Vrais ou faux témoignages au sujet du père Marie-Dominique Philippe ?
“Les fausses allégations d’abus sexuels (terme générique pour qualifier agressions sexuelles et viols) représentent environ 30 % des plaintes” écrit Michèle Agrapart-Delmas, criminologue, expert à la Cour d’Appel de Paris, Professeur émérite à l’IHESI, dans son livre ‘Femmes fatales”[1] Elle n’hésite pas à dire après avoir étudié plus de 3.000 dossiers pendant 30 ans que ces femmes “sont au centre des médias et certaines en tirent un bénéfice psychologique et financier, deviennent des héroïnes des temps modernes, confortées par les victimologues. (…) la crédibilité des dires n’est bien évidemment pas la réalité des faits et le mensonge trouve parfois sa place dans certains témoignages. (…) Agressions féminines subtiles de fausses victimes qui par vengeance conduisent un homme à la mort sociale selon le schéma traditionnel : interpellation, garde à vue, auditions, confrontations, expertises, procès.
Vrai ou faux ? La question centrale que l’on doit poser aux auteurs du dernier rapport de la communauté St Jean (Juin 2023) ! est bien “Pourquoi vous n’envisagez pas d’être en présence de faux témoignages post mortem principalement contre le P. Marie-Dominique Philippe ?
Question bien légitime, alors que ce rapport nous livre des accusations uniquement à charge contre ce dernier avec des actes allégués qui vont des plus sordides (emprise pendant plus de 20 ans) alors que d’autres semblent presque anodins (quand il question de “mains posées sur les genoux” ou “sur les avant cuisses”[2]). Le rapport se veut “historique” mais les auteurs précisent qu’il ne s’agit nullement d’une instruction judiciaire ou d’un procès” (introduction p 10) . Dommage, car une véritable “instruction” des faits dénoncés eut été en effet souhaitable au préalable car elle aurait pu éviter une accusation uniquement « a charge » et changer la nature même des conclusions. Notons par exemple que les mots “abus”, “abuseur” ou “abusée” figurent 2.209 fois dans le rapport. Le mot “victime” 970 fois mais la notion plus prudente de “plaignante” qui pourrait faire la place à un doute raisonnable sur les allégations n’y figure 24 fois [3]
A/ L’accusation centrale repose d’abord sur le Chapitre 4 : “MARIE-DOMINIQUE PHILIPPE ET TROIS FEMMES” (signé Renaud-Marie Desplanques)
Examinons les cas de ces 3 femmes :
1/ Nicole B. “Elle avait 18 ans quand elle rencontra pour la première fois le père M.-D. Philippe. C’était en 1950” (p 85). Ce cas pourtant important par sa durée n’est examiné que sur 3 pages. On y découvre qu’ils auraient eu des gestes “intimes” . Puis dit le rapport au sujet de Nicole B “Un événement l’a particulièrement marquée et lui a permis de se rendre compte du caractère anormal de ces gestes et de l’emprise qu’avait sur elle le père Philippe. Un jour, en 1986, il lui a demandé une fellation. Jusque-là, dit-elle, il pouvait tout lui demander, elle avait une confiance absolue en lui, elle dépendait totalement de lui, « J’étais sa chose, il faisait de moi ce qu’il voulait» . Aucun détail, autre que cet événement n’est avancé. Il aurait donc fallu 36 ans et donc à l’âge de 48 ans ( et des centaines de confessions… ) pour avoir cette demande et qu’elle se “rende compte du caractère anormal de ces gestes” ! Aucun document, aucun témoignage ou autre élément dans cet énorme dossier ne vient corroborer les affirmations de cette dame. Nous ne pouvons qu’être assez dubitatifs sur la véracité du récit de cette plaignante. La CSJ aurait dû l’écarter par mesure de prudence.
