Les étranges accusations portées contre Jean Vanier

L’Arche, après avoir accusé le  Père Thomas Philippe en 2016 d’abus, vient d’accuser Jean Vanier dans un rapport de synthèse rendu public le 22-2-2020. Cette dénonciation  a été amplement repris par la grande presse en France et dans le monde avec des commentaires accusateurs : « flagrant délit de mensonge et trahisons » dit soeur Margron sur RCF, « menteur et abuseur » dit Témoignage Chrétien, « la face maléfique d’une icône catholique » chez Libération, « le poison de la mystique sexuelle » et la « justification des agressions sexuelles sur des femmes par une sorte de salmigondis religieux et spirituel mêlant Jésus, Marie, la foi, dans un délire mystique et pervers » affirme Mme de Gaulmyn dans la Croix qui bien sûr « ne juge pas » la personnalité « totalement clivée de Jean Vanier », « Des faits effarants » dit La Vie qui exulte car déjà en 2001 elle dénonçait les « gourous dans les couvents», « Abus spirituel et abus sexuel » avec son « côté sombre » dit  Aleteia, « Le passé coupable du fondateur » juge Le Monde, « le pervers sexuel » affirme le Soir , « Jean Vanier a agressé six femmes » dit  l’Actualité , etc…

Ces accusations non seulement ne me surprennent pas,  mais je les attendais… En effet, il semble logique que parmi les centaines de personnes plus ou moins malades ou perturbées psychologiquement qui ont gravité pendant 40 ans autour du père Thomas et de Jean Vanier (et aussi bien sûr du Père Marie-Dominique Philippe…) , il puisse y avoir 5 à 10 femmes susceptibles de porter des accusations similaires à celles que j’ai relevées dans ma propre enquête suite aux premières « révélations » du prieur de la Communauté St Jean, il y a 6 ans [1].

Ce rapport de synthèse est donc détaillé et semble accablant. Il est construit très adroitement avec de nombreuses références. Cela donne pour un lecteur peu averti,  une impression de sérieux et d’objectivité presque « scientifique ». Mais une analyse plus détaillée me conduit à soulever les principaux points « problématiques » qui peuvent nous faire douter des affirmations apportées:

  1. Ce rapport de synthèse n’est pas signé et a été élaboré avec la collaboration d’un organisme dont le métier consiste à proposer auprès des ONG des mesures de précautions surtout pour rassurer les donateurs et les pouvoirs publics. Mais on peut s’étonner que l’Arche ait fait appel à GCPS consulting [2]  qui se targue de travailler pour de  nombreux organismes ou associations clairement opposés à l’Eglise (ONG ouvertement pro-avortement et pro-LGBT comme IPPF, British Council, USAID,  Planning Parenthood, Unicef, etc…) mais  qui n’a pas de compétence particulière dans l’investigation policière et judiciaire.
  2. Le travail « historique» d’Antoine Mourges  (à ce jour encore étudiant en histoire…) n’a pu se faire que sur des pièces disponibles et celles qu’on a bien voulu lui donner.  J’avais demandé sans aucun résultat aux Autorités de l’Eglise (Mgr d’Ornellas, Mgr Riviere, congrégations romaines, etc…) de faire faire une véritable enquête « à charge et à décharge » après les accusations et sur les accusatrices de cette affaire non par des « historiens » ou des clercs de bonne foi mais peu compétents (comme le Père Marcovits…). Des  analyses faites  par des experts-psychiatres et par des anciens juges d’instruction ou des anciens officiers de police judiciaire auraient été plus pertinentes pour  analyser « scientifiquement »  la crédibilité des accusations.
  3. Le contexte: l’accusation initiale de 2015 a été faite à la suite d’une l’enquête faite par le Père Marcovits (dominicain) à la demande Mgr d’Ornellas archevêque de Rennes et qualifiée de « canonique ». Or le point de départ  de cette accusation est à la base entaché d’une violation du droit canon et ses articles 1717 et suivants.  Mgr d’Ornellas n’avait aucun droit à faire faire cette « enquête »  car  lui ou l’un de ses prédécesseurs ne fut jamais l’Ordinaire du Père Thomas Philippe. Donc il n’avait pas l’autorité pour diligenter l’enquête présentée faussement comme « canonique » par le truchement du Père Marcovits à laquelle il est fait référence dans toutes les déclarations de l’Arche et largement reprise dans la presse. [3]   Enfin le père Marcovits n’a fait qu’enregistrer les plaintes sans faire d’analyse sur la pertinence des accusations. Il a simplement trouvé personnellement les témoignages  « sincères et concordants ». J’ai donc demandé officiellement par recours canonique  l’annulation de cette procédure (ce qui en droit conduirait à une annulation de l’enquête) .
  4. Un « comité de surveillance indépendant»  composé de  deux anciens hauts fonctionnaires français aurait évalué l’intégrité et la fiabilité du processus de l’enquête et de ses conclusions.  Pourquoi des « hauts » fonctionnaires dont les noms sont gardés secrets ? Comment ont-ils pu « évaluer l’intégrité et la fiabilité du processus d’enquête » ?  Par quels moyens ? Quelles sont leurs compétences ? En quoi le fait qu’ils soient « hauts fonctionnaires » apporte une garantie particulière ?
  5. Une autre caution a été recherchée auprès de la commission CIASE[4] à qui l’Arche a remis le « rapport ». Mais rien n’indique qu’il a été validé, ni même examiné par la commission. A plusieurs reprises Mr Jean-Marc Sauvé (Président de la CIASE)  que j’ai contacté m’a confirmé par écrit que cette affaire n’était pas dans « sa mission ».
  6. La sanction de 1956 et son actualisation. Effectivement le Père Thomas a été « condamné » par le St Office pour un motif tenu « secret » à la suite d’une procédure particulièrement longue (4 ans !) où se seraient mêlé des questions de for interne de plaignantes et des questions  théologiques dans le contexte d’une possible revanche après une lutte acharnée chez les dominicains entre les tenants d’une théologie traditionnelle (Garrigou-Lagrange, Thomas et MD Philippe, etc.. ) et ceux qui furent à la pointe du mouvement « réformiste » (Chenu , Congar, etc..)[5] .

