue par le Droit Canon (sauf celle qui est faite en vue d’une éventuelle béatification). Je l’appellerai donc jusqu’à preuve du contraire « enquête du p. MARCOVITS ».

    [2] Par ailleurs le rôle du p. Thomas PHILIPPE y est cantonné à « l’accompagnement spirituel » de la Communauté naissante avec une « contribution significative à la pré-fondation ». Cela est déjà assez injuste car il fut le véritable co-fondateur de l’Arche avec Jean VANIER, ce qui est attesté par de nombreux écrits et documents comme la lettre de l’Arche de janvier 94 après son décès à l’époque  en « odeur de sainteté ». Il fut même enterré au pied de la chapelle de la Ferme, centre historique de l’Arche (cf voir aussi la lettre de jean Vanier piece n° 19)

[3] Un mémoire d’étudiant de Master 1 en histoire religieuse par Antoine Mourges  en 2009 (non publié). Cette « référence » est  pourtant qualifiée de « travail universitaire d’historien » par L’Arche … (« même si les archives du procès restent fermées, nous savons, grâce au travail universitaire d’un historien Antoine Mourges, etc… » dit un « rapport » interne de l’Arche sur les rôles respectifs de JV et du PT)

[4] On retrouve ce terme exact dans l’édito de C. Terras de la revue Golias hebdo n°287

[5]  https://c.lejsl.com/edition-macon/2019/03/10/j-ai-ete-abusee-26-ans-par-le-pere-marie-dominique

[6] http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-enq/r3125.asp

[7] Lachaux, Bernard, et al. « Crédibilité et expertise psychiatrique », L’information psychiatrique, vol. volume 84, no. 9, 2008, pp. 853-860.

[8] https://www.avref.fr/temoignage-de-cynthia-howard.html

[9] https://it.aleteia.org/2019/03/11/religiose-abusate-arte-marie-pierre-raimault-eric-quintin/

[10] https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/Pape/Demission-dun-pretre-Congregation-doctrine-foi-accuse-harcelement-2019-01-29-1200998910

[11] https://www.die-tagespost.de/kirche-aktuell/online/Hexenjagd;art4691,195402

[12] https://gloria.tv/article/bgJenGSfV7oJ4HJnKGxzCZkLi  

[13] https://www.die-tagespost.de/kirche-aktuell/Schoenborn-trifft-Wagner-Empathie-und-Systemkritik;art312,195778

[14] https://www.avref.fr/temoin-doris-wagner.html

 [15] https://www.katholisch.de/aktuelles/aktuelle-artikel/wie-glaubigen-die-geistliche-selbstbestimmung-geraubt-wird

[16]  Ainsi, le « toucher relationnel » permet de comprendre par analogie la grâce ou plus encore le « toucher mystique ». Cette approche a l’avantage de respecter les niveaux d’intelligibilité sans toutefois les mélanger. En bon dominicain, c’est ainsi qu’il donnait des explications. Ainsi comment le père Thomas PHILIPPE aurait-il avancé une position théologique en confondant « union mystique » et « union charnelle » ?

[17] Je me bornerai à rappeler quelques grandes références scripturaires ou théologiques sur le sujet. Les textes du Cantique des cantiques, Osée, Ézéchiel, nous présentent en termes allégoriques Dieu comme l’Époux de son peuple et préfigurent les noces du Christ avec son Église. Dans l’enseignement constant de l’Eglise, le Christ est le « nouvel Adam » et Marie la nouvelle Eve. Nos âmes sont appelées à vivre une « union à Dieu » spirituelle. Ainsi, Sainte Thérèse s’appropriera le texte d’Ézéchiel et deviendra « l’épouse du Christ ». Saint Jean de la Croix, tout homme qu’il était, n’hésitait pas à chanter son amour pour Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, comme une relation d’Époux à épouse, « afin que vous daigniez m’unir à vous par les liens du mariage spirituel. Je ne goûterai de joie que lorsque je me réjouirai dans vos bras » (Avis et maximes, n° 19). A Sainte Marguerite-Marie, le Sacré-Cœur de Jésus apparaît comme un Époux « le plus passionné d’amour » et « Il me fit comprendre qu’à la façon des amants les plus passionnés, Il ne me ferait goûter pendant ce temps que ce qu’il y avait de plus doux dans la suavité des caresses de son amour qui en effet furent si excessives qu’elles me mettaient souvent toute hors de moi-même ». Le St Curé d’Ars disait que les âmes du purgatoire étaient « les épouses du Christ ».  Marie est épouse du St Esprit chez Saint Louis Marie Grignon de Montfort qui écrit : « Dieu le Saint-Esprit étant stérile en Dieu, c’est-à-dire ne produisant point d’autre personne divine, est devenu fécond par Marie qu’il a épousée. (…) C’est pourquoi plus il trouve Marie, sa chère et indissoluble Épouse, dans une âme, et plus il devient opérant et puissant pour produire Jésus-Christ en cette âme et cette âme en Jésus-Christ » (Traité de la Vraie Dévotion, n° 20). La Vierge Marie est souvent nommée dans l’Eglise comme l’« Epouse du Christ ». Cette dernière appellation ne faisant peut-être pas l’unanimité, le Cardinal Charles Journet devait, sans doute, la critiquer. Mais elle n’est pas choquante lorsqu’on évoque la figure de Marie, Nouvelle Eve. La figure même du Nouvel Adam – qu’est Jésus-Christ, selon l’Ecriture (cf. 1 Co 15. 45) – appelle naturellement celle de la Nouvelle Eve. Marie comme « épouse du Christ » ne doit pas être entendu au sens charnel et humain, mais bien sûr en un sens spirituel, mystique !

[18] Pourquoi seule l’accusation du  Prieur Général  pourrait faire état des rumeurs ?

[19] Des oblats de St Jean m’ont informé que Fr Jean Miguel GARRIGUE aurait eu un lien avec l’AVREF à sa création. Il serait opportun qu’il démente cette rumeur, vu les liens historiques de l’AVREF avec une ancienne sœur apostolique de St Jean

[20] Edition Belfond, 2002

[21]  http://www.acalpa.org/allegation_dabus_sexuel_le_poids_de_la_parole_de_l_enfant.htm

[22] Liberté Politique N°66 Juin 2015 ISBN :978-2-9545799-6-2

[23] http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/motu_proprio/documents/papa-francesco-motu-proprio-20190507_vos-estis-lux-mundi.html

[24] https://srp-presse.fr/index.php/2019/01/25/agressions-sexuelles-que-les-eveques-appliquent-le-droit-canonique/

[25] http://www.g-e-s.fr/

[26] Alcan, Paris

[27] http://www.psychisme.org/Clinique/Paranoia.html#mozTocId572497

[28] http://www.lenversdudecor.org/L-Arche-fait-la-lumiere-sur-la-face-cachee-du-P-Thomas.html#forum1983

[29] Mgr Gaillot a visiblement été très actif dans ce reportage pour jouer les intermédiaires entre Arte et Rome. Son nom est aussi présent dans le générique du reportage.

[30] http://classiques.uqac.ca/classiques/freud_sigmund/psychanalyse_et_medecine/psychanalyse_et_medecine.pdf

[31] Voir à ce sujet les articles du Père du Puy-Montbrun, Canoniste et Doyen émérite de la Faculté de droit canonique de Toulouse : https://srp-presse.fr/index.php/author/bernard-du-puy-montbrun/

[32] Cf. Vén. Pie XII, discours à la Rote du 6 oct. 1946 : « Dans les deux sociétés parfaites, la sauvegarde du bien commun exige que les droits et les biens de leurs membres puissent être reconnus, garantis, récupérés par la voie judiciaire. »

[33] Saint Thomas III 80,6  » Les sacrés canons ne permettent pas d’extorquer un aveu à qui que ce soit par l’épreuve du fer rouge ou de l’eau bouillante. Dans notre droit, les délits doivent être jugés sur un aveu spontané, ou sur une preuve faite par l’audition publique de témoins. Quant aux délits occultes et inconnus, il faut les laisser à celui qui, seul, connaît les cœurs des enfants des hommes. « 

[34]  § 2. Qui fait au Supérieur ecclésiastique une autre dénonciation calomnieuse, ou porte atteinte autrement à la bonne réputation d’autrui, peut être puni d’une juste peine, y compris la censure.§ 3. Le calomniateur peut aussi être contraint à une réparation proportionnée.

Le dossier pdf complet en francais

 

 

Agressions sexuelles : que les évêques appliquent le droit canonique !

Nous invitons nos lecteurs à lire l’article intégral de l’Abbé Bernard du Puy-Montbrun
Doyen émérite de la Faculté de droit canonique (Ict)
Docteur en droit canonique et Diplômé en Sciences criminelles
Avocat ecclésiastique près l’Officialité Interdiocésaine de Toulouse

https://srp-presse.fr/index.php/2019/01/25/agressions-sexuelles-que-les-eveques-appliquent-le-droit-canonique/

en pdf :

Que les eveques appliquent le droit canonique

 

De nombreuses accusations d’abus sexuels contre des prêtres «ne sont pas vraies», affirme le cardinal Braz

 

Eglise: De nombreuses accusations d’abus sexuels contre des prêtres «ne sont pas vraies», affirme un cardinal

20 Minutes avec AFP Publié le 11/07/19 à 08h20

 

Envoyé par le pape François à un rassemblement de congrégations religieuses au Paraguay, le cardinal brésilien, Monseigneur Joao Braz de Aviv a assuré, ce mercredi, que de nombreuses accusations d’abus sexuels portées contre des prêtres « ne sont pas vraies ».

« Si des cas sont apparus dans la vie de l’Eglise, nous devons les élucider. Nous sommes très avancés (dans les investigations) mais il y a de nombreuses dénonciations qui ne sont pas vraies, et ce sont les commissions diocésaines qui vérifient si c’est vrai ou non », a déclaré Mgr Joao Braz de Aviv.

Ce cardinal est au Vatican préfet de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique. Il se référait aux divers scandales d’abus sexuels​ contre des mineurs qui ont secoué ces dernières années l’Eglise catholique.

Le cardinal a été envoyé par le pape François à Asuncion pour assister à une rencontre de trois jours avec des centaines de religieux appartenant à quelque 90 congrégations. Il a présidé une messe concélébrée dans la cathédrale d’Asuncion pour le quatrième anniversaire de la visite du pape à Paraguay en juillet 2015.

« C’est un moment d’inquiétude », a déclaré Mgr Braz de Aviv, soulignant que les scandales d’abus sexuels dans l’Eglise ont eu une profonde répercussion dans le monde « parce que nous, les religieux, sommes pour beaucoup un point de référence ».

Parmi les mesures qu’il a prises pour faire face aux scandales, le pape François a décidé en mai un changement de la loi canonique qui rend obligatoire le signalement des soupçons d’agression sexuelle et renforce le système d’alerte par les victimes présumées.

 

Un frère de St Jean jeté en pâture par son éveque.

Le 18 juin, Mgr Jean-Pierre Cattenoz publiait le communiqué suivant :

En ma qualité d’Archevêque d’AVIGNON, j’ai eu connaissance de faits mettant en cause Frère Samuel Rouvillois, de la Congrégation Saint Jean, affecté au prieuré de Saint Ruf d’AVIGNON.

Ces faits relèvent des définitions données par la lettre apostolique en forme de « Motu proprio » « Vos estis lux mundi » (« Vous êtes la lumière du monde ») publiée le 07 mai 2019 par le Pape FRANÇOIS.
Dans le respect du « Motu proprio » et de mon devoir légal de signalement, faisant appel à la responsabilité de tout un chacun et prévu par la Loi pénale française, j’ai déposé un dossier auprès de Monsieur le Procureur de la République d’AVIGNON à telles fins que de droit selon son pouvoir d’appréciation et d’opportunité sur le caractère infractionnel de ces faits.

Dans l’attente de la décision de Monsieur le Procureur de la République quant aux suites qu’il entendra éventuellement donner, j’ai dû décharger Frère Samuel de sa mission de Délégué épiscopal auprès du monde de la Culture et demander aux Supérieurs de sa Communauté son départ d’AVIGNON.

Je confie à votre prière toute notre Église

La communauté des Frères de Saint-Jean a fait savoir que « le dossier concerne exclusivement l’accompagnement de femmes majeures ». Un premier « témoignage indirect » a été reçu fin 2018, dénonçant la manière dont le frère Samuel Rouvillois exerçait l’accompagnement spirituel. En avril 2019, la communauté lui a adressé une « monition canonique », lui imposant un cadre pour l’exercice de l’accompagnement : la durée et le lieu des entretiens lui sont imposés depuis, ainsi qu’une supervision et l’interdiction d’accepter de nouveaux accompagnements. Après avoir reçu d’autres « témoignages indirects », dont le nombre n’est pas précisé, la commission des frères de Saint-Jean sur les abus a encore convoqué le frère Samuel il y a quelques jours pour qu’il s’en explique. « À ce jour, la commission n’a pas reçu de plainte ou témoignage directs pour abus sexuels ».

Comment ne pas vouloir mettre fin aux scandales qui minent régulièrement l’Eglise ? Il faut bien sûr que cessent les actes criminels de pédophilie et les manquements aux vœux de chasteté des prêtres et religieux ! Ce qui a été mis en place récemment par l’Eglise en Franceet par le Pape devrait être bénéfique. Mais le « tir à vue » que l’on constate aujourd’hui contre les prêtres est inquiétant. Il fut toujours l’œuvre des « bouffeurs de curés ». Mais, fait nouveau, il trouve un large écho dans l’Eglise elle-même. C’est à qui sera le plus réactif. Tel évêque renvoi un prêtre dans les 24 h qui suivent le simple dépôt d’une plainte. Tel autre s’empresse de faire un communiqué de presse en jurant qu’il ne tolèrera rien et surtout qu’on « ne cachera rien » car il ne veut surtout pas finir au pilori comme Mgr Barbarin ! La presse catholique n’est pas en reste et ne veut surtout pas louper une « affaire ». Pourtant deux jeunes prêtres français se sont suicidés à quelques semaines d’intervalles en 2018 à la suite de suspicions.

Ce 18 juin, Mgr Cattenoz évêque d’Avignon vient de faire la dénonciation d’un père de St Jean (le P Rouvillois) au Procureur de la République qui, lui, déclare que ces faits sont « anciens et qu’ils concernent des personnes majeures fréquentant la communauté ». La communauté, elle, précise qu’il s’agit exclusivement de cas « d’accompagnement de femmes majeures », et qu’aucune plainte pour abus sexuels n’a été reçue à ce jour.

