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Les étranges accusations portées contre Jean Vanier

L’Arche, après avoir accusé le  Père Thomas Philippe en 2016 d’abus, vient d’accuser Jean Vanier dans un rapport de synthèse rendu public le 22-2-2020. Cette dénonciation  a été amplement repris par la grande presse en France et dans le monde avec des commentaires accusateurs : « flagrant délit de mensonge et trahisons » dit soeur Margron sur RCF, « menteur et abuseur » dit Témoignage Chrétien, « la face maléfique d’une icône catholique » chez Libération, « le poison de la mystique sexuelle » et la « justification des agressions sexuelles sur des femmes par une sorte de salmigondis religieux et spirituel mêlant Jésus, Marie, la foi, dans un délire mystique et pervers » affirme Mme de Gaulmyn dans la Croix qui bien sûr « ne juge pas » la personnalité « totalement clivée de Jean Vanier », « Des faits effarants » dit La Vie qui exulte car déjà en 2001 elle dénonçait les « gourous dans les couvents», « Abus spirituel et abus sexuel » avec son « côté sombre » dit  Aleteia, « Le passé coupable du fondateur » juge Le Monde, « le pervers sexuel » affirme le Soir , « Jean Vanier a agressé six femmes » dit  l’Actualité , etc…

Ces accusations non seulement ne me surprennent pas,  mais je les attendais… En effet, il semble logique que parmi les centaines de personnes plus ou moins malades ou perturbées psychologiquement qui ont gravité pendant 40 ans autour du père Thomas et de Jean Vanier (et aussi bien sûr du Père Marie-Dominique Philippe…) , il puisse y avoir 5 à 10 femmes susceptibles de porter des accusations similaires à celles que j’ai relevées dans ma propre enquête suite aux premières « révélations » du prieur de la Communauté St Jean, il y a 6 ans [1].

Ce rapport de synthèse est donc détaillé et semble accablant. Il est construit très adroitement avec de nombreuses références. Cela donne pour un lecteur peu averti,  une impression de sérieux et d’objectivité presque « scientifique ». Mais une analyse plus détaillée me conduit à soulever les principaux points « problématiques » qui peuvent nous faire douter des affirmations apportées:

  1. Ce rapport de synthèse n’est pas signé et a été élaboré avec la collaboration d’un organisme dont le métier consiste à proposer auprès des ONG des mesures de précautions surtout pour rassurer les donateurs et les pouvoirs publics. Mais on peut s’étonner que l’Arche ait fait appel à GCPS consulting [2]  qui se targue de travailler pour de  nombreux organismes ou associations clairement opposés à l’Eglise (ONG ouvertement pro-avortement et pro-LGBT comme IPPF, British Council, USAID,  Planning Parenthood, Unicef, etc…) mais  qui n’a pas de compétence particulière dans l’investigation policière et judiciaire.
  2. Le travail « historique» d’Antoine Mourges  (à ce jour encore étudiant en histoire…) n’a pu se faire que sur des pièces disponibles et celles qu’on a bien voulu lui donner.  J’avais demandé sans aucun résultat aux Autorités de l’Eglise (Mgr d’Ornellas, Mgr Riviere, congrégations romaines, etc…) de faire faire une véritable enquête « à charge et à décharge » après les accusations et sur les accusatrices de cette affaire non par des « historiens » ou des clercs de bonne foi mais peu compétents (comme le Père Marcovits…). Des  analyses faites  par des experts-psychiatres et par des anciens juges d’instruction ou des anciens officiers de police judiciaire auraient été plus pertinentes pour  analyser « scientifiquement »  la crédibilité des accusations.
  3. Le contexte: l’accusation initiale de 2015 a été faite à la suite d’une l’enquête faite par le Père Marcovits (dominicain) à la demande Mgr d’Ornellas archevêque de Rennes et qualifiée de « canonique ». Or le point de départ  de cette accusation est à la base entaché d’une violation du droit canon et ses articles 1717 et suivants.  Mgr d’Ornellas n’avait aucun droit à faire faire cette « enquête »  car  lui ou l’un de ses prédécesseurs ne fut jamais l’Ordinaire du Père Thomas Philippe. Donc il n’avait pas l’autorité pour diligenter l’enquête présentée faussement comme « canonique » par le truchement du Père Marcovits à laquelle il est fait référence dans toutes les déclarations de l’Arche et largement reprise dans la presse. [3]   Enfin le père Marcovits n’a fait qu’enregistrer les plaintes sans faire d’analyse sur la pertinence des accusations. Il a simplement trouvé personnellement les témoignages  « sincères et concordants ». J’ai donc demandé officiellement par recours canonique  l’annulation de cette procédure (ce qui en droit conduirait à une annulation de l’enquête) .
  4. Un « comité de surveillance indépendant»  composé de  deux anciens hauts fonctionnaires français aurait évalué l’intégrité et la fiabilité du processus de l’enquête et de ses conclusions.  Pourquoi des « hauts » fonctionnaires dont les noms sont gardés secrets ? Comment ont-ils pu « évaluer l’intégrité et la fiabilité du processus d’enquête » ?  Par quels moyens ? Quelles sont leurs compétences ? En quoi le fait qu’ils soient « hauts fonctionnaires » apporte une garantie particulière ?
  5. Une autre caution a été recherchée auprès de la commission CIASE[4] à qui l’Arche a remis le « rapport ». Mais rien n’indique qu’il a été validé, ni même examiné par la commission. A plusieurs reprises Mr Jean-Marc Sauvé (Président de la CIASE)  que j’ai contacté m’a confirmé par écrit que cette affaire n’était pas dans « sa mission ».
  6. La sanction de 1956 et son actualisation. Effectivement le Père Thomas a été « condamné » par le St Office pour un motif tenu « secret » à la suite d’une procédure particulièrement longue (4 ans !) où se seraient mêlé des questions de for interne de plaignantes et des questions  théologiques dans le contexte d’une possible revanche après une lutte acharnée chez les dominicains entre les tenants d’une théologie traditionnelle (Garrigou-Lagrange, Thomas et MD Philippe, etc.. ) et ceux qui furent à la pointe du mouvement « réformiste » (Chenu , Congar, etc..)[5] .

Les accusations actuelles reposent donc sur un postulat : le Père Thomas Philippe aurait  abusé deux femmes dans les années 50 en utilisant une fausse mystique (la relation charnelle du Christ et de la Vierge au dire de certaines plaignantes). Or cette mystique n’a jamais été enseignée. Il n’y aucune trace écrite. De nombreux lecteurs ont parcouru l’entièreté des livres (ou enregistrements audio) du père Thomas. À aucun endroit, on ne trouve une justification ou une théorie « mystico-sexuelle ». Il serait étonnant que cela fût transmis dans le secret de la « direction spirituelle » ou en confession.  Plus étonnant encore serait le fait qu’il aurait « initié » d’autres prêtres à cette mystique pour qu’ils utilisent à leur tour ce « stratagème ». Comment cette méthode d’une grande perversité (qu’on a du mal à imaginer…)  aurait-elle pu avoir un pouvoir quasi-hypnotique sur une très longue durée (25 ans chez une même femme …) ?

Le Père Tixier, Provincial des dominicains, m’a confirmé un point central devant témoin le lundi 25 novembre 2019  à la Maison provinciale à Paris en présence du frère Michel Mallèvre op: « On ne connait pas les attendus, ni les pièces du dossier. On ne connait que le dispositif du jugement de 1956 ». Donc il m’a assuré que la condamnation était connue dans l’Eglise mais les motifs et les pièces étaient encore secrètes et que personne ne pouvait en avoir connaissance. « Elles sont au St Office, dans les archives » disait-il.

Or les rédacteurs du rapport de l’Arche parlent de 2 plaignantes de 1952 et d’autres pièces dont ils auraient eu connaissance concernant cette période. « En juin 2019, L’Arche Internationale a pu avoir accès aux archives des Dominicains à Paris, et, après son décès, à certaines des archives personnelles non publiées de Jean Vanier. » dit le rapport. Ma question est donc la suivante :

Qui ment ?  Le Provincial  ou  bien l’Arche ? Pourquoi ?

7. La description de « l’affaire de l’Eau Vive » est fantaisiste et caricaturale. Une assertion est particulièrement fausse : Malgré les interdictions qui lui en sont faites catégoriquement, Thomas Philippe continue de diriger clandestinement l’Eau Vive pendant toute la période de l’enquête. Les dizaines de lettres qu’il envoie à Jean Vanier durant cette période, montrent qu’il le conseille et l’oriente dans toutes les démarches à accomplir. Bravant l’interdit (qu’il ne peut pas ignorer comme il a pu le dire plus tard), Jean Vanier l’a rencontré à de nombreuses reprises durant cette période. (Page 8)

On peut lire pourtant dans un rapport fait à la demande de l’arche (déjà…) par Xavier Le Pichon (mais disparu du site internet de l’Arche depuis …) la précision suivante:  Jean Vanier vécut près de lui jusqu’au départ du Père Thomas au début d’avril 1952, suite à son rappel à Rome par le Père Suarez, général des Dominicains. C’est d’ailleurs Jean Vanier qui le conduisit à Rome à la demande de l’assistant du Père Suarez. Il devint alors, à vingt quatre ans directeur temporaire de l’Eau Vive, à la demande du Père Thomas, sur la suggestion du cardinal Roncalli, futur pape Jean XXIII, qui avait visité l’Eau Vive quinze jours plus tôt et qui connaissait les parents de Jean Vanier. Pendant quatre ans et deux mois, Jean Vanier exerça cette direction dans des conditions extrêmement difficiles, en restant en lien étroit avec le Père Thomas, jusqu’à la fermeture de l’Eau Vive par ordre des autorités ecclésiastiques, le 8 juillet 1956.  [6]

 Là encore, on dispose de deux versions contradictoires et de deux sources d’archives (celles de Xavier le Pichon qui est légataire testamentaire des documents du père Thomas et celles de Mourges qui dispose de celles de l’Arche …) .

Qui ment ? Visiblement la charge implacable du dernier rapport vise à faire du Père Thomas et de Jean Vanier deux compères pervers, manipulateurs, maléfiques, menteurs et (crime suprême…) désobéissants à l’Eglise! Notre historien amateur n’a pas remarqué que pendant plus de quatre ans le père thomas avait bien « le droit » de communiquer avec Jean Vanier… Notons enfin que le Père Thomas n’a été que suspendu du droit de célébrer la messe que pendant 17 mois. Il n’a sans doute pas été « déposé » car cette peine prévue par le Droit Canon de 1917 est souvent définitive. Visiblement trop d’erreurs grossières entachent ce rapport…

  1. Encore une contradiction: Comment le rapport de l’arche peut-il soutenir sérieusement que « Dans ses réponses transmises le 7 décembre 2019, la Congrégation pour la doctrine de la foi au Vatican (auparavant le Saint-Office, dont les archives concernant le procès du père Thomas Philippe ne sont pas encore accessibles à la recherche) a confirmé ou complété certains éléments contenus dans les archives étudiées. » ?  Si les pièces sont secrètes et donc ne sont pas « accessibles  à la recherche historique » (donc à A.  Mourges…) , comment la CDF peut-elle confirmer « certains éléments »  dans ses archives ou celles de l’Arche ? Qui dans l’administration de la CDF a répondu le 7 décembre ? Si les archives ne sont plus secrètes, pourquoi la CDF auraient-elle eu besoin de confirmer ? Qu’a-t-elle « complété » ? La contradiction est donc à son comble et n’inspire pas la confiance dans les auteurs du rapport …
  2. Norme de preuve  de l’enquête. Il est étonnant de lire cette phrase : « Toute conclusion d’une enquête de ce type est basée sur un « équilibre de probabilités » et non sur une norme de preuve « au-delà de tout doute ». Compte tenu des informations disponibles, l’équipe en charge de l’enquête est parvenue à ses conclusions en déterminant si les événements étaient « plus susceptibles que non » de s’être produits, et si les témoignages qui lui ont été présentés étaient dignes de foi ». C’est ainsi que « l’équipe » s’est érigée en tribunal qui juge en dernier ressort selon son « intime conviction » et par des calculs probabilistes. De façon scientifique il faudrait conclure que la probabilité que Jean Vanier ait abusé de femmes est supérieure à 50,1 % …  C’est assez peu pour le condamner ! C’est sans doute une clause de style  pour ne pas faire trop d’objections sur la méthode …
  3. La crédibilité des témoins. L’Arche aurait fait « le constat que les victimes présumées, sans lien entre elles et sans connaissance de leur histoire respective, avaient chacune entrepris un travail de réflexion».

Mais cette présupposition est manifestement fallacieuse car avec internet et  la « viralité » des  relations sociales dans l’Arche (en direct et  par les réseaux sociaux), les témoins connaissaient tous depuis presque 4 ans les nombreux écrits et vidéos de la plaignante « d’origine» MF Pesneau qui témoignage des « abus » et des « justifications mystico-sexuelles » dans l’Avref ( avril 2016)  puis dans Golias, etc.. Et enfin dans le reportage d’ARTE et du battage médiatique qui a suivi!

La « concordance » des témoignages en forme de « copié-collé » s’explique donc très facilement et ne peut plus être sérieusement invoquée comme argument de crédibilité.

  1. Les relations sexuelles sous emprise. C’est sans doute le point le plus problématique. Un abus sexuel[7]  ne peut pas  être auto-déclaré par une  victime adulte. Une relation d’autorité «morale » peut présumer une emprise, mais ce n’est qu’une présomption. La victime doit décrire les circonstances qui pourraient laisser penser qu’il a eu bien une emprise.  La confrontation avec l’abuseur présumé est alors une étape essentielle dans une instruction pénale ou canonique. Or, ici, il ne peut pas y en a voir … Le rapport dit pourtant que « Les relations sont présumées avoir eu lieu dans des conditions que l’équipe de l’enquête a qualifiées « d’emprises psychologiques » et sont décrites comme constituant une violence psychologique et comme étant caractérisées par des déséquilibres de pouvoir importants : les victimes présumées se sont senties privées de leur libre arbitre, de ce fait l’activité sexuelle a été exercée sous la contrainte ou a eu lieu dans des conditions coercitives.

Toutefois les témoignages mentionnés dans le rapport ne sont pas très éclairants pour établir la nature « coercitive » de la relation. Par exemple dans le premier témoignage, une dame dit  : «J’étais dans une relation sexuelle inappropriée avec Jean Vanier. Étais-je consentante ? Je crois qu’au début oui, mais plus le temps passait, plus je crois que je n’étais pas consentante. »

Ce type d’accusation ne serait pas très recevable par un vrai tribunal civil ou canonique qui lui demanderait immanquablement  «Alors ? Finalement, étiez-vous ou pas consentante ? »

Une autre accusation revient en boucle : C’est le concept «d’abus d’autorité spirituelle ». A ma connaissance, c’est devenu aujourd’hui une objection qui ne souffre d’aucune contradiction.  Mais pouvons-nous sérieusement considérer une femme adulte et non-handicapée incapable de faire un complet discernement comme le serait une mineure dans une relation affective ?  Qu’elle soit amicale ou même sensuelle ?

 

  1. Une preuve justificative hors contexte. Une lettre du père Thomas est censée « prouver » la justification mystique de conduites déviantes. Ainsi le rapport ( p10) veut nous persuader que « dans ces lettres qui lui sont adressées par ces femmes l’intrication entre une dimension « amoureuse », des propos « mystiques » et l’évocation de contacts physiques entre en concordance avec ce que l’on sait par ailleurs des théories et des pratiques sexuelles du père Thomas Philippe et de celles de Jean Vanier révélées par les témoignages portés récemment à la connaissance de l’enquête. Certaines lettres du père Thomas Philippe lui adressent des conseils de prudence et des règles de conduite :

Pour XX soyez très prudent. Vous pourrez parfois prier avec elle, si c’est très prudent ; mais au point de vue extérieur le minimum, pas plus que S. (Saint) jean à la Cène et de façon assez discrète. Je sens que la Ste Vierge demande d’être très prudent ce point. Appuyez-vous sur l’obéissance. Même si XX [.] et vs. êtes très pressés intérieurement, il ft. rester plutôt en deçà de cette limite que d’aller au-delà… Marie peut vouloir éprouver votre obéissance.

Cette lettre qui se veut être « à charge » contre le PT et JV est en fait complétement détachée d’un contexte dont nous ignorons tout. Aussi, sa simple lecture peut être interprétée dans le sens le plus péjoratif possible comme dans un sens parfaitement « clean » !

En conclusion : J’avais déjà demandé à  avoir un véritable accès à toutes les pièces de l’accusation. Mais un « secret » unilatéral et injustifié m’a toujours été opposé. J’ai demandé pourtant une chose assez simple : c’est d’être convaincu de la véracité des accusations portées contre mes oncles et maintenant contre Jean Vanier par des pièces  incontestables. Or jusqu’à présent, ces preuves n’ont jamais été apportées. Je n’ai pu analyser que les nombreuses interventions publiques d’une seule plaignante : Mme MF Pesneau qui fut l’actrice principale du « fameux » reportage d’Arte. J’ai montré que ces accusations étaient ineptes compte tenu du contexte et de la durée des faits évoqués. J’ai demandé aux clercs accusateurs à ce qu’au moins ce témoignage « clé » soit considéré et déclaré publiquement par eux comme « non fiable ». Or aucun clerc, aucun évêque n’a daigné accéder à cette demande…

Une hypothèse semble toutefois se profiler : les nombreuses cautions recherchées, les violations flagrantes du droit canon et des principes généraux du droit y compris par des clercs et des religieux, les mensonges répétés et l’invocation constantes de « secrets » sont destinés à masquer la faiblesse et les incohérences des accusations portées sur Jean Vanier et sur le Père Thomas qu’il est devenu malséant de mettre en doute aujourd’hui dans le contexte des « affaires » dans l’Eglise.