2/ Alix Parmentier
Ici, des explications sur la biographie d’Alix Parmentier sont plus abondantes ..;
Mais curieusement les “preuves” apportées sont complètement absentes puisqu’elle n’a jamais été “plaignante” ou “témoin”. Voici le raisonnement fait pour conclure au fait qu’elle est “victime” du Marie-Dominique Philippe :
Étant donné ce que nous savons par ailleurs des attitudes et des comportements du père Philippe dès les années cinquante, tout conduit à penser qu’il abusait sexuellement sa jeune dirigée durant – si ce n’est avant – les années soixante.[4]
Chose rare dans le rapport, les auteurs n’affirment pas péremptoirement être devant un abus mais ils sont comme contraints de faire une hypothèse[5]. De plus, sr Alix est aussi présentée comme une femme ayant abusée de soeurs et même de frères. Aussi en toute logique, elle aurait été “initiée” par le p Marie-Dominique Philippe. Un passage “laché” par le rédacteur mérite d’être relevé“ Alix a par la suite écrit à un frère dont elle a abusé”[6] . Ici c’est elle qui aurait donc abusé d’un frère (sic!). Ce frère dont il est question est certainement Marie-Alain d’Avout qui fut présent à la fondation de la communauté St Jean avec des responsabilités d’enseignement. Les anciens étudiants se souviennent que ce frère était amoureux à l’époque d’Alix quand ils faisaient des études à Fribourg…
Il est important de noter que ce frère Marie-Alain aurait eu une vie sexuelle assez active avec plusieurs femmes au cours de sa carrière. Au point qu’il fut récemment excommunié pour inconduite en 2022 (et probablement pour “absolution du complice” suivant le canon 1378). C’est un fait important que pourtant la communauté s’est bien gardée de rendre public. L’information a été confirmée à Libération en mars 2023 par Mgr Xavier Malle, l’évêque de Gap-Embrun (Hautes-Alpes), le diocèse dans lequel réside Marie-Alain d’Avout depuis 2019 après un exil au Canada. [7] Toujours d’après Libération : Contrairement à d’autres renvois – comme celui en janvier de Benoît-Emmanuel Pelterau-Villeneuve – les Frères de Saint-Jean n’ont pas publié de communiqué officiel faisant état de la sanction de Marie-Alain d’Avout. En fait, celui-ci fait partie des premiers compagnons de Marie-Dominique Philippe, dans son cercle d’étudiants à Fribourg en Suisse, dans les années 70.”
Il est vrai que Marie-Alain fut un acteur actif et influent dans les premières dénonciations par la CSJ de son fondateur ! Cela aurait fait mauvais effet de faire savoir cette information… Il voulait sans doute se justifier (toujours selon des frères de la CSJ ) de ses écarts en accusant le père Marie-Dominique Philippe de n’avoir pas été assez ferme avec lui dans sa direction spirituelle. On retrouve, là encore, le père Marie-Dominique Philippe comme bouc émissaire des problèmes de la Communauté et de certains frères…
3/ Michèle-France Pesneau
C’est seulement en 2015, quand Michelle-France Pesneau est devenue la pièce maîtresse des accusations à la suite de l’émission d’Arte et de la campagne de presse bien orchestrée qui s’en est suivie, que nous avons pu avoir un accès direct à ses nombreuses déclarations publiques. A la suite d’une analyse critique, j’ai montré les grandes incohérences de ses déclarations et j’ai eu la conviction que cette personne était bien une “victime”, mais de sa propre imagination et de ses nombreux problèmes psychologiques qui remontent à sa petite enfance. Or jamais, les responsables de St Jean ou de l’Arche n’ont mis en doute ce témoignage. Le dernier rapport de la CSJ cite le nom de Mme Pesneau 96 fois sans jamais émettre le moindre bémol malgré les outrances que j’ai amplement relevées dans mon analyse. (par ex. elle dit “tranquillement” avoir été violée pendant 25 ans sans en avoir eu conscience et par les deux frères l’un après l’autre, que le père Marie-Dominique Philippe faisait sur elle des analyses gynécologiques, etc..).[8]
Dans une déclaration récente sur Youtube, par contre, elle dit ( à la 52ème minute) “j’ai plus souffert des réactions des personnes dans l’Arche après avoir parlé, que de mes années d’abus !”. Réaction étonnante pour une personne qui dit avoir été violée physiquement et surtout psychologiquement pendant 25 ans !