On peut légitimement s’interroger sur la « responsabilité » de l’évêque d’Avignon qui ne semble pas être en mesure lui-même d’apprécier la gravité des faits quand il « balance » filialement son prêtre alors même :
1/ que visiblement, il n’a pas eu la connaissance d’un acte criminel avéré ou même une forte suspicion.
2/ que même dans ce cas il n’avait pas l’obligation légale de le faire
3/ qu’il n’y a pas de “caractère d’urgence”
4/ qu’il se défausse sur le « légal » et les instructions de Rome
5/ que les accusations contre son prêtre sont « indirectes »
6/ qu’il n’y a « aucune plainte » des victimes présumées
7/ qu’aucun mineur n’est en cause
8/ qu’il n’avait absolument pas le besoin (et même le droit moral) de faire un communiqué de presse pour donner une large publicité à cette « affaire » et donc jeter un opprobre quasi
définitif sur ce prêtre !

Il est enfin à craindre qu’un éventuel « classement sans suite » de l’affaire dans quelques mois ne fasse pas la même notoriété que la dénonciation et ne suffise pas pour rétablir ce prêtre dans sa fonction et sa crédibilité dans son nouveau ministère.

Certes le motu proprio « VOS ESTIS LUX MUNDI » du pape en date du 7 mai 2019 fait obligation à l’évêque de dénoncer les « abus sexuels ». Mais cela doit se faire dans des conditions très précises. Il concerne les actes criminels (c’est-à-dire relevant le plus souvent d’une Cour d’Assises pour ce qui est du droit Français) comme des actes de pédophilie, pédopornographie ou de viol (art 1) . Il doit se faire après enquête, selon les règles de droits (art 3) et doit être couvert par le secret ou au moins par “la stricte confidentialité au sens du CDC canon 471” (art 2.2). Ce qui exclut donc les publicités qui seraient faites par les autorités cléricales par voie de presse ou autre… (interviews, communiqué, internet, etc…). Enfin il faut rappeler que selon le canon 1717, l’évêque doit faire « une enquête prudente » et doit « veiller à ce que cette enquête ne compromette la réputation de quiconque » ! L’application à tout va d’un « principe de précaution » mal compris n’est donc pas demandée par l’Eglise qui ne souhaite pas s’affranchir des règles élémentaires de droit.

Dans le même esprit, un sommet d’injustice a sans doute été atteint lors du reportage d’Arte sorti en mars 2019 qui prétendait révéler un « nouveau scandale » : celui des « religieuses abusées dans l’Eglise ». En qualité de nièce des deux pères Philippe qui furent «dénoncés »post mortem par leurs propres frères puis chez Arte, j’ai fait l’amère expérience de « prêcher dans le désert » quand j’ai émis des objections sur la véracité de ces accusations alors même qu’aucun tribunal civil ni canonique n’a établi les faits allégués. Dans cette émission, un seul témoignage public (celui de Michèle-France P) charge mes deux oncles. Dans ce blog (marie-dominique-philippe.com), j’ai pourtant montré qu’il y a un sérieux doute sur cette accusatrice «clé» car il y a trop d’incohérences dans ses récits peu crédibles. Cette personne n’est plus religieuse depuis 1974 et il n’y a jamais eu la moindre plainte pénale. Elle dit maintenant avoir été « abusée 20 ans » par le Père Thomas et « 26 ans » par son frère Marie-Dominique. Un rapide calcul montre l’insanité de l’accusation : 1974 + 26 ans. En l’an 2000 à l’âge de 88 ans le Père Marie-Dominique aurait encore impunément « abusé » cette femme qui résidait à 500 kms de distance !

J’ai demandé aux autorités de l’Eglise (à Mgr d’Ornellas, Mgr Rivière et au Prieur Général de St Jean) de protester publiquement mais cela a été refusé en invoquant « la douleur des victimes » et la confiance que l’on doit leur accorder sans discuter ni mettre en doute leur parole. Certains hommes d’Eglise veulent être tout à la fois virtuellement procureur et juge, sans être en situation d’instruire techniquement un dossier de nature pénal mais ils me refusent, en qualité de défenseur également virtuel, l’accès aux pièces d’accusation parce qu’ils ont jugé et décrété en premier et dernier ressort que tout cela était « crédible ». Dans un autre contexte, on serait en droit de crier au procès stalinien…

Mais dans ces matières difficiles il ne faut pas hésiter à inviter les hommes d’Eglise à se placer sur le terrain des règles du droit, du bon sens et de faire preuve de discernement et d’analyse. Une attitude de «bienveillance» ne suffit pas. Le statut des victimes présumées n’interdit pas d’examiner leurs affirmations de façon critique par des personnes compétentes et extérieures à l’Eglise.

Marie Philippe.

(tribune parue dans riposte catholique)

I miei zii, i Padri Marie-Dominique PHILIPPE e Thomas PHILIPPE, sono dei criminali ?

 La mia contro-indagine, di Marie PHILIPPE,

19 giugno 2019 (terza versione)

In risposta alle diverse accuse rivolte contro di loro tra cui quelle di

Arte-TV in «Religiose abusate» del 5 marzo 2019

Questo fascicolo e una parte dei suoi documenti sono liberamente accessibili a tutti sul sito https://marie-dominique-philippe.com/ Alcuni documenti sono confidenziali e riservati alle Autorità gerarchiche della Chiesa

Sono Marie PHILIPPE, nipote dei padri Marie-Dominique PHILIPPE op (1912-2006) e Thomas PHILIPPE op (1905 -1993). Essi sono stati denunciati dalle loro rispettive Comunità nel 2013 e nel 2015.

In seguito sono stati oggetto di nuove accuse nel corso di un programma televisivo sulle «Religiose abusate» sul canale francese Arte il 5 marzo 2019. Il comunicato stampa del canale così presenta il contesto: «Da decenni, religiose di tutti i continenti sono abusate sessualmente da preti predatori. ARTE propone un’indagine agghiacciante sull’ultimo scandalo della Chiesa cattolica, nel momento in cui Papa Francesco ha ammesso queste violenze sessuali in seno all’istituzione». Grazie a un importante clamore mediatico (compreso quello sollevato dal settimanale Famille Chrétienne…) e alla concomitanza con altre vicende ed eventi, c’è stato un record di ascolti con 1,5 milioni di telespettatori.

Marie-Dominique Philippe è stato fondatore della Comunità San Giovanni ed è stato denunciato dal Priore della Comunità San Giovanni 7 anni dopo la sua morte, il 13 maggio 2013, con l’accusa di aver avuto «atti contrari alla castità» con donne adulte.

Thomas è stato cofondatore, insieme a Jean Vanier, della Comunità dell’Arca, ed è stato denunciato 22 anni dopo la sua morte dal Coordinatore dell’Arca Internazionale Patrick FONTAINE nella primavera 2015, con il sostegno di Mons. d’ORNELLAS, Arcivescovo di Rennes.

Infine, Papa Francesco ha pubblicamente chiamato in causa mio zio il 5 febbraio scorso nell’aereo di ritorno dagli Emirati Arabi Uniti. Ha parlato di una congregazione femminile in cui «era entrata questa schiavitù, persino sessuale, delle donne, da parte dei chierici o del fondatore»[1]. Faceva un chiaro riferimento (confermato dall’intervistatrice[2]) alla Congregazione San Giovanni di cui tutti sanno che il fondatore è il padre Marie-Dominique PHILIPPE.

Questa dichiarazione del Papa, che è chiaramente un vituperio post-mortem, non può che ferirmi, e arreca un affronto alla famiglia PHILIPPE e ai suoi discendenti (ho 66 anni e 7 figli). Così facendo il Sommo Pontefice ha chiamato in causa mio zio, nonostante nessun tribunale, né civile né canonico, abbia mai stabilito i fatti asseriti.

Il Papa ha d’altronde fatto confusione, riferendosi ad «una Comunità dissolta da Benedetto XVI per schiavitù sessuale», mentre il motivo di tale dissoluzione (vedi sotto) non ha nulla a che vedere con ciò, e la Comunità interessata non faceva più parte della Famiglia San Giovanni!

Mi propongo qui di mostrare che, in questa vicenda, le affermazioni delle denuncianti non sono state valutate correttamente, con sufficienti discernimento e distacco, da persone esperte e “indipendenti” dalle protagoniste.

A seguito di un’indagine personale sulle accuse, ho potuto conoscere i nomi di alcune delle presunte denuncianti e notare numerose contraddizioni e incoerenze. Cercherò dunque qui di offrire elementi probanti a discarico dei miei zii. Ho acquisito l’intima convinzione che i «gesti» di affetto spesso avuti dai miei zii sia nei confronti dei loro confratelli che di religiose o di giovani donne laiche, principalmente nel corso di direzioni spirituali o confessioni, erano pervasi da un’intenzione pura e non equivoca.

Le interpretazioni di questi gesti di affetto sono state purtroppo amplificate notevolmente, al punto da essere visti come gesti malsani dalle connotazioni sessuali, quando non addirittura comportamenti pornografici (vedi la testimonianza di Michèle-France). Le lagnanze mi paiono dunque infondate, e fornisco qui nuovi documenti al fascicolo.

Attenzione! Non metto in dubbio la buona fede delle persone e le loro sofferenze. Ma si deve constatare che le denuncianti che ho potuto identificare sono notoriamente molto fragili dal punto di vista psicologico. Non metto in dubbio nemmeno la buona fede di fr. Thomas Joachim, Priore di San Giovanni, che ha onestamente creduto suo dovere «denunciare» il suo fondatore.

Riepilogo dei fatti riguardanti la condanna di p. Marie-Dominique PHILIPPE

  • Nel 2008, un’ampia maggioranza di suore contemplative si oppone al progetto di istituzionalizzazione della famiglia San Giovanni, come entità giuridica unica (fino a quel momento i tre rami erano autonomi) di cui il Priore generale dei fratelli di san Giovanni sarebbe il moderatore. Il padre fondatore, padre Marie-Dominique PHILIPPE, aveva certo preconizzato un’autonomia di governo per ogni ramo, ma non aveva avallato l’«irrigidimento» delle loro posizioni negli anni 2000-2006. Il Cardinal BARBARIN (Ordinario della Congregazione delle suore contemplative) esige allora un «cambiamento» di governo, con il sostegno di una piccola minoranza di suore (una ventina).
  • Il 6 giugno 2009, il Cardinal BARBARIN depone brutalmente la Priora generale Suor Alix e nomina Suor Johanna. Una crisi scoppia rapidamente. Nel luglio 2009, 70 religiose (delle 80 presenti a fine giugno) abbandonano San Jodard
  • Il 10 novembre 2009, Roma revoca suor Johanna e nomina Mons. BONFILS come commissario pontificio della Comunità delle suore contemplative.
  • Nel 2012, una trentina di suore arrivano alla scadenza dei loro voti temporanei. Avendo Mons. BRINCARD (successore di Mons. BONFILS) rifiutato il rinnovo dei loro voti per la professione perpetua, esse fondano nel mese di giugno le «Suore di San Giovanni e San Domenico» in Spagna, sotto la direzione del vescovo di CORDOVA, Don DEMETRIO, con l’accordo di Roma. Saranno presto 150 suore, accolte in una decina di diocesi in tutto il mondo.
  • Il 10 gennaio 2013, Benedetto XVI per bocca del segretario di Stato, mons. Bertone, dissolve questa nuova Comunità a motivo della loro disobbedienza, mentre i vescovi che avevano accolto le suore non avevano segnalato alcuna disfunzione. In tutta questa vicenda, non si tratta mai «di abusi sessuali» come riferito invece da Papa Francesco. Papa Benedetto XVI non ha dunque dissolto per questo motivo tale comunità di contemplative, che d’altronde non erano più «di San Giovanni»!
  •  Nel 2014, Papa Francesco regolarizza tuttavia la situazione delle suore dissidenti e autorizza la fondazione di questa nuova Comunità in Spagna sotto l’autorità del vescovo di SAN SEBASTIAN, Mons. IGNACIO.

Notiamo anche che tra la dissoluzione e la rifondazione della Comunità:

  • Il 13 maggio 2013, il Priore della Congregazione San Giovanni «denuncia» per lettera (allegato 1) e attraverso i mezzi di comunicazione (intervista al giornale La Croix et sulla rete televisiva KTO) il padre Marie-Dominique PHILIPPE, accusandolo di aver avuto «gesti contrari alla castità senza unione sessuale». Notiamo bene questa “precisazione”, che sarà ampiamente contraddetta nel seguito!
  • Nel giugno 2013 incontro RIVIÈRE, vescovo di Autun, che mi dice di «fidarsi» in questa vicenda del Superiore della Comunità San Giovanni, fr. Thomas Joachim, ma senza aver mai incontrato de visu le denuncianti. Si è tuttavia mostrato sensibile ai miei argomenti sulla salute mentale delle denuncianti e mi ha promesso di chiedere al Priore di San Giovanni di fare una “valutazione” psichiatrica delle denuncianti o per lo meno della loro testimonianza. Notiamo che fino al giorno d’oggi la mia richiesta non è stata seguita da effetti.
  • Non avendo potuto avere la garanzia che “l’indagine” su padre Marie-Dominique PHILIPPE fosse stata fatta secondo le regole elementari della giustizia e con la dovuta prudenza, il 13 febbraio 2014 incontro a Roma il Cardinal BURKE (all’epoca Prefetto della Segnatura Apostolica), che mi incoraggia ad avviare una procedura canonica che introduco il 25 marzo 2015 presso Mons. RIVIÈRE al fine di palesare pubblicamente l’esistenza di dubbi molto seri sulla credibilità delle denuncianti (vedi oltre il seguito di questa vicenda)

 

  • Riepilogo dei fatti riguardanti la denuncia di padre Thomas PHILIPPE
  • Il 28 aprile 2015, il sig. Patrick FONTAINE invia una lettera, in teoria a diffusione limitata (allegato 2), agli amici e ai membri dell’Arca, che afferma:

 

«Il padre Thomas ha avuto comportamenti sessuali» «gravemente contrari ai voti religiosi che aveva pronunciato e alla morale insegnata dalla Chiesa». Tali comportamenti «testimoniano un dominio psicologico e spirituale sulle donne a cui chiedeva il silenzio». (…)  «Questi comportamenti e questa giustificazione mostrano una coscienza distorta, che ha causato numerose vittime conosciute e senza dubbio sconosciute, alle quali bisogna rendere giustizia»

  • Il 16 ottobre 2015, il giornale La Croix riprende tutte queste accuse. La divulgazione non era fortuita ed era anzi prevedibile a motivo della grande diffusione della lettera. Inutile dire che a partire da questo momento, l’accusa verso mio zio è divenuta “virale” ed è stata oggetto di tutte le deformazioni e amplificazioni che l’hanno seguita, in particolare sui blog internet specializzati nel denunciare gli «abusi sessuali» nella Chiesa, veri o supposti tali[3].
  • Decido allora di fare la mia propria indagine, affrontando il “muro di silenzio” e senza avere accesso al dossier. Mi accorgo presto che esiste uno stretto legame tra la faccenda del padre Thomas PHILIPPE e quella del padre Marie-Dominique PHILIPPE. D’altronde esistono legami storici tra l’Arca e la Comunità San Giovanni, al punto che numerose vocazioni religiose e sacerdotali si dirigevano dalla prima alla Comunità San Giovanni.