Marie Philippe

Annexe : Plusieurs femmes ont témoigné publiquement par des livres ou des interviews d’avoir été victimes d’abus spirituels dans le cadre d’une vie communautaire ou religieuse. Le plus souvent, elles avaient des difficultés avec les «accompagnements spirituels » et cela est associé à un passé psychologique très lourd. Celui d’Anne Mardon (« Quand l’Église détruit » aux éditions de l’Harmattan) est presque un exemple type. Son témoignage est impressionnant dans sa structure mais n’a pas été mise en doute alors même que son « histoire » semble comporter en marge d’une détresse psychique réelle, des faits peu crédibles ou bien fortement réinterprétés. Elle aurait été baptisée par le P Thomas sans faire de catéchuménat (en quelques semaines dit-elle…). Son parrain devenu prêtre aurait été accusé d’abus sexuel. Elle aurait vécu une relation « intime » avec un père jésuite de 3 fois son âge. Tombée enceinte de lui, elle a « subi une IVG avec la bénédiction de son évêque » (sic !) , Puis en fréquentant les Fraternités monastiques de Jérusalem à Paris, elle aurait été « repérée » et placée sous « l’emprise du fondateur » qui lui aurait « trouvé une vocation » alors qu’elle n’en avait pas. Violences, isolements, mauvais traitements, trahisons, lâchetés et solitude « résument sa vie ». Cette vidéo est assez éclairante sur sa grande détresse mais pourtant aucun « bémol » n’a été apporté à ses affirmations et ses accusations à l’encontre des nombreuses personnes décédées et mis en cause ( Mgr Lustiger, Père Thomas, P. Pierre-Marie Delfieux, etc..). voir la video de Mme Mardon

Notes :

[1] Voir cette analyse dans mon blog : https://marie-dominique-philippe.com/

[2] https://gcps.consulting/

[3]  Le canon 1717 ne peut s’appliquer qu’à un prêtre en vie dans l’objectif de recueillir des informations sur ses actes et d’acter sous serment des dépositions devant notaire. Ceci est prévu pour lui appliquer éventuellement une peine ou d’engager un procès pénal. Or il ne pouvait pas, bien sûr, y avoir de procès pénal contre le Père Thomas. Par voie de conséquence, tous les éléments de l’enquête « non nécessaires au procès pénal » n’auraient pas dû être portés à la connaissance du grand public et auraient dû rester secrets. Le Canon 1719 stipule que « Les actes et les décrets de l’Ordinaire qui ouvrent ou clôturent l’enquête, ainsi que tous les éléments qui l’ont précédée, seront conservés aux archives secrètes de la curie, s’ils ne sont pas nécessaires au procès pénal ». La divulgation d’un tel dossier fut donc illégale. Enfin le § 2 du canon 1717 affirme qu’Il « faut veiller à ce que cette enquête ne compromette la bonne réputation de quiconque » car l’objet d’un procès canonique pénal est de prononcer une éventuelle sanction à un vivant et n’est pas de faire une dénonciation publique d’un défunt mais d’une sanction.

[4] Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise.

[5] Voir « l’affaire Chenu » et la condamnation du P Chenu par le St Office  : https://www.cairn.info/revue-des-sciences-philosophiques-et-theologiques-2014-2-page-261.htm?contenu=resume

[6] http://docplayer.fr/169960951-Rapport-de-xavier-le-pichon-sur-la-place-du-pere-thomas-philippe-dans-la-fondation-de-l-arche-sommaire.html

[7] On devrait parler juridiquement d’un viol ou d’une agression sexuelle car « l’abus sexuel » est un anglicisme qui vient de « sexual abuse » et qui n’a pas sa place dans une terminologie adéquate.

Une lettre d’un ancien frère de St Jean

Un ancien frère de Saint Jean
Informations utilisateur

Madame Philippe,

j’ai pris connaissance de votre dossier qui représente un énorme travail et je vous en remercie. J’ai bien connu, fréquenté et étudié l’enseignement du père Marie-Dominique Philippe ayant été membre de la congrégation Saint Jean.

Les témoignages des personnes qui l’ont accusé doivent être respectés ainsi que les personnes elles-mêmes.

cependant un témoignage aussi crédible qu’il soit, en toute rigueur intellectuelle ne peut constituer seul une forme de vérité sans enquête approfondie et débat contradictoire.

Hors , depuis le début de ce qui ressemble de plus en plus à une lapidation sous sa forme contemporaine, une lapidation médiatique, je n’ai connaissance d’aucune enquête sérieuse, d’aucun débat contradictoire.

La campagne d’information initiale des frères de Saint Jean a donné le ton car en informant sur l’existence de lettres qui accusaient le père Marie-Dominique Philippe de gestes déplacés, le contenu des témoignages sont passés pour le grand public du statut de témoignages à celui de vérités confirmées.

Ce choix d’initier la lapidation médiatique du père fondateur de la congrégation Saint Jean, vous me le confirmer par la précision de votre dossier a été faite sans autre justification sans doute que celle qui m’avait été donnée à l’époque par mon supérieur: » si tu les avais lu, tu serais toi aussi persuadé de leur vérité! » .

De ce fait comme dans beaucoup d’autres cas de révélations immédiates, grand public de l’existence d’accusations, la présomption d’innocence en justice n’a pas été honorée et sans enquête, sans procès, sans débat contradictoire, le père Philippe est passé par l’exposition médiatique, d’accusé, à condamné. Ceci n’est pas acceptable pour quiconque défend le fondement de la justice dans la présomption d’innocence. Ceci est encore moins compréhensible de la part d’hommes d’Eglise qui devraient savoir de l’enseignement d’un grand théologien de l’Eglise , Saint Thomas d’Aquin, que la présomption de bien, est la première attitude de la charité.

Le documentaire passé sur Arte, relayé par d’autres émissions sur des chaînes de télévision, m’a comme tout un chacun d’abord ébranlé, parce que naturellement les témoignages de personnes qui se présentent comme victimes provoquent l’empathie. Mais là encore si on prend un peu de recul, il est aisé de voir que le récit n’est pas journalistique si l’éthique journalistique est d’informer sans prendre parti. Le parti pris initial et omniprésent est assez énorme, il tient en une idée souvent suggérée tout au long du documentaire « l’Eglise est une structure organisée pour permettre l’abus de pouvoir des clercs et en particulier l’utilisation sexuelle des femmes ». A partir de cet a priori, le documentaire est construit uniquement comme une succession de témoignages à charge, sans aucun débat contradictoire. Il devrait donc avoir comme unique statut l’expression d’un parti pris et d’un témoignage à charge qui appelle sa partie complémentaire, la parole de la défense des accusés. Mais cette réponse ne viendra jamais sous la même forme tant oser prendre la parole pour dire simplement : »ce n’est peut être pas si simple et si vrai ? » est un acte qui vous rend immédiatement coupable de complicité avec ceux qui sont condamnés sans procès et dont l’image est cependant définitivement dégradée dans l’opinion publique.

Tout cela est triste, et constitue un manque à la justice élémentaire et pour des chrétiens un manque à la présomption de bien qui est le commencement de la charité. Il faut souligner que la présomption de bien qui doit s’appliquer aussi aux victimes supposées, est différente d’une présomption de vrai. C’est un devoir d’entendre les plaignants avec attention et respect, un devoir d’enquêter avec sérieux. Mais la présomption de Bien n’est par une présomption de vrai, ce n’est pas un devoir de considérer , sans autre enquête, sans une parole possible donnée aux accusés, le contenu de ces témoignages comme la pleine expression de la vérité.

LA PERVERSITE D’UN ENSEIGNEMENT :

Le deuxième lieu commun de toutes les accusations est le lien établi entre une soi-disant théorie philosophico-théologico-mystico délirante et les manquement supposés à la chasteté non seulement des pères Thomas et Marie-Dominique Philippe eux-mêmes, mais de l’ensemble des actes indécents et répréhensibles perpétrés par des frères de Saint Jean.

J’ai eu connaissance durant mes années passées au sein de la congrégation saint Jean de plusieurs situations où des frères étaient accusés d’actes contre la chasteté.

Devais je considéré que ces frères étaient à leur tour les victimes d’un enseignement si pernicieux qu’il était capable de transformer l’honnête homme en bête sexuelle sans limite ? Si des frères ont manqué à la chasteté c’est de leur propre responsabilité et c’est l’écho de leurs propres limites. Il n’est pas décent de se décharger sur un autre de sa propre faute.

Pour ma part j’ai été passionné par cet enseignement et en particulier celui de philosophie éthique qui reprenait dans ses grandes lignes l’enseignement d’Aristote. je donne ici l’expérience de nombreuses heures d’écoute et d’étude de cet enseignement tant dans les cours d’éthique que dans les enseignements sur la théologie morale , les conférences spirituelles et du noviciat: je n’ai jamais entendu ou lu à ce propos une seule incitation à laisser aller son désir passionnel, une seule justification mystique de manques à la chasteté.

A tous ceux qui en parlent je demande simplement:  » Avez-vous vraiment lu quelque chose de cet enseignement car cela ne paraît pas immédiatement à la lecture de vos propos ? ».

Je regrette en particulier, vivement que toutes les interventions sur cette question ne citent jamais le père Marie-Dominique Philippe, mais parlent à sa place. J’attends de ceux qui ont ainsi pris la parole de manière inconsidérée que maintenant ils apportent les justifications à leurs allégations en les tirant d’une étude sérieuse, complète de son enseignement et en le citant lui.

Voici mon témoignage, je le fais sans polémique, dans un souci de vérité et de justice. Je ne condamne personne, je m’inscris dans une démarche de débat contradictoire apaisé et respectueuse des fondements de la justice minimum qu’est le droit à un procès équitable.

Par respect autant pour les personnes qui accusent que pour la personne du père Marie-Dominique Philippe engageons nous dans un véritable procès canonique s’il est encore possible pour une personne décédée.

Je vous remercie chère madame, encore une fois pour votre courage, et je reste à votre disposition .

Un ancien frère de Saint Jean.

Lettre ouverte à Mgr d’Ornellas « ami » de Jean Vanier

Le sam. 22 févr. 2020

Monseigneur,

Je présume que vous avez été  bien informé des dernières « révélations » sur Jean Vanier distillées par les responsables de l’Arche qui parlent « de faits qui ont eu lieu jusqu’en 2005 » avec  « des femmes contraintes », etc…

Ces accusations sur Jean Vanier non seulement ne me surprennent pas mais je les attendais. Je vous l’avais même « prédit » lors de notre rencontre à Paris … En effet, cela n’est absolument pas surprenant de voir que parmi les centaines de femmes malades psychologiquement qui ont gravité pendant 40 ans autour du père Thomas et de Jean Vanier (et aussi bien sûr du P. Marie-Dominique Philippe…) , une dizaine en viennent à porter des accusations similaires (on pourrait dire du « copier-coller » !)

Je pense qu’il serait temps de faire une enquête à «  charge et décharge » sur les accusations et les accusatrices non par des « historiens » ( comme l’étudiant en master 1 d’histoire Antoine Mourges) ou par des clercs de bonne foi mais peu spécialisés (comme celle du frère Marcovits o.p…) mais par des experts-psychiatres et par des anciens magistrats instructeur ou des anciens officiers de police judiciaire pour enfin analyser « scientifiquement »  la crédibilité des accusations.

C’est le « combat » auquel je vais m’atteler avec des amis pour au moins voir aboutir cette démarche et si possible avoir un véritable accès à toutes les pièces de l’accusation malgré le secret unilatéral et injustifié qui m’est opposé. ( y compris par le Provincial des Dominicains que j’ai rencontré suite à votre conseil)

Croyez, Monseigneur,  etc…     signé Marie Philippe

Lundi 24 février 2020 :

Monseigneur,

  • Avez-vous pu prendre connaissance de mon message ?
  • Pensez-vous sérieusement que Jean Vanier ait pu être « contaminé » comme par un virus par le Père Thomas  Philippe ?
  • Aurait-il eu besoin d’être « initié » à la sexualité et à « l’abus de faiblesse » par un « maître »  présumé comme le P. Thomas ?
  • Aurait-il eu besoin de faire de la fausse mystique pour se justifier ?
  • Comme laïc, avait-il un statut « d’accompagnateur spirituel » et donc en situation de faire des « abus par autorité »  ?
  • Aurait-il eu la bêtise de laisser des « traces » de ses abus dans des courriers écrits ?
  • A qui profite ce « crime » dont les grand médias font généreusement état  ?
  • Pensez-vous pouvoir accéder à ma demande de faire enfin une enquête sérieuse et vraiment « scientifique » sur cette affaire ?
  • Pouvez-vous enfin SVP annuler depuis le début  cette procédure d’enquête faussement qualifiée de « canonique » et que vous avez confié au P. Marcovits comme je vous l’ai demandé officiellement  en Août 2019 ?
  • Ne pensez-vous pas que tout cela tourne au délire ?

Merci par avance de votre réponse.

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Voir mon analyse complète ici .

Attention ! il faut lire la totalité du document et ses annexes pour comprendre ce qui est « en jeu »  .

« Balance » ton frère prêtre !

Comment ne pas vouloir mettre fin aux scandales qui minent régulièrement l’Eglise ? Il faut  bien sûr que cessent les actes criminels de pédophilie et les manquements aux vœux de chasteté des prêtres et religieux ! Ce qui a été mis en place récemment par l’Eglise en France et par le Pape devrait être bénéfique. Mais le « tir à vue » que l’on constate aujourd’hui contre les prêtres est inquiétant. Il fut toujours l’œuvre des « bouffeurs de curés ». Mais, fait nouveau, c’est devenu un vrai sport dans l’Eglise elle-même. C’est à qui sera le plus réactif. Tel évêque renvoi un prêtre dans les 24 h qui suivent le simple dépôt d’une plainte. Tel autre s’empresse de faire un communiqué de presse en jurant qu’il « ne tolèrera rien » et qu’il « ne cachera rien »  car il ne veut surtout pas finir au pilori comme Mgr Barbarin ! La presse catholique n’est pas en reste et ne veut surtout pas louper une « affaire ». Pourtant deux jeunes prêtres français se sont suicidés à quelques semaines d’intervalles en 2018 à la suite de suspicions.

Le 18 juin,  Mgr Cattenoz évêque d’Avignon  a fait la dénonciation d’un père de St Jean (le  P Rouvillois) au Procureur de la République qui, lui, a déclaré que ces faits sont « anciens et qu’ils concernent des personnes majeures fréquentant la communauté ».  La communauté St Jean, sans doute à la suite des investigations de sa « commission sos-abus » l’aurait donc dénoncé à Mgr Cattenoz  en précisant qu’il s’agissait de cas « d’accompagnement de femmes majeures », mais qu’aucune plainte pour abus sexuels n’avait été reçue.  Mgr Cattenoz s’empresse toutefois de faire un communiqué de presse où il affirme avoir fait son «  devoir légal de signalement ». Il dit qu’en faisant  « appel à la responsabilité de tout un chacun et prévu par la Loi pénale française, j’ai déposé un dossier auprès de Monsieur le Procureur de la République d’AVIGNON à telles fins que de droit selon son pouvoir d’appréciation et d’opportunité sur le caractère infractionnel de ces faits » [1]

On peut légitimement s’interroger sur l’opportunité de cette « information » faite par l’évêque d’Avignon qui semble ne pas vouloir lui-même discerner la nature des faits quand il dénonce ce prêtre alors  :

1/  que visiblement,  il n’a pas eu la connaissance lui-même d’un acte criminel avéré ou possible et  qu’il n’a reçu « aucune plainte » de victimes présumées.

2/  qu’il n’y a pas de caractère d’urgence,

3/ qu’il invoque inutilement le « légal » avec « les instructions de Rome »,

4/ que les accusations contre son prêtre sont « indirectes » et qu’aucun mineur n’est en cause,

5/ et surtout qu’il n’avait aucune obligation de faire un communiqué de presse pour donner une large publicité à cette « affaire » et donc jeter un opprobre sur ce prêtre !

Il est enfin à craindre qu’un éventuel « classement sans suite » de l’affaire dans quelques mois ne fasse pas la même notoriété que la dénonciation et ne suffise pas pour rétablir ce prêtre dans sa fonction et sa crédibilité dans un nouveau ministère.

Certes le motu proprio « VOS ESTIS LUX MUNDI » du pape en date du 7 mai 2019 [2] fait obligation à l’évêque de dénoncer les « abus sexuels ». Mais cela doit se faire dans des conditions très précises. Il concerne les actes criminels (c’est-à-dire relevant le plus souvent d’une Cour d’Assises pour ce qui est du droit Français) comme des actes de pédophilie, pédopornographie ou de viol (art 1) . Il doit se faire après enquête, selon les règles de droits (art 3) et  doit être couvert par le secret ou au moins par “la stricte confidentialité au sens du CDC canon 471” (art 2.2). Ce qui exclut donc les publicités qui seraient faites par les autorités cléricales par voie de presse ou autre…  (interviews, communiqué, internet, etc…)

Enfin il faut rappeler que selon le canon 1717, l’évêque doit faire « une enquête prudente » et doit « veiller à ce que cette enquête ne compromette la réputation de quiconque » ! L’application à tout va d’un « principe de précaution » mal compris n’est donc pas demandée par l’Eglise qui ne souhaite pas s’affranchir des règles élémentaires de droit.

Dans ces matières difficiles il ne faut pas hésiter à inviter les hommes d’Eglise à se placer sur le terrain des règles du droit, et de faire preuve de discernement et d’analyse. Une attitude de «bienveillance» , de compassion et d’écoute à l’égard des victimes présumées ne suffit pas et n’autorise pas de s’affranchir de la justice.

On ne peut que recommander aux clercs en charge de responsabilités, la lecture de l’article de l’Abbé Bernard du Puy-Montbrun, (Doyen émérite de la Faculté de droit canonique , Docteur en droit canonique) : «Agressions sexuelles : que les évêques appliquent  le droit canonique »[3] qui ne manque pas de conclure que « c’est ce que demande le bon sens des normes canoniques et de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi contre la peur ambiante et mortifère amenant les évêques à «se substituer aux victimes», qui ne sont pas toujours de véritables victimes, malgré les apparences émotionnelles. »

Rappelons enfin qu’en France, entre 2017 et 2018, 211 victimes se sont manifestées au niveau national, et 75 cas, en majorité des faits commis avant 2000, ont fait l’objet d’un signalement auprès du procureur compétent. Sur la même période, 129 clercs, prêtres et diacres, ont été mis en cause, c’est-à-dire visés par un témoignage, selon le rapport de l’Eglise catholique, Lutter contre la pédophilie. Sur cette même période, 10 “seulement” ont été mis en examen.[4]  10 sur 129, cela fait moins de 8 % de mises en examen après signalement et encore moins in fine de possibles condamnations. Même si on prend en compte des classements du fait de la prescription, ce faible taux de plaintes sérieuses nous donne une idée de la facilité avec laquelle une dénonciation peut être faite dans le climat actuel …

Marie Philippe (28 Novembre 2019)                                PDF de l’article

[1] Sans doute fait-il allusion à travers cette « explication juridique » à l’Article 434-1 du code pénal  qui condamne  » Le fait, pour quiconque ayant connaissance d’un crime dont il est encore possible de prévenir ou de limiter les effets, ou dont les auteurs sont susceptibles de commettre de nouveaux crimes qui pourraient être empêchés, de ne pas en informer les autorités judiciaires ou administratives est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.