La lecture de son livre “L’emprise” (éditions Golias) est éclairante. Elle présente son ouvrage comme une véritable psychothérapie. Aussi nous sommes en droit à notre tour de faire une analyse psychologique et critique de ses écrits. Ce qui est frappant à la lecture de ses textes c’est de voir qu’elle a toujours eu le statut de victime dès son plus jeune âge. Dès sa naissance, elle est mal aimée de sa mère (qu’elle appelle par son prénom Elisabeth) qui aurait voulu un garçon[9], quand on lui coupe les cheveux, elle ressent cela “comme une mutilation”[10] Elle est mal aimée de sa tante Perle quand elle part en vacances avec elle[11], elle rentre dans une “période de dépression intense et de solitude” à l’adolescence à l’âge de 14 ans[12], ensuite c’est avec ses supérieures du couvent qu’elle est en conflit[13]. Elle quitte son Carmel sans prévenir et échappe ainsi à l’emprise mortifère des ses supérieures. [14] Elle voit à Paris le père Marie-Dominique Philippe avec qui elle dit entretenir une relation toujours sous “emprise”.
Elle est ensuite victime du régime austère que lui “impose” Mère Winfrida Philippe dans le petit couvent très pauvre d’Azé où elle est hébergée (gracieusement…) pendant un an et demi pour tenter une nouvelle vie comme religieuse… Elle se plaint de l’alimentation pauvre, du froid qu’il fait l’hiver dans sa chambre et de la chaleur qu’il y fait l’été[15]. Elle part ensuite à Trosly Breuil à l’Arche sur le conseil et la recommandation du père Thomas Philippe. Elle se plaint à nouveau de son sort, de ses collègues de la Ferme avec qui elle sent comme “’agressée”[16],
Elle prétend qu’elle doit “attendre tous les soirs” le père Thomas pour “être abusée” , attente qui réveille en elle “une très ancienne et très douloureuse angoisse d’abandon” [17]
Elle estime que le père Thomas a “abusé une bonne centaines de personnes, majoritairement des femmes mais aussi quelques hommes” [18]. Un chiffre proprement délirant pour tous ceux qui connaissaient (même de façon sommaire) la vie du père Thomas à Trosly Breuil.
Elle n’est pas avare de descriptions et de détails de nature pornographique.
La sexualité est très présente dans son livre où beaucoup de faits sont analysés (ou plutôt fantasmés) sous cet angle. Par exemple, elle est très amie avec Anne qui a de gros problèmes de santé physique et psychologique ( Cancer, AVC, tentatives de suicide…) et qu’elle héberge chez elle avec beaucoup de compassion. Mais comme pour se justifier, elle croit devoir dire , “il faut préciser qu’il n’y a jamais rien eu de sexuel entre nous” [19] Une précision qui est ici parfaitement inutile… mais qui en dit long sur ses problèmes.
Elle “analyse” par exemple les grâces reçues par le père Thomas lors des longues oraisons qu’il a pu faire en 1938 à la chapelle Mater admirabilis à Rome comme étant d’après elle, une “nuit de noce avec Marie” et affirme que “s’il s’était contenté de grâces érotico-mystiques avec la Vierge Marie seule, il n’aurait pas fait autant de mal à autant de femmes” [20]
Quant au père Marie Dominique, il aurait écrit “ à demi mots” dans une lettre qu’il lui aurait adressé après la mort de son amie Anne qu’il ne verrait pas d’inconvénient à ce que Michèle-France noue une “relation” avec le jeune prieur de St Jean d’Attichy près de Trosly[21]. Bien sûr, cette lettre compromettante de 1997 ne figure pas en fac-similé dans son ouvrage contrairement à d’autres documents moins importants. Cette lettre mystère lui aurait inspiré la réflexion suivante : “je cherche un père, je n’ai pas envie de coucher avec mon petit frère. Et je pressens que ce serait la relation de trop qui me ferait basculer définitivement dans je ne sais pas bien quoi : la folie sans doute.”