 

  • Analisi della denuncia di padre Thomas PHILIPPE

 

La divulgazione da parte di Patrick FONTAINE dei “fatti” aveva, secondo lui, due motivazioni:

  1. «rendere giustizia alle persone che hanno allertato l’Arca sulle ferite di cui sono state vittime»
  2. «evitare che si diffondano voci contradditorie»

Infine, anche l’insegnamento del padre Thomas PHILIPPE è chiaramente messo in discussione.

Questa lettera non lascia luogo ad alcun dubbio sulla colpevolezza del padre Thomas PHILIPPE e sulla gravità dei fatti.[4]

Il padre Thomas PHILIPPE avrebbe avuto una «traiettoria sconcertante», secondo Patrick FONTAINE, che non vuole «tacere le gravi zone d’ombra che hanno contrassegnato la sua esistenza». Pertanto “rivela” una sanzione canonica nei riguardi di padre Thomas PHILIPPE nel 1956, precisando tuttavia che «non conosce l’oggetto di tale condanna». Cercherà dunque informazioni piuttosto ellittiche o di seconda mano[5], che evocano questa faccenda che «lascia supporre che questa condanna è in rapporto con un comportamento non appropriato da parte del padre Thomas, e che avrebbe dato luogo alle lamentele di numerose donne». Anche qui, l’affermazione, per quanto condizionale, non è verificabile.

A tale proposito, la nostra famiglia, particolarmente mio padre (Joseph PHILIPPE), pur senza conoscere neanch’essa l’esatto oggetto della condanna, aveva la convinzione che il padre Thomas PHILIPPE si fosse volontariamente lasciato “condannare” a motivo di un segreto di confessione o di direzione spirituale, che non poteva invocare a propria difesa.

Il sig Patrick FONTAINE parla poi di testimonianze ricevute, che riferiscono di «gesti gravi in ambito sessuale». Nessuna forma condizionale viene posta in questa affermazione, né sulla natura dei gesti. Egli afferma addirittura che «nessun procedimento penale può essere intrapreso», per meglio sottolineare il carattere vergognoso, delittuoso o criminale delle azioni attribuite al padre Thomas PHILIPPE.

Secondo Patrick FONTAINE, le donne «desiderano essere ascoltate facendo conoscere la verità», ma egli vuole andare «più a fondo nell’ascolto».

 

  • L’indagine del padre MARCOVITS op sul padre Thomas

All’origine della vicenda, nel giugno 2014 due testimonianze (quella di Michèle-France e probabilmente di «Cecilia», assistente all’Arca) sarebbero state comunicate a Mons. d’ORNELLAS. Quest’ultimo apre un’indagine per il tramite del padre MARCOVITS, domenicano.

Allorché interrogo circa una decina di persone che hanno conosciuto il padre Thomas PHILIPPE e che vivono a Trosly o vicino all’Arca, queste mi confermano che il padre MARCOVITS aveva raccolto unicamente elementi a carico dell’indagato. Inoltre non aveva interrogato le donne che non avevano potuto o voluto recarsi alla sua convocazione nei suoi uffici parigini. Non avrebbe fatto indagini sul luogo interrogando i numerosi testimoni dell’epoca, che (come me…) avrebbero potuto confermare che il padre Thomas PHILIPPE era spesso “accaparrato” da numerose donne con notevoli fragilità psicologiche, che non voleva respingere per misericordia. (Cfr. le testimonianze scritte non pubbliche, destinate alle autorità religiose)

Sembra che il padre MARCOVITS non abbia interrogato nessun ascoltatore credibile del suo insegnamento. Nessun testimone onesto può attestare che il padre Thomas PHILIPPE abbia mai detto o scritto che la vita mistica autorizzerebbe, al di là delle leggi umane, ad avere “gesti sessuali” con i penitenti. Oppure che il godimento sessuale potesse condurre a «sperimentare un’esperienza mistica». Il padre MARCOVITS pare aver accolto tutte le accuse come «veritiere» senza prese di distanza e senza tener conto delle possibili patologie delle «denuncianti». Le accuse avrebbero dovuto essere prese con circospezione tanto più grande, in quanto il padre Thomas PHILIPPE era un prete completamente consacrato al suo ministero. La sua personalità non aveva in alcun caso il “profilo” di un prete abusatore o perverso.

C’è uno strano paradosso e finanche una contraddizione nell’accoglienza delle denunce da parte del padre MARCOVITS e delle autorità religiose. Le denuncianti vengono presentate come «fragili» al punto da poter essere state «soggiogate», abusate e costrette al silenzio durante più di 20 o 30 anni! Ma non sono «malate» al punto che le loro denunce siano accolte con circospezione e con un approccio clinico nel senso medico del termine. Anche prescindendo dalle questioni religiose, queste accuse non sembrano umanamente “razionali”. Queste persone sono immediatamente dichiarate sane di mente. Inoltre il padre MARCOVITS ha condotto la sua indagine senza circondarsi di professionisti esperti di denunce penali (magistrati istruttori, esperti psichiatri, ecc.). Nel documento che riferisce dell’udienza di 14 «testimoni» che riferivano fatti direttamente o «indirettamente attraverso confidenze», notiamo che:

  • Il numero reale delle vittime (da non confondere con i «testimoni»…) non è menzionato,
  • Le testimonianze sono giudicate «concordi e sincere»,
  • I comportamenti sono dichiarati «gravemente contrari ai voti religiosi» (dunque di «castità») e alla «morale insegnata dalla Chiesa»,
  • I comportamenti indicano «un dominio psicologico e spirituale su queste donne», e proverrebbero «da una coscienza distorta» di padre Thomas PHILIPPE, che mirava a «comunicare un’esperienza mistica».
  • Non si fa menzione alcuna dei testimoni che dicono di aver ricevuto da parte sua «una vera tenerezza paterna» non equivoca.

Il giornale La Croix del 16 ottobre 2015 (allegato 3 art de La Croix) riprende tutte le accuse e precisa addirittura che la «mariologia» del padre era già stata severamente messa in discussione negli anni 1950 dai suoi amici Jacques MARITAIN e Charles JOURNET, che gli avrebbero rimproverato di parlare della Vergine Maria come «sposa di Cristo».

In seguito a questo articolo, chiedo di far pubblicare un «diritto di rettifica» volontariamente un po’ provocatorio, che apparirà 5 settimane più tardi nelle lettere alla redazione il 26 novembre 2015 (Lettera a La Croix e pubblicazione ).

  • La testimonianza centrale di Michèle-France PESNEAU su entrambi i casi

Nel frattempo, numerose persone vicine all’Arca mi segnalano che una donna a Trosly parla molto delle sue «relazioni» passate con padre Thomas PHILIPPE: Michèle-France PESNEAU. Cerco il suo numero di telefono sulle pagine gialle e la contatto direttamente in un unico tentativo il 28 ottobre 2015 verso le 21. Aziono il viva-voce del mio telefono e mio marito, presente al mio fianco, assiste alla conversazione e prende appunti.

Le spiego che sono la nipote dei Padri Marie-Dominique e Thomas PHILIPPE e che «cerco di capire» i fatti. La donna si esprime spontaneamente, cortesemente e con calma durante quasi un’ora. Mi consegna “la sua storia” con dettagli che di primo acchito sembrano coerenti e credibili. Posso ritrascrivere qui alcune frasi importanti e significative:

Sono entrata nel Carmelo di Boulogne nel 1966. Sono stata accompagnata dal padre Marie-Dominique PHILIPPE nel 1971 in un periodo di sofferenza psicologica.

 

Dopo alcuni incontri, la situazione mi è sfuggita di mano. Mi sono lasciata andare. Era nel luglio ‘72.

 

Gli ho confidato che volevo uscire dal Carmelo e che altrimenti mi sarei «tagliata le vene».

Sono uscita e ho vissuto un anno a Parigi in un monolocale in cui veniva a trovarmi ogni 15 giorni. Dopo un certo tempo, voleva sbarazzarsi di me e mi ha mandato in un priorato di benedettine ad Azé (da sua sorella «Madre Winfrida»), dove sono rimasta 18 mesi. E qui ho sofferto molto. Padre Marie-Dominique mi ha allora presentato il padre Thomas, che mi ha ascoltato in confessione.

 

Il padre Thomas mi ha poi preso nel suo letto, spingendosi oltre ancora parlando di grazie mistiche di Gesù e di Maria durante la loro vita terrena.

 

Ero in grande angoscia. Padre Thomas era un’ancora di salvezza. Posso dire che il padre Marie-Dominique mi ha consegnata al padre Thomas.

 

Padre Thomas mi chiedeva il segreto perché, diceva, avevamo grazie mistiche che nessuno poteva capire. Da lì sono venuta all’Arca per essere vicina alla Comunità, ma non nella Comunità; c’era una processione nel letto del padre Thomas.

 

Sono stata a disposizione del padre Thomas. Non ero l’unica ad essere invitata nel letto del padre Thomas. Era sesso-dipendente, e questo quasi fino alla fine. Il padre Marie-Do l’ha fatto venire a Rimont per impedirgli di parlare di tutto ciò.

 

C’erano fellazioni e masturbazioni. Ero imprigionata con motivazioni mistiche ed ero soggiogata. Si considerava infallibile nel campo «mistico-sessuale». Ciò si radica nella teologia del padre DEHAU.

 

A partire dal 1989, sono diventata confidente di una assistente molto depressa e con istinti suicidi (fino alla sua morte nel 1997), che mi ha rivelato di essere stata anche lei a letto con il Padre. Non ho partecipato alle «esequie grandiose» del padre Marie-Dominique PHILIPPE[6]. Ho abbandonato ogni pratica religiosa dal 2000 al 2015.

 

Ho amato il padre Marie-Dominique nonostante mentisse e lo amo ancora. Ho parlato di tutto questo nel 2007 con un assistente dell’Arca.

 

Ho dato al padre MARCOVITS una lista di donne che potrebbero essere state abusate dal padre Thomas.

 

Ora, per quanti hanno conosciuto la Ferme, l’Arca e il padre Thomas PHILIPPE tra il 1970 e il 1993, tali accuse non soltanto non sono credibili, ma sono anzi propriamente grottesche.

Presentare il padre Thomas PHILIPPE come un «sesso-dipendente» e un pervertito sarebbe accettabile in altre circostanze o per ben altro genere di preti. Ma non ne aveva né il “profilo”, né la condizione fisica. Mio marito, che egli ha conosciuto nel 1975, trovava che fisicamente fosse già un vecchietto!! A 70 anni ne dimostrava 85-90 e doveva celebrare la Messa seduto su uno sgabello alto. Infine la direzione spirituale e la confessione non sono attività nelle quali si possa esercitare di nascosto e impunemente durante più di 50 anni «un dominio» soprattutto in vista di ottenere «favori» sessuali.

5.1 L’indagine su Michèle-France PESNEAU

Il tenore del discorso di Michèle-France PESNEAU è la prova stessa del suo squilibrio psicologico. Tuttavia la testimonianza di questa donna è stata determinante in questa vicenda, dal momento che si tratta dell’unica testimonianza pubblica contro i miei due zii. Notiamo infine che la signora Michèle-France PESNEAU non è più religiosa dall’agosto 1974! Quindi, quando il canale televisivo Arte utilizza Michèle-France come l’esempio francese di «religiose abusate», questa è con ogni evidenza un’ulteriore menzogna del documentario…

Quattro giorni dopo la comparsa della mia lettera alla redazione de La Croix, mio marito riceve presso il suo ufficio una lettera “anonima”, spedita dal dipartimento dell’Oise (allegato 5, lettera di MF) che, con ogni evidenza, proviene da Michèle-France PESNEAU. Quest’ultima “risponde” alla mia lettera, smascherandosi. Vuole soprattutto dimostrare che il padre Thomas PHILIPPE aveva «teorie mistiche aberranti» che sarebbero all’origine della sua pretesa «devianza sessuale». Questo sembra essere il cuore della sua accusa. Nella sua lettera non parla delle «vittime» di cui peraltro dovrebbe far parte. Vi dice invece testualmente che mio zio era «anche… pazzo, non abbiamo paura delle parole, e… perverso» e, più avanti, che dovrei riconoscere «la triste verità, quella della sua profonda malattia mentale, simile a quella di suo fratello Marie-Dominique».

Ritorna spesso sulla «malattia di famiglia» e vuole dimostrare che conosce bene la grande famiglia PHILIPPE (dai miei 7 figli fino alla mia bisnonna!), proferendo minacce e invettive. Continuerò più avanti a mostrare lo squilibrio di questa accusatrice.

Michèle-France PESNEAU rilascia ora senza ritegno la sua testimonianza. Scrive sul sito dell’AVREF (Aiuto alle vittime dei movimenti religiosi in Europa e famiglie) nell’aprile 2016 sotto lo pseudonimo di «Fournier» (allegato 16), poi nella rivista «Sang-froid» nell’autunno 2016. Oggi è sui canali televisivi Arte, Europe 1, France 3, France 5, Konbini, nella stampa regionale, ecc… e anche su Golias.