Sont exceptés des dispositions qui précèdent, sauf en ce qui concerne les crimes commis sur les mineurs :

1° Les parents en ligne directe et leurs conjoints, ainsi que les frères et soeurs et leurs conjoints, de l’auteur ou du complice du crime ;

2° Le conjoint de l’auteur ou du complice du crime, ou la personne qui vit notoirement en situation maritale avec lui.

Sont également exceptées des dispositions du premier alinéa les personnes astreintes au secret dans les conditions prévues par l’article 226-13.

[2] http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/motu_proprio/documents/papa-francesco-motu-proprio-20190507_vos-estis-lux-mundi.html

[3] https://srp-presse.fr/wp-content/uploads/2019/01/srp_canonique.pdf

[4] https://www.bfmtv.com/police-justice/abus-sexuels-dans-l-eglise-a-paris-trois-signalements-a-la-justice-depuis-septembre-1814032.html

Analyse du rapport de la “Commission sos abus” de St Jean

Ce rapport (qui est public) est important dans ce dossier car le gouvernement des frères de st Jean s’appuie sur celui-ci pour justifier les dernières condamnations du père Marie-Dominique Philippe. Il fait un “constat des cas traités” à propos des abus commis par des frères de St Jean et veut en analyser les causes. 27 frères sont concernés. Ce chiffre est élevé et à juste titre préoccupant pour une communauté religieuse composée essentiellement de prêtres. Les victimes sont, elles, en droit d’être écoutées et de demander des correctifs sérieux . Mais la défense des victimes ne doit pas se
faire sur des contre-vérités ou des dénis de réalité qui ne peuvent pas conduire à approcher de la vérité et donc qui ne contribuent pas à leur reconstruction.
Cette commission s’apparente à une juridiction interne puisqu’elle “instruit” les plaintes, entend les auteurs des abus et propose des sanctions pénales au Prieur. Ce n’est pourtant pas une instance prévue par le droit canon et des questions se posent :

  • Les auditions sont-elles contradictoires ?
  • Ont- elles une valeur canonique ?
  • Il y a-t-il eu des confrontations entre les plaignantes et les prévenus ?

Aucune précision ou garantie n’est donnée sur les procédures en place et sur le sort des dossiers individuels traités par cette commission…
Il y a toutefois une petite statistique qui nous interpelle : 77 % des cas se situent après 2001 (p5). Rappelons que le Père MDP est mort en 2006 à l’âge de 94 ans et n’avait donc plus aucune responsabilité de gouvernement depuis 2001. Donc seul 23% des 32 “cas” de 27 frères pourraient relever de la responsabilité du p MDP. Notons aussi que le nombre de frères étant en décroissance depuis 2001, la proportion relative des frères ayant commis des d’abus après 2001 serait plus importante.
Aussi en toute logique, la grande majorité des abus commis par les frères dont il est question ne devrait donc pas être imputable au gouvernement passé du p. MDP. Pourtant le rapport pointe surtout le père Philippe qui est devenu le bouc-émissaire de toutes les perversités tant homosexuelles qu’hétérosexuelles de certains frères de cette communauté.
Il frappant de voir à la lecture de ce rapport, les nombreuses affirmations péremptoires rapportées en l’état sans la moindre distance et prudence quand il s’agit d’accusations contre le p MDP. Les faits et chiffres avancés ne permettent pas en fait de se rendre compte vraiment de la situation. Par exemple, au fil de la lecture des verbatims, on ne sait pas s’il s’agit de témoignages de victimes ou bien de “témoignages” de frères. Quand un abuseur présumé parle, il faudrait dans ce cas parler d’aveux ou bien de dénégation. Ainsi le rapport ne donne pas la proportion de frères ayant avoué tout ou partie
des faits reprochés par la victime et des frères ayant niés en bloc. Des frères avouant des faits peuvent chercher à se justifier et donc rejeter une partie de la responsabilité de leurs actes sur des hésitations, des “silences” ou des actes de miséricorde incompris ou trop fréquents du p MDP. Car dans tout tribunal , il est constant de voir la plupart des prévenus face à leurs juges, rechercher “naturellement” à minimiser leurs actes et à faire porter une part de leur responsabilité sur des “initiateurs” dans le but
de faire endosser par d’autres une responsabilité et ainsi tenter de diminuer la rigueur de leurs futures peines. La commission s’étonne pourtant de voir les auteurs dire avoir été guidés par la “bonne intention”, “l’amitié”, et par la justification (invérifiable !) des actes en question “qu’aurait fait le p. MDP” de son vivant à toute une chaîne hiérarchique d’abuseurs …

Aucun terme au mode conditionnel n’est employé dans le rapport où tout est défini comme “crédible” avec des propos vagues comme : « Une victime qui parle à d’autres victimes a dit que… »ou bien “nous avons entendu parlé de tentations et des tentatives de suicides”.
Aussi les accusations contre le père Philippe “tombent” comme une évidence :

● “Un formateur qui embrassait un frère sur la bouche à été confirmé par le p MDP”
● “Un frère à mis un mot SOS au père Philippe” qui n’aurait donc pas de réponse (?)
● Le père à dit a deux femmes victimes d’un frère “de prier et faire miséricorde”
● Le père à dit à un frère abuseur “oui si vous y trouvez votre repos et si cela peut être discret “
● Ou bien “deux frères ont témoigné de gestes contre la chasteté du père MD Philippe à leur égard. Un frère nous a dit que le pere Philippe l’avait embrassé sur la bouche et un autre qu’il avait pris sa main pour lui faire toucher son sexe par dessus l’habit “ (p10) . On peut s’étonner légitimement de cette “nouveauté” ! Cette accusation d’homosexualité (donc de bi-sexualité) du MDP est grotesque et décrédibilise la totalité du “rapport” . Rappelons qu’à l’origine les accusations étaient reconnues “crédibles” parce que “convergentes” et vers les femmes uniquement.
Une cause des abus serait « l’idéologie » de la communauté et “l’influence idéologique qui met en avant l’intention au détriment de l’objectivité”. Ce terme étonnant est employé deux fois comme si le fondateur pouvait être à l’origine d’une « idéologie » et de celle-ci en particulier…
Bien sûr, la rhétorique sur l’enseignement philosophique perverti sur “l’amour d’amitié” (l’influence d’Aristote ! ) revient en boucle comme une des causes de tous les maux . “Il faut lutter contre cette “transmission inconsciente” de ces comportements d’abus dans la communauté” dit encore le rapport. Ce qui est contradictoire avec le fait évident qu’un enseignement ne fait pas appel à l’inconscient …
“L’abus engendre l’abus” … et on recherche ainsi la cause première qui est encore le père MDP qui aurait eu “une affectivité déviante” et un enseignement qui a “engendré ou permis les abus”. C’est la thèse développée entre autres par Sophie Ducrey dans son livre ”Etouffée” et à la radio RCF le 30 sept 2019 où elle affirme que les abus à St Jean proviendraient d’un “système fomenté par le haut”.
Le paragraphe sur « Les structures d’abus » (p9) est assez éclairant sur le procédé qui vise in fine à mettre une grande part de la responsabilité des abus sur le fondateur puisque “l’ensemble des cas relève des relations entre les abus” . Il y aurait eu comme un “mot d’ordre” dans une structure par essence perverse. “Les structures d’abus” se retrouveraient aussi dans un excès de miséricorde qui n’objectivise pas la faute, un laxisme sur les questions de morale sexuelle, un défaut de formation à la psychologie (dont l’objet n’est pas en général de prévenir les abus …) et de discernement dans les
vocations. Comme si ces faiblesses congénitales de la Communauté St Jean étaient le fait du seul fondateur qui aurait été l’autocrate d’une secte pendant plus de 40 ans ! Notons au passage qu’on retrouve ces problèmes dans bien d’autres communautés.
Pour parfaire cette accusation, le rapport souligne l’implication de “5 proches collaborateurs du P Philippe qui font partie des auteurs des abus les plus graves “. Donc, c’est nécessairement le fondateur qui en serait la cause …
Mais le rapport ne fait pas mention du rôle et donc la responsabilité évidente des autres frères « aux commandes” de la congrégation :
● 33 autres frères du gouvernement,
● 24 maîtres de novices,
● 7 Maîtres de profès
● et des 40 prieurs de maison de formation (chiffres de St Jean cf note p. 6)
● et nombre de professeurs
qui participèrent

○ aux discernements des vocations,
○ à la direction spirituelle,
○ et à la formation (ou non-formation) des frères coupables d’abus.

Note sur l’érotomanie probable des plaignantes

Il ne faut pas confondre l’érotomanie avec la nymphomanie qui le besoin maladif  et compulsif pour une femme d’avoir des rapports sexuels. L’érotomanie dans sa forme la plus classique ( cf Dr Laforgue) est un état passionnel qui se rencontre chez une femme ou jeune femme célibataire (dans environ 80-90 % des cas). Il se déroule en trois phases :

  • la phase d’espoir: la plus longue, où le malade espère que l’être aimé va se déclarer ouvertement. La plupart du temps, l’érotomane reste fixé, névrotique, à cette phase ;
  • la phase de dépit: la personne malade peut alors sombrer dans la dépression ; elle devient plus agressive ;
  • la phase de rancune: l’agressivité se tourne vers la personne aimée.

Cette phase de rancune expliquerait que ce furent les femmes les plus « accrochées » aux pères Thomas et/ou  Marie-Dominique  qui se sont retournées contre eux dans leurs accusations post mortem.

J’ai trouvé une description très ressemblante de la principale plaignante dans une recension  d’un ouvrage du psychanalyste italien Luigi Zoja «  Paranoïa, la folie qui fait l’histoire » (Les Belles Lettres, 540 p.)

Goût pour l’affabulation ou tendance plus ou moins marquée à voir des ennemis partout, divagation induite par la jalousie ou l’érotomanie (conviction qu’on est aimé par une personnalité célèbre), folie des grandeurs ou maladie mentale, la paranoïa a de multiples formes et degrés. L’American Heritage Stedman’s Medical Dictionary la définit ainsi : «1. Un trouble psychotique caractérisé par des délires systématiques, majoritairement de persécution ou de supériorité, en l’absence d’autres troubles de la personnalité. 2. Une forme extrême et irrationnelle de méfiance à l’égard des autres». Mais presque tous les manuels de psychiatrie précisent que le paranoïaque possède «une faculté de réflexion remarquable, [qui] n’empêche pas sa foi dans le contenu des idées délirantes» (Karl Jaspers), et que «le diagnostic de la paranoïa n’est pas toujours évident», dans la mesure où «les malades savent quelles réflexions sont considérées comme pathologiques et sont capables de les dissimuler ou les atténuer de manière à trouver des gens prêts à jurer qu’ils sont sains d’esprit» (Eugen Bleuler). Pathologie difficile à cerner, donc. «Construction logique bâtie à partir d’un noyau délirant et d’un postulat de base falsifié», elle autorise que l’on puisse «discuter avec un paranoïaque de la partie logique de sa pensée», aussi longtemps du moins qu’est tenu caché le «noyau central», lequel «ne souffre aucune discussion» puisqu’il relève d’une condition que le sujet «exige pour vivre», ou d’une «vérité» qui «ne demande aucune justification mais qui justifie tout». A l’origine de la paranoïa – «tromperie originelle dont le sujet est l’auteur et la victime» – se trouve sans doute une indicible souffrance, ou en tout cas une solitude, «brisée par le fantasme d’être au centre de l’intérêt de tous» ou de se sentir l’objet de toutes les malveillances : elle s’accompagne de mégalomanie, d’envie, de jalousie, de suspicion, quand elle ne débouche pas, dans les formes graves, sur un «syndrome d’encerclement et la conviction d’être victime d’un complot», d’une persécution.

https://next.liberation.fr/livres/2018/06/27/paranoia-le-corps-du-delire_1662376

Il serait intéressant de creuser la piste d’une forme spécifique de ce dérangement psychologique que l’on retrouve chez au moins trois plaignantes que j’ai pu identifier et « analyser » mais hélas qu’assez sommairement.

Jonckheere relève cinq mécanismes fondamentaux à la genèse de l’érotomanie :

  1. Le mécanisme compensatoire : à la solitude, par exemple chez les célibataires âgées.
  2. Le mécanisme conjuratoire : rendant possible la réalisation d’une relation hétérosexuelle imaginaire et dépourvue de danger et de culpabilité (phases érotomaniaques chez les schizophrènes).
  3. L’érotomanie de revendication,
  4. L’érotomanie venant nier une homosexualité latente.
  5. L’érotomanie de négation psychotique, protégeant des angoisses de néantisation par un délire assurant un « minimum contre l’insécurité ontologique fondamentale » déclenchée par un préjudice réel » chez des sujets présentant déjà une morbidité psychiatrique.

THESE de Doctorat pour le DES de Psychiatrie par Edouard-Jules LAFORGUE page 74

http://psyfontevraud.free.fr/theses/LAFORGUE-Erotomanie-2014.pdf

 

 

 

I miei zii, i Padri Marie-Dominique PHILIPPE e Thomas PHILIPPE, sono dei criminali ?

 La mia contro-indagine, di Marie PHILIPPE,

19 giugno 2019 (terza versione)

In risposta alle diverse accuse rivolte contro di loro tra cui quelle di

Arte-TV in «Religiose abusate» del 5 marzo 2019

Questo fascicolo e una parte dei suoi documenti sono liberamente accessibili a tutti sul sito https://marie-dominique-philippe.com/ Alcuni documenti sono confidenziali e riservati alle Autorità gerarchiche della Chiesa

Sono Marie PHILIPPE, nipote dei padri Marie-Dominique PHILIPPE op (1912-2006) e Thomas PHILIPPE op (1905 -1993). Essi sono stati denunciati dalle loro rispettive Comunità nel 2013 e nel 2015.

In seguito sono stati oggetto di nuove accuse nel corso di un programma televisivo sulle «Religiose abusate» sul canale francese Arte il 5 marzo 2019. Il comunicato stampa del canale così presenta il contesto: «Da decenni, religiose di tutti i continenti sono abusate sessualmente da preti predatori. ARTE propone un’indagine agghiacciante sull’ultimo scandalo della Chiesa cattolica, nel momento in cui Papa Francesco ha ammesso queste violenze sessuali in seno all’istituzione». Grazie a un importante clamore mediatico (compreso quello sollevato dal settimanale Famille Chrétienne…) e alla concomitanza con altre vicende ed eventi, c’è stato un record di ascolti con 1,5 milioni di telespettatori.

Marie-Dominique Philippe è stato fondatore della Comunità San Giovanni ed è stato denunciato dal Priore della Comunità San Giovanni 7 anni dopo la sua morte, il 13 maggio 2013, con l’accusa di aver avuto «atti contrari alla castità» con donne adulte.

Thomas è stato cofondatore, insieme a Jean Vanier, della Comunità dell’Arca, ed è stato denunciato 22 anni dopo la sua morte dal Coordinatore dell’Arca Internazionale Patrick FONTAINE nella primavera 2015, con il sostegno di Mons. d’ORNELLAS, Arcivescovo di Rennes.

Infine, Papa Francesco ha pubblicamente chiamato in causa mio zio il 5 febbraio scorso nell’aereo di ritorno dagli Emirati Arabi Uniti. Ha parlato di una congregazione femminile in cui «era entrata questa schiavitù, persino sessuale, delle donne, da parte dei chierici o del fondatore»[1]. Faceva un chiaro riferimento (confermato dall’intervistatrice[2]) alla Congregazione San Giovanni di cui tutti sanno che il fondatore è il padre Marie-Dominique PHILIPPE.

Questa dichiarazione del Papa, che è chiaramente un vituperio post-mortem, non può che ferirmi, e arreca un affronto alla famiglia PHILIPPE e ai suoi discendenti (ho 66 anni e 7 figli). Così facendo il Sommo Pontefice ha chiamato in causa mio zio, nonostante nessun tribunale, né civile né canonico, abbia mai stabilito i fatti asseriti.

Il Papa ha d’altronde fatto confusione, riferendosi ad «una Comunità dissolta da Benedetto XVI per schiavitù sessuale», mentre il motivo di tale dissoluzione (vedi sotto) non ha nulla a che vedere con ciò, e la Comunità interessata non faceva più parte della Famiglia San Giovanni!

Mi propongo qui di mostrare che, in questa vicenda, le affermazioni delle denuncianti non sono state valutate correttamente, con sufficienti discernimento e distacco, da persone esperte e “indipendenti” dalle protagoniste.

A seguito di un’indagine personale sulle accuse, ho potuto conoscere i nomi di alcune delle presunte denuncianti e notare numerose contraddizioni e incoerenze. Cercherò dunque qui di offrire elementi probanti a discarico dei miei zii. Ho acquisito l’intima convinzione che i «gesti» di affetto spesso avuti dai miei zii sia nei confronti dei loro confratelli che di religiose o di giovani donne laiche, principalmente nel corso di direzioni spirituali o confessioni, erano pervasi da un’intenzione pura e non equivoca.

Le interpretazioni di questi gesti di affetto sono state purtroppo amplificate notevolmente, al punto da essere visti come gesti malsani dalle connotazioni sessuali, quando non addirittura comportamenti pornografici (vedi la testimonianza di Michèle-France). Le lagnanze mi paiono dunque infondate, e fornisco qui nuovi documenti al fascicolo.