Les accusations actuelles reposent donc sur un postulat : le Père Thomas Philippe aurait  abusé deux femmes dans les années 50 en utilisant une fausse mystique (la relation charnelle du Christ et de la Vierge au dire de certaines plaignantes). Or cette mystique n’a jamais été enseignée. Il n’y aucune trace écrite. De nombreux lecteurs ont parcouru l’entièreté des livres (ou enregistrements audio) du père Thomas. À aucun endroit, on ne trouve une justification ou une théorie « mystico-sexuelle ». Il serait étonnant que cela fût transmis dans le secret de la « direction spirituelle » ou en confession.  Plus étonnant encore serait le fait qu’il aurait « initié » d’autres prêtres à cette mystique pour qu’ils utilisent à leur tour ce « stratagème ». Comment cette méthode d’une grande perversité (qu’on a du mal à imaginer…)  aurait-elle pu avoir un pouvoir quasi-hypnotique sur une très longue durée (25 ans chez une même femme …) ?

Le Père Tixier, Provincial des dominicains, m’a confirmé un point central devant témoin le lundi 25 novembre 2019  à la Maison provinciale à Paris en présence du frère Michel Mallèvre op: « On ne connait pas les attendus, ni les pièces du dossier. On ne connait que le dispositif du jugement de 1956 ». Donc il m’a assuré que la condamnation était connue dans l’Eglise mais les motifs et les pièces étaient encore secrètes et que personne ne pouvait en avoir connaissance. « Elles sont au St Office, dans les archives » disait-il.

Or les rédacteurs du rapport de l’Arche parlent de 2 plaignantes de 1952 et d’autres pièces dont ils auraient eu connaissance concernant cette période. « En juin 2019, L’Arche Internationale a pu avoir accès aux archives des Dominicains à Paris, et, après son décès, à certaines des archives personnelles non publiées de Jean Vanier. » dit le rapport. Ma question est donc la suivante :

Qui ment ?  Le Provincial  ou  bien l’Arche ? Pourquoi ?