In Golias Hebdo 562, fornisce un’indicazione sorprendente sulla sua psicologia: «Una domenica di luglio 1972, ritorna. Quando viene il mio turno di colloquio personale, mi chiede improvvisamente di dargli la mano. La griglia del parlatorio è stata alleggerita di recente, il che rende possibile un contatto. Penso che, per lui, è una prima tappa sulla strada degli abusi che già medita – si può già quasi parlare di stupro!» (allegato 6 Golias)

Notiamo qui che il fatto di «dare la mano» per Michèle-France PESNEAU è nell’intenzione del padre Marie-Do «una tappa» e che si può «quasi parlare di stupro»!

Michèle-France PESNEAU continua: «Abuso di potere spirituale. C’è già stupro spirituale, e siamo sulla strada dello stupro sessuale» (…) «Ad ogni sua visita, consolida il suo dominio su di me. I suoi gesti sono trasgressivi, ne ho vagamente coscienza, ma afferma con tutta la sua autorità di prete, di religioso domenicano, che non ho nulla da temere».

È sorprendente vedere questa ex-carmelitana, istruita, colta, che si esprime bene e che ha ricevuto un cospicuo insegnamento religioso durante il suo noviziato, dire di aver «vagamente coscienza» del carattere trasgressivo di certi gesti…

5.2 Una diagnosi di erotomania:

Una psicologa clinica (allegato 18) mi ha scritto spontaneamente nel maggio 2019, dopo la pubblicazione online della mia analisi, confermandomi che la testimonianza di questa donna era «di dubbia validità». Così scrive: «Le asserzioni di questa persona, la sua postura, svariati elementi, mi fanno pensare ad un caso di erotomania».

Rileggendo il suo intervento in Golias, si rilevano asserzioni (rivolte sia a p. Thomas che a p. Marie-Dominique) che confermano tale ipotesi:

 «Sono completamente soggiogata da lui, può ottenere da me ciò che desidera. Ne approfitta. Ha tuttavia un limite: sostituisce alla penetrazione pene-vagina la penetrazione pene-bocca. Ha preventivamente verificato con il dito la presenza del segno della mia verginità e mi ha detto che aveva “un grande rispetto per la mia verginità”».

Bisogna notare che, per descrivere i fatti presunti, MF fa un uso anomalo di termini come «sostituisce alla penetrazione pene-vagina» oppure «segno della mia verginità» (per parlare dell’imene). Ciò che è segno tra l’altro di un problema di sessualità più immaginaria che reale.

Abbiamo qui una prova letterale dei distorcimenti dei fatti da parte di MF, perché concretamente è impossibile «verificare con il dito» la presenza dell’imene in una donna. Soltanto un’ispezione visiva realizzata da un ginecologo con gli strumenti adatti (uno speculum corto) potrebbe verificare la presenza di un imene. Ci si può parimenti domandare l’interesse di compiere tale verifica…

Potrei moltiplicare gli esempi di inverosimiglianze, di fantasie o di incoerenze. Nella sua testimonianza in Golias, MF non esita a dire (allegato 6):

«Inizialmente devo superare un po’ di disgusto, poi mi abituo a questo tipo di violenza sessuale»

«Si è evidentemente servito di:

  • Sorprese, le prime volte (quali sorprese?)
  • Violenze spirituali (che cosa sarebbero?)
  • Coercizione psicologica da parte di una persona dotata di autorità» (qui ella riprende una parte della definizione giuridica della violenza aggravata, mentre non vi era alcuna “autorità”… Quale fu questa coercizione psicologica?)

«Non sono l’unica ad essere stata soggiogata da lui: ha sedotto un intero gruppo dei suoi studenti di Friburgo, che andranno a formare il primo nucleo della Congregazione San Giovanni» (?)

«Il padre Thomas ha lunghi anni di esperienza nel campo della violenza erotico-spirituale»

«Sono soggiogata, affascinata, un po’ come l’uccello dal serpente, e obbedisco. Sono in trance, ho perduto ogni senso critico»… «Scopro sensazioni sconosciute», ecc.

Sul sito dell’AVREF (allegato 16):

«E io, negli intervalli tra le visite dei Padri, affondavo sempre più nel buco nero della solitudine e della depressione. Devo dire che non capisco come Suor XXX, la priora, che malgrado tutti i suoi difetti era una suora intelligente, non abbia capito fino a che punto stavo male e non mi abbia proposto delle cure. Negli intervalli tra le visite di p. Marie-Do, pensavo sempre più spesso al suicidio. Il pensiero di Marie-Do mi teneva legata alla vita».

«Sprofondata in una sorta di coma spirituale, non ero cosciente allorché nuotavo sempre più profondamente nelle acque della follia».

«In generale, nel suo accompagnamento spirituale, p. Thomas imprigionava il suo interlocutore o la sua interlocutrice in un rapporto in cui nessuno era mai veramente una persona, in cui nessuno era libero, in fondo nemmeno lui, perché oltre alla sua dipendenza sessuale (aveva a volte numerosi incontri nella stessa giornata, addirittura nella stessa serata, visto che mi accadeva di trovare il suo letto ancora caldo per gli amoreggiamenti precedenti), doveva sicuramente temere anche che qualcuno ne parlasse…

Si potrebbe porle un’obiezione: perché aver avuto queste relazioni così a lungo (20 anni!) e atteso così a lungo per denunciarli? Ella la anticipa abilmente in Konbini (allegato N° 20): «Ero consapevole di essere stata abusata, di essere stata ingannata, portata su un cammino tossico. Ma è stato collaborando al film e parlando con Eric Quintin [Konbini: il regista] che ho capito che avevo, in effetti, subito violenze sessuali, anzitutto psicologiche, spirituali, e addirittura fisiche». Notiamo che le violenze sessuali «addirittura fisiche» le appaiono in fin dei conti secondarie, conseguenza delle violenze psicologiche e «spirituali». Mentre in genere tutti i fenomeni di plagio sono finalizzate ad una cosa sola: la violenza sessuale fisica!

  • L’accecamento del Priore Generale di San Giovanni

Nel Journal de la Saône et Loire del 10 marzo, ci si spinge ancora oltre nelle denunce incoerenti di MF contro i miei zii, in particolare qui contro Marie-Dominique (perché Rimont, dove risiedeva, è nella regione di Saône et Loire). Michèle-France dice qui testualmente: «Sono stata abusata per 26 anni dal padre Marie Dominique Philippe»[7].

Un rapido calcolo può mostrarci quanto sia problematica questa accusa: 1974 + 26 =2000. Nell’anno 2000, padre Thomas era morto da 7 anni e padre Marie-Dominique all’età di 88 anni avrebbe continuato ad «abusare» di questa donna. Si viene a sapere inoltre in questo articolo che Madre Winfrinda Philippe, sorella dei miei zii, benedettina e Priora ad Aze (sempre in Saône et Loire), maltrattava anch’ella Michel-France nel suo priorato e avrebbe anche «potuto essere al corrente» degli abusi, ecc.

Ora, a partire dal 1976, MF era ormai definitivamente a Trosly-Breuil (nell’Oise) su consiglio del padre Thomas e aveva trovato un lavoro retribuito all’Arca (grazie al padre Thomas?). Padre Marie-Dominique non andava spesso a Trosly (che è a 100 km a nord di Parigi, a 2 ore di strada). Una volta all’anno circa, di fretta e senza preavviso, passava per qualche ora per vedere soprattutto suo fratello. Come faceva MF per “farsi abusare” dal padre MD? Andava anch’ella a Rimont o a Saint Jodard appositamente per questo (a più di 370 km a sud di Parigi o a 6,30 ore di strada da Trosly)? Ciò non sarebbe certamente passato inosservato. Bisogna sapere che il padre Marie-Dominique non aveva la patente e si spostava sempre con un frate come autista… (fatto di pubblico dominio). Quando si recava a Parigi, alloggiava sempre presso i Sigg.ri Marc JEANSON, in Av. Gourgaud nel 17°, e aveva un’agenda estremamente fitta di impegni.

Né il padre Thomas Joachim, né il suo vescovo Mons. Rivière, hanno trovato opportuno protestare anche solo debolmente contro il giornale! L’ho chiesto loro svariate volte, ma non hanno trovato utile correggere quanto scritto. Bisogna leggere il nostro «scambio epistolare» con il Priore (allegato 19) per vedere come rifiuta sdegnosamente ogni dialogo o rimessa in questione.

È quindi legittimo avere seri dubbi riguardo alla verosimiglianza delle altre dichiarazioni che il padre Thomas Joachim considera come «credibili». Ma i frati devono crederlo sulla parola e in nome dell’obbedienza. Il Priore generale impone la sua opinione su questa faccenda a San Giovanni, minacciando di mettere “in disparte” i frati che mettono in dubbio le sue accuse (è quanto in diritto si chiama abuso di potere). A sua discolpa, ritengo che sia stato ben abbindolato! Ma siamo lontani dal suo obiettivo iniziale, a maggio 2013, quando voleva soltanto «mettere a tacere le chiacchiere».

Quando ha affermato nella sua «lettera ai frati» del 20 febbraio 2019: «Non conosco nessuno che, avendo letto l’insieme delle testimonianze, possa dubitare della loro veridicità», gli ho detto: «Ok! Voglio vederle, per cambiare idea anch’io». Mi ha risposto: «Impossibile!», perché avrei sicuramente oltraggiato le vittime, ecc… In altre parole, non sono degna di fiducia, sono una donna e non sono un chierico! Per me, questa vicenda è diventata una sorta di processo staliniano in cui soltanto gli accusatori hanno diritto di parola e hanno accesso ai documenti…

Evidenzio ancora un passaggio “difficile” sulla coerenza della testimonianza di Michèle-France contro il padre Marie-Dominique nella Trasmissione TV di France 5 – C à vous del 19 febbraio 2019.

Al minuto 3:40, l’animatore la interroga riguardo alla sua permanenza a Azé e prepara una domanda che gli sembra logica, a partire dai racconti che ha ben esaminato. Chiede dunque a MF a proposito del padre Marie-Do:

  • Questo dominio sessuale, eh, non è durata a lungo, è durata soltanto due anni, perché…
  • MF: Scusi, è durata 20 anni…
  • L’Animatore: È durata 20 anni? Ma non con… Eh?
  • MF: Sì, sì, ci sono stati tutti e due allo stesso tempo. Beh, insomma…
  • L’altro giornalista: Alternativamente!
  • MF: Sì, sì!
  • L’altro giornalista: I due fratelli…
  • MF: Sì…
  • L’Animatore (che vuole senz’altro “riaggiustare le cose”): «L’ha affidata al suo fratello maggiore, il padre Thomas, l’uomo della Comunità dell’Arca, dove ha trascorso i 20 anni successivi…»
  • MF: Sì…
  • L’altro giornalista: Un sordido passaggio di potere!
  • MF: Sì, che non ho capito sul momento, ecc …

Dunque, 20 anni «di abusi» dal 1976 con il padre Thomas, che era già molto malato nel 1991 ed è morto nel febbraio 1993… non si arriva che a 15 anni.

E 26 anni «di abusi» con il padre Marie-Dominique, che non vedeva più dal 1976 … non si arriva che a due anni di abusi «tecnicamente» possibili!

Questo breve passaggio legato alle altre dichiarazioni mostra quanto il discorso di Michèle-France è assurdo! Demolisce essa stessa la propria tesi quando afferma con disinvoltura di aver «subìto» «26 anni di abusi di padre Marie Dominique» e «20 anni di abusi di padre Thomas»!

Ma più sorprendente ancora è la caparbietà del Priore fr. Thomas Joachim davanti a tale incompetenza…

Il Priore Generale afferma nondimeno pubblicamente, in una recente lettera ai suoi confratelli, avendo di mira me, che le iniziative volte a mettere in discussione la credibilità delle vittime sono una grave violenza contro di esse». Mi accusa così di «violenza» mentre sono alla ricerca della verità e della giustizia. Lancia un anatema contro di me senza argomenti, mentre io ho ampiamente mostrato che la credibilità di alcune accusatrici era problematica. Usa il solo argomento di autorità della procedura canonica e soprattutto la buona volontà da parte sua, per invocare la credibilità delle testimonianze, validate solo da lui e dalla sua cerchia.

Gli ho tuttavia rimarcato l’importanza di non fermarsi ad un’impressione soggettiva e affettiva di fronte alle presunte vittime. Ad esempio il dr. Lachaux ricorda che: «Il ruolo dell’esperto è quello di determinare la presenza o l’assenza di patologie quali il delirio, la mitomania, l’affabulazione, l’insufficienza intellettuale, o convinzione passionale. In assenza di questi fattori patologici, chiaramente identificati e descritti clinicamente, la presunta vittima è credibile in senso medico-legale, ma nessuna conclusione può essere tratta riguardo alla verità giudiziaria. Si può soffrire di una patologia e essere stati veramente aggrediti, o non soffrire di patologia mentale e mentire per motivi non patologici, ma deliberatamente falsi»[8].

  • Le altre testimonianze di Arte

Anche «Cecilia» porta la sua testimonianza nel documentario di Arte. Lo aveva già fatto sul sito dell’AVREF con il nome di Cynthia Howard[9]. La sua testimonianza è di fatto un “copia-incolla” di quello di Michèle-France. Per esempio, dice che andava a trovare padre Thomas nel «suo letto ogni 15 giorni» e che egli avrebbe «abusato della sua fiducia e della sua ingenuità». (Alla luce di questa descrizione, in diritto francese si direbbe che in questo caso si tratta piuttosto di rapporto consensuale e non di abuso…).

 

Ricordiamo quanto dice MF nella trasmissione di Arte (16’:30) «Questo non poteva succedere tutti i giorni perché non ero l’unica ad essere invitata nel letto del padre Thomas». Questa affermazione non è assolutamente credibile per quanti hanno conosciuto il p. Thomas, e dovrebbe interpellare quanti danno credito a questa presunta vittima (come il Priore di San Giovanni e L’Arca).

