Le Prof Benoit Pigé vient de nous livrer ici une nouvelle étude publiée dans une revue universitaire sur “l’affaire”. Il a procédé à la façon d’un audit détaillé sur les nombreux conflits qui ont surgi au sein des communautés en cause de 1937 à nos jours (la crise de l’affaire Chenu chez les dominicains, la crise de l’Eau Vive, les conflits d’influences au Vatican, la crise des départs à St Jean , les controverses théologiques, l‘action “brutale” de Mgr Barbarin chez les soeurs de St Jean, la crise à l’Arche, etc…) . Il met en lumière de nombreuses erreurs de gouvernance et s’étonne de l’absence de contre-enquêtes qui auraient pu être faites sur les témoignages les plus douteux.
Cette approche est originale car elle est sans concession sur les comportements des clercs et n’épargne personne y compris le p MD Philippe. Cette prise de hauteur est salutaire car elle contextualise les comportements des nombreux protagonistes de l’affaire.
Benoît Pigé met aussi en avant les nombreuses contradictions dans les récits de la principale plaignante Michelle-France Pesneau. Il en note les incohérences qui n’ont pourtant jamais été relevées par les accusateurs et les historiens sollicités pour instruire uniquement à charge …
Le seul bémol que je ferais sur ce travail remarquable par sa précision et son analyse est que l’auteur ne fait pas assez la distinction entre les dysfonctionnements des hommes d’Église et l’action de l’Église-Institution qui reste Sainte quoique que fassent ses membres y compris ceux qu’on dit être des princes de l’Eglise.
Qu’il me soit permis de faire remarquer à Philiaque que je citais et commentais un paragraphe de Benoît Pigé. Cordialement.
V.Guermonprez
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Oui, il est plus qu’utile de rechercher la vérité pour relativiser les erreurs, dénoncer les mensonges, mettre à nus les a priori servant une propagande anti-chrétienne et tout simplement destructrice du tissu humain.
Ce nouveau rapport rationnel remet un peu de justice quant à la vérité, ou aux vérités si vous préférez. Enfin un peu d’intelligence contre des déchainements de bêtises jusque dans les grands média; ceux-ci sont désormais les nouveaux pontes de la pensée unique. Gare à ceux qui cherchent encore du discernement pour sortir de l’arbitraire affectif de masse.; ils risquent d’être rejeté dans le clan des complotistes.
Le devoir de vérité est plus que jamais un combat nécessaire; à tous les niveaux: historique autant que philosophique, politique ou théologique….
Monsieur Pigé a une parole franche digne d’être lue dans sa discipline historique; je respecte aussi son essai de jugement sur les personnes à travers le rassemblement des faits. Néanmoins, certains jugements concernant l’enseignement du père Philippe est nettement trop caricatural, trop succinct, beaucoup trop rapide. Des décennies de recherche et d’enseignement philosophique à la qualité reconnue de son vivant ne peuvent être résumés en quelques formules abruptes. C’est bien trop réducteur de qualifier le père Philippe de dogmatique prêchant exclusivement La Vérité au point d’en exclure ceux qui pensent autrement. Il faut avoir fréquenté longuement ses cours, ses écrits pour garder l’humilité et éviter prétendre enfermer le personnage dans un catalogue de classification. Ne nous faisons donc pas les juges comme les pontes de ce monde médiatique. N’y-a-t-il pas un Juge Miséricordieux Unique, qui Seul a la Sagesse et qui dépasse infiniment nos petits jugements humain sur le cœur et les intentions personnelles? Mais sortir des ornières, oui! Merci pour cela!
Même le Maître est venu non pas pour juge mais pour sauver. Annoncer la vérité et en vivre autant que nous le permet la volonté humaine portée par la grâce.
Merci encore pour cette publication, dont la pertinence m’apparaît plus que nécessaire
Bien à vous, proches des victimes de tous bords.
Gloire à l’agneau immolé!
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Faut-il « auditer » l’Eglise? « Non dignus sum » de répondre à une telle question…
Qu’il me soit permis seulement de réagir à un paragraphe du propos de Benoit Pigé, au demeurant fort intéressant du point de vue de la gouvernance de l’Eglise, liée à notre humanité, si humaine, « trop » humaine ?
« Si Montaigne et La Boétie pouvaient parler d’amour d’amitié parce qu’ils le vivaient intensément, il n’en est pas de même de M-D. Philippe. Ce dernier n’a pas d’alter ego. Il n’a personne avec qui partager cette proximité. D’une certaine manière, sa doctrine d’amour d’amitié est une idéalisation de ce qu’il aurait sans doute aimé connaître. »
L’Ami du père Marie-Dominique est Celui qui l’aima le premier et dont il cherchait, vaille que vaille, à lui rendre un amour « réciproque ». Combien de fois l’ai-je entendu dire que sa « finalité » (son bien « choisi ») était le Christ!
Sur la ligne de crête d’un amour exigent, il put déraper (?) mais je ne suis pas digne de lui lancer la première pierre. Il me semble qu’il fut fidèle, toute sa vie, à la voie de la « finalité » (la 5ème des voies d’accès à la nécessité de l’existence d’une Source de tout amour) dans sa recherche de la Vérité.
On peut faire de la métaphysique en toute intelligence sans avoir un jour, un instant, souffert d’aimer, comme on peut avoir souffert d’aimer sans connaître jamais l’objet, ipse, hic et nunc de son amour. Entre l’être sans amour, qui est le dur hiver, et l’amour sans être, qui est la mort au printemps », faut-il choisir ? Vladimir Jankélévitch répondait à cette question, en conclusion de sa Philosophie première, en évoquant « un point insaisissable où cette tragédie d’alternative devient une chance merveilleuse »!
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Comment pouvez dire que lez père Marie-Dominique n’a pas connu l’amour d’amitié et qu’il « l’idéalisait » alors que , me semble t-il , il le décrivait dans sa forme parfaite finalisant notre agir .
L’ami est-il , d’ailleurs , un alter EGO ?
Sur la « gouvernance dans l’Eglise » je renverrais aussi à l’article du père François de Foucauld , affable et sociable , paru dans la Croix quelques mois avant sa disparition tragique et inattendue
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Est-il utile de remuer encore une fois tout cela ?
Personnellement je m’inquiète sur la gouvernance de François, ses incohérences alors que nous ne sortons toujours pas de la crise qui suit Vatican II et Mai 68.
Toute une partie des fidèles,souvent des jeunes et de jeunes familles ,n’est pas entendue ,des évêques reprennent leur parole donnée ,liquident un jour ce qu’ils trouvaient très bien la veille ,rien de tout cela ne me semble un comportement fidèle à l’enseignement évangélique !
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De même qu’il y a une herméneutique de continuité autrement dit la Tradition , dans l’Eglise qui transmet le contenu de la Foi , il y a des forces centrifuges , une « herméneutique de rupture » selon l’expression du pape Benoit XVI .Il est très important d’en comprendre l’histoire et les récurrences/résurgences ,si ce n’est la genèse , jusqu’à AUJOURD’HUI pour essayer de comprendre « les signes des temps »
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