Attenzione! Non metto in dubbio la buona fede delle persone e le loro sofferenze. Ma si deve constatare che le denuncianti che ho potuto identificare sono notoriamente molto fragili dal punto di vista psicologico. Non metto in dubbio nemmeno la buona fede di fr. Thomas Joachim, Priore di San Giovanni, che ha onestamente creduto suo dovere «denunciare» il suo fondatore.

Riepilogo dei fatti riguardanti la condanna di p. Marie-Dominique PHILIPPE

  • Nel 2008, un’ampia maggioranza di suore contemplative si oppone al progetto di istituzionalizzazione della famiglia San Giovanni, come entità giuridica unica (fino a quel momento i tre rami erano autonomi) di cui il Priore generale dei fratelli di san Giovanni sarebbe il moderatore. Il padre fondatore, padre Marie-Dominique PHILIPPE, aveva certo preconizzato un’autonomia di governo per ogni ramo, ma non aveva avallato l’«irrigidimento» delle loro posizioni negli anni 2000-2006. Il Cardinal BARBARIN (Ordinario della Congregazione delle suore contemplative) esige allora un «cambiamento» di governo, con il sostegno di una piccola minoranza di suore (una ventina).
  • Il 6 giugno 2009, il Cardinal BARBARIN depone brutalmente la Priora generale Suor Alix e nomina Suor Johanna. Una crisi scoppia rapidamente. Nel luglio 2009, 70 religiose (delle 80 presenti a fine giugno) abbandonano San Jodard
  • Il 10 novembre 2009, Roma revoca suor Johanna e nomina Mons. BONFILS come commissario pontificio della Comunità delle suore contemplative.
  • Nel 2012, una trentina di suore arrivano alla scadenza dei loro voti temporanei. Avendo Mons. BRINCARD (successore di Mons. BONFILS) rifiutato il rinnovo dei loro voti per la professione perpetua, esse fondano nel mese di giugno le «Suore di San Giovanni e San Domenico» in Spagna, sotto la direzione del vescovo di CORDOVA, Don DEMETRIO, con l’accordo di Roma. Saranno presto 150 suore, accolte in una decina di diocesi in tutto il mondo.
  • Il 10 gennaio 2013, Benedetto XVI per bocca del segretario di Stato, mons. Bertone, dissolve questa nuova Comunità a motivo della loro disobbedienza, mentre i vescovi che avevano accolto le suore non avevano segnalato alcuna disfunzione. In tutta questa vicenda, non si tratta mai «di abusi sessuali» come riferito invece da Papa Francesco. Papa Benedetto XVI non ha dunque dissolto per questo motivo tale comunità di contemplative, che d’altronde non erano più «di San Giovanni»!
  •  Nel 2014, Papa Francesco regolarizza tuttavia la situazione delle suore dissidenti e autorizza la fondazione di questa nuova Comunità in Spagna sotto l’autorità del vescovo di SAN SEBASTIAN, Mons. IGNACIO.

Notiamo anche che tra la dissoluzione e la rifondazione della Comunità:

  • Il 13 maggio 2013, il Priore della Congregazione San Giovanni «denuncia» per lettera (allegato 1) e attraverso i mezzi di comunicazione (intervista al giornale La Croix et sulla rete televisiva KTO) il padre Marie-Dominique PHILIPPE, accusandolo di aver avuto «gesti contrari alla castità senza unione sessuale». Notiamo bene questa “precisazione”, che sarà ampiamente contraddetta nel seguito!
  • Nel giugno 2013 incontro RIVIÈRE, vescovo di Autun, che mi dice di «fidarsi» in questa vicenda del Superiore della Comunità San Giovanni, fr. Thomas Joachim, ma senza aver mai incontrato de visu le denuncianti. Si è tuttavia mostrato sensibile ai miei argomenti sulla salute mentale delle denuncianti e mi ha promesso di chiedere al Priore di San Giovanni di fare una “valutazione” psichiatrica delle denuncianti o per lo meno della loro testimonianza. Notiamo che fino al giorno d’oggi la mia richiesta non è stata seguita da effetti.
  • Non avendo potuto avere la garanzia che “l’indagine” su padre Marie-Dominique PHILIPPE fosse stata fatta secondo le regole elementari della giustizia e con la dovuta prudenza, il 13 febbraio 2014 incontro a Roma il Cardinal BURKE (all’epoca Prefetto della Segnatura Apostolica), che mi incoraggia ad avviare una procedura canonica che introduco il 25 marzo 2015 presso Mons. RIVIÈRE al fine di palesare pubblicamente l’esistenza di dubbi molto seri sulla credibilità delle denuncianti (vedi oltre il seguito di questa vicenda)

 

  • Riepilogo dei fatti riguardanti la denuncia di padre Thomas PHILIPPE
  • Il 28 aprile 2015, il sig. Patrick FONTAINE invia una lettera, in teoria a diffusione limitata (allegato 2), agli amici e ai membri dell’Arca, che afferma:

 

«Il padre Thomas ha avuto comportamenti sessuali» «gravemente contrari ai voti religiosi che aveva pronunciato e alla morale insegnata dalla Chiesa». Tali comportamenti «testimoniano un dominio psicologico e spirituale sulle donne a cui chiedeva il silenzio». (…)  «Questi comportamenti e questa giustificazione mostrano una coscienza distorta, che ha causato numerose vittime conosciute e senza dubbio sconosciute, alle quali bisogna rendere giustizia»

  • Il 16 ottobre 2015, il giornale La Croix riprende tutte queste accuse. La divulgazione non era fortuita ed era anzi prevedibile a motivo della grande diffusione della lettera. Inutile dire che a partire da questo momento, l’accusa verso mio zio è divenuta “virale” ed è stata oggetto di tutte le deformazioni e amplificazioni che l’hanno seguita, in particolare sui blog internet specializzati nel denunciare gli «abusi sessuali» nella Chiesa, veri o supposti tali[3].
  • Decido allora di fare la mia propria indagine, affrontando il “muro di silenzio” e senza avere accesso al dossier. Mi accorgo presto che esiste uno stretto legame tra la faccenda del padre Thomas PHILIPPE e quella del padre Marie-Dominique PHILIPPE. D’altronde esistono legami storici tra l’Arca e la Comunità San Giovanni, al punto che numerose vocazioni religiose e sacerdotali si dirigevano dalla prima alla Comunità San Giovanni.

 

  • Analisi della denuncia di padre Thomas PHILIPPE

 

La divulgazione da parte di Patrick FONTAINE dei “fatti” aveva, secondo lui, due motivazioni:

  1. «rendere giustizia alle persone che hanno allertato l’Arca sulle ferite di cui sono state vittime»
  2. «evitare che si diffondano voci contradditorie»

Infine, anche l’insegnamento del padre Thomas PHILIPPE è chiaramente messo in discussione.

Questa lettera non lascia luogo ad alcun dubbio sulla colpevolezza del padre Thomas PHILIPPE e sulla gravità dei fatti.[4]

Il padre Thomas PHILIPPE avrebbe avuto una «traiettoria sconcertante», secondo Patrick FONTAINE, che non vuole «tacere le gravi zone d’ombra che hanno contrassegnato la sua esistenza». Pertanto “rivela” una sanzione canonica nei riguardi di padre Thomas PHILIPPE nel 1956, precisando tuttavia che «non conosce l’oggetto di tale condanna». Cercherà dunque informazioni piuttosto ellittiche o di seconda mano[5], che evocano questa faccenda che «lascia supporre che questa condanna è in rapporto con un comportamento non appropriato da parte del padre Thomas, e che avrebbe dato luogo alle lamentele di numerose donne». Anche qui, l’affermazione, per quanto condizionale, non è verificabile.

A tale proposito, la nostra famiglia, particolarmente mio padre (Joseph PHILIPPE), pur senza conoscere neanch’essa l’esatto oggetto della condanna, aveva la convinzione che il padre Thomas PHILIPPE si fosse volontariamente lasciato “condannare” a motivo di un segreto di confessione o di direzione spirituale, che non poteva invocare a propria difesa.

Il sig Patrick FONTAINE parla poi di testimonianze ricevute, che riferiscono di «gesti gravi in ambito sessuale». Nessuna forma condizionale viene posta in questa affermazione, né sulla natura dei gesti. Egli afferma addirittura che «nessun procedimento penale può essere intrapreso», per meglio sottolineare il carattere vergognoso, delittuoso o criminale delle azioni attribuite al padre Thomas PHILIPPE.

Secondo Patrick FONTAINE, le donne «desiderano essere ascoltate facendo conoscere la verità», ma egli vuole andare «più a fondo nell’ascolto».

 

  • L’indagine del padre MARCOVITS op sul padre Thomas

All’origine della vicenda, nel giugno 2014 due testimonianze (quella di Michèle-France e probabilmente di «Cecilia», assistente all’Arca) sarebbero state comunicate a Mons. d’ORNELLAS. Quest’ultimo apre un’indagine per il tramite del padre MARCOVITS, domenicano.

Allorché interrogo circa una decina di persone che hanno conosciuto il padre Thomas PHILIPPE e che vivono a Trosly o vicino all’Arca, queste mi confermano che il padre MARCOVITS aveva raccolto unicamente elementi a carico dell’indagato. Inoltre non aveva interrogato le donne che non avevano potuto o voluto recarsi alla sua convocazione nei suoi uffici parigini. Non avrebbe fatto indagini sul luogo interrogando i numerosi testimoni dell’epoca, che (come me…) avrebbero potuto confermare che il padre Thomas PHILIPPE era spesso “accaparrato” da numerose donne con notevoli fragilità psicologiche, che non voleva respingere per misericordia. (Cfr. le testimonianze scritte non pubbliche, destinate alle autorità religiose)

Sembra che il padre MARCOVITS non abbia interrogato nessun ascoltatore credibile del suo insegnamento. Nessun testimone onesto può attestare che il padre Thomas PHILIPPE abbia mai detto o scritto che la vita mistica autorizzerebbe, al di là delle leggi umane, ad avere “gesti sessuali” con i penitenti. Oppure che il godimento sessuale potesse condurre a «sperimentare un’esperienza mistica». Il padre MARCOVITS pare aver accolto tutte le accuse come «veritiere» senza prese di distanza e senza tener conto delle possibili patologie delle «denuncianti». Le accuse avrebbero dovuto essere prese con circospezione tanto più grande, in quanto il padre Thomas PHILIPPE era un prete completamente consacrato al suo ministero. La sua personalità non aveva in alcun caso il “profilo” di un prete abusatore o perverso.

C’è uno strano paradosso e finanche una contraddizione nell’accoglienza delle denunce da parte del padre MARCOVITS e delle autorità religiose. Le denuncianti vengono presentate come «fragili» al punto da poter essere state «soggiogate», abusate e costrette al silenzio durante più di 20 o 30 anni! Ma non sono «malate» al punto che le loro denunce siano accolte con circospezione e con un approccio clinico nel senso medico del termine. Anche prescindendo dalle questioni religiose, queste accuse non sembrano umanamente “razionali”. Queste persone sono immediatamente dichiarate sane di mente. Inoltre il padre MARCOVITS ha condotto la sua indagine senza circondarsi di professionisti esperti di denunce penali (magistrati istruttori, esperti psichiatri, ecc.). Nel documento che riferisce dell’udienza di 14 «testimoni» che riferivano fatti direttamente o «indirettamente attraverso confidenze», notiamo che:

  • Il numero reale delle vittime (da non confondere con i «testimoni»…) non è menzionato,
  • Le testimonianze sono giudicate «concordi e sincere»,
  • I comportamenti sono dichiarati «gravemente contrari ai voti religiosi» (dunque di «castità») e alla «morale insegnata dalla Chiesa»,
  • I comportamenti indicano «un dominio psicologico e spirituale su queste donne», e proverrebbero «da una coscienza distorta» di padre Thomas PHILIPPE, che mirava a «comunicare un’esperienza mistica».
  • Non si fa menzione alcuna dei testimoni che dicono di aver ricevuto da parte sua «una vera tenerezza paterna» non equivoca.

Il giornale La Croix del 16 ottobre 2015 (allegato 3 art de La Croix) riprende tutte le accuse e precisa addirittura che la «mariologia» del padre era già stata severamente messa in discussione negli anni 1950 dai suoi amici Jacques MARITAIN e Charles JOURNET, che gli avrebbero rimproverato di parlare della Vergine Maria come «sposa di Cristo».

In seguito a questo articolo, chiedo di far pubblicare un «diritto di rettifica» volontariamente un po’ provocatorio, che apparirà 5 settimane più tardi nelle lettere alla redazione il 26 novembre 2015 (Lettera a La Croix e pubblicazione ).

  • La testimonianza centrale di Michèle-France PESNEAU su entrambi i casi

Nel frattempo, numerose persone vicine all’Arca mi segnalano che una donna a Trosly parla molto delle sue «relazioni» passate con padre Thomas PHILIPPE: Michèle-France PESNEAU. Cerco il suo numero di telefono sulle pagine gialle e la contatto direttamente in un unico tentativo il 28 ottobre 2015 verso le 21. Aziono il viva-voce del mio telefono e mio marito, presente al mio fianco, assiste alla conversazione e prende appunti.

Le spiego che sono la nipote dei Padri Marie-Dominique e Thomas PHILIPPE e che «cerco di capire» i fatti. La donna si esprime spontaneamente, cortesemente e con calma durante quasi un’ora. Mi consegna “la sua storia” con dettagli che di primo acchito sembrano coerenti e credibili. Posso ritrascrivere qui alcune frasi importanti e significative:

Sono entrata nel Carmelo di Boulogne nel 1966. Sono stata accompagnata dal padre Marie-Dominique PHILIPPE nel 1971 in un periodo di sofferenza psicologica.

 

Dopo alcuni incontri, la situazione mi è sfuggita di mano. Mi sono lasciata andare. Era nel luglio ‘72.

 

Gli ho confidato che volevo uscire dal Carmelo e che altrimenti mi sarei «tagliata le vene».

Sono uscita e ho vissuto un anno a Parigi in un monolocale in cui veniva a trovarmi ogni 15 giorni. Dopo un certo tempo, voleva sbarazzarsi di me e mi ha mandato in un priorato di benedettine ad Azé (da sua sorella «Madre Winfrida»), dove sono rimasta 18 mesi. E qui ho sofferto molto. Padre Marie-Dominique mi ha allora presentato il padre Thomas, che mi ha ascoltato in confessione.

 

Il padre Thomas mi ha poi preso nel suo letto, spingendosi oltre ancora parlando di grazie mistiche di Gesù e di Maria durante la loro vita terrena.

 

Ero in grande angoscia. Padre Thomas era un’ancora di salvezza. Posso dire che il padre Marie-Dominique mi ha consegnata al padre Thomas.

 

Padre Thomas mi chiedeva il segreto perché, diceva, avevamo grazie mistiche che nessuno poteva capire. Da lì sono venuta all’Arca per essere vicina alla Comunità, ma non nella Comunità; c’era una processione nel letto del padre Thomas.

 

Sono stata a disposizione del padre Thomas. Non ero l’unica ad essere invitata nel letto del padre Thomas. Era sesso-dipendente, e questo quasi fino alla fine. Il padre Marie-Do l’ha fatto venire a Rimont per impedirgli di parlare di tutto ciò.

 

C’erano fellazioni e masturbazioni. Ero imprigionata con motivazioni mistiche ed ero soggiogata. Si considerava infallibile nel campo «mistico-sessuale». Ciò si radica nella teologia del padre DEHAU.

 

A partire dal 1989, sono diventata confidente di una assistente molto depressa e con istinti suicidi (fino alla sua morte nel 1997), che mi ha rivelato di essere stata anche lei a letto con il Padre. Non ho partecipato alle «esequie grandiose» del padre Marie-Dominique PHILIPPE[6]. Ho abbandonato ogni pratica religiosa dal 2000 al 2015.

 

Ho amato il padre Marie-Dominique nonostante mentisse e lo amo ancora. Ho parlato di tutto questo nel 2007 con un assistente dell’Arca.

 

Ho dato al padre MARCOVITS una lista di donne che potrebbero essere state abusate dal padre Thomas.

 

Ora, per quanti hanno conosciuto la Ferme, l’Arca e il padre Thomas PHILIPPE tra il 1970 e il 1993, tali accuse non soltanto non sono credibili, ma sono anzi propriamente grottesche.

Presentare il padre Thomas PHILIPPE come un «sesso-dipendente» e un pervertito sarebbe accettabile in altre circostanze o per ben altro genere di preti. Ma non ne aveva né il “profilo”, né la condizione fisica. Mio marito, che egli ha conosciuto nel 1975, trovava che fisicamente fosse già un vecchietto!! A 70 anni ne dimostrava 85-90 e doveva celebrare la Messa seduto su uno sgabello alto. Infine la direzione spirituale e la confessione non sono attività nelle quali si possa esercitare di nascosto e impunemente durante più di 50 anni «un dominio» soprattutto in vista di ottenere «favori» sessuali.

5.1 L’indagine su Michèle-France PESNEAU

Il tenore del discorso di Michèle-France PESNEAU è la prova stessa del suo squilibrio psicologico. Tuttavia la testimonianza di questa donna è stata determinante in questa vicenda, dal momento che si tratta dell’unica testimonianza pubblica contro i miei due zii. Notiamo infine che la signora Michèle-France PESNEAU non è più religiosa dall’agosto 1974! Quindi, quando il canale televisivo Arte utilizza Michèle-France come l’esempio francese di «religiose abusate», questa è con ogni evidenza un’ulteriore menzogna del documentario…

Quattro giorni dopo la comparsa della mia lettera alla redazione de La Croix, mio marito riceve presso il suo ufficio una lettera “anonima”, spedita dal dipartimento dell’Oise (allegato 5, lettera di MF) che, con ogni evidenza, proviene da Michèle-France PESNEAU. Quest’ultima “risponde” alla mia lettera, smascherandosi. Vuole soprattutto dimostrare che il padre Thomas PHILIPPE aveva «teorie mistiche aberranti» che sarebbero all’origine della sua pretesa «devianza sessuale». Questo sembra essere il cuore della sua accusa. Nella sua lettera non parla delle «vittime» di cui peraltro dovrebbe far parte. Vi dice invece testualmente che mio zio era «anche… pazzo, non abbiamo paura delle parole, e… perverso» e, più avanti, che dovrei riconoscere «la triste verità, quella della sua profonda malattia mentale, simile a quella di suo fratello Marie-Dominique».