Il giornalista italiano Giovanni Marcotullio, molto impegnato nella vita cattolica italiana, non si pone troppe domande sulla veridicità dei fatti riguardanti i due fratelli Philippe, ma fornisce su Aleteia[10] un’informazione interessante sulla “credibilità” della giovane donna tedesca del documentario di Arte:

«Ecco, se c’è un personaggio evidentemente controverso, fra i testimoni, questo è proprio Doris Wagner: il riferimento al “covo di banditi” è una sua battuta in Female Pleasure (2018), documentario femminista di Barbara Miller sul rapporto tra donne e religioni:

“La Chiesa è diventata un covo di banditi, un luogo da cui è meglio tenersi lontani. […] Tutte le religioni vengono usate per legittimare chi è al potere. […] Senza una spinta pubblica la Chiesa non intraprenderebbe mai qualcosa”. Non solo Doris Wagner ha votato la sua vita alla causa della rivolta contro la Chiesa Cattolica (fin qui la cosa sarebbe pure comprensibile, anche se un commentatore meno empatico potrebbe insinuare che ci si sia trovata un mestiere…), ma soprattutto la sua attitudine è mutata radicalmente dopo l’incontro con l’ex confratello e sacerdote sospeso a divinis Philipp Reisinger, nel 2012 (ora sono sposati, civilmente, e hanno un figlio). Ancora più di questo, le sue cause civili contro il prete abusatore – in Austria e in Germania – sono state entrambe respinte perché alla Corte sembrava che testimonianze e indizi parlassero più di un rapporto consensuale, benché clandestino, che di uno stupro. Più recentemente, la stessa ha denunciato per abusi anche l’officiale della CDF Hermann Geissler (anch’egli de L’Opera), il quale il 28 gennaio u.s. ha rassegnato le dimissioni al cardinal Ladaria (che le ha accettate»[11].

Va anche evidenziato che la comunità di origine di Doris Wagner ha protestato a mezzo stampa contro le “informazioni” della trasmissione, sollevando questioni importanti (le relazioni sessuali consenzienti della religiosa). Essa ha protestato anche presso il Cardinal SCHONBORG, che ha creduto bene dimostrare grande empatia nei confronti di Doris Wagner nel corso di un incontro con lei alla televisione ORF il 7 febbraio 2019 [12].

L’abate Geissler, che è stato immediatamente deferito dal Papa alle autorità canoniche, è stato assolto il 17 maggio 2019 dal Tribunale della Segnatura Apostolica per insufficienza di prove[13] (allegato 22).

Notiamo infine alcuni “deliri” di questa giovane donna sulle questioni religiose quando ella dice all’AVREF: «In nessun modo la verginità mi è apparsa una prospettiva promettente. Eppure ero chiamata ad essa (non c’erano dubbi in proposito!). Soffrivo intensamente per il desiderio di avere figli. Volevo essere amata, anche fisicamente. Allo stesso tempo, sapevo che sarebbe stato impossibile, per me. La mia superiora non mi ha aiutato, sembrava non capire il mio problema e, invece, mi diede alcune meditazioni sulla verginità. Infine mi arrabbiai con Dio. Fintanto che avessi vissuto, sarei stata chiamata alla verginità, e vivere senza seguire questa chiamata significava inevitabilmente essere infelice. Sapevo che c’era un solo modo di sfuggire a Dio, il suicidio»[14].

 Tutte le mistificazioni di questa donna non le impediscono di essere una personalità in vista nella Chiesa di Germania, che si definisce «teologa, filosofa e autrice» e viene spesso consultata[15].

Naturalmente è un’attivista, insieme ad altri, per la «limitazione del potere clericale», per la «riforma della sua morale sessuale», per l’abolizione «del celibato obbligatorio dei preti» e per l’ordinazione delle donne, che permetterebbe di evitare «solidarietà maschili» ripiegate su se stesse. Ha anche delle teorie riguardo all’«abuso spirituale», che a suo dire sarebbe una «violazione dell’autodeterminazione nel campo della fede e della spiritualità». (allegato 23)

Non ho fatto indagini sulla testimonianza africana, con aborti dai 6 agli 8 mesi di gravidanza e «minacce di morte» sulla ex-religiosa dal volto mascherato, ma anche qui il montaggio non è molto credibile.

È impressionante vedere che dopo 3 anni di indagini e un budget considerevole (la spesa dovrebbe ammontare a circa 1 milione di euro), questo documentario sia così privo di consistenza e credibilità.

 

  • Dalle accuse «convergenti» a quelle «contradditorie»

C’è una notevole contraddizione tra la testimonianza di Michèle-France PESNEAU e la definizione che dà il padre Thomas JOACHIM nell’accusa del padre Marie-Dominique PHILIPPE. Nella sua lettera parla di «gesti senza unione sessuale» (allegato 1), mentre Michèle-France PESNEAU dà una versione molto “sessuale” della sua relazione con il padre Marie-Dominique PHILIPPE. Le testimonianze non sono «convergenti», come affermano gli accusatori dei Padri Marie-Dominique e Thomas PHILIPPE. Non sono neppure credibili, come mostrerò più avanti.

 

La Congregazione per gli Istituti di Vita Consacrata ha avuto modo di conoscere denunce contro il padre Marie-Dominique PHILIPPE. Il Cardinal RODÈ, che fu Prefetto di tale Congregazione dal febbraio 2004 al gennaio 2011, ha avuto pieno accesso alle denunce iniziali che hanno motivato l’accusa del Priore. Ora, il Cardinal RODÈ si è confidato a voce nel settembre 2015 con una coppia di oblati della Comunità San Giovanni, il Sig. e la Sig.ra LAGRANGE, sui suoi dubbi riguardo alle accuse contro il padre Marie-Dominique PHILIPPE. Informato su questo colloquio, C. RENDU ha interrogato per iscritto il Cardinal RODÈ, che ha chiaramente risposto alla sua missiva, scrivendo in una lettera datata 17 novembre 2015:

  • Ecco la mia risposta: in quanto Prefetto dei Religiosi, ho avuto accesso ad alcuni documenti sul Padre, nei quali non ho trovato nulla di veramente grave» (allegato 7)

Il Cardinal RODÈ era stato più esplicito con il Sig. LAGRANGE, affermando: «Non c’è niente nel dossier!» e: «È una faccenda montata ad arte dai Domenicani, che non gli hanno perdonato di aver fondato la Comunità San Giovanni» (allegato 8).

È giocoforza constatare, da queste testimonianze fondamentali, che le accuse (tra cui quelle di Michèle-France PESNEAU) non sono coerenti. Ci sono incoerenze tra le prime e le ultime accuse. Per tale motivo, Michèle-France perde una buona parte della propria credibilità. Come spesso accade in questo genere di affari, la gente ha tendenza a «lasciarsi andare» con il tempo.

Il Priore di San Giovanni tuttavia persiste nelle sue accuse e sottoscrive in questi termini nella sua ultima lettera del 20 febbraio 2019:

«Oltre a questa testimonianza, il dossier del padre Philippe include una quindicina di testimonianze che raccontano gesti di gravità diverse, principalmente nei confronti di religiose (sostanzialmente suore contemplative e apostoliche di San Giovanni), nel contesto della direzione spirituale, della confessione, a volte con giustificazioni e intimazioni di segretezza, in un periodo che va dal 1974 al 1992. A quanto mi risulta, 5 casi fanno parte di atti che possono essere definiti come sessuali (e non soltanto come fortemente sensuali), e 3 di questi ripetuti su un lungo periodo».

 

Constatiamo ora un cambiamento nell’esposto del Priore: inizialmente, le testimonianze erano tutte «convergenti». Ora invece non rimane che un terzo degli atti che sono «definiti come sessuali». Gli altri non lo sono… Dov’è dunque la convergenza?

Perché tante contraddizioni? Perché queste precauzioni di linguaggio, questo imbarazzo e questa ambiguità, con quel: «A quanto mi risulta, 5 casi fanno parte di atti che possono essere definiti come sessuali»? Un’accusa degna di questo nome non dovrebbe forse essere sicura e precisa?

 

  • Altre accusatrici «squilibrate» all’Arca…

Ho trovato un’altra accusatrice “chiave” della faccenda dell’Arca: Anick (non è il suo vero nome), con cui non ho potuto avere una conversazione perché suo marito Pierre (altro pseudonimo) fa uno “sbarramento” completo. Nella conversazione che ho avuto con lui, era sfuggente sulle mie domande e si limitava a dire e a ripetere: «Ho fiducia nella Chiesa e nella sua indagine» (perché per lui Chiesa = Padre Marcovits…).

Anick ha vissuto molti anni a Trosly, dove ha conosciuto il suo futuro marito, come lei molto fragile. Il padre Thomas PHILIPPE li ha incoraggiati a fondare una famiglia. A differenza di suo marito, che spesso era senza lavoro, ella invece ha lavorato fino a poco tempo fa. Ora vivono nella Drome. I loro 4 figli sono entrati tra i Legionari di Cristo. Tre di loro ne sono usciti abbastanza velocemente, ma un figlio, molto disturbato, vi è rimasto più a lungo e ora però si trova invalido.

Ciò che è sorprendente, è che il padre Thomas PHILIPPE ha continuato ad andare a trovarli anche dopo la sua partenza da Trosly, e che dopo la sua morte Anick et Pierre si sono aggrappati al padre Marie-Dominique PHILIPPE, che hanno continuato a vedere fino alla fine… Anick non parlava «che tramite il padre Thomas», e Pierre doveva risentirsene. La coppia aveva difficoltà che non riuscivano a superare malgrado gli sforzi di accompagnamento dei Padri PHILIPPE. Di recente, Anick avrebbe detto di essere stata vittima del padre Thomas. Ma è Pierre che avrebbe spinto Anick a porgere denuncia presso il Cardinal BARBARIN. Sono stati senz’altro segnati anche dalle difficoltà dei loro figli a causa degli scandali dei Legionari di Cristo. Numerosi testimoni potrebbero attestare la grande fragilità psicologica di Anick e di Pierre, che hanno probabilmente pensato di incolpare il padre Thomas PHILIPPE delle loro difficoltà come, analogamente, potrebbero incolpare il padre Maciel e i Legionari di Cristo delle difficoltà dei loro figli.

Nuovi documenti confidenziali recenti (riservati alle Autorità Romane) dimostrano gli squilibri psicologici degli accusatori identificati.

  • Jean Vanier era al corrente?

È certo la tesi di Michèle-France, ma per il momento non è messa troppo in evidenza pubblicamente. È senz’altro tenuta “di scorta” dai giornalisti per il futuro. Jean Vanier era considerato un’icona vivente ed è “intoccabile”. Questo spiega le pressioni che aveva ricevuto per, nella migliore delle ipotesi, parlare contro il padre Thomas, o per lo meno tacere per aver l’aria di acconsentire alle accuse. Ora, una testimonianza recente degna di fede (che non rendo pubblica su richiesta del testimone) mostra che Jean Vanier ha subito pressioni perché non contraddicesse la versione ufficiale dell’Arca. In confidenza, ha detto di essere stato «obbligato da 3 vescovi, in obbedienza alla Chiesa, ad assistere a quella Messa di riparazione e ad ascoltare i loro discorsi».

11 – Il padre Thomas PHILIPPE aveva una teologia «perversa»?

Per consolidare le proprie accuse, il Sig. Patrick FONTAINE evoca nella sua lettera «gravi zone d’ombra» nel padre Thomas PHILIPPE e dà un’interpretazione piuttosto libera della sanzione canonica del 1956, di cui ignora tutto! Il giornale La Croix farà riferimento alla sua «mariologia» e alla sua messa in discussione da parte dai suoi amici Jacques MARITAIN e Charles JOURNET (che gli avrebbero rimproverato di associare la Vergine Maria come «sposa di Cristo»…), per spiegare la possibile origine dei suoi «errori». Questa condanna nasconderebbe, secondo i responsabili dell’Arca, una faccenda vergognosa di cui avrebbe cercato di giustificarsi nel suo sviamento teologico.

Il Sig. Patrick FONTAINE cita, a sostegno di questa teoria, una «bibliografia» come l’opera dello storico Wedling sul Dr. Thomson, o uno scambio di corrispondenza tra il Cardinal JOURNET e MARITAIN. Queste congetture e questi elementi frammentari e fuori contesto servirebbero dunque a sostenere la tesi di un padre Thomas PHILIPPE perverso da vari lustri, che sarebbe già stato condannato nel 1956 per fatti – si dice – di natura sessuale, e di cui avrebbe per così dire cercato di giustificarsi invocando, secondo le parole di Michèle-France PESNEAU, una teoria «mistico-sessuale». Mons. d’ORNELLAS sembra anch’egli riprendere queste teorie affermando che «ricercava e comunicava un’esperienza mistica».

Come possono fare una tale affermazione? Senz’altro prendendo per certe le dichiarazioni di Michèle-France PESNEAU… Questa teoria della «perversione» dei Padri Thomas e Marie-Dominique PHILIPPE avrebbe, secondo Michèle-France PESNEAU, una lontana origine familiare con il loro zio, il padre DEHAU (1870-1956), anch’egli domenicano.

Questa teoria della «faccenda nascosta dal 1956» ritorna regolarmente nelle spiegazioni che danno le persone che ho interrogato (Xavier Le PICHON, Michèle-France PESNEAU, Patrick FONTAINE, alcuni frati di San Giovanni, ecc…). È stata anche ripresa dalla stampa e nei “post” anonimi dei blog su internet (allegato 9).

Per dare un esempio dei miscugli che possono essere fatti a questo proposito, noto che durante le sue conferenze, il padre Thomas PHILIPPE utilizzava frequentemente approcci analogici, parlando del «senso del tatto» come modo per comunicare soprattutto con le persone anziane, i neonati e gli handicappati gravi [16].

Parlando di «Maria la Sposa mistica di Cristo», nei suoi propositi non c’era la benché minima ambiguità… Come avrebbe potuto predicare per più di 50 anni, sostenendo teologicamente che si potevano avere atti sessuali in un’esperienza mistica? Quando il padre Thomas PHILIPPE parla di «Maria, Sposa di Cristo», lo fa sempre secondo un approccio molto classico e nella tradizione della Chiesa[17]. Si può dunque affermare senza difficoltà che la teologia del padre Thomas, anche se può dare luogo a legittime obiezioni, è del tutto conforme all’insegnamento della Chiesa.

12 – La Comunità San Giovanni doveva purificarsi dal suo “peccato originale”?

All’inizio della mia indagine, sono stata molto sorpresa di scoprire legami particolari tra ex-suore, oggi nel mondo, accusatrici di mio zio insieme ad alcuni frati influenti nella Comunità San Giovanni, e alcuni domenicani.