Elle lui écrit donc en 1997 “qu’elle ne viendra plus le voir” . Cette lettre, bien sûr, ne figure pas non plus dans la correspondance abondante que le père Marie-Dominique Philippe avait conservée sans doute par négligence et que maintenant la CSJ épluche et “dissèque” depuis 10 ans pour retrouver les moindres petits indices de ses nombreuses “perversions” présumées. [22]
Son livre est truffé d’autres détails qui dénotent sa grande fragilité. Ainsi toujours au sujet du père Marie-Dominique Philippe, elle prétend qu’elle a vu des “admirateurs masculins pendant une session se mettre à quatre pattes devant et lui cirer ses chaussures” [23] . Ce détail ferait sourire dans d’autres circonstances mais est révélateur de la grande confusion mentale de cette dame. Effectivement au sens figuré, on peut dire qu’à l’époque certains admirateurs auraient pu “lui cirer les chaussures”. Mais jamais personne ne peut attester avoir vu cela se faire au sens propre du terme.
Pourtant, toutes les affirmations de Michèle-France sont prises au pied de la lettre comme “parole d’évangile’. Ce qui fait dire au frère Jean-Eudes sans aucune gêne en reprenant les écrits de Michèle-France Pesnau que le père Marie-Dominique Philippe aurait dû être considéré comme coupable de délits passibles d’excommunication pour “absolution du complice” et/ou pour “sollicitation en confession“ [24]
Une psychologue clinicienne m’a écrit en mai 2019 spontanément après la mise en ligne de mon analyse en me confirmant que le témoignage de cette dame était « sujet à caution ». Elle dit que « Les allégations de cette personne, sa posture, divers éléments me font penser à un cas d’érotomanie ».
En relisant son intervention dans Golias, on relève des assertions qui confirment cette hypothèse : « Je suis totalement sous son emprise, et il peut obtenir de moi ce qu’il veut. Il en profite. Il a tout de même une limite : il substitue à la pénétration pénis-vagin, la pénétration pénis-bouche. Il a préalablement vérifié du doigt la présence de la marque de ma virginité et m’a dit qu’il avait « un très grand respect pour ma virginité » Il faut noter que pour décrire les faits présumés, Mme Pesneau fait un usage presque anormal de termes comme «substitue à la pénétration pénis-vagin » ou bien « la marque de ma virginité » ! (pour parler de l’hymen..).Cela semble le signe, entre autres problèmes, d’une sexualité plus fantasmée qu’effective. Nous avons surtout ici une preuve littérale des affabulations de Michèle-France Pesneau car concrètement il est impossible de « vérifier » au doigté la présence de l’hymen chez une femme. Seul un examen visuel réalisé par un médecin dans une position gynécologique avec les méthodes et les instruments adéquats (avec un speculum court pour être précis…) pourrait vérifier la présence d’un hymen. On peut se demander aussi l’intérêt d’une telle vérification…
Aussi, à la vue de ces trois cas, on vient nécessairement à douter légitimement des autres plaignantes. Si leurs dispositions psychologiques sont analogues à celles de Michèle-France, alors les frères de St Jean devraient adopter une position moins affirmative sur les agissements qui sont mis sur le compte des pères Philippe.
B / Les autres “abus” ou “plaignants”
1/ A l’égard de “frères”
Le rapport affirme que “Trois actes d’abus sexuels commis par le père Marie-Dominique Philippe sur des frères ont été rapportés. Ces actes sont de deux types : un baiser sur la bouche et deux gestes où il attire les mains de l’autre sur son propre sexe par-dessus son habit dominicain.”[25]
Il est difficile d’apprécier la véracité des témoignages. Ils figurent en bonne place sur le site de l’avref [26] et dont un, anonyme, provient d’un ancien frère. Il est donc encore une fois anonyme, y compris pour la communauté St Jean mais est repris sans aucune vérification de pertinence.
En les lisant attentivement, on sent le règlement de compte.
L’un en particulier vise le Fr MD Goutière (exclu récemment de l’état clérical) et donc par ricochet le père Marie-Dominique Philippe. Ce frère (qui a été ordonné prêtre…) affirme sur le site de l’AVREF qu’il aurait été abusé plusieurs années par le fr Goutière et qu’il en aurait parlé “sans résultat” au père Marie-Dominique Philippe. Étonnamment, il s’insurge contre l’application du canon 1378 qui, selon lui, ne devrait pas parler du délit “d’absolution du complice” car une victime ne peut pas être complice des “abus” qu’elle aurait subi. Or, pourtant, en demandant l’absolution pour un péché qu’elle mentionne, une victime adulte reconnaît explicitement qu’elle a une part, même très minime de responsabilité, de consentement dans l’acte en question. Ce frère ne semble pas vouloir l’admettre. Il semble surtout très fragile psychologiquement malgré toutes ses affirmations et ses analyses. Son témoignage n’est donc pas crédible et surtout très indirect.