7. La description de « l’affaire de l’Eau Vive » est fantaisiste et caricaturale. Une assertion est particulièrement fausse : Malgré les interdictions qui lui en sont faites catégoriquement, Thomas Philippe continue de diriger clandestinement l’Eau Vive pendant toute la période de l’enquête. Les dizaines de lettres qu’il envoie à Jean Vanier durant cette période, montrent qu’il le conseille et l’oriente dans toutes les démarches à accomplir. Bravant l’interdit (qu’il ne peut pas ignorer comme il a pu le dire plus tard), Jean Vanier l’a rencontré à de nombreuses reprises durant cette période. (Page 8)

On peut lire pourtant dans un rapport fait à la demande de l’arche (déjà…) par Xavier Le Pichon (mais disparu du site internet de l’Arche depuis …) la précision suivante:  Jean Vanier vécut près de lui jusqu’au départ du Père Thomas au début d’avril 1952, suite à son rappel à Rome par le Père Suarez, général des Dominicains. C’est d’ailleurs Jean Vanier qui le conduisit à Rome à la demande de l’assistant du Père Suarez. Il devint alors, à vingt quatre ans directeur temporaire de l’Eau Vive, à la demande du Père Thomas, sur la suggestion du cardinal Roncalli, futur pape Jean XXIII, qui avait visité l’Eau Vive quinze jours plus tôt et qui connaissait les parents de Jean Vanier. Pendant quatre ans et deux mois, Jean Vanier exerça cette direction dans des conditions extrêmement difficiles, en restant en lien étroit avec le Père Thomas, jusqu’à la fermeture de l’Eau Vive par ordre des autorités ecclésiastiques, le 8 juillet 1956.  [6]

 Là encore, on dispose de deux versions contradictoires et de deux sources d’archives (celles de Xavier le Pichon qui est légataire testamentaire des documents du père Thomas et celles de Mourges qui dispose de celles de l’Arche …) .

Qui ment ? Visiblement la charge implacable du dernier rapport vise à faire du Père Thomas et de Jean Vanier deux compères pervers, manipulateurs, maléfiques, menteurs et (crime suprême…) désobéissants à l’Eglise! Notre historien amateur n’a pas remarqué que pendant plus de quatre ans le père thomas avait bien « le droit » de communiquer avec Jean Vanier… Notons enfin que le Père Thomas n’a été que suspendu du droit de célébrer la messe que pendant 17 mois. Il n’a sans doute pas été « déposé » car cette peine prévue par le Droit Canon de 1917 est souvent définitive. Visiblement trop d’erreurs grossières entachent ce rapport…

  1. Encore une contradiction: Comment le rapport de l’arche peut-il soutenir sérieusement que « Dans ses réponses transmises le 7 décembre 2019, la Congrégation pour la doctrine de la foi au Vatican (auparavant le Saint-Office, dont les archives concernant le procès du père Thomas Philippe ne sont pas encore accessibles à la recherche) a confirmé ou complété certains éléments contenus dans les archives étudiées. » ?  Si les pièces sont secrètes et donc ne sont pas « accessibles  à la recherche historique » (donc à A.  Mourges…) , comment la CDF peut-elle confirmer « certains éléments »  dans ses archives ou celles de l’Arche ? Qui dans l’administration de la CDF a répondu le 7 décembre ? Si les archives ne sont plus secrètes, pourquoi la CDF auraient-elle eu besoin de confirmer ? Qu’a-t-elle « complété » ? La contradiction est donc à son comble et n’inspire pas la confiance dans les auteurs du rapport …
  2. Norme de preuve  de l’enquête. Il est étonnant de lire cette phrase : « Toute conclusion d’une enquête de ce type est basée sur un « équilibre de probabilités » et non sur une norme de preuve « au-delà de tout doute ». Compte tenu des informations disponibles, l’équipe en charge de l’enquête est parvenue à ses conclusions en déterminant si les événements étaient « plus susceptibles que non » de s’être produits, et si les témoignages qui lui ont été présentés étaient dignes de foi ». C’est ainsi que « l’équipe » s’est érigée en tribunal qui juge en dernier ressort selon son « intime conviction » et par des calculs probabilistes. De façon scientifique il faudrait conclure que la probabilité que Jean Vanier ait abusé de femmes est supérieure à 50,1 % …  C’est assez peu pour le condamner ! C’est sans doute une clause de style  pour ne pas faire trop d’objections sur la méthode …
  3. La crédibilité des témoins. L’Arche aurait fait « le constat que les victimes présumées, sans lien entre elles et sans connaissance de leur histoire respective, avaient chacune entrepris un travail de réflexion».