Ritorna spesso sulla «malattia di famiglia» e vuole dimostrare che conosce bene la grande famiglia PHILIPPE (dai miei 7 figli fino alla mia bisnonna!), proferendo minacce e invettive. Continuerò più avanti a mostrare lo squilibrio di questa accusatrice.

Michèle-France PESNEAU rilascia ora senza ritegno la sua testimonianza. Scrive sul sito dell’AVREF (Aiuto alle vittime dei movimenti religiosi in Europa e famiglie) nell’aprile 2016 sotto lo pseudonimo di «Fournier» (allegato 16), poi nella rivista «Sang-froid» nell’autunno 2016. Oggi è sui canali televisivi Arte, Europe 1, France 3, France 5, Konbini, nella stampa regionale, ecc… e anche su Golias.

In Golias Hebdo 562, fornisce un’indicazione sorprendente sulla sua psicologia: «Una domenica di luglio 1972, ritorna. Quando viene il mio turno di colloquio personale, mi chiede improvvisamente di dargli la mano. La griglia del parlatorio è stata alleggerita di recente, il che rende possibile un contatto. Penso che, per lui, è una prima tappa sulla strada degli abusi che già medita – si può già quasi parlare di stupro!» (allegato 6 Golias)

Notiamo qui che il fatto di «dare la mano» per Michèle-France PESNEAU è nell’intenzione del padre Marie-Do «una tappa» e che si può «quasi parlare di stupro»!

Michèle-France PESNEAU continua: «Abuso di potere spirituale. C’è già stupro spirituale, e siamo sulla strada dello stupro sessuale» (…) «Ad ogni sua visita, consolida il suo dominio su di me. I suoi gesti sono trasgressivi, ne ho vagamente coscienza, ma afferma con tutta la sua autorità di prete, di religioso domenicano, che non ho nulla da temere».

È sorprendente vedere questa ex-carmelitana, istruita, colta, che si esprime bene e che ha ricevuto un cospicuo insegnamento religioso durante il suo noviziato, dire di aver «vagamente coscienza» del carattere trasgressivo di certi gesti…

5.2 Una diagnosi di erotomania:

Una psicologa clinica (allegato 18) mi ha scritto spontaneamente nel maggio 2019, dopo la pubblicazione online della mia analisi, confermandomi che la testimonianza di questa donna era «di dubbia validità». Così scrive: «Le asserzioni di questa persona, la sua postura, svariati elementi, mi fanno pensare ad un caso di erotomania».

Rileggendo il suo intervento in Golias, si rilevano asserzioni (rivolte sia a p. Thomas che a p. Marie-Dominique) che confermano tale ipotesi:

 «Sono completamente soggiogata da lui, può ottenere da me ciò che desidera. Ne approfitta. Ha tuttavia un limite: sostituisce alla penetrazione pene-vagina la penetrazione pene-bocca. Ha preventivamente verificato con il dito la presenza del segno della mia verginità e mi ha detto che aveva “un grande rispetto per la mia verginità”».

Bisogna notare che, per descrivere i fatti presunti, MF fa un uso anomalo di termini come «sostituisce alla penetrazione pene-vagina» oppure «segno della mia verginità» (per parlare dell’imene). Ciò che è segno tra l’altro di un problema di sessualità più immaginaria che reale.

Abbiamo qui una prova letterale dei distorcimenti dei fatti da parte di MF, perché concretamente è impossibile «verificare con il dito» la presenza dell’imene in una donna. Soltanto un’ispezione visiva realizzata da un ginecologo con gli strumenti adatti (uno speculum corto) potrebbe verificare la presenza di un imene. Ci si può parimenti domandare l’interesse di compiere tale verifica…

Potrei moltiplicare gli esempi di inverosimiglianze, di fantasie o di incoerenze. Nella sua testimonianza in Golias, MF non esita a dire (allegato 6):

«Inizialmente devo superare un po’ di disgusto, poi mi abituo a questo tipo di violenza sessuale»

«Si è evidentemente servito di:

  • Sorprese, le prime volte (quali sorprese?)
  • Violenze spirituali (che cosa sarebbero?)
  • Coercizione psicologica da parte di una persona dotata di autorità» (qui ella riprende una parte della definizione giuridica della violenza aggravata, mentre non vi era alcuna “autorità”… Quale fu questa coercizione psicologica?)

«Non sono l’unica ad essere stata soggiogata da lui: ha sedotto un intero gruppo dei suoi studenti di Friburgo, che andranno a formare il primo nucleo della Congregazione San Giovanni» (?)

«Il padre Thomas ha lunghi anni di esperienza nel campo della violenza erotico-spirituale»

«Sono soggiogata, affascinata, un po’ come l’uccello dal serpente, e obbedisco. Sono in trance, ho perduto ogni senso critico»… «Scopro sensazioni sconosciute», ecc.

Sul sito dell’AVREF (allegato 16):

«E io, negli intervalli tra le visite dei Padri, affondavo sempre più nel buco nero della solitudine e della depressione. Devo dire che non capisco come Suor XXX, la priora, che malgrado tutti i suoi difetti era una suora intelligente, non abbia capito fino a che punto stavo male e non mi abbia proposto delle cure. Negli intervalli tra le visite di p. Marie-Do, pensavo sempre più spesso al suicidio. Il pensiero di Marie-Do mi teneva legata alla vita».

«Sprofondata in una sorta di coma spirituale, non ero cosciente allorché nuotavo sempre più profondamente nelle acque della follia».

«In generale, nel suo accompagnamento spirituale, p. Thomas imprigionava il suo interlocutore o la sua interlocutrice in un rapporto in cui nessuno era mai veramente una persona, in cui nessuno era libero, in fondo nemmeno lui, perché oltre alla sua dipendenza sessuale (aveva a volte numerosi incontri nella stessa giornata, addirittura nella stessa serata, visto che mi accadeva di trovare il suo letto ancora caldo per gli amoreggiamenti precedenti), doveva sicuramente temere anche che qualcuno ne parlasse…

Si potrebbe porle un’obiezione: perché aver avuto queste relazioni così a lungo (20 anni!) e atteso così a lungo per denunciarli? Ella la anticipa abilmente in Konbini (allegato N° 20): «Ero consapevole di essere stata abusata, di essere stata ingannata, portata su un cammino tossico. Ma è stato collaborando al film e parlando con Eric Quintin [Konbini: il regista] che ho capito che avevo, in effetti, subito violenze sessuali, anzitutto psicologiche, spirituali, e addirittura fisiche». Notiamo che le violenze sessuali «addirittura fisiche» le appaiono in fin dei conti secondarie, conseguenza delle violenze psicologiche e «spirituali». Mentre in genere tutti i fenomeni di plagio sono finalizzate ad una cosa sola: la violenza sessuale fisica!

  • L’accecamento del Priore Generale di San Giovanni

Nel Journal de la Saône et Loire del 10 marzo, ci si spinge ancora oltre nelle denunce incoerenti di MF contro i miei zii, in particolare qui contro Marie-Dominique (perché Rimont, dove risiedeva, è nella regione di Saône et Loire). Michèle-France dice qui testualmente: «Sono stata abusata per 26 anni dal padre Marie Dominique Philippe»[7].

Un rapido calcolo può mostrarci quanto sia problematica questa accusa: 1974 + 26 =2000. Nell’anno 2000, padre Thomas era morto da 7 anni e padre Marie-Dominique all’età di 88 anni avrebbe continuato ad «abusare» di questa donna. Si viene a sapere inoltre in questo articolo che Madre Winfrinda Philippe, sorella dei miei zii, benedettina e Priora ad Aze (sempre in Saône et Loire), maltrattava anch’ella Michel-France nel suo priorato e avrebbe anche «potuto essere al corrente» degli abusi, ecc.

Ora, a partire dal 1976, MF era ormai definitivamente a Trosly-Breuil (nell’Oise) su consiglio del padre Thomas e aveva trovato un lavoro retribuito all’Arca (grazie al padre Thomas?). Padre Marie-Dominique non andava spesso a Trosly (che è a 100 km a nord di Parigi, a 2 ore di strada). Una volta all’anno circa, di fretta e senza preavviso, passava per qualche ora per vedere soprattutto suo fratello. Come faceva MF per “farsi abusare” dal padre MD? Andava anch’ella a Rimont o a Saint Jodard appositamente per questo (a più di 370 km a sud di Parigi o a 6,30 ore di strada da Trosly)? Ciò non sarebbe certamente passato inosservato. Bisogna sapere che il padre Marie-Dominique non aveva la patente e si spostava sempre con un frate come autista… (fatto di pubblico dominio). Quando si recava a Parigi, alloggiava sempre presso i Sigg.ri Marc JEANSON, in Av. Gourgaud nel 17°, e aveva un’agenda estremamente fitta di impegni.

Né il padre Thomas Joachim, né il suo vescovo Mons. Rivière, hanno trovato opportuno protestare anche solo debolmente contro il giornale! L’ho chiesto loro svariate volte, ma non hanno trovato utile correggere quanto scritto. Bisogna leggere il nostro «scambio epistolare» con il Priore (allegato 19) per vedere come rifiuta sdegnosamente ogni dialogo o rimessa in questione.

È quindi legittimo avere seri dubbi riguardo alla verosimiglianza delle altre dichiarazioni che il padre Thomas Joachim considera come «credibili». Ma i frati devono crederlo sulla parola e in nome dell’obbedienza. Il Priore generale impone la sua opinione su questa faccenda a San Giovanni, minacciando di mettere “in disparte” i frati che mettono in dubbio le sue accuse (è quanto in diritto si chiama abuso di potere). A sua discolpa, ritengo che sia stato ben abbindolato! Ma siamo lontani dal suo obiettivo iniziale, a maggio 2013, quando voleva soltanto «mettere a tacere le chiacchiere».

Quando ha affermato nella sua «lettera ai frati» del 20 febbraio 2019: «Non conosco nessuno che, avendo letto l’insieme delle testimonianze, possa dubitare della loro veridicità», gli ho detto: «Ok! Voglio vederle, per cambiare idea anch’io». Mi ha risposto: «Impossibile!», perché avrei sicuramente oltraggiato le vittime, ecc… In altre parole, non sono degna di fiducia, sono una donna e non sono un chierico! Per me, questa vicenda è diventata una sorta di processo staliniano in cui soltanto gli accusatori hanno diritto di parola e hanno accesso ai documenti…

Evidenzio ancora un passaggio “difficile” sulla coerenza della testimonianza di Michèle-France contro il padre Marie-Dominique nella Trasmissione TV di France 5 – C à vous del 19 febbraio 2019.

Al minuto 3:40, l’animatore la interroga riguardo alla sua permanenza a Azé e prepara una domanda che gli sembra logica, a partire dai racconti che ha ben esaminato. Chiede dunque a MF a proposito del padre Marie-Do:

  • Questo dominio sessuale, eh, non è durata a lungo, è durata soltanto due anni, perché…
  • MF: Scusi, è durata 20 anni…
  • L’Animatore: È durata 20 anni? Ma non con… Eh?
  • MF: Sì, sì, ci sono stati tutti e due allo stesso tempo. Beh, insomma…
  • L’altro giornalista: Alternativamente!
  • MF: Sì, sì!
  • L’altro giornalista: I due fratelli…
  • MF: Sì…
  • L’Animatore (che vuole senz’altro “riaggiustare le cose”): «L’ha affidata al suo fratello maggiore, il padre Thomas, l’uomo della Comunità dell’Arca, dove ha trascorso i 20 anni successivi…»
  • MF: Sì…
  • L’altro giornalista: Un sordido passaggio di potere!
  • MF: Sì, che non ho capito sul momento, ecc …

Dunque, 20 anni «di abusi» dal 1976 con il padre Thomas, che era già molto malato nel 1991 ed è morto nel febbraio 1993… non si arriva che a 15 anni.

E 26 anni «di abusi» con il padre Marie-Dominique, che non vedeva più dal 1976 … non si arriva che a due anni di abusi «tecnicamente» possibili!

Questo breve passaggio legato alle altre dichiarazioni mostra quanto il discorso di Michèle-France è assurdo! Demolisce essa stessa la propria tesi quando afferma con disinvoltura di aver «subìto» «26 anni di abusi di padre Marie Dominique» e «20 anni di abusi di padre Thomas»!

Ma più sorprendente ancora è la caparbietà del Priore fr. Thomas Joachim davanti a tale incompetenza…

Il Priore Generale afferma nondimeno pubblicamente, in una recente lettera ai suoi confratelli, avendo di mira me, che le iniziative volte a mettere in discussione la credibilità delle vittime sono una grave violenza contro di esse». Mi accusa così di «violenza» mentre sono alla ricerca della verità e della giustizia. Lancia un anatema contro di me senza argomenti, mentre io ho ampiamente mostrato che la credibilità di alcune accusatrici era problematica. Usa il solo argomento di autorità della procedura canonica e soprattutto la buona volontà da parte sua, per invocare la credibilità delle testimonianze, validate solo da lui e dalla sua cerchia.

Gli ho tuttavia rimarcato l’importanza di non fermarsi ad un’impressione soggettiva e affettiva di fronte alle presunte vittime. Ad esempio il dr. Lachaux ricorda che: «Il ruolo dell’esperto è quello di determinare la presenza o l’assenza di patologie quali il delirio, la mitomania, l’affabulazione, l’insufficienza intellettuale, o convinzione passionale. In assenza di questi fattori patologici, chiaramente identificati e descritti clinicamente, la presunta vittima è credibile in senso medico-legale, ma nessuna conclusione può essere tratta riguardo alla verità giudiziaria. Si può soffrire di una patologia e essere stati veramente aggrediti, o non soffrire di patologia mentale e mentire per motivi non patologici, ma deliberatamente falsi»[8].

  • Le altre testimonianze di Arte

Anche «Cecilia» porta la sua testimonianza nel documentario di Arte. Lo aveva già fatto sul sito dell’AVREF con il nome di Cynthia Howard[9]. La sua testimonianza è di fatto un “copia-incolla” di quello di Michèle-France. Per esempio, dice che andava a trovare padre Thomas nel «suo letto ogni 15 giorni» e che egli avrebbe «abusato della sua fiducia e della sua ingenuità». (Alla luce di questa descrizione, in diritto francese si direbbe che in questo caso si tratta piuttosto di rapporto consensuale e non di abuso…).

 

Ricordiamo quanto dice MF nella trasmissione di Arte (16’:30) «Questo non poteva succedere tutti i giorni perché non ero l’unica ad essere invitata nel letto del padre Thomas». Questa affermazione non è assolutamente credibile per quanti hanno conosciuto il p. Thomas, e dovrebbe interpellare quanti danno credito a questa presunta vittima (come il Priore di San Giovanni e L’Arca).

Il giornalista italiano Giovanni Marcotullio, molto impegnato nella vita cattolica italiana, non si pone troppe domande sulla veridicità dei fatti riguardanti i due fratelli Philippe, ma fornisce su Aleteia[10] un’informazione interessante sulla “credibilità” della giovane donna tedesca del documentario di Arte:

«Ecco, se c’è un personaggio evidentemente controverso, fra i testimoni, questo è proprio Doris Wagner: il riferimento al “covo di banditi” è una sua battuta in Female Pleasure (2018), documentario femminista di Barbara Miller sul rapporto tra donne e religioni:

“La Chiesa è diventata un covo di banditi, un luogo da cui è meglio tenersi lontani. […] Tutte le religioni vengono usate per legittimare chi è al potere. […] Senza una spinta pubblica la Chiesa non intraprenderebbe mai qualcosa”. Non solo Doris Wagner ha votato la sua vita alla causa della rivolta contro la Chiesa Cattolica (fin qui la cosa sarebbe pure comprensibile, anche se un commentatore meno empatico potrebbe insinuare che ci si sia trovata un mestiere…), ma soprattutto la sua attitudine è mutata radicalmente dopo l’incontro con l’ex confratello e sacerdote sospeso a divinis Philipp Reisinger, nel 2012 (ora sono sposati, civilmente, e hanno un figlio). Ancora più di questo, le sue cause civili contro il prete abusatore – in Austria e in Germania – sono state entrambe respinte perché alla Corte sembrava che testimonianze e indizi parlassero più di un rapporto consensuale, benché clandestino, che di uno stupro. Più recentemente, la stessa ha denunciato per abusi anche l’officiale della CDF Hermann Geissler (anch’egli de L’Opera), il quale il 28 gennaio u.s. ha rassegnato le dimissioni al cardinal Ladaria (che le ha accettate»[11].

Va anche evidenziato che la comunità di origine di Doris Wagner ha protestato a mezzo stampa contro le “informazioni” della trasmissione, sollevando questioni importanti (le relazioni sessuali consenzienti della religiosa). Essa ha protestato anche presso il Cardinal SCHONBORG, che ha creduto bene dimostrare grande empatia nei confronti di Doris Wagner nel corso di un incontro con lei alla televisione ORF il 7 febbraio 2019 [12].

L’abate Geissler, che è stato immediatamente deferito dal Papa alle autorità canoniche, è stato assolto il 17 maggio 2019 dal Tribunale della Segnatura Apostolica per insufficienza di prove[13] (allegato 22).

Notiamo infine alcuni “deliri” di questa giovane donna sulle questioni religiose quando ella dice all’AVREF: «In nessun modo la verginità mi è apparsa una prospettiva promettente. Eppure ero chiamata ad essa (non c’erano dubbi in proposito!). Soffrivo intensamente per il desiderio di avere figli. Volevo essere amata, anche fisicamente. Allo stesso tempo, sapevo che sarebbe stato impossibile, per me. La mia superiora non mi ha aiutato, sembrava non capire il mio problema e, invece, mi diede alcune meditazioni sulla verginità. Infine mi arrabbiai con Dio. Fintanto che avessi vissuto, sarei stata chiamata alla verginità, e vivere senza seguire questa chiamata significava inevitabilmente essere infelice. Sapevo che c’era un solo modo di sfuggire a Dio, il suicidio»[14].