In modo fortuito, frate Alban Marie du COSQUER (all’epoca nella Comunità San Giovanni), mi ha fornito la sua analisi su questa faccenda. Secondo lui, frate Marie-Alain d’AVOUT, molto attivo nella ricerca di testimonianze, sviluppa la tesi di un preteso «peccato originale» della Comunità. Questa tesi, a quanto pare, viene condivisa da un numero crescente di persone, tra cui il Priore padre Thomas JOACHIM, ma soprattutto da molto tempo dalla rivista Golias! (allegato 13).  Quando ancora viveva, padre MD aveva protestato presso il proprio Priore per chiedergli di difendere la Comunità (allegato 17).

Risulta inoltre, secondo frate Marie Alain d’AVOUT, che il Cardinale SCHONBORN, amico del padre Garrigue, cercasse da vari anni di costruire «un dossier» su mio zio, padre Marie Dominique PHILIPPE (allegato 10).

Questa informazione appare verificata da uno scambio con l’accusatrice “Corinne” (nome cambiato), che testimoniò a carico già nel 2008 in una vicenda del 1992 (!) che coinvolgeva un frate di San Giovanni. La denuncia per «abuso» fu archiviata dal Procuratore, ma diede luogo ad un processo canonico che fu tuttavia giudicato nullo da Roma in appello, per assenza di prove. Corinne, che all’epoca era giovane religiosa e lo fu per più di 10 anni, oggi è sposata. È risaputo che, secondo le chiacchiere[18], questa bella giovane donna aveva la tendenza (volontariamente o meno…) ad «accendere» alcuni frati. È sempre sorprendente vedere testimoniare le stesse persone in due vicende diverse ma connesse alla base, come sulle date… Corinne conosceva bene il Cardinale SCHONBORN (domenicano, giovane professore a Friburgo nel 1975, quando MD era ancora lì…) e il suo segretario, il padre Jean-Miguel GARRIGUE[19] , che uscì sbattendo la porta di San Giovanni nel 2001, raggiungendo con alcuni altri frati i domenicani di Tolosa. Corinne dice di aver reso la propria testimonianza mentre il padre Philippe era ancora in vita, e che «lo avrebbe avvisato, come anche due ex-suore» tra cui “Françoise” (nome cambiato). Anche quest’ultima ha confermato in questa vicenda il ruolo del Cardinale SCHONBORN, che le chiedeva di scrivere una testimonianza. Questa domanda fu confermata dal frate Marie Alain d’AVOUT nell’estate 2010, in occasione di uno scambio di mail con frate Alban Marie du COSQUER riguardo alla sua deposizione sull’argomento. Ciò che può spiegare la dichiarazione “fuori onda” del Cardinal RODÈ: «È una faccenda montata ad arte dai Domenicani, che non gli hanno perdonato di aver fondato la Comunità San Giovanni» (allegato 8).

È innegabile che la Comunità San Giovanni abbia accolto senza discernimento al suo interno uomini squilibrati o addirittura perversi, sicuramente in proporzione maggiore rispetto ad altre comunità. I priori di San Giovanni hanno dovuto far fronte a numerosi problemi gravi, anche con procedure giudiziarie penali. Ma non è un motivo per scaricarne la responsabilità sul padre Marie-Dominique, che quando era vivo gestiva anch’egli «all’antica» le questioni di costumi. Era, non dimentichiamolo, prima delle direttive di fermezza di Papa Benedetto XVI su tale questione. Il trattamento «all’antica» dell’affare del padre Preynat da parte degli arcivescovi di Lione, i Monsignori Decourtray, Balland e Billé ne è l’esempio più emblematico. Come Mons. Barbarin nell’affare Preynat, padre Marie-Dominique è diventato, con la sua filosofia sull’amore di amicizia, il «capro espiatorio» di tutti i problemi di costume della Comunità. È la posizione centrale di “Corinne”, che diceva giustamente che «succedevano cose a San Giovanni». Ella ha però voluto anche rilasciare alle autorità della Chiesa «in modo confidenziale» una spiegazione causale sorprendente ma mortale sul fondatore della Comunità San Giovanni. Questa è poi divenuta anche la posizione del governo della Comunità.

13- Considerazioni sulla psicologia delle denuncianti

Non intendiamo mettere in dubbio la sincerità o le buone intenzioni delle denuncianti, che soggettivamente hanno potuto sentirsi ferite in un modo o in un altro dai Padri PHILIPPE. D’altra parte, però, abbiamo tutte le ragioni di pensare che le denuncianti abbiano fatto delle “riletture” psicologiche nelle quali l’immaginazione ha giocato un ruolo importante. Non è raro vedere, soprattutto nelle questioni di costumi, testimoni o vittime fare deposizioni che si rivelano “fantasiose”. La psicoterapista americana E. LOFTUS ha testimoniato come esperta in centinaia di procedimenti criminali negli Stati Uniti, per sensibilizzare le giurie del suo Paese sul fatto che i ricordi sono flessibili e che le testimonianze sono lungi dall’essere perfette registrazioni di avvenimenti reali.

Si possono trovare “riletture” psicologiche e attualizzate delle direzioni spirituali fatte con padre Marie-Dominique PHILIPPE. La testimonianza di frate Alban Marie della Congregazione San Giovanni (allegato 10) fornisce una spiegazione sulle interpretazioni erronee che hanno potuto essere fatte su gesti del padre Marie-Dominique PHILIPPE da una giovane donna, “Gabrielle” (nome cambiato): Ella [Gabrielle] mi ha dato allora la sua testimonianza dicendo questo: «Sono entrata una volta nel parlatorio del padre Marie-Dominique PHILIPPE per confessarmi; avevo una veste con uno spacco, e durante la confessione il padre ha messo la sua mano sul mio ginocchio, e questo mi ha messo in imbarazzo». Nient’altro; allora le ho posto la domanda: «E dopo?». Allora ha risposto: «Beh, niente, ma mi ha messo in imbarazzo!». Le ho confidato allora la mia grande tristezza, nel vedere che questo genere di rilettura doveva essere stata provocata dall’influenza del padre MA che cercava questo genere di testimonianza.

Il medico psichiatra Paul Bensussan e l’avvocato Florence Rault hanno ben descritto il meccanismo che porta le denuncianti a fare insinuazioni erronee. Sono coautori di un’opera, «La dictature de l’emotion»[20], che analizza questo meccanismo. Il Dr Bensussan è perito presso la Corte di Cassazione ed è stato ascoltato, tra altri casi, nell’ambito dell’indagine parlamentare sull’affare d’Outreau.

In una conferenza tenuta il 1° settembre 2001 insiste sulla difficoltà della prova: Mi si chiede spesso la frequenza delle accuse infondate di abusi sessuali. Le cifre sono talmente eterogenee che capirete subito quanto sono prive di significato. Uno dei miei autorevoli colleghi, capo del servizio di pedopsichiatria, diceva di recente, nel corso di una trasmissione televisiva, che secondo lui le accuse infondate erano comprese tra il 3 e il 6%; per alcuni autori invece, come Hubert Van Gijseghem, la cifra raggiungerebbe dal 50 al 75%, mentre l’American Psychological Association, che non è solita presentare cifre a caso, parla del 50%. Vedete che, quando la discrepanza varia tra il 3 e il 75%, si prova una cosa sola, che alla fine non se ne saprà mai nulla. Voglio dire con ciò che siamo in un campo in cui è praticamente impossibile raggiungere la certezza. Ovviamente parlo delle molestie, non degli stupri, che disgraziatamente lasciano tracce fisiche e quindi più spesso prove, ma in fatto di molestie sessuali la prova nel senso poliziesco, giudiziario, psichiatrico, scientifico del termine è impossibile da ottenere. Bisognerà dunque lavorare con questa parte di dubbio. Questo dubbio che è definito come “lo stato di spirito intermedio tra ignoranza e certezza”»[21].

In un articolo apparso nel giornale Libération, nota che «Spesso, in preda all’emozione, alla pressione, alla paura di lasciarsi sfuggire un abuso reale, la giustizia fa molta fatica a svolgere il proprio ruolo. Per una condanna giustificata, quante vite spezzate, carriere distrutte, suicidi?».

Nota altresì che «sotto l’effetto di alcune vicende particolarmente atroci, l’adesione dell’opinione pubblica si è trasformata insidiosamente in cieca vendetta. In materia di pedofilia, c’è un «prima di Dutroux» e un «dopo Dutroux».

Per parafrasare questo psichiatra, possiamo dire che anche nella Chiesa c’è un «prima di Maciel» e un «dopo Maciel», al punto che la parola d’ordine “tolleranza zero” si trasforma ora in principio di precauzione prima di ogni altra considerazione. A volte si dimostra un grande zelo nel denunciare nel minor tempo possibile al pubblico ministero i chierici sospettati “di abusi” di qualunque genere. Sono a conoscenza del caso di un prete che recentemente è stato oggetto di una denuncia immediata da parte del suo vescovo alla procura della Repubblica, per una faccenda che si è poi rivelata un non-caso…

I recenti suicidi del 2018 di due giovani preti “denunciati” dovrebbero farci riflettere. La paura di essere accusati dai mass-media di “silenzio colpevole” è diventata fonte di condotte cautelative che spesso si oppongono ai semplici principi di prudenza e di giustizia (senza parlare del senso pastorale e della virtù di prudenza…). A questa paura si aggiunge quella di essere coinvolti in un processo penale o civile da una vittima o da un parente per una mancata denuncia. Possiamo leggere a questo proposito il contributo del padre du PUY-MONTBRUN[22], rettore emerito della Facoltà di diritto canonico di Tolosa, su questa incresciosa tendenza (allegato 11 art di p du Puy-Montbrun).

Certamente il Motu Proprio del Papa, «Vos estis lux mundi», del 7 maggio 2019[23], obbliga il vescovo a denunciare gli «abusi sessuali». Ma questo deve essere fatto nel rispetto di condizioni molto precise. La denuncia riguarda gli atti criminali, come atti di pedofilia, pedopornografia e violenza sessuale (art. 1). Deve essere fatta in seguito ad un’indagine, secondo le regole del diritto (art. 3) e le informazioni devono essere «tutelate e trattate in modo da garantirne la sicurezza, l’integrità e la riservatezza ai sensi dei canoni 471…» (art. 2.2). Cosa che esclude dunque ogni pubblicità da parte delle Autorità clericali a mezzo stampa o in altro modo (interviste, comunicati, internet, ecc).

Va infine ricordato che secondo il canone 1717[24], il vescovo deve svolgere «un’indagine prudente» e deve «provvedere che con questa indagine non sia messa in pericolo la buona fama di alcuno»! L’applicazione a tutto spiano di un “principio di precauzione” mal compreso porta il p. du Puy-Montbrun a pubblicare un articolo nel gennaio 2019 che titola: «I vescovi applichino il diritto canonico!», invitandoli a non svincolarsi dalle regole elementari del diritto e a non cedere alla «paura diffusa e mortifera che porta i vescovi a “sostituirsi alle vittime”, che non sono sempre vere vittime, malgrado le apparenze emotive»[25].

Degli psicologi[26] notano che «accuse su fatti sessuali possono derivare da patologie specifiche nelle quali le accusatrici sviluppano una forza di convinzione capace di far credere alla verità di ciò che denunciano. La maggior parte di questi moventi sono difficilmente identificabili, se non addirittura inconcepibili da non-specialisti, ciò che spiega il fatto che le accusatrici giungono a volte a ingannare poliziotti, medici, magistrate, giurie popolari… e perfino psicologi in qualità di esperti».

Già nel 1909, nell’opera «Le follie lucide»[27], gli psichiatri J. Capgras e P. Sérieux descrivevano le persone affette da questa psicopatia in questi termini: «Conservano tutta la loro vivacità intellettiva, con un’attitudine a discutere e a difendere le loro convinzioni. […] Si constata che hanno un modo di esprimersi molto corretto, delle associazioni di idee normali, dei ricordi molto precisi, una curiosità molto viva, un’intelligenza integra, a volte acuta e penetrante. Non si evidenziano né allucinazioni attive, né eccitazione, né depressione, né confusione, né perdita di sentimenti affettivi. Per scoprire alcune particolarità sono spesso necessari colloqui prolungati o ripetuti».

Ora, è d’obbligo constatare che nessun approfondimento psichiatrico è stato fatto sulle denuncianti. Mons. d’ORNELLAS ha affidato un’indagine a un chierico che non sembrava avere le competenze richieste per rilevare una psicopatia. La lettera “anonima” di Michèle-France PESNEAU è chiarificatrice a questo proposito, quanto si presenta come vittima di stalking da parte mia. Michèle-France PESNEAU presenta indiscutibilmente un certo numero di sintomi che ritroviamo in una personalità paranoica e che sono assai ben descritti nelle pubblicazioni di psichiatria.

Così per JUIGNET[28]: Alcuni tratti sono caratteristici: orgoglio, diffidenza, rigidità, irrealismo e falsità di giudizio. Il paranoico è orgoglioso e a volte sprezzante nei confronti degli altri, perché si considera superiore. L’aggressività è notevole, espresso indirettamente da una punta di disprezzo, o direttamente sotto forma di propositi odiosi e ingiurie. La diffidenza e il sospetto sono sistematici. Il soggetto si aspetta che gli altri gli facciano del male o lo sfruttino e teme sempre un attacco da parte loro. Mette in dubbio l’onestà e la lealtà del suo prossimo, è quasi sempre geloso.

Il paranoico si sente facilmente disprezzato, ha paura che gli si manchi di rispetto e a volte lo immagina quando non è vero. Permaloso, non tollera le osservazioni e le critiche. Un dissenso, un giudizio sfavorevole di altri, scatenano collera e rancore. Il prestigio e i titoli sociali, le genealogie illustri, reali o fittizie, tentano di compensare questa fragilità. Il paranoico è rigido e senza autocritica. Duro con se stesso e con gli altri, possiede opinioni incrollabili. Il termine giornalistico di “pensiero unico” si addice bene a tale modo di pensare: è l’unico ad avere diritto di esistenza e tutti devono aderirvi. Il soggetto non è mai in grado di prendere una distanza critica nei suoi confronti.

Il razionalismo è costante, e alimentato da interpretazioni. Si installa un dogma argomentato da una valanga di argomenti e un ragionamento assertivo posto interamente al servizio del postulato di partenza».