Mais cette présupposition est manifestement fallacieuse car avec internet et  la « viralité » des  relations sociales dans l’Arche (en direct et  par les réseaux sociaux), les témoins connaissaient tous depuis presque 4 ans les nombreux écrits et vidéos de la plaignante « d’origine» MF Pesneau qui témoignage des « abus » et des « justifications mystico-sexuelles » dans l’Avref ( avril 2016)  puis dans Golias, etc.. Et enfin dans le reportage d’ARTE et du battage médiatique qui a suivi!

La « concordance » des témoignages en forme de « copié-collé » s’explique donc très facilement et ne peut plus être sérieusement invoquée comme argument de crédibilité.

  1. Les relations sexuelles sous emprise. C’est sans doute le point le plus problématique. Un abus sexuel[7]  ne peut pas  être auto-déclaré par une  victime adulte. Une relation d’autorité «morale » peut présumer une emprise, mais ce n’est qu’une présomption. La victime doit décrire les circonstances qui pourraient laisser penser qu’il a eu bien une emprise.  La confrontation avec l’abuseur présumé est alors une étape essentielle dans une instruction pénale ou canonique. Or, ici, il ne peut pas y en a voir … Le rapport dit pourtant que « Les relations sont présumées avoir eu lieu dans des conditions que l’équipe de l’enquête a qualifiées « d’emprises psychologiques » et sont décrites comme constituant une violence psychologique et comme étant caractérisées par des déséquilibres de pouvoir importants : les victimes présumées se sont senties privées de leur libre arbitre, de ce fait l’activité sexuelle a été exercée sous la contrainte ou a eu lieu dans des conditions coercitives.

Toutefois les témoignages mentionnés dans le rapport ne sont pas très éclairants pour établir la nature « coercitive » de la relation. Par exemple dans le premier témoignage, une dame dit  : «J’étais dans une relation sexuelle inappropriée avec Jean Vanier. Étais-je consentante ? Je crois qu’au début oui, mais plus le temps passait, plus je crois que je n’étais pas consentante. »

Ce type d’accusation ne serait pas très recevable par un vrai tribunal civil ou canonique qui lui demanderait immanquablement  «Alors ? Finalement, étiez-vous ou pas consentante ? »

Une autre accusation revient en boucle : C’est le concept «d’abus d’autorité spirituelle ». A ma connaissance, c’est devenu aujourd’hui une objection qui ne souffre d’aucune contradiction.  Mais pouvons-nous sérieusement considérer une femme adulte et non-handicapée incapable de faire un complet discernement comme le serait une mineure dans une relation affective ?  Qu’elle soit amicale ou même sensuelle ?

 

  1. Une preuve justificative hors contexte. Une lettre du père Thomas est censée « prouver » la justification mystique de conduites déviantes. Ainsi le rapport ( p10) veut nous persuader que « dans ces lettres qui lui sont adressées par ces femmes l’intrication entre une dimension « amoureuse », des propos « mystiques » et l’évocation de contacts physiques entre en concordance avec ce que l’on sait par ailleurs des théories et des pratiques sexuelles du père Thomas Philippe et de celles de Jean Vanier révélées par les témoignages portés récemment à la connaissance de l’enquête. Certaines lettres du père Thomas Philippe lui adressent des conseils de prudence et des règles de conduite :

Pour XX soyez très prudent. Vous pourrez parfois prier avec elle, si c’est très prudent ; mais au point de vue extérieur le minimum, pas plus que S. (Saint) jean à la Cène et de façon assez discrète. Je sens que la Ste Vierge demande d’être très prudent ce point. Appuyez-vous sur l’obéissance. Même si XX [.] et vs. êtes très pressés intérieurement, il ft. rester plutôt en deçà de cette limite que d’aller au-delà… Marie peut vouloir éprouver votre obéissance.

Cette lettre qui se veut être « à charge » contre le PT et JV est en fait complétement détachée d’un contexte dont nous ignorons tout. Aussi, sa simple lecture peut être interprétée dans le sens le plus péjoratif possible comme dans un sens parfaitement « clean » !