 Tutte le mistificazioni di questa donna non le impediscono di essere una personalità in vista nella Chiesa di Germania, che si definisce «teologa, filosofa e autrice» e viene spesso consultata[15].

Naturalmente è un’attivista, insieme ad altri, per la «limitazione del potere clericale», per la «riforma della sua morale sessuale», per l’abolizione «del celibato obbligatorio dei preti» e per l’ordinazione delle donne, che permetterebbe di evitare «solidarietà maschili» ripiegate su se stesse. Ha anche delle teorie riguardo all’«abuso spirituale», che a suo dire sarebbe una «violazione dell’autodeterminazione nel campo della fede e della spiritualità». (allegato 23)

Non ho fatto indagini sulla testimonianza africana, con aborti dai 6 agli 8 mesi di gravidanza e «minacce di morte» sulla ex-religiosa dal volto mascherato, ma anche qui il montaggio non è molto credibile.

È impressionante vedere che dopo 3 anni di indagini e un budget considerevole (la spesa dovrebbe ammontare a circa 1 milione di euro), questo documentario sia così privo di consistenza e credibilità.

 

  • Dalle accuse «convergenti» a quelle «contradditorie»

C’è una notevole contraddizione tra la testimonianza di Michèle-France PESNEAU e la definizione che dà il padre Thomas JOACHIM nell’accusa del padre Marie-Dominique PHILIPPE. Nella sua lettera parla di «gesti senza unione sessuale» (allegato 1), mentre Michèle-France PESNEAU dà una versione molto “sessuale” della sua relazione con il padre Marie-Dominique PHILIPPE. Le testimonianze non sono «convergenti», come affermano gli accusatori dei Padri Marie-Dominique e Thomas PHILIPPE. Non sono neppure credibili, come mostrerò più avanti.

 

La Congregazione per gli Istituti di Vita Consacrata ha avuto modo di conoscere denunce contro il padre Marie-Dominique PHILIPPE. Il Cardinal RODÈ, che fu Prefetto di tale Congregazione dal febbraio 2004 al gennaio 2011, ha avuto pieno accesso alle denunce iniziali che hanno motivato l’accusa del Priore. Ora, il Cardinal RODÈ si è confidato a voce nel settembre 2015 con una coppia di oblati della Comunità San Giovanni, il Sig. e la Sig.ra LAGRANGE, sui suoi dubbi riguardo alle accuse contro il padre Marie-Dominique PHILIPPE. Informato su questo colloquio, C. RENDU ha interrogato per iscritto il Cardinal RODÈ, che ha chiaramente risposto alla sua missiva, scrivendo in una lettera datata 17 novembre 2015:

  • Ecco la mia risposta: in quanto Prefetto dei Religiosi, ho avuto accesso ad alcuni documenti sul Padre, nei quali non ho trovato nulla di veramente grave» (allegato 7)

Il Cardinal RODÈ era stato più esplicito con il Sig. LAGRANGE, affermando: «Non c’è niente nel dossier!» e: «È una faccenda montata ad arte dai Domenicani, che non gli hanno perdonato di aver fondato la Comunità San Giovanni» (allegato 8).

È giocoforza constatare, da queste testimonianze fondamentali, che le accuse (tra cui quelle di Michèle-France PESNEAU) non sono coerenti. Ci sono incoerenze tra le prime e le ultime accuse. Per tale motivo, Michèle-France perde una buona parte della propria credibilità. Come spesso accade in questo genere di affari, la gente ha tendenza a «lasciarsi andare» con il tempo.

Il Priore di San Giovanni tuttavia persiste nelle sue accuse e sottoscrive in questi termini nella sua ultima lettera del 20 febbraio 2019:

«Oltre a questa testimonianza, il dossier del padre Philippe include una quindicina di testimonianze che raccontano gesti di gravità diverse, principalmente nei confronti di religiose (sostanzialmente suore contemplative e apostoliche di San Giovanni), nel contesto della direzione spirituale, della confessione, a volte con giustificazioni e intimazioni di segretezza, in un periodo che va dal 1974 al 1992. A quanto mi risulta, 5 casi fanno parte di atti che possono essere definiti come sessuali (e non soltanto come fortemente sensuali), e 3 di questi ripetuti su un lungo periodo».

 

Constatiamo ora un cambiamento nell’esposto del Priore: inizialmente, le testimonianze erano tutte «convergenti». Ora invece non rimane che un terzo degli atti che sono «definiti come sessuali». Gli altri non lo sono… Dov’è dunque la convergenza?

Perché tante contraddizioni? Perché queste precauzioni di linguaggio, questo imbarazzo e questa ambiguità, con quel: «A quanto mi risulta, 5 casi fanno parte di atti che possono essere definiti come sessuali»? Un’accusa degna di questo nome non dovrebbe forse essere sicura e precisa?

 

  • Altre accusatrici «squilibrate» all’Arca…

Ho trovato un’altra accusatrice “chiave” della faccenda dell’Arca: Anick (non è il suo vero nome), con cui non ho potuto avere una conversazione perché suo marito Pierre (altro pseudonimo) fa uno “sbarramento” completo. Nella conversazione che ho avuto con lui, era sfuggente sulle mie domande e si limitava a dire e a ripetere: «Ho fiducia nella Chiesa e nella sua indagine» (perché per lui Chiesa = Padre Marcovits…).

Anick ha vissuto molti anni a Trosly, dove ha conosciuto il suo futuro marito, come lei molto fragile. Il padre Thomas PHILIPPE li ha incoraggiati a fondare una famiglia. A differenza di suo marito, che spesso era senza lavoro, ella invece ha lavorato fino a poco tempo fa. Ora vivono nella Drome. I loro 4 figli sono entrati tra i Legionari di Cristo. Tre di loro ne sono usciti abbastanza velocemente, ma un figlio, molto disturbato, vi è rimasto più a lungo e ora però si trova invalido.

Ciò che è sorprendente, è che il padre Thomas PHILIPPE ha continuato ad andare a trovarli anche dopo la sua partenza da Trosly, e che dopo la sua morte Anick et Pierre si sono aggrappati al padre Marie-Dominique PHILIPPE, che hanno continuato a vedere fino alla fine… Anick non parlava «che tramite il padre Thomas», e Pierre doveva risentirsene. La coppia aveva difficoltà che non riuscivano a superare malgrado gli sforzi di accompagnamento dei Padri PHILIPPE. Di recente, Anick avrebbe detto di essere stata vittima del padre Thomas. Ma è Pierre che avrebbe spinto Anick a porgere denuncia presso il Cardinal BARBARIN. Sono stati senz’altro segnati anche dalle difficoltà dei loro figli a causa degli scandali dei Legionari di Cristo. Numerosi testimoni potrebbero attestare la grande fragilità psicologica di Anick e di Pierre, che hanno probabilmente pensato di incolpare il padre Thomas PHILIPPE delle loro difficoltà come, analogamente, potrebbero incolpare il padre Maciel e i Legionari di Cristo delle difficoltà dei loro figli.

Nuovi documenti confidenziali recenti (riservati alle Autorità Romane) dimostrano gli squilibri psicologici degli accusatori identificati.

  • Jean Vanier era al corrente?

È certo la tesi di Michèle-France, ma per il momento non è messa troppo in evidenza pubblicamente. È senz’altro tenuta “di scorta” dai giornalisti per il futuro. Jean Vanier era considerato un’icona vivente ed è “intoccabile”. Questo spiega le pressioni che aveva ricevuto per, nella migliore delle ipotesi, parlare contro il padre Thomas, o per lo meno tacere per aver l’aria di acconsentire alle accuse. Ora, una testimonianza recente degna di fede (che non rendo pubblica su richiesta del testimone) mostra che Jean Vanier ha subito pressioni perché non contraddicesse la versione ufficiale dell’Arca. In confidenza, ha detto di essere stato «obbligato da 3 vescovi, in obbedienza alla Chiesa, ad assistere a quella Messa di riparazione e ad ascoltare i loro discorsi».

11 – Il padre Thomas PHILIPPE aveva una teologia «perversa»?

Per consolidare le proprie accuse, il Sig. Patrick FONTAINE evoca nella sua lettera «gravi zone d’ombra» nel padre Thomas PHILIPPE e dà un’interpretazione piuttosto libera della sanzione canonica del 1956, di cui ignora tutto! Il giornale La Croix farà riferimento alla sua «mariologia» e alla sua messa in discussione da parte dai suoi amici Jacques MARITAIN e Charles JOURNET (che gli avrebbero rimproverato di associare la Vergine Maria come «sposa di Cristo»…), per spiegare la possibile origine dei suoi «errori». Questa condanna nasconderebbe, secondo i responsabili dell’Arca, una faccenda vergognosa di cui avrebbe cercato di giustificarsi nel suo sviamento teologico.

Il Sig. Patrick FONTAINE cita, a sostegno di questa teoria, una «bibliografia» come l’opera dello storico Wedling sul Dr. Thomson, o uno scambio di corrispondenza tra il Cardinal JOURNET e MARITAIN. Queste congetture e questi elementi frammentari e fuori contesto servirebbero dunque a sostenere la tesi di un padre Thomas PHILIPPE perverso da vari lustri, che sarebbe già stato condannato nel 1956 per fatti – si dice – di natura sessuale, e di cui avrebbe per così dire cercato di giustificarsi invocando, secondo le parole di Michèle-France PESNEAU, una teoria «mistico-sessuale». Mons. d’ORNELLAS sembra anch’egli riprendere queste teorie affermando che «ricercava e comunicava un’esperienza mistica».

Come possono fare una tale affermazione? Senz’altro prendendo per certe le dichiarazioni di Michèle-France PESNEAU… Questa teoria della «perversione» dei Padri Thomas e Marie-Dominique PHILIPPE avrebbe, secondo Michèle-France PESNEAU, una lontana origine familiare con il loro zio, il padre DEHAU (1870-1956), anch’egli domenicano.

Questa teoria della «faccenda nascosta dal 1956» ritorna regolarmente nelle spiegazioni che danno le persone che ho interrogato (Xavier Le PICHON, Michèle-France PESNEAU, Patrick FONTAINE, alcuni frati di San Giovanni, ecc…). È stata anche ripresa dalla stampa e nei “post” anonimi dei blog su internet (allegato 9).

Per dare un esempio dei miscugli che possono essere fatti a questo proposito, noto che durante le sue conferenze, il padre Thomas PHILIPPE utilizzava frequentemente approcci analogici, parlando del «senso del tatto» come modo per comunicare soprattutto con le persone anziane, i neonati e gli handicappati gravi [16].

Parlando di «Maria la Sposa mistica di Cristo», nei suoi propositi non c’era la benché minima ambiguità… Come avrebbe potuto predicare per più di 50 anni, sostenendo teologicamente che si potevano avere atti sessuali in un’esperienza mistica? Quando il padre Thomas PHILIPPE parla di «Maria, Sposa di Cristo», lo fa sempre secondo un approccio molto classico e nella tradizione della Chiesa[17]. Si può dunque affermare senza difficoltà che la teologia del padre Thomas, anche se può dare luogo a legittime obiezioni, è del tutto conforme all’insegnamento della Chiesa.

12 – La Comunità San Giovanni doveva purificarsi dal suo “peccato originale”?

All’inizio della mia indagine, sono stata molto sorpresa di scoprire legami particolari tra ex-suore, oggi nel mondo, accusatrici di mio zio insieme ad alcuni frati influenti nella Comunità San Giovanni, e alcuni domenicani.

In modo fortuito, frate Alban Marie du COSQUER (all’epoca nella Comunità San Giovanni), mi ha fornito la sua analisi su questa faccenda. Secondo lui, frate Marie-Alain d’AVOUT, molto attivo nella ricerca di testimonianze, sviluppa la tesi di un preteso «peccato originale» della Comunità. Questa tesi, a quanto pare, viene condivisa da un numero crescente di persone, tra cui il Priore padre Thomas JOACHIM, ma soprattutto da molto tempo dalla rivista Golias! (allegato 13).  Quando ancora viveva, padre MD aveva protestato presso il proprio Priore per chiedergli di difendere la Comunità (allegato 17).

Risulta inoltre, secondo frate Marie Alain d’AVOUT, che il Cardinale SCHONBORN, amico del padre Garrigue, cercasse da vari anni di costruire «un dossier» su mio zio, padre Marie Dominique PHILIPPE (allegato 10).

Questa informazione appare verificata da uno scambio con l’accusatrice “Corinne” (nome cambiato), che testimoniò a carico già nel 2008 in una vicenda del 1992 (!) che coinvolgeva un frate di San Giovanni. La denuncia per «abuso» fu archiviata dal Procuratore, ma diede luogo ad un processo canonico che fu tuttavia giudicato nullo da Roma in appello, per assenza di prove. Corinne, che all’epoca era giovane religiosa e lo fu per più di 10 anni, oggi è sposata. È risaputo che, secondo le chiacchiere[18], questa bella giovane donna aveva la tendenza (volontariamente o meno…) ad «accendere» alcuni frati. È sempre sorprendente vedere testimoniare le stesse persone in due vicende diverse ma connesse alla base, come sulle date… Corinne conosceva bene il Cardinale SCHONBORN (domenicano, giovane professore a Friburgo nel 1975, quando MD era ancora lì…) e il suo segretario, il padre Jean-Miguel GARRIGUE[19] , che uscì sbattendo la porta di San Giovanni nel 2001, raggiungendo con alcuni altri frati i domenicani di Tolosa. Corinne dice di aver reso la propria testimonianza mentre il padre Philippe era ancora in vita, e che «lo avrebbe avvisato, come anche due ex-suore» tra cui “Françoise” (nome cambiato). Anche quest’ultima ha confermato in questa vicenda il ruolo del Cardinale SCHONBORN, che le chiedeva di scrivere una testimonianza. Questa domanda fu confermata dal frate Marie Alain d’AVOUT nell’estate 2010, in occasione di uno scambio di mail con frate Alban Marie du COSQUER riguardo alla sua deposizione sull’argomento. Ciò che può spiegare la dichiarazione “fuori onda” del Cardinal RODÈ: «È una faccenda montata ad arte dai Domenicani, che non gli hanno perdonato di aver fondato la Comunità San Giovanni» (allegato 8).

È innegabile che la Comunità San Giovanni abbia accolto senza discernimento al suo interno uomini squilibrati o addirittura perversi, sicuramente in proporzione maggiore rispetto ad altre comunità. I priori di San Giovanni hanno dovuto far fronte a numerosi problemi gravi, anche con procedure giudiziarie penali. Ma non è un motivo per scaricarne la responsabilità sul padre Marie-Dominique, che quando era vivo gestiva anch’egli «all’antica» le questioni di costumi. Era, non dimentichiamolo, prima delle direttive di fermezza di Papa Benedetto XVI su tale questione. Il trattamento «all’antica» dell’affare del padre Preynat da parte degli arcivescovi di Lione, i Monsignori Decourtray, Balland e Billé ne è l’esempio più emblematico. Come Mons. Barbarin nell’affare Preynat, padre Marie-Dominique è diventato, con la sua filosofia sull’amore di amicizia, il «capro espiatorio» di tutti i problemi di costume della Comunità. È la posizione centrale di “Corinne”, che diceva giustamente che «succedevano cose a San Giovanni». Ella ha però voluto anche rilasciare alle autorità della Chiesa «in modo confidenziale» una spiegazione causale sorprendente ma mortale sul fondatore della Comunità San Giovanni. Questa è poi divenuta anche la posizione del governo della Comunità.

13- Considerazioni sulla psicologia delle denuncianti

Non intendiamo mettere in dubbio la sincerità o le buone intenzioni delle denuncianti, che soggettivamente hanno potuto sentirsi ferite in un modo o in un altro dai Padri PHILIPPE. D’altra parte, però, abbiamo tutte le ragioni di pensare che le denuncianti abbiano fatto delle “riletture” psicologiche nelle quali l’immaginazione ha giocato un ruolo importante. Non è raro vedere, soprattutto nelle questioni di costumi, testimoni o vittime fare deposizioni che si rivelano “fantasiose”. La psicoterapista americana E. LOFTUS ha testimoniato come esperta in centinaia di procedimenti criminali negli Stati Uniti, per sensibilizzare le giurie del suo Paese sul fatto che i ricordi sono flessibili e che le testimonianze sono lungi dall’essere perfette registrazioni di avvenimenti reali.

Si possono trovare “riletture” psicologiche e attualizzate delle direzioni spirituali fatte con padre Marie-Dominique PHILIPPE. La testimonianza di frate Alban Marie della Congregazione San Giovanni (allegato 10) fornisce una spiegazione sulle interpretazioni erronee che hanno potuto essere fatte su gesti del padre Marie-Dominique PHILIPPE da una giovane donna, “Gabrielle” (nome cambiato): Ella [Gabrielle] mi ha dato allora la sua testimonianza dicendo questo: «Sono entrata una volta nel parlatorio del padre Marie-Dominique PHILIPPE per confessarmi; avevo una veste con uno spacco, e durante la confessione il padre ha messo la sua mano sul mio ginocchio, e questo mi ha messo in imbarazzo». Nient’altro; allora le ho posto la domanda: «E dopo?». Allora ha risposto: «Beh, niente, ma mi ha messo in imbarazzo!». Le ho confidato allora la mia grande tristezza, nel vedere che questo genere di rilettura doveva essere stata provocata dall’influenza del padre MA che cercava questo genere di testimonianza.

Il medico psichiatra Paul Bensussan e l’avvocato Florence Rault hanno ben descritto il meccanismo che porta le denuncianti a fare insinuazioni erronee. Sono coautori di un’opera, «La dictature de l’emotion»[20], che analizza questo meccanismo. Il Dr Bensussan è perito presso la Corte di Cassazione ed è stato ascoltato, tra altri casi, nell’ambito dell’indagine parlamentare sull’affare d’Outreau.