Possiamo ritrovare questo ragionamento assertivo nelle affermazioni di Michèle-France PESNEAU sulla teoria «mistico-erotica» del padre Thomas PHILIPPE…

Andando a vedere blog specializzati come «L’envers du décor»[29] [“Il rovescio della medaglia”], vi troviamo accuse anonime, come quelle di «Sérénité» (allegato 9) che assomigliano molto a quella di Michèle-France PESNEAU, e che riflettono reazioni paranoiche con il loro carattere assertivo e sfuggente: «E le battaglie delle vittime durante anni per farsi udire? Come se non esistessero. MD PHILIPPE (amico di famiglia ben prima della fondazione della sua Comunità) ha incominciato con mia zia più di 50 anni fa e ha formato decine di discepoli alle sue pratiche mistico-affettivo-perverse, con dominio psicologico e tutto quello che sappiamo. Fatti conosciuti dai responsabili. Fatti di oggi». Notiamo che in questo blog, si instaura un dialogo tra «Sérénité» e un altro blogger. E curiosamente, dopo la richiesta di spiegazioni da parte di un lettore su questa storia, «Sérénité» rifiuta di andare oltre nell’accusa sotto pretesa di una “ferita” per non giustificare questa affermazione.

JUINET prosegue: «La forma sensitiva è contraddistinta da un carattere più dolce, da una predominanza femminile e a volte da un delirio in rete. I sensitivi sono sensibili alle reazioni altrui, sono facilmente feriti, fuggono il contatto. La paura genera una presa di distanza dagli altri, percepiti come ostili, ciò che provoca una ricerca di protezione. Il soggetto è “sul chi vive”, avendo paura di non essere rispettato, di essere aggredito. Pur non sentendosi apertamente perseguitati, questi soggetti hanno l’impressione che ci si interessi a loro in maniera secondo loro eccessiva e non benevola.

Capita che si scorgano transitoriamente questi sintomi e tratti di carattere nelle altre personalità psicotiche o limite. Si parla allora di reazione paranoica. Nei casi di reazioni paranoiche, ci sono spesso circostanze scatenanti reali (pregiudizio, scortesie, ecc).  esse generano la certezza di essere stati offesi o ingannati. Ne consegue una volontà di riparazione e di vendetta. La volontà di vendicarsi scatena diversi comportamenti di rivendicazione, e spesso l’avvio di procedure presso le autorità per ottenere riparazione».

Nell’intervista di Michèle-France PESNEAU su Europe 1, bisogna notare l’importanza che ha assunto per lei la Messa di “riparazione” organizzata, per lei e su sua richiesta, da Mons. d’ORNELLAS! (vedi la trasmissione Europe 1).

Ella vi parla anche dell’incontro con il Papa, che ella ha richiesto[30] e ottenuto, ma che ha poi rifiutato perché i giornalisti di Arte non avrebbero potuto assistervi per filmare il Papa mentre «chiedeva perdono»!

Esiste di fatto un continuum, che va dalla normalità a forme più gravi di paranoia, passando dalla «personalità paranoica». Nei casi che ci interessano, numerosi testimoni dell’epoca sia nella Comunità San Giovanni che nell’Arca potrebbero ampiamente parlare delle molte donne depresse, patologicamente gelose, profondamente angosciate, che ricercavano la presenza benevola e pacificante dei Padri Thomas o Marie-Dominique PHILIPPE.

In queste donne si ritrovano questi tratti di carattere: gelosia patologica, ricerca di protezione, ricorso alle autorità ecclesiastiche, possibilmente altolocate (Cardinali o Arcivescovi), dogmatismo, impressione di essere perseguitati, ragionamenti assertivi sulla

«famiglia PHILIPPE», ecc… Con il tempo, queste donne cercherebbero di compensare le loro difficoltà mediante denunce pubbliche (ma anonime…) di persone che non avrebbero potuto o saputo migliorare il loro malessere psicologico.

Si ritrova la descrizione fatta dallo psichiatra Ernst Kretschmer della personalità paranoica sensitiva segnata da un alto senso dei valori morali: l’orgoglio (un’alta auto-stima che conduce a considerarsi come mai sufficientemente riconosciuti per il proprio giusto valore); un’ipersensibilità al tatto relazionale, che genera una grande vulnerabilità nei contatti interpersonali; una tendenza all’autocritica, a interiorizzare dolorosamente i fallimenti e una grande suscettibilità.

Restando nell’anonimato relativo di queste denunce, le denuncianti calmano le loro angosce senza tuttavia prendere il rischio di un confronto con un contradditore.  In un processo penale, le vittime devono testimoniare in pubblico e in contradditorio. La falsa testimonianza è punita penalmente. È spesso difficile dal punto di vista psichico e “rischioso” per esse, ma è sempre indispensabile perché una giustizia umana possa esercitarsi senza rischio di arbitrarietà per evitare errori giudiziari. In questo approccio di denuncia post-mortem presso un’“Autorità ecclesiastica”, non si corre alcun rischio! Le denuncianti trovano un ascolto benevolo e compassionevole da parte di questa Autorità, e possono abusarne. Trovano “sollievo” in modo sorprendente accusando persone scomparse che hanno tuttavia ammirato.

Razionalizzando ulteriormente questa questione, mi permetto di avanzare un’ “ipotesi” su queste lagnanze e fare un parallelo con una situazione che si ritrova abbastanza spesso in psicologia: i Padri Thomas e Marie-Dominique PHILIPPE avevano, umanamente parlando, un forte carisma di compassione, che aveva l’effetto di lenire le sofferenze di moltissime persone profondamente angosciate, depresse, nevrotiche, instabili, ecc, che hanno sperimentato questo carisma e che abusavano della loro completa disponibilità. La tenerezza (assolutamente non sessuale!) che essi potevano dare in modo paterno deve ancora una volta essere considerata nel contesto di quell’epoca.

Al di là dell’aspetto sacramentale e di fede in Dio che il prete può (o deve) apportare, l’ascolto compassionevole della direzione spirituale abbinato a quello della confessione, assomiglia per certi aspetti all’ascolto psicanalitico. I terapisti si accorgono che alcuni malati (generalmente di sesso femminile) sviluppano sentimenti amorosi nei confronti di chi li ascolta.

Così, S. Freud nota in Selbstdarstellung (“La Mia Vita, la Psicoanalisi”) nel 1925, che «in ogni trattamento analitico si instaura, senza alcun intervento del medico, una relazione affettiva intensa del paziente con la persona dell’analista, relazione che non può essere spiegata da nessuna delle circostanze reali. Può essere di natura positiva o negativa, va dallo stato amoroso passionale, pienamente sensuale, all’espressione estrema della rivolta, dell’esasperazione e dell’odio. Questa relazione, che viene chiamata, per farla breve, transfert, prende presto il posto nel paziente del desiderio di guarire e diviene, fintanto che è tenera e moderata, il supporto dell’influenza medica e la vera molla del lavoro analitico comune». Freud nota che questo sentimento è in contraddizione con l’atteggiamento riservato dell’analista, e il fatto che questi spesso non ha nulla di seducente: i rapporti del malato con l’analista «non dovrebbero comportare che una certa dose di rispetto, di fiducia, di riconoscenza e di simpatia umana».

Freud nota anche che il carattere compulsivo di questo “amore” non è estraneo agli altri amori. E in «La questione dell’analisi laica» indica che il transfert è «un fenomeno umano generale, che domina tutti i rapporti di una determinata persona con il suo entourage umano», «il malato ripete, sotto forma di questo amore per l’analista, avvenimenti psichici già vissuti una volta – ha trasferito sull’analista atteggiamenti psichici che erano già pronti in lui e sono in intimo rapporto con la sua nevrosi. Gli piacerebbe riprodurre, nei suoi rapporti con l’analista, tutte le vicissitudini dimenticate della propria vita»[31].

Non sarebbe logico ritrovare questi stessi atteggiamenti in alcune persone nevrotiche che sono andate a “consultare” i Padri Thomas e Marie-Dominique PHILIPPE?

14- Le procedure canoniche

È vero che ho fatto “subire” al padre Thomas JOACHIM due processi canonici per diffamazione. Uno in Francia, l’altro a Roma. Pensavo ingenuamente che questa procedura era simile a quella dei tribunali civili francesi, con i grandi principi del diritto. Di fatto, in questo caso il giudice era Mons. Rivière, autorità gerarchica della Comunità San Giovanni, che ha appoggiato il Priore nella sua iniziativa “di trasparenza”. In breve, si ritrova giudice e parte in causa!

In fatto di processo, mi sono ritrovata a Parigi davanti all’abate N., che mi ha convocata e fatto promettere sulla Bibbia di mantenere il segreto sulla procedura! Non ho avuto difficoltà a mantenere il segreto, perché concretamente l’essenza dello scambio è stata una conversazione da salotto (o piuttosto di sacrestia…), il cui fine era quello di farmi “confessare” i nomi delle persone, chierici o laici, che erano “dietro” di me per appoggiarmi! Ma nessun dibattito, nessuno scambio di documenti, nessuna conclusione, nessuna dichiarazione. Il grande segreto!

Per farla breve, in fatto di giudizio, ricevo un decreto di Mons. Rivière, che in meno di dieci righe rigetta la mia istanza senza altre spiegazioni, il 1° dicembre 2015.

Faccio appello a Roma, mandando il dossier per posta. Silenzio assoluto anche qui fino al gennaio 2017, quando ricevo un decreto di 8 pagine, questa volta firmato dal Cardinale Braz de Aziz in data 20 dicembre 2016, che mi rigetta di nuovo!  In fatto di giudizio, si tratta piuttosto di una dissertazione scritta alla sezione francese del dicastero, che spiega a lungo che il Priore ha ben “verificato le testimonianze”, ha agito in pieno accordo con le autorità della Chiesa, ha fatto questo per il bene della Comunità e che dunque aveva ragione! È vero che la sincerità del Padre Priore e la sua incrollabile credulità fanno sì che egli senz’altro non abbia avuto intenzione di nuocere alla reputazione del padre Marie-Dominique PHILIPPE…

Mi inchino senza problemi a questa decisione che afferma che non ci sia stata diffamazione da parte sua. Ma questa decisione non regola ancora la questione della pertinenza o meno delle accuse! Cosa che non impedisce al frate Priore di sfoggiare in una lettera pubblica questa procedura “segreta” per continuare a giustificarsi e lamentarsi del tempo che ha perso e del mio comportamento “ingiusto”. Ho dovuto ricordargli che ero comunque “nel mio diritto” e che non ero, come lui, accusatrice, ma piuttosto “avvocato”…

Ad ogni modo chiedo perdono, in questa sede, al padre Thomas JOACHIM per avergli fatto perdere il suo tempo in questa procedura inutile! Questo processo “canonico-penale” non aveva una posta in gioco importante, dal momento che nella peggiore delle ipotesi padre Thomas JOACHIM non avrebbe avuto che una rimostranza da parte del suo vescovo o l’obbligo di diffondere una smentita. Pensavo ingenuamente che avrei avuto accesso a documenti per giustificare la mia posizione…

Quando si sporge una denuncia presso la polizia o un Procuratore, la procedura è affidata a gente che lo fa per mestiere. I poliziotti dispongono di numerosi mezzi per “provare” l’operato di un imputato o di un sospettato: intercettazioni telefoniche, custodie a vista, perquisizioni, pedinamenti, analisi della polizia scientifica (DNA, ecc.), constatazioni di flagrante reato, constatazioni di medicina legale, ecc. Le giurisdizioni di istruttoria prendono il comando. Dispongono istruttorie a carico e a favore dell’interessato: interrogatori, confronti, perizie psichiatriche, perizie tecniche o altre, ricerca di testimoni, ecc. Infine, con gli atti del pubblico ministero, sopravviene l’udienza pubblica e con contradditorio del processo, che cerca di stabilire la verità, sempre sotto il controllo di una corte di Appello, della Corte di Cassazione, a volte con la possibilità di un ricorso al Consiglio Costituzionale e addirittura alla CEDH [Corte Europea dei Diritti dell’Uomo]!

In un processo canonico penale, non abbiamo niente di tutto ciò! Nondimeno questa giustizia ecclesiastica, che permane molto umana, può cambiare la vita di un prete o di un religioso. Il “segreto canonico” copre con una cappa di silenzio gli atti dei giudici che non hanno tutti gli strumenti per stabilire una colpevolezza. Nessuna udienza pubblica, né confronti! Sempre il segreto. Le uniche prove addotte sono sempre quelle famose testimonianze scritte! Si può legittimamente tremare, quando si vedono sacerdoti giudicati su questi soli elementi![32]

15 – Giustizia, Diritto e Verità

In Diritto, affermare che ci sono stati «comportamenti sessuali» «gravemente contrari ai voti religiosi» e «alla morale insegnata dalla Chiesa», significa supporre non soltanto che queste colpe siano state realmente commesse, ma anche che esse siano state verificate presso l’autore e se possibile confessate. Quando si argomenta che nessun «procedimento civile o penale può essere intrapreso», ciò implica chiaramente il fatto che gli atti imputati al padre Thomas PHILIPPE avrebbero potuto dare luogo a procedimenti penali. Ora, gli atti che potrebbero dar luogo a perseguibilità penale contro il padre Thomas PHILIPPE per fatti commessi nei confronti di persone adulte «non consenzienti» sono:

 

  1. lo stupro (reato punibile con 20 anni di reclusione in base all’art 222.24)

 

  1. l’aggressione sessuale (7 anni di reclusione in base all’art 222.27 del codice penale). Notiamo che «l’abuso di autorità» è atto a qualificare l’aggressione sessuale (o anche lo stupro…) su una persona anche in apparenza

 

  1. «Il dominio psicologico» e spirituale del padre Thomas. Ma se il dominio è accolto, l’aggressione sessuale o lo stupro sono classificati come reati.

È giocoforza constatare che si sta facendo di tutto per dare ai Padri PHILIPPE l’immagine di uomini particolarmente perversi in virtù della loro autorità e del loro carisma, di cui avrebbero fatto uso e dunque ampiamente “abusato”. Essa rende ancora più evidente la natura infamante di quelle denunce dall’alto in basso nella gerarchia della Chiesa. Dichiarare queste testimonianze come “vere” significa andare oltre le competenze di chiunque: nella Chiesa, questo genere di fatti che conducono a sanzioni penali non possono essere stabiliti che per via giudiziaria[33].

La difesa della presunzione di innocenza è un contributo fondamentale, tanto del popolo giudaico, come del diritto romano, alla comunità umana; gli esempi di decisioni in questo senso sovrabbondano, dalla Sacra Scrittura fino alle ultime disposizioni legislative[34]. Pertanto, da un punto di vista giuridico, queste denunce senza processo avrebbero dovuto rientrare nella definizione del delitto previsto dal canone 1390[35].