En conclusion : J’avais déjà demandé à  avoir un véritable accès à toutes les pièces de l’accusation. Mais un « secret » unilatéral et injustifié m’a toujours été opposé. J’ai demandé pourtant une chose assez simple : c’est d’être convaincu de la véracité des accusations portées contre mes oncles et maintenant contre Jean Vanier par des pièces  incontestables. Or jusqu’à présent, ces preuves n’ont jamais été apportées. Je n’ai pu analyser que les nombreuses interventions publiques d’une seule plaignante : Mme MF Pesneau qui fut l’actrice principale du « fameux » reportage d’Arte. J’ai montré que ces accusations étaient ineptes compte tenu du contexte et de la durée des faits évoqués. J’ai demandé aux clercs accusateurs à ce qu’au moins ce témoignage « clé » soit considéré et déclaré publiquement par eux comme « non fiable ». Or aucun clerc, aucun évêque n’a daigné accéder à cette demande…

Une hypothèse semble toutefois se profiler : les nombreuses cautions recherchées, les violations flagrantes du droit canon et des principes généraux du droit y compris par des clercs et des religieux, les mensonges répétés et l’invocation constantes de « secrets » sont destinés à masquer la faiblesse et les incohérences des accusations portées sur Jean Vanier et sur le Père Thomas qu’il est devenu malséant de mettre en doute aujourd’hui dans le contexte des « affaires » dans l’Eglise.

Marie Philippe

Annexe : Plusieurs femmes ont témoigné publiquement par des livres ou des interviews d’avoir été victimes d’abus spirituels dans le cadre d’une vie communautaire ou religieuse. Le plus souvent, elles avaient des difficultés avec les «accompagnements spirituels » et cela est associé à un passé psychologique très lourd. Celui d’Anne Mardon (« Quand l’Église détruit » aux éditions de l’Harmattan) est presque un exemple type. Son témoignage est impressionnant dans sa structure mais n’a pas été mise en doute alors même que son « histoire » semble comporter en marge d’une détresse psychique réelle, des faits peu crédibles ou bien fortement réinterprétés. Elle aurait été baptisée par le P Thomas sans faire de catéchuménat (en quelques semaines dit-elle…). Son parrain devenu prêtre aurait été accusé d’abus sexuel. Elle aurait vécu une relation « intime » avec un père jésuite de 3 fois son âge. Tombée enceinte de lui, elle a « subi une IVG avec la bénédiction de son évêque » (sic !) , Puis en fréquentant les Fraternités monastiques de Jérusalem à Paris, elle aurait été « repérée » et placée sous « l’emprise du fondateur » qui lui aurait « trouvé une vocation » alors qu’elle n’en avait pas. Violences, isolements, mauvais traitements, trahisons, lâchetés et solitude « résument sa vie ». Cette vidéo est assez éclairante sur sa grande détresse mais pourtant aucun « bémol » n’a été apporté à ses affirmations et ses accusations à l’encontre des nombreuses personnes décédées et mis en cause ( Mgr Lustiger, Père Thomas, P. Pierre-Marie Delfieux, etc..). voir la video de Mme Mardon

Notes :

[1] Voir cette analyse dans mon blog : https://marie-dominique-philippe.com/

[2] https://gcps.consulting/

[3]  Le canon 1717 ne peut s’appliquer qu’à un prêtre en vie dans l’objectif de recueillir des informations sur ses actes et d’acter sous serment des dépositions devant notaire. Ceci est prévu pour lui appliquer éventuellement une peine ou d’engager un procès pénal. Or il ne pouvait pas, bien sûr, y avoir de procès pénal contre le Père Thomas. Par voie de conséquence, tous les éléments de l’enquête « non nécessaires au procès pénal » n’auraient pas dû être portés à la connaissance du grand public et auraient dû rester secrets. Le Canon 1719 stipule que « Les actes et les décrets de l’Ordinaire qui ouvrent ou clôturent l’enquête, ainsi que tous les éléments qui l’ont précédée, seront conservés aux archives secrètes de la curie, s’ils ne sont pas nécessaires au procès pénal ». La divulgation d’un tel dossier fut donc illégale. Enfin le § 2 du canon 1717 affirme qu’Il « faut veiller à ce que cette enquête ne compromette la bonne réputation de quiconque » car l’objet d’un procès canonique pénal est de prononcer une éventuelle sanction à un vivant et n’est pas de faire une dénonciation publique d’un défunt mais d’une sanction.