In una conferenza tenuta il 1° settembre 2001 insiste sulla difficoltà della prova: Mi si chiede spesso la frequenza delle accuse infondate di abusi sessuali. Le cifre sono talmente eterogenee che capirete subito quanto sono prive di significato. Uno dei miei autorevoli colleghi, capo del servizio di pedopsichiatria, diceva di recente, nel corso di una trasmissione televisiva, che secondo lui le accuse infondate erano comprese tra il 3 e il 6%; per alcuni autori invece, come Hubert Van Gijseghem, la cifra raggiungerebbe dal 50 al 75%, mentre l’American Psychological Association, che non è solita presentare cifre a caso, parla del 50%. Vedete che, quando la discrepanza varia tra il 3 e il 75%, si prova una cosa sola, che alla fine non se ne saprà mai nulla. Voglio dire con ciò che siamo in un campo in cui è praticamente impossibile raggiungere la certezza. Ovviamente parlo delle molestie, non degli stupri, che disgraziatamente lasciano tracce fisiche e quindi più spesso prove, ma in fatto di molestie sessuali la prova nel senso poliziesco, giudiziario, psichiatrico, scientifico del termine è impossibile da ottenere. Bisognerà dunque lavorare con questa parte di dubbio. Questo dubbio che è definito come “lo stato di spirito intermedio tra ignoranza e certezza”»[21].

In un articolo apparso nel giornale Libération, nota che «Spesso, in preda all’emozione, alla pressione, alla paura di lasciarsi sfuggire un abuso reale, la giustizia fa molta fatica a svolgere il proprio ruolo. Per una condanna giustificata, quante vite spezzate, carriere distrutte, suicidi?».

Nota altresì che «sotto l’effetto di alcune vicende particolarmente atroci, l’adesione dell’opinione pubblica si è trasformata insidiosamente in cieca vendetta. In materia di pedofilia, c’è un «prima di Dutroux» e un «dopo Dutroux».

Per parafrasare questo psichiatra, possiamo dire che anche nella Chiesa c’è un «prima di Maciel» e un «dopo Maciel», al punto che la parola d’ordine “tolleranza zero” si trasforma ora in principio di precauzione prima di ogni altra considerazione. A volte si dimostra un grande zelo nel denunciare nel minor tempo possibile al pubblico ministero i chierici sospettati “di abusi” di qualunque genere. Sono a conoscenza del caso di un prete che recentemente è stato oggetto di una denuncia immediata da parte del suo vescovo alla procura della Repubblica, per una faccenda che si è poi rivelata un non-caso…

I recenti suicidi del 2018 di due giovani preti “denunciati” dovrebbero farci riflettere. La paura di essere accusati dai mass-media di “silenzio colpevole” è diventata fonte di condotte cautelative che spesso si oppongono ai semplici principi di prudenza e di giustizia (senza parlare del senso pastorale e della virtù di prudenza…). A questa paura si aggiunge quella di essere coinvolti in un processo penale o civile da una vittima o da un parente per una mancata denuncia. Possiamo leggere a questo proposito il contributo del padre du PUY-MONTBRUN[22], rettore emerito della Facoltà di diritto canonico di Tolosa, su questa incresciosa tendenza (allegato 11 art di p du Puy-Montbrun).

Certamente il Motu Proprio del Papa, «Vos estis lux mundi», del 7 maggio 2019[23], obbliga il vescovo a denunciare gli «abusi sessuali». Ma questo deve essere fatto nel rispetto di condizioni molto precise. La denuncia riguarda gli atti criminali, come atti di pedofilia, pedopornografia e violenza sessuale (art. 1). Deve essere fatta in seguito ad un’indagine, secondo le regole del diritto (art. 3) e le informazioni devono essere «tutelate e trattate in modo da garantirne la sicurezza, l’integrità e la riservatezza ai sensi dei canoni 471…» (art. 2.2). Cosa che esclude dunque ogni pubblicità da parte delle Autorità clericali a mezzo stampa o in altro modo (interviste, comunicati, internet, ecc).

Va infine ricordato che secondo il canone 1717[24], il vescovo deve svolgere «un’indagine prudente» e deve «provvedere che con questa indagine non sia messa in pericolo la buona fama di alcuno»! L’applicazione a tutto spiano di un “principio di precauzione” mal compreso porta il p. du Puy-Montbrun a pubblicare un articolo nel gennaio 2019 che titola: «I vescovi applichino il diritto canonico!», invitandoli a non svincolarsi dalle regole elementari del diritto e a non cedere alla «paura diffusa e mortifera che porta i vescovi a “sostituirsi alle vittime”, che non sono sempre vere vittime, malgrado le apparenze emotive»[25].

Degli psicologi[26] notano che «accuse su fatti sessuali possono derivare da patologie specifiche nelle quali le accusatrici sviluppano una forza di convinzione capace di far credere alla verità di ciò che denunciano. La maggior parte di questi moventi sono difficilmente identificabili, se non addirittura inconcepibili da non-specialisti, ciò che spiega il fatto che le accusatrici giungono a volte a ingannare poliziotti, medici, magistrate, giurie popolari… e perfino psicologi in qualità di esperti».

Già nel 1909, nell’opera «Le follie lucide»[27], gli psichiatri J. Capgras e P. Sérieux descrivevano le persone affette da questa psicopatia in questi termini: «Conservano tutta la loro vivacità intellettiva, con un’attitudine a discutere e a difendere le loro convinzioni. […] Si constata che hanno un modo di esprimersi molto corretto, delle associazioni di idee normali, dei ricordi molto precisi, una curiosità molto viva, un’intelligenza integra, a volte acuta e penetrante. Non si evidenziano né allucinazioni attive, né eccitazione, né depressione, né confusione, né perdita di sentimenti affettivi. Per scoprire alcune particolarità sono spesso necessari colloqui prolungati o ripetuti».

Ora, è d’obbligo constatare che nessun approfondimento psichiatrico è stato fatto sulle denuncianti. Mons. d’ORNELLAS ha affidato un’indagine a un chierico che non sembrava avere le competenze richieste per rilevare una psicopatia. La lettera “anonima” di Michèle-France PESNEAU è chiarificatrice a questo proposito, quanto si presenta come vittima di stalking da parte mia. Michèle-France PESNEAU presenta indiscutibilmente un certo numero di sintomi che ritroviamo in una personalità paranoica e che sono assai ben descritti nelle pubblicazioni di psichiatria.

Così per JUIGNET[28]: Alcuni tratti sono caratteristici: orgoglio, diffidenza, rigidità, irrealismo e falsità di giudizio. Il paranoico è orgoglioso e a volte sprezzante nei confronti degli altri, perché si considera superiore. L’aggressività è notevole, espresso indirettamente da una punta di disprezzo, o direttamente sotto forma di propositi odiosi e ingiurie. La diffidenza e il sospetto sono sistematici. Il soggetto si aspetta che gli altri gli facciano del male o lo sfruttino e teme sempre un attacco da parte loro. Mette in dubbio l’onestà e la lealtà del suo prossimo, è quasi sempre geloso.

Il paranoico si sente facilmente disprezzato, ha paura che gli si manchi di rispetto e a volte lo immagina quando non è vero. Permaloso, non tollera le osservazioni e le critiche. Un dissenso, un giudizio sfavorevole di altri, scatenano collera e rancore. Il prestigio e i titoli sociali, le genealogie illustri, reali o fittizie, tentano di compensare questa fragilità. Il paranoico è rigido e senza autocritica. Duro con se stesso e con gli altri, possiede opinioni incrollabili. Il termine giornalistico di “pensiero unico” si addice bene a tale modo di pensare: è l’unico ad avere diritto di esistenza e tutti devono aderirvi. Il soggetto non è mai in grado di prendere una distanza critica nei suoi confronti.

Il razionalismo è costante, e alimentato da interpretazioni. Si installa un dogma argomentato da una valanga di argomenti e un ragionamento assertivo posto interamente al servizio del postulato di partenza».

Possiamo ritrovare questo ragionamento assertivo nelle affermazioni di Michèle-France PESNEAU sulla teoria «mistico-erotica» del padre Thomas PHILIPPE…

Andando a vedere blog specializzati come «L’envers du décor»[29] [“Il rovescio della medaglia”], vi troviamo accuse anonime, come quelle di «Sérénité» (allegato 9) che assomigliano molto a quella di Michèle-France PESNEAU, e che riflettono reazioni paranoiche con il loro carattere assertivo e sfuggente: «E le battaglie delle vittime durante anni per farsi udire? Come se non esistessero. MD PHILIPPE (amico di famiglia ben prima della fondazione della sua Comunità) ha incominciato con mia zia più di 50 anni fa e ha formato decine di discepoli alle sue pratiche mistico-affettivo-perverse, con dominio psicologico e tutto quello che sappiamo. Fatti conosciuti dai responsabili. Fatti di oggi». Notiamo che in questo blog, si instaura un dialogo tra «Sérénité» e un altro blogger. E curiosamente, dopo la richiesta di spiegazioni da parte di un lettore su questa storia, «Sérénité» rifiuta di andare oltre nell’accusa sotto pretesa di una “ferita” per non giustificare questa affermazione.

JUINET prosegue: «La forma sensitiva è contraddistinta da un carattere più dolce, da una predominanza femminile e a volte da un delirio in rete. I sensitivi sono sensibili alle reazioni altrui, sono facilmente feriti, fuggono il contatto. La paura genera una presa di distanza dagli altri, percepiti come ostili, ciò che provoca una ricerca di protezione. Il soggetto è “sul chi vive”, avendo paura di non essere rispettato, di essere aggredito. Pur non sentendosi apertamente perseguitati, questi soggetti hanno l’impressione che ci si interessi a loro in maniera secondo loro eccessiva e non benevola.

Capita che si scorgano transitoriamente questi sintomi e tratti di carattere nelle altre personalità psicotiche o limite. Si parla allora di reazione paranoica. Nei casi di reazioni paranoiche, ci sono spesso circostanze scatenanti reali (pregiudizio, scortesie, ecc).  esse generano la certezza di essere stati offesi o ingannati. Ne consegue una volontà di riparazione e di vendetta. La volontà di vendicarsi scatena diversi comportamenti di rivendicazione, e spesso l’avvio di procedure presso le autorità per ottenere riparazione».

Nell’intervista di Michèle-France PESNEAU su Europe 1, bisogna notare l’importanza che ha assunto per lei la Messa di “riparazione” organizzata, per lei e su sua richiesta, da Mons. d’ORNELLAS! (vedi la trasmissione Europe 1).

Ella vi parla anche dell’incontro con il Papa, che ella ha richiesto[30] e ottenuto, ma che ha poi rifiutato perché i giornalisti di Arte non avrebbero potuto assistervi per filmare il Papa mentre «chiedeva perdono»!

Esiste di fatto un continuum, che va dalla normalità a forme più gravi di paranoia, passando dalla «personalità paranoica». Nei casi che ci interessano, numerosi testimoni dell’epoca sia nella Comunità San Giovanni che nell’Arca potrebbero ampiamente parlare delle molte donne depresse, patologicamente gelose, profondamente angosciate, che ricercavano la presenza benevola e pacificante dei Padri Thomas o Marie-Dominique PHILIPPE.

In queste donne si ritrovano questi tratti di carattere: gelosia patologica, ricerca di protezione, ricorso alle autorità ecclesiastiche, possibilmente altolocate (Cardinali o Arcivescovi), dogmatismo, impressione di essere perseguitati, ragionamenti assertivi sulla

«famiglia PHILIPPE», ecc… Con il tempo, queste donne cercherebbero di compensare le loro difficoltà mediante denunce pubbliche (ma anonime…) di persone che non avrebbero potuto o saputo migliorare il loro malessere psicologico.

Si ritrova la descrizione fatta dallo psichiatra Ernst Kretschmer della personalità paranoica sensitiva segnata da un alto senso dei valori morali: l’orgoglio (un’alta auto-stima che conduce a considerarsi come mai sufficientemente riconosciuti per il proprio giusto valore); un’ipersensibilità al tatto relazionale, che genera una grande vulnerabilità nei contatti interpersonali; una tendenza all’autocritica, a interiorizzare dolorosamente i fallimenti e una grande suscettibilità.

Restando nell’anonimato relativo di queste denunce, le denuncianti calmano le loro angosce senza tuttavia prendere il rischio di un confronto con un contradditore.  In un processo penale, le vittime devono testimoniare in pubblico e in contradditorio. La falsa testimonianza è punita penalmente. È spesso difficile dal punto di vista psichico e “rischioso” per esse, ma è sempre indispensabile perché una giustizia umana possa esercitarsi senza rischio di arbitrarietà per evitare errori giudiziari. In questo approccio di denuncia post-mortem presso un’“Autorità ecclesiastica”, non si corre alcun rischio! Le denuncianti trovano un ascolto benevolo e compassionevole da parte di questa Autorità, e possono abusarne. Trovano “sollievo” in modo sorprendente accusando persone scomparse che hanno tuttavia ammirato.

Razionalizzando ulteriormente questa questione, mi permetto di avanzare un’ “ipotesi” su queste lagnanze e fare un parallelo con una situazione che si ritrova abbastanza spesso in psicologia: i Padri Thomas e Marie-Dominique PHILIPPE avevano, umanamente parlando, un forte carisma di compassione, che aveva l’effetto di lenire le sofferenze di moltissime persone profondamente angosciate, depresse, nevrotiche, instabili, ecc, che hanno sperimentato questo carisma e che abusavano della loro completa disponibilità. La tenerezza (assolutamente non sessuale!) che essi potevano dare in modo paterno deve ancora una volta essere considerata nel contesto di quell’epoca.

Al di là dell’aspetto sacramentale e di fede in Dio che il prete può (o deve) apportare, l’ascolto compassionevole della direzione spirituale abbinato a quello della confessione, assomiglia per certi aspetti all’ascolto psicanalitico. I terapisti si accorgono che alcuni malati (generalmente di sesso femminile) sviluppano sentimenti amorosi nei confronti di chi li ascolta.

Così, S. Freud nota in Selbstdarstellung (“La Mia Vita, la Psicoanalisi”) nel 1925, che «in ogni trattamento analitico si instaura, senza alcun intervento del medico, una relazione affettiva intensa del paziente con la persona dell’analista, relazione che non può essere spiegata da nessuna delle circostanze reali. Può essere di natura positiva o negativa, va dallo stato amoroso passionale, pienamente sensuale, all’espressione estrema della rivolta, dell’esasperazione e dell’odio. Questa relazione, che viene chiamata, per farla breve, transfert, prende presto il posto nel paziente del desiderio di guarire e diviene, fintanto che è tenera e moderata, il supporto dell’influenza medica e la vera molla del lavoro analitico comune». Freud nota che questo sentimento è in contraddizione con l’atteggiamento riservato dell’analista, e il fatto che questi spesso non ha nulla di seducente: i rapporti del malato con l’analista «non dovrebbero comportare che una certa dose di rispetto, di fiducia, di riconoscenza e di simpatia umana».

Freud nota anche che il carattere compulsivo di questo “amore” non è estraneo agli altri amori. E in «La questione dell’analisi laica» indica che il transfert è «un fenomeno umano generale, che domina tutti i rapporti di una determinata persona con il suo entourage umano», «il malato ripete, sotto forma di questo amore per l’analista, avvenimenti psichici già vissuti una volta – ha trasferito sull’analista atteggiamenti psichici che erano già pronti in lui e sono in intimo rapporto con la sua nevrosi. Gli piacerebbe riprodurre, nei suoi rapporti con l’analista, tutte le vicissitudini dimenticate della propria vita»[31].

Non sarebbe logico ritrovare questi stessi atteggiamenti in alcune persone nevrotiche che sono andate a “consultare” i Padri Thomas e Marie-Dominique PHILIPPE?

14- Le procedure canoniche

È vero che ho fatto “subire” al padre Thomas JOACHIM due processi canonici per diffamazione. Uno in Francia, l’altro a Roma. Pensavo ingenuamente che questa procedura era simile a quella dei tribunali civili francesi, con i grandi principi del diritto. Di fatto, in questo caso il giudice era Mons. Rivière, autorità gerarchica della Comunità San Giovanni, che ha appoggiato il Priore nella sua iniziativa “di trasparenza”. In breve, si ritrova giudice e parte in causa!

In fatto di processo, mi sono ritrovata a Parigi davanti all’abate N., che mi ha convocata e fatto promettere sulla Bibbia di mantenere il segreto sulla procedura! Non ho avuto difficoltà a mantenere il segreto, perché concretamente l’essenza dello scambio è stata una conversazione da salotto (o piuttosto di sacrestia…), il cui fine era quello di farmi “confessare” i nomi delle persone, chierici o laici, che erano “dietro” di me per appoggiarmi! Ma nessun dibattito, nessuno scambio di documenti, nessuna conclusione, nessuna dichiarazione. Il grande segreto!

Per farla breve, in fatto di giudizio, ricevo un decreto di Mons. Rivière, che in meno di dieci righe rigetta la mia istanza senza altre spiegazioni, il 1° dicembre 2015.

Faccio appello a Roma, mandando il dossier per posta. Silenzio assoluto anche qui fino al gennaio 2017, quando ricevo un decreto di 8 pagine, questa volta firmato dal Cardinale Braz de Aziz in data 20 dicembre 2016, che mi rigetta di nuovo!  In fatto di giudizio, si tratta piuttosto di una dissertazione scritta alla sezione francese del dicastero, che spiega a lungo che il Priore ha ben “verificato le testimonianze”, ha agito in pieno accordo con le autorità della Chiesa, ha fatto questo per il bene della Comunità e che dunque aveva ragione! È vero che la sincerità del Padre Priore e la sua incrollabile credulità fanno sì che egli senz’altro non abbia avuto intenzione di nuocere alla reputazione del padre Marie-Dominique PHILIPPE…

Mi inchino senza problemi a questa decisione che afferma che non ci sia stata diffamazione da parte sua. Ma questa decisione non regola ancora la questione della pertinenza o meno delle accuse! Cosa che non impedisce al frate Priore di sfoggiare in una lettera pubblica questa procedura “segreta” per continuare a giustificarsi e lamentarsi del tempo che ha perso e del mio comportamento “ingiusto”. Ho dovuto ricordargli che ero comunque “nel mio diritto” e che non ero, come lui, accusatrice, ma piuttosto “avvocato”…

Ad ogni modo chiedo perdono, in questa sede, al padre Thomas JOACHIM per avergli fatto perdere il suo tempo in questa procedura inutile! Questo processo “canonico-penale” non aveva una posta in gioco importante, dal momento che nella peggiore delle ipotesi padre Thomas JOACHIM non avrebbe avuto che una rimostranza da parte del suo vescovo o l’obbligo di diffondere una smentita. Pensavo ingenuamente che avrei avuto accesso a documenti per giustificare la mia posizione…

Quando si sporge una denuncia presso la polizia o un Procuratore, la procedura è affidata a gente che lo fa per mestiere. I poliziotti dispongono di numerosi mezzi per “provare” l’operato di un imputato o di un sospettato: intercettazioni telefoniche, custodie a vista, perquisizioni, pedinamenti, analisi della polizia scientifica (DNA, ecc.), constatazioni di flagrante reato, constatazioni di medicina legale, ecc. Le giurisdizioni di istruttoria prendono il comando. Dispongono istruttorie a carico e a favore dell’interessato: interrogatori, confronti, perizie psichiatriche, perizie tecniche o altre, ricerca di testimoni, ecc. Infine, con gli atti del pubblico ministero, sopravviene l’udienza pubblica e con contradditorio del processo, che cerca di stabilire la verità, sempre sotto il controllo di una corte di Appello, della Corte di Cassazione, a volte con la possibilità di un ricorso al Consiglio Costituzionale e addirittura alla CEDH [Corte Europea dei Diritti dell’Uomo]!