Pour les deux autres, à la lecture des témoignages, il est difficile de dire si le fait pour ces frères d’avoir été en situation de pouvoir “effleurer le sexe” du père Marie-Dominique Philippe (ou craint de le faire..) était de nature à caractériser cette situation (même si elle n’est pas “orthodoxe”) comme un acte volontaire et pervers du père Marie-Dominique Philippe. Pour notre part, il nous semble assez évident que le père Marie-Dominique Philippe n’avait pas un profil homosexuel et ne recherchait pas ce type de contact.
2/ a l’égard des femmes :
Le rapport (P 128) au lieu d’examiner chaque cas fait une synthèse proche de l’amalgame : Alors que la majorité des victimes se sont rendu compte assez vite du caractère malsain ou au moins anormal des gestes posés, quelques personnes sont devenues, au moins dans un premier temps, profondément dépendantes de ces actes et du père Marie-Dominique Philippe, avec la conviction de vivre quelque chose d’exceptionnel, de l’ordre de la grâce, une forme de privilège. On peut se demander dans quelle mesure le sentiment d’être privilégiée, d’avoir été choisie parmi beaucoup d’autres, n’a pas joué un grand rôle dans ces abus, les actes sexuels étant une manière d’être « encore plus proche » du père Philippe. Le thème de la proximité revient souvent dans les lettres. D’autre part, le fait que les victimes le remercient, qu’elles aient l’impression qu’il leur fait du bien, a pu renforcer chez le père Philippe le sentiment qu’il leur faisait du bien.
Les références pour justifier ces assertions sont censées être contenues dans les nombreuses lettres que le père Marie-Dominique Philippe a conservées et qui seraient donc comme des “preuves” :
« Je vous remercie de tout, de me permettre d’être si proche de vous, si libre avec vous… ».« Et puis je vous remercie beaucoup de tout, beaucoup, de toute votre confiance, de toute votre tendresse, si fort. […] C’est vrai c’est une immense joie d’être si proche de vous » (dossier MDP, ACASJ).
« […] je vous aime à la folie ».« Je veux être l’épouse de votre cœur et avec vous aller jusqu’au bout de l’amour. […] Je vous aime, je veux vous aimer à la folie ! ». « C’est vrai que je vous aime « immensément ». C’est même bien plus profond que je ne peux le dire. Peut-être vous voyez on ne saura cela qu’au ciel. Combien les liens qui sont entre nous sur la terre sont déjà si forts, si intenses. Enfin c’est assez mystérieux. ». « Je vous aime tellement. Terriblement fort. ». « Je voudrais vous dire que je vous aime « terriblement fort » (et c’est vrai !). » « Je vous écris pour vous dire que je vous aime tellement » (dossier MDP, ACASJ).
« Merci de ton petit mot. C’est bon d’avoir un signe de temps en temps, qui me rappelle que tu es toujours là – que ton amour est toujours là. » Ou encore : « Si l’amour est une prière, alors je prie pour toi sans cesse, douloureusement, mais avec des petits éclairs de joie parfois. Tu es présent très intensément dès que je suis seule – surtout le soir, la nuit, le matin » (dossier MDP, ACASJ)
Bien sûr, il est facile de trouver au premier degré une connotation sexuelle dans ce type de lettres qui “laissent à penser que..”. Mais n’aurait-il pas fallu faire plutôt une analyse psychologique des personnes à l’origine de ces correspondantes ? Nous aurions ici plutôt la preuve de possibles affabulations pathologiques ou d’attraits pour les phantasmes chez toutes ces personnes. Rappelons que le fantasme est communément définit en psychologie comme la “construction imaginaire, consciente ou inconsciente, permettant au sujet qui s’y met en scène, d’exprimer et de satisfaire un désir plus ou moins refoulé, de surmonter une angoisse”. Il faut enfin remarquer que ces présumées “victimes” ne sont en fait même pas des plaignantes puisqu’il s’agit de correspondances adressées au père Marie-Dominique Philippe …
Il est de notoriété publique que le père Marie-Dominique Philippe était très tactile et y compris en confession et mettait les mains sur les genoux des pénitents (homme ou femmes). Ou bien prenait les mains pour les mettre sur ses propres genoux ou ses avant-cuisses. Des milliers de personnes pourraient témoigner de ce comportement notoire sur des dizaines d’années! Moins d’une vingtaine font état de ce qui peut être qualifiable de dérapages… Car ce geste familier, bien qu’il soit dans l’intention des pères Philippe un signe de miséricorde, est de fait assez ambigu et ambivalent. Il l’est devenu encore plus depuis le début des années 2000 et donc la source des problèmes évoqués ici.