[4] Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise.

[5] Voir « l’affaire Chenu » et la condamnation du P Chenu par le St Office  : https://www.cairn.info/revue-des-sciences-philosophiques-et-theologiques-2014-2-page-261.htm?contenu=resume

[6] http://docplayer.fr/169960951-Rapport-de-xavier-le-pichon-sur-la-place-du-pere-thomas-philippe-dans-la-fondation-de-l-arche-sommaire.html

[7] On devrait parler juridiquement d’un viol ou d’une agression sexuelle car « l’abus sexuel » est un anglicisme qui vient de « sexual abuse » et qui n’a pas sa place dans une terminologie adéquate.

5 commentaires sur “Les étranges accusations portées contre Jean Vanier

  1. Ce qui est triste, c’est de constater que les médias catholiques brûlent ceux qu’ils ont encensés. Les médias ont peur, l’Eglise a peur et le travail de lumière qu’ils prétendent faire avec parfois un excès de zèle a plus pour but de se protéger que de chercher la vérité.

    Articles intéressants concernant Jean Vanier

    https://blogs.mediapart.fr/aamm/blog/080320/en-defense-de-jean-vanier-chapitre-5

    https://blogs.mediapart.fr/aamm/blog/280220/en-defense-de-jean-vanier

    https://ekai.pl/jean-vanier-watpliwosci-na-marginesie-oskarzenia

    J'aime

  2. Madame , Je vous encourage dans votre combat .Je ne suis qu’un lecteur des oeuvres admirables du Père Marie Dominique et je trouve les accusations contre lui , à ce titre , impensables absolument .
    en parcourant le texte ci dessus mon avis est que le passage du n° 7 prête à confusion « il n’a sans doute pas été déposé … » en effet l’expression « sans doute  » a 2 sens opposés en langage courant (peut être ou … certainement )

    J'aime

  3. Bonjour Madame,

    A lire vote blog, on comprend bien votre démarche d’appel la neutralité des enquêtes. Vous appelez à des enquêtes plus rigoureuses, et comme vous avez raison. Vous demandez des protocoles d’investigations qui soient réellement professionnels et qui respectent la présomption d’innocence. A plus forte raison car il s’agit de personnes défuntes ne pourront donc plus jamais se défendre, et dont d’ailleurs quasiment personne ne prend sérieusement la défense. 

    Toutefois je me permets de vous écrire car, dans le cadre d’une démarche radicalement neutre, on s’attendrait aussi à lire des mentions revendiquant la neutralité. C’est-à-dire que l’on s’attendrait à lire que, si les accusations peuvent être erronées, in fine seul Dieu sait. Donc il se pourrait également que ces accusations soient au moins partiellement justifiées. Le cas échéant, il s’agirait alors bien évidemment d’un drame pour les victimes et d’un scandale pour le monde. Or ces éléments, sauf erreurs de ma part, n’apparaissent nulle part dans le blog.

    L’objectif du blog semble d’être d’appeler à plus de rigueur et de neutralité, mais sans mention de précaution (« il nous semblent très probable que les accusations soient erronées, mais au fond nul ne peut en être absolument certain. ») et de respect (« si les accusations sont vraies, alors c’est épouvantable »). Sans ces mentions, on a du mal à être convaincu de la neutralité. La démarche ne semble finalement pas tout-à-fait rigoureuse, mais plutôt partiale.

    L’absence d’une seule phrase évoquant que les accusation pourraient être justifiées, et que cela serait terrible, cette absence est surprenante, voire heurtante. Notamment pour le lecteur qui serait, lui réellement à la recherche de neutralité.

    Merci d’avoir pris la peine de lire mon commentaire.
    Bon courage pour ces épreuves si lourdes que traverse votre famille.
    Bien à vous,

    J'aime

  4. L’autre hypothèse liée à celle que vous évoquez en conclusion , expliquant les anomalies patentes de ces affaires en série , est celle d’une volonté de liquider la mémoire des pères Thomas et Marie-Dominique et de leurs oeuvres considérables . Jean Vanier en était un témoins privilégié majeur et il avait été épargné jusque ……à sa mort !

    J'aime

Répondre à MARIE ALIX HELDT Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s