In conclusione, la famiglia del Padre Marie-Dominique PHILIPPE accoglierebbe con favore l’applicazione della stessa politica di trasparenza sui fatti presunti di quella che ha motivato le denunce controverse.

Chiedo pertanto alle Autorità Ecclesiastiche di darmi un accesso completo ai documenti del dossier, in modo che io possa esercitare un “diritto di difesa” completo e corroborato di fronte alle predette accuse. Mi impegno a non svelarne il contenuto e a emettere solo un giudizio globale su di esse.

In caso negativo, chiedo nuovamente l’istituzione di una vera commissione d’inchiesta indipendente della Chiesa, il cui compito sia di escludere oppure confermare i fatti che hanno portato alla “condanna” dei defunti e di cui chiedo se possibile di fare parte.

Tale commissione, in conformità con la lettera e l’obiettivo del recente Motu Proprio del Santo Padre del 7 maggio 2019 «Vos estis lux mundi» dovrebbe comprendere «persone qualificate» (art. 3) per esaminare serenamente e in modo “quasi-giudiziario” le accuse. Notiamo anche che il Motu proprio riconosce finalmente la presunzione di innocenza (art. 12). Tale commissione dovrebbe dunque idealmente avere tra i suoi membri un magistrato in attività o in pensione, che abbia almeno 20 anni di esperienza di giurisprudenza istruttoria e un medico psichiatra consulente presso la Corte d’Appello. È auspicabile che nessun chierico ne faccia parte, in conformità con ciò che chiede papa Francesco nella sua Lettera al popolo di Dio del 20 agosto 2018: «Il clericalismo, favorito sia dagli stessi sacerdoti sia dai laici, genera una scissione nel corpo ecclesiale che fomenta e aiuta a perpetuare molti dei mali che oggi denunciamo. Dire no all’abuso significa dire con forza no a qualsiasi forma di clericalismo».

Chiedo altresì alle Autorità della Chiesa di Francia e a i Superiori dell’Ordine Domenicano di protestare pubblicamente contro le violazioni costanti nella stampa del principio di presunzione d’innocenza di cui dovrebbero beneficiare i defunti Padri Marie-Dominique e Thomas PHILIPPE. E in particolare di protestare nei confronti della trasmissione televisiva di Arte del 5 marzo 2019.

Marie PHILIPPE

Mail : philippe4561@gmail.com

 

IN APPENDICE:

ELENCO DEGLI ALLEGATI:  Tutti gli allegati sono consultabili online

 

Allegato 1 Lettera aperta di fr. Thomas JOACHIM del 13 maggio 2013
Allegato 2 Lettera del Sig. Patrick FONTAINE
Allegato 3 Articolo de La Croix del 16 ottobre 2015
Allegato 4 La mia lettera al direttore pubblicata su La Croix del 26 novembre 2015
Allegato 5 Lettera «anonima» di Michèle-France PESNEAU a me
Allegato 6 Articolo GOLIAS Hebdo 562
Allegato 7 Lettera del Cardinal RODÈ
Allegato 8 Lettera dei Sigg.ri LAGRANGE in seguito al loro incontro con il Cardinal RODÈ
Allegato 9 Post anonimi su internet
Allegato 10 Testimonianza del fr. Alban Marie
Allegato 11 Articolo del Padre du PUY-MONTBRUN
Allegato 12 Intervista a Michèle-France PESNEAU su Europe 1 (solo audio)
Allegato 13 Studio sul ruolo della rivista Golias nei guai della Comunità San Giovanni
Allegato 14 Promemoria con testi dei Dottori della Chiesa
Allegato 15 Testimonianza di Cynthia all’AVREF
Allegato 16 Testimonianza di MC Fournier (Michèle-France) all’AVREF
Allegato 17 Lettera del P. Marie-Dominique del 2006 in seguito agli attacchi di Golias
Allegato 18 Scambio epistolare con una psicologa clinica
Allegato 19 Scambio (monologo) con il Priore di San Giovanni
Allegato 20 Lettera di Jean Vanier sul padre Thomas, aprile 1993
Allegato 21 Intervista di MF Pesneau su Kobini-news
Allegato 22 La Croix del 19 maggio 2019
Allegato 23 Intervista di D. Wagner

Documenti confidenziali riservati alle Autorità della Chiesa

(non sono presenti sul sito e sono disponibili su richiesta)

  • Testimonianze o lettere di:
  • Claire PICARD
  • Francette MEANEY
  • Christiane Chicotot
  • Dominique Gilbert
  • Henri Cacheux
  • Yves Tabin
  • René S
  • Marie Christine Nicolardot
  • Brigitte Ambrieu
  • Lettera di FS a Francette Meaney (che mostra che questa ex-religiosa aveva come obiettivo quello di «portare alla luce il virus malsano della Comunità San Giovanni»)

note e riferimenti

[1] https://www.youtube.com/watch?v=ZzsaOZZBulQ

[2] https://www.independent.ie/world-news/europe/nuns-were-reduced-to-sexual-slavery-admits-pope-37787728.html ; https://www.dailyherald.com/article/20190205/news/302059866

[3] Come numerosi amici del padre Thomas PHILIPPE, sono rimasta incredula e sconcertata di fronte alle “rivelazioni” di fatti che sarebbero accaduti 30 o 40 anni fa! Pertanto, mi metto in contatto telefonico con Patrick FONTAINE, autore principale dell’accusa, per avere spiegazioni. Chi sono quelle donne e perché hanno atteso così a lungo per agire? Di che natura erano quegli «atteggiamenti sessuali inappropriati»? Non ho avuto alcuna risposta precisa, né alcun nome, poiché l’indagine portata avanti su richiesta di Mons. d’ORNELLAS era «segreta». Devo fidarmi senza riserve a Patrick FONTAINE e all’«Arca», che godono della garanzia di Mons. d’ORNELLAS e dell’indagine qualificata di «canonica». Noto di passaggio che questa dicitura «indagine canonica» su un morto mi sembra erronea, perché non è prevista dal Diritto Canonico (tranne quella fatta in vista di una eventuale beatificazione). La chiamerò dunque, fino a prova contraria, «indagine del p. MARCOVITS».

[4] D’altronde, il ruolo del p. Thomas PHILIPPE qui è limitato all’«accompagnamento spirituale» della Comunità nascente, con un «contributo significativo alla pre-fondazione». Ciò è già di per sé ingiusto, poiché egli è stato il vero co-fondatore dell’Arca con Jean VANIER, come attestato da numerosi scritti e documenti come la lettera dell’Arca del gennaio 1994, dopo la sua morte «in odore di santità». È stato anche sepolto ai piedi della cappella della Ferme, centro storico dell’Arca. (vedi anche: lettera di Jean Vanier, allegato 19)

 

[5] Una memoria di studente di Master 1 in storia religiosa di Antoine Mourges nel 2009 (non pubblicato). Questa ”referenza” è tuttavia qualificata come «lavoro universitario di uno storico» dall’Arca … («anche se gli archivi del processo rimangono chiusi, sappiamo, grazie al lavoro universitario dello storico  Antoine Mourges,…» scrive un «rapporto» interno dell’Arca sui rispettivi ruoli di Jean Vanier et del padre Thomas)

[6] Si ritrova questo preciso termine nell’editoriale di C. Terras della rivista Golias hebdo n°287

[7] https://c.lejsl.com/edition-macon/2019/03/10/j-ai-ete-abusee-26-ans-par-le-pere-marie-dominique

[8] Lachaux, Bernard, et al. « Crédibilité et expertise psychiatrique », L’information psychiatrique, vol. volume 84, no. 9, 2008, pp. 853-860.

[9] https://www.avref.fr/temoignage-de-cynthia-howard.html

[10] https://it.aleteia.org/2019/03/11/religiose-abusate-arte-marie-pierre-raimault-eric-quintin/

[11]https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/Pape/Demission-dun-pretre-Congregation-doctrine-foi-accuse-harcelement-2019-01-29-1200998910

[12] https://www.die-tagespost.de/kirche-aktuell/Schoenborn-trifft-Wagner-Empathie-und-Systemkritik;art312,195778

[13] https://www.vaticannews.va/it/vaticano/news/2019-05/vaticano-assoluzione-hermann-geissler-doris-reisinger-wagner.html

[14] https://www.avref.fr/temoin-doris-wagner.html

[15] https://www.katholisch.de/aktuelles/aktuelle-artikel/wie-glaubigen-die-geistliche-selbstbestimmung-geraubt-wird

[16]  Così, il «tatto relazionale» permette di capire per analogia la grazia o meglio ancora il «tatto mistico». Questo approccio ha il vantaggio di rispettare i livelli di intellegibilità senza peraltro confonderli. Da bravo domenicano, è così che dava le spiegazioni. Pertanto, come avrebbe potuto padre Thomas PHILIPPE portare avanti una posizione teologica che confondeva «unione mistica» e «unione carnale»?

[17] Mi limiterò a ricordare alcuni importanti riferimenti della Scrittura o teologici su questo argomento. I testi del Cantico dei Cantici, Osea, Ezechiele, ci presentano in termini allegorici Dio come lo Sposo del suo popolo e prefigurano le nozze di Cristo con la sua Chiesa. Nell’insegnamento costante della Chiesa, Cristo è il «nuovo Adamo» e Maria la nuova Eva. Le nostre anime sono chiamate a vivere una «unione con Dio» spirituale. Anche Santa Teresa si approprierà del testo di Ezechiele e diventerà la «sposa di Cristo». San Giovanni della Croce, pur essendo uomo, non esitò a cantare il suo amore per Dio, Padre, Figlio e Santo Spirito, come un rapporto tra Sposo e sposa, «affinché mi degniate unirmi a voi per i legami del matrimonio spirituale. Non gusterò gioia alcuna finché non mi rallegrerò tra le vostre braccia». A Santa Margherita-Maria, il Sacro Cuore di Gesù appare come lo Sposo «più appassionato d’amore»: «Mi fece capire che alla maniera degli amanti più appassionati, mi avrebbe fatto gustare in quel tempo solo ciò che vi è di più dolce nella soavità delle carezze del suo amore, che in effetti furono così esagerate da mandarmi spesso completamente fuori di me». Il santo Curato d’Ars diceva che le anime del purgatorio erano «le spose di Cristo». Maria è la sposa dello Spirito Santo in san Luigi Maria Grignion de Montfort, che scrive: «Lo Spirito Santo, che è sterile in Dio, cioè non da origine ad un’altra persona divina, è divenuto fecondo per mezzo di Maria da lui sposata […]   Perciò, quanto più lo Spirito Santo trova Maria, sua cara e indissolubile Sposa, in un’anima, tanto più diviene operoso e potente per formare Gesù Cristo in quest’anima e quest’anima in Gesù Cristo». (Trattato della Vera Devozione, n° 20). La Vergine Maria è chiamata spesso nella Chiesa la «Sposa di Cristo». Quest’ultimo appellativo non ha sempre trovato tutti unanimi e il Cardinal Charles Journet doveva sicuramente criticarlo. Ma non è sconvolgente quando si evoca la figura di Maria, Nuova Eva. La figura stessa del Nuovo Adamo – che è Gesù Cristo, secondo la Scrittura (cfr. 1Cor 15,45) – chiama naturalmente quella della Nuova Eva. Maria come «Sposa di Cristo» non deve essere interpretata in senso carnale e umano, ma chiaramente secondo un significato spirituale, mistico!

[18] Perché soltanto l’accusa del Priore Generale può riferire le chiacchiere?

[19] Degli oblati di San Giovanni mi hanno informato che fr Jean Miguel GARRIGUE avrebbe avuto un legame con l’AVREF alla sua nascita. Sarebbe opportuno che smentisse questa diceria, visti i legami storici dell’AVREF con una ex-suora apostolica di San Giovanni

 

[20] Edition Belfond, 2002

[21] http://www.acalpa.org/allegation_dabus_sexuel_le_poids_de_la_parole_de_l_enfant.htm

[22] Liberté Politique N°66 Giugno 2015 ISBN: 978-2-9545799-6-2

[23] http://w2.vatican.va/content/francesco/it/motu_proprio/documents/papa-francesco-motu-proprio-20190507_vos-estis-lux-mundi.html

 

[24] http://www.vatican.va/archive/ITA0276/_P6S.HTM

 

[25] https://srp-presse.fr/index.php/2019/01/25/agressions-sexuelles-que-les-eveques-appliquent-le-droit-canonique/

[26] http://www.g-e-s.fr/

[27] Alcan, Paris

[28] http://www.psychisme.org/Clinique/Paranoia.html#mozTocId572497

[29]http://www.lenversdudecor.org/L-Arche-fait-la-lumiere-sur-la-face-cachee-du-P-Thomas.html#forum1983

[30] Mons. Gaillot è stato molto attivo in questo documentario, facendo da intermediario tra Arte e Roma. Il suo nome è anche nei titoli di coda del documentario.

[31]http://classiques.uqac.ca/classiques/freud_sigmund/psychanalyse_et_medecine/psychanalyse_et_medecine.pdf

[32] Vedi a questo proposito gli articoli del Padre du Puy-Montbrun, Canonista et Rettore emerito della Facoltà di Diritto Canonico di Tolosa: https://srp-presse.fr/index.php/author/bernard-du-puy-montbrun/

[33] Cfr. Ven. Pio XII, discorso alla Rota del 6 ott. 1946: «In ambedue le società perfette, invero, la tutela del bonum commune esige che i diritti e i beni dei loro membri possano essere per via giudiziaria attuati, garantiti, reintegrati».

[34] San Tommaso d’Aquino, Somma Teologica, III, q. 80, art. 6 «I sacri canoni non consentono di estorcere a nessuno la confessione con la prova del ferro infuocato o dell’acqua bollente. Poiché i delitti pubblici sono demandati al giudizio della nostra autorità per spontanea confessione o per certa testimonianza, ma i delitti occulti e ignoti vanno lasciati a colui che solo conosce il cuore degli uomini».

[35] § 2. Chi presenta al Superiore ecclesiastico un’altra denuncia calunniosa per un delitto, o lede in altro modo l’altrui buona fama, può essere punito con una giusta pena non esclusa la censura. § 3. Il calunniatore può anche essere costretto a dare una adeguata soddisfazione.