En conclusion, En dénonçant son fondateur le 13 mai 2013, le prieur de la Communauté St Jean de l’époque, le père Thomas Joachin affirmait vouloir :
1/ Maîtriser la communication sur le sujet par “crainte de fuite dans la presse” et donc “pour garder le contrôle”.
2/ cantonner l’accusation à “des gestes contraires à la chasteté” sur des femmes majeures
Pour appuyer ses dires, il répétait à l’envie qu’il avait des témoignages “convergents” et “crédibles” .
Dix ans plus tard, on peut mesurer le désastre de sa stratégie qui a fait que la grande presse et en particulier la plus anticléricale de France et même du monde, s’est engouffrée irrémédiablement dans cette brèche sans que plus rien n’arrête ce torrent au point que même le pape François a cru devoir “en rajouter” dans un de ses voyages en avion.
La réputation des pères Philippe est définitivement anéantie. La Communauté St Jean est au bord du gouffre. Les abus continuent à St Jean comme dans les autres communautés religieuses ou ecclésiastiques. Les témoignages ne sont plus du tout “convergents” puisqu’on va du “viol pendant 25 ans” a des “caresses furtives”. Ils ne sont donc plus crédibles. Mais les frères continuent à sortir des “rapports” pour y faire d’improbables analyses où la psychanalyse de comptoir voisine une théologie simpliste. Des « historiens » sont bien sûr convoqués dans cette affaire avec la bénédiction des autorités de l’Eglise pour éplucher, encore et encore, des “pièces” qui peuvent être interprétées dans plusieurs sens.
Il manque pourtant un vrai travail de justice qui ne peut pas être réalisé par ceux-là même qui ont “lancé la première pierre” . Peut-être sera-t-il fait dans quelques années …
Notes :
[1] Chapitre XI, Agrapart-Delmas, M. (2009). Femmes fatales: Les criminelles approchées par un expert – Essais – documents. France . Editions MAX MILO.
[2] voir P 119 du rapport “Là encore, le père Philippe a pris les mains de cette personne et les a placées dans son entrejambe, ce qui a mis cette jeune très mal à l’aise, sans qu’elle puisse s’autoriser à douter de la sainteté du père”
[3] Quand le parquet de Paris a ouvert en mai 2023 une enquête pour « tentative de viol » mettant en cause Mgr Georges Colomb. évêque de La Rochelle et Saintes, pour des faits qui se seraient déroulés en 2013, on a pu noter une communication inédite pour ce genre d’affaires quand l’archevêque de Poitiers, Mgr Pascal Wintzer, dit « Je fais confiance à la justice de notre pays pour faire la lumière. Je redis ma sollicitude pour la personne plaignante et rappelle la présomption d’innocence à laquelle Mgr Colomb a légitimement le droit ». (france info le 14/06/2023)
Cet évêque parle bien : 1 / de “personne plaignante” et non de “victime”, 2 / du principe important de “présomption d’innocence ». C’est un discours que nous aurions aimé entendre à propos des accusations sur les pères Philippe et Jean Vanier.