In un processo canonico penale, non abbiamo niente di tutto ciò! Nondimeno questa giustizia ecclesiastica, che permane molto umana, può cambiare la vita di un prete o di un religioso. Il “segreto canonico” copre con una cappa di silenzio gli atti dei giudici che non hanno tutti gli strumenti per stabilire una colpevolezza. Nessuna udienza pubblica, né confronti! Sempre il segreto. Le uniche prove addotte sono sempre quelle famose testimonianze scritte! Si può legittimamente tremare, quando si vedono sacerdoti giudicati su questi soli elementi![32]

15 – Giustizia, Diritto e Verità

In Diritto, affermare che ci sono stati «comportamenti sessuali» «gravemente contrari ai voti religiosi» e «alla morale insegnata dalla Chiesa», significa supporre non soltanto che queste colpe siano state realmente commesse, ma anche che esse siano state verificate presso l’autore e se possibile confessate. Quando si argomenta che nessun «procedimento civile o penale può essere intrapreso», ciò implica chiaramente il fatto che gli atti imputati al padre Thomas PHILIPPE avrebbero potuto dare luogo a procedimenti penali. Ora, gli atti che potrebbero dar luogo a perseguibilità penale contro il padre Thomas PHILIPPE per fatti commessi nei confronti di persone adulte «non consenzienti» sono:

 

  1. lo stupro (reato punibile con 20 anni di reclusione in base all’art 222.24)

 

  1. l’aggressione sessuale (7 anni di reclusione in base all’art 222.27 del codice penale). Notiamo che «l’abuso di autorità» è atto a qualificare l’aggressione sessuale (o anche lo stupro…) su una persona anche in apparenza

 

  1. «Il dominio psicologico» e spirituale del padre Thomas. Ma se il dominio è accolto, l’aggressione sessuale o lo stupro sono classificati come reati.

È giocoforza constatare che si sta facendo di tutto per dare ai Padri PHILIPPE l’immagine di uomini particolarmente perversi in virtù della loro autorità e del loro carisma, di cui avrebbero fatto uso e dunque ampiamente “abusato”. Essa rende ancora più evidente la natura infamante di quelle denunce dall’alto in basso nella gerarchia della Chiesa. Dichiarare queste testimonianze come “vere” significa andare oltre le competenze di chiunque: nella Chiesa, questo genere di fatti che conducono a sanzioni penali non possono essere stabiliti che per via giudiziaria[33].

La difesa della presunzione di innocenza è un contributo fondamentale, tanto del popolo giudaico, come del diritto romano, alla comunità umana; gli esempi di decisioni in questo senso sovrabbondano, dalla Sacra Scrittura fino alle ultime disposizioni legislative[34]. Pertanto, da un punto di vista giuridico, queste denunce senza processo avrebbero dovuto rientrare nella definizione del delitto previsto dal canone 1390[35].

In conclusione, la famiglia del Padre Marie-Dominique PHILIPPE accoglierebbe con favore l’applicazione della stessa politica di trasparenza sui fatti presunti di quella che ha motivato le denunce controverse.

Chiedo pertanto alle Autorità Ecclesiastiche di darmi un accesso completo ai documenti del dossier, in modo che io possa esercitare un “diritto di difesa” completo e corroborato di fronte alle predette accuse. Mi impegno a non svelarne il contenuto e a emettere solo un giudizio globale su di esse.

In caso negativo, chiedo nuovamente l’istituzione di una vera commissione d’inchiesta indipendente della Chiesa, il cui compito sia di escludere oppure confermare i fatti che hanno portato alla “condanna” dei defunti e di cui chiedo se possibile di fare parte.

Tale commissione, in conformità con la lettera e l’obiettivo del recente Motu Proprio del Santo Padre del 7 maggio 2019 «Vos estis lux mundi» dovrebbe comprendere «persone qualificate» (art. 3) per esaminare serenamente e in modo “quasi-giudiziario” le accuse. Notiamo anche che il Motu proprio riconosce finalmente la presunzione di innocenza (art. 12). Tale commissione dovrebbe dunque idealmente avere tra i suoi membri un magistrato in attività o in pensione, che abbia almeno 20 anni di esperienza di giurisprudenza istruttoria e un medico psichiatra consulente presso la Corte d’Appello. È auspicabile che nessun chierico ne faccia parte, in conformità con ciò che chiede papa Francesco nella sua Lettera al popolo di Dio del 20 agosto 2018: «Il clericalismo, favorito sia dagli stessi sacerdoti sia dai laici, genera una scissione nel corpo ecclesiale che fomenta e aiuta a perpetuare molti dei mali che oggi denunciamo. Dire no all’abuso significa dire con forza no a qualsiasi forma di clericalismo».

Chiedo altresì alle Autorità della Chiesa di Francia e a i Superiori dell’Ordine Domenicano di protestare pubblicamente contro le violazioni costanti nella stampa del principio di presunzione d’innocenza di cui dovrebbero beneficiare i defunti Padri Marie-Dominique e Thomas PHILIPPE. E in particolare di protestare nei confronti della trasmissione televisiva di Arte del 5 marzo 2019.

Marie PHILIPPE

Mail : philippe4561@gmail.com

 

IN APPENDICE:

ELENCO DEGLI ALLEGATI:  Tutti gli allegati sono consultabili online

 

Allegato 1 Lettera aperta di fr. Thomas JOACHIM del 13 maggio 2013
Allegato 2 Lettera del Sig. Patrick FONTAINE
Allegato 3 Articolo de La Croix del 16 ottobre 2015
Allegato 4 La mia lettera al direttore pubblicata su La Croix del 26 novembre 2015
Allegato 5 Lettera «anonima» di Michèle-France PESNEAU a me
Allegato 6 Articolo GOLIAS Hebdo 562
Allegato 7 Lettera del Cardinal RODÈ
Allegato 8 Lettera dei Sigg.ri LAGRANGE in seguito al loro incontro con il Cardinal RODÈ
Allegato 9 Post anonimi su internet
Allegato 10 Testimonianza del fr. Alban Marie
Allegato 11 Articolo del Padre du PUY-MONTBRUN
Allegato 12 Intervista a Michèle-France PESNEAU su Europe 1 (solo audio)
Allegato 13 Studio sul ruolo della rivista Golias nei guai della Comunità San Giovanni
Allegato 14 Promemoria con testi dei Dottori della Chiesa
Allegato 15 Testimonianza di Cynthia all’AVREF
Allegato 16 Testimonianza di MC Fournier (Michèle-France) all’AVREF
Allegato 17 Lettera del P. Marie-Dominique del 2006 in seguito agli attacchi di Golias
Allegato 18 Scambio epistolare con una psicologa clinica
Allegato 19 Scambio (monologo) con il Priore di San Giovanni
Allegato 20 Lettera di Jean Vanier sul padre Thomas, aprile 1993
Allegato 21 Intervista di MF Pesneau su Kobini-news
Allegato 22 La Croix del 19 maggio 2019
Allegato 23 Intervista di D. Wagner

Documenti confidenziali riservati alle Autorità della Chiesa

(non sono presenti sul sito e sono disponibili su richiesta)

  • Testimonianze o lettere di:
  • Claire PICARD
  • Francette MEANEY
  • Christiane Chicotot
  • Dominique Gilbert
  • Henri Cacheux
  • Yves Tabin
  • René S
  • Marie Christine Nicolardot
  • Brigitte Ambrieu
  • Lettera di FS a Francette Meaney (che mostra che questa ex-religiosa aveva come obiettivo quello di «portare alla luce il virus malsano della Comunità San Giovanni»)

note e riferimenti

[1] https://www.youtube.com/watch?v=ZzsaOZZBulQ

[2] https://www.independent.ie/world-news/europe/nuns-were-reduced-to-sexual-slavery-admits-pope-37787728.html ; https://www.dailyherald.com/article/20190205/news/302059866

[3] Come numerosi amici del padre Thomas PHILIPPE, sono rimasta incredula e sconcertata di fronte alle “rivelazioni” di fatti che sarebbero accaduti 30 o 40 anni fa! Pertanto, mi metto in contatto telefonico con Patrick FONTAINE, autore principale dell’accusa, per avere spiegazioni. Chi sono quelle donne e perché hanno atteso così a lungo per agire? Di che natura erano quegli «atteggiamenti sessuali inappropriati»? Non ho avuto alcuna risposta precisa, né alcun nome, poiché l’indagine portata avanti su richiesta di Mons. d’ORNELLAS era «segreta». Devo fidarmi senza riserve a Patrick FONTAINE e all’«Arca», che godono della garanzia di Mons. d’ORNELLAS e dell’indagine qualificata di «canonica». Noto di passaggio che questa dicitura «indagine canonica» su un morto mi sembra erronea, perché non è prevista dal Diritto Canonico (tranne quella fatta in vista di una eventuale beatificazione). La chiamerò dunque, fino a prova contraria, «indagine del p. MARCOVITS».

[4] D’altronde, il ruolo del p. Thomas PHILIPPE qui è limitato all’«accompagnamento spirituale» della Comunità nascente, con un «contributo significativo alla pre-fondazione». Ciò è già di per sé ingiusto, poiché egli è stato il vero co-fondatore dell’Arca con Jean VANIER, come attestato da numerosi scritti e documenti come la lettera dell’Arca del gennaio 1994, dopo la sua morte «in odore di santità». È stato anche sepolto ai piedi della cappella della Ferme, centro storico dell’Arca. (vedi anche: lettera di Jean Vanier, allegato 19)

 

[5] Una memoria di studente di Master 1 in storia religiosa di Antoine Mourges nel 2009 (non pubblicato). Questa ”referenza” è tuttavia qualificata come «lavoro universitario di uno storico» dall’Arca … («anche se gli archivi del processo rimangono chiusi, sappiamo, grazie al lavoro universitario dello storico  Antoine Mourges,…» scrive un «rapporto» interno dell’Arca sui rispettivi ruoli di Jean Vanier et del padre Thomas)

[6] Si ritrova questo preciso termine nell’editoriale di C. Terras della rivista Golias hebdo n°287

[7] https://c.lejsl.com/edition-macon/2019/03/10/j-ai-ete-abusee-26-ans-par-le-pere-marie-dominique

[8] Lachaux, Bernard, et al. « Crédibilité et expertise psychiatrique », L’information psychiatrique, vol. volume 84, no. 9, 2008, pp. 853-860.

[9] https://www.avref.fr/temoignage-de-cynthia-howard.html

[10] https://it.aleteia.org/2019/03/11/religiose-abusate-arte-marie-pierre-raimault-eric-quintin/

[11]https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/Pape/Demission-dun-pretre-Congregation-doctrine-foi-accuse-harcelement-2019-01-29-1200998910

[12] https://www.die-tagespost.de/kirche-aktuell/Schoenborn-trifft-Wagner-Empathie-und-Systemkritik;art312,195778

[13] https://www.vaticannews.va/it/vaticano/news/2019-05/vaticano-assoluzione-hermann-geissler-doris-reisinger-wagner.html

[14] https://www.avref.fr/temoin-doris-wagner.html

[15] https://www.katholisch.de/aktuelles/aktuelle-artikel/wie-glaubigen-die-geistliche-selbstbestimmung-geraubt-wird

[16]  Così, il «tatto relazionale» permette di capire per analogia la grazia o meglio ancora il «tatto mistico». Questo approccio ha il vantaggio di rispettare i livelli di intellegibilità senza peraltro confonderli. Da bravo domenicano, è così che dava le spiegazioni. Pertanto, come avrebbe potuto padre Thomas PHILIPPE portare avanti una posizione teologica che confondeva «unione mistica» e «unione carnale»?

[17] Mi limiterò a ricordare alcuni importanti riferimenti della Scrittura o teologici su questo argomento. I testi del Cantico dei Cantici, Osea, Ezechiele, ci presentano in termini allegorici Dio come lo Sposo del suo popolo e prefigurano le nozze di Cristo con la sua Chiesa. Nell’insegnamento costante della Chiesa, Cristo è il «nuovo Adamo» e Maria la nuova Eva. Le nostre anime sono chiamate a vivere una «unione con Dio» spirituale. Anche Santa Teresa si approprierà del testo di Ezechiele e diventerà la «sposa di Cristo». San Giovanni della Croce, pur essendo uomo, non esitò a cantare il suo amore per Dio, Padre, Figlio e Santo Spirito, come un rapporto tra Sposo e sposa, «affinché mi degniate unirmi a voi per i legami del matrimonio spirituale. Non gusterò gioia alcuna finché non mi rallegrerò tra le vostre braccia». A Santa Margherita-Maria, il Sacro Cuore di Gesù appare come lo Sposo «più appassionato d’amore»: «Mi fece capire che alla maniera degli amanti più appassionati, mi avrebbe fatto gustare in quel tempo solo ciò che vi è di più dolce nella soavità delle carezze del suo amore, che in effetti furono così esagerate da mandarmi spesso completamente fuori di me». Il santo Curato d’Ars diceva che le anime del purgatorio erano «le spose di Cristo». Maria è la sposa dello Spirito Santo in san Luigi Maria Grignion de Montfort, che scrive: «Lo Spirito Santo, che è sterile in Dio, cioè non da origine ad un’altra persona divina, è divenuto fecondo per mezzo di Maria da lui sposata […]   Perciò, quanto più lo Spirito Santo trova Maria, sua cara e indissolubile Sposa, in un’anima, tanto più diviene operoso e potente per formare Gesù Cristo in quest’anima e quest’anima in Gesù Cristo». (Trattato della Vera Devozione, n° 20). La Vergine Maria è chiamata spesso nella Chiesa la «Sposa di Cristo». Quest’ultimo appellativo non ha sempre trovato tutti unanimi e il Cardinal Charles Journet doveva sicuramente criticarlo. Ma non è sconvolgente quando si evoca la figura di Maria, Nuova Eva. La figura stessa del Nuovo Adamo – che è Gesù Cristo, secondo la Scrittura (cfr. 1Cor 15,45) – chiama naturalmente quella della Nuova Eva. Maria come «Sposa di Cristo» non deve essere interpretata in senso carnale e umano, ma chiaramente secondo un significato spirituale, mistico!

[18] Perché soltanto l’accusa del Priore Generale può riferire le chiacchiere?

[19] Degli oblati di San Giovanni mi hanno informato che fr Jean Miguel GARRIGUE avrebbe avuto un legame con l’AVREF alla sua nascita. Sarebbe opportuno che smentisse questa diceria, visti i legami storici dell’AVREF con una ex-suora apostolica di San Giovanni

 

[20] Edition Belfond, 2002

[21] http://www.acalpa.org/allegation_dabus_sexuel_le_poids_de_la_parole_de_l_enfant.htm

[22] Liberté Politique N°66 Giugno 2015 ISBN: 978-2-9545799-6-2

[23] http://w2.vatican.va/content/francesco/it/motu_proprio/documents/papa-francesco-motu-proprio-20190507_vos-estis-lux-mundi.html

 

[24] http://www.vatican.va/archive/ITA0276/_P6S.HTM

 

[25] https://srp-presse.fr/index.php/2019/01/25/agressions-sexuelles-que-les-eveques-appliquent-le-droit-canonique/

[26] http://www.g-e-s.fr/

[27] Alcan, Paris

[28] http://www.psychisme.org/Clinique/Paranoia.html#mozTocId572497

[29]http://www.lenversdudecor.org/L-Arche-fait-la-lumiere-sur-la-face-cachee-du-P-Thomas.html#forum1983

[30] Mons. Gaillot è stato molto attivo in questo documentario, facendo da intermediario tra Arte e Roma. Il suo nome è anche nei titoli di coda del documentario.

[31]http://classiques.uqac.ca/classiques/freud_sigmund/psychanalyse_et_medecine/psychanalyse_et_medecine.pdf

[32] Vedi a questo proposito gli articoli del Padre du Puy-Montbrun, Canonista et Rettore emerito della Facoltà di Diritto Canonico di Tolosa: https://srp-presse.fr/index.php/author/bernard-du-puy-montbrun/

[33] Cfr. Ven. Pio XII, discorso alla Rota del 6 ott. 1946: «In ambedue le società perfette, invero, la tutela del bonum commune esige che i diritti e i beni dei loro membri possano essere per via giudiziaria attuati, garantiti, reintegrati».

[34] San Tommaso d’Aquino, Somma Teologica, III, q. 80, art. 6 «I sacri canoni non consentono di estorcere a nessuno la confessione con la prova del ferro infuocato o dell’acqua bollente. Poiché i delitti pubblici sono demandati al giudizio della nostra autorità per spontanea confessione o per certa testimonianza, ma i delitti occulti e ignoti vanno lasciati a colui che solo conosce il cuore degli uomini».

[35] § 2. Chi presenta al Superiore ecclesiastico un’altra denuncia calunniosa per un delitto, o lede in altro modo l’altrui buona fama, può essere punito con una giusta pena non esclusa la censura. § 3. Il calunniatore può anche essere costretto a dare una adeguata soddisfazione.