[4] rapport p 90
[5] le rapport p 110 réaffirme à nouveau : “Il est difficile d’avoir une preuve dans ce domaine. Pourtant, plusieurs témoignages inclinent très fortement à penser que la relation entre le père Marie-Dominique Philippe et Alix Parmentier impliquait une dimension sexuelle”
[6] rapport P 117
[7] «En tant que victime, ma parole n’a jamais réussi à percer en vingt ans», estime Laurence Poujade. Elle se réjouit de la sanction mais déplore ne pas avoir été officiellement prévenue. L’ex-prêtre a été condamné par l’officialité de Paris (le tribunal ecclésiastique) en mars 2022 pour des violences sexuelles commises à l’encontre de religieuses. «Les victimes ont été prévenues de la sanction prise contre Marie-Alain d’Avout par notre commission SOS Abus», précise la congrégation des Frères de Saint-Jean. Laurence Poujade, elle, maintient n’avoir jamais reçu cette nouvelle. Selon les informations transmises par les Frères Saint-Jean à Libération, ceux-ci considèrent que Laurence Poujade ne fait pas partie des victimes de Marie-Alain d’Avout, une plainte déposée par ses parents en 1999 ayant conclu à un non-lieu.
[8] voir https://marie-dominique-philippe.com/2021/03/05/marie-dominique-philippe/
[9] M-F Pesneau, L’Emprise, Golias, p 15
[10] ibid. p17
[11] ibid. p33
[12] ibid p 36
[13] ibid p 45 et s.
[14] ibid. p 79.
[15] Ibid. p 82
[16] ibid. p 113
[17] ibid. p101
[18] idid p 104
[19] ibid. p153
[20] ibid. p 104
[21] ibid. p 154
[22] ibid p 154
[23] ibid. p 81
[24] rapport p 148 et 149
[25] rapport p 137
[26] AVREF.FR https://avref.fr/
Ancien frère de St Jean dans les années 80 pendant 2 ans environ , ayant quitté sur avis du père Philippe Marie Mossu , alors maitre des novices , après 1 franche et AMICALE discussion , je garde un très précieux souvenir de ses années et notamment des enseignements du père Marie-Dominique qui m’aide quasi tout les jours aux plans humain et chrétien à persévérer malgré les doutes et les failles au milieu du chaos dans le monde et …..dans l’Eglise .J’aimerais me recueillir sur sa tombe sans passer par la dite « communauté St Jean » actuelle si cela est possible ….Je garde aussi un souvenir ému du père Thomas après une unique et brève rencontre alors qu’il était bien fatigué et agé et un très bon souvenir de ses nombreux fils spirituels , humbles et fraternels , dans la cté St Jean de l’époque . J’aimerais aussi me recueillir sur sa tombe
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A propos de « lettres d’amour » reçues par le père Marie-Dominique , qui ne sont pas explicitement ni forcément érotiques ou sexuelles ( sauf pour des esprits biaisés ou malsains , certaines pourraient résulter de ce que l’on appelle un « transfert » en psychiatrie et illustrer la célèbre , mais discutable , sentence de McLuhan « medium is message » confondant le média(teur) et le message .
Or le père Marie-Dominique était , n’en déplaise aux contempteurs , pour beaucoup un extraordinaire témoins , transmetteur , media , d’un amour intense du Christ et de son Eglise et d’un amour d’amitié trop souvent ignoré voire méprisé comme une forme mineure de « l’amour » dans une société érotomaniaque et trop souvent suspecté dans l’Eglise ( suspicion à l’égard des « amitiés particulières » considérées comme exclusives et donc opposées à un amour chrétien « universel ) .
D’autre part pour ce qui est de la « forme » , du procédé ( à défaut de procédure ) , est-il normal que la direction actuelle de la « communauté St Jean » accède , dispose et se serve de la correspondance privée du père Marie-Dominique pour l’exploiter à sa guise avec une partialité que l’on peut supposer compte-tenu de ce qui précède et qui biaise a priori un rapport qui peut être considéré comme rapport ad hoc . N’assiste t-on pas là , une fois de plus , à un vice de forme patent dans ce « procès » qui n’en est pas un ? C’est une confirmation
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Merci de poser une question élémentaire et fondamentale , brisant ainsi un mur épais de silence ou soulevant une chape de plomb médiatique .
Les faux témoignages ( et les fausses « victimes » ) permettent d’emblée , dés le départ , un « témoignage » en appelant un autre , fonctionne comme des cellules tumorales se développant de façon anarchique , folle , et envahissant un organisme sain .
Se serait faire oeuvre de salubrité , de vérité et de justice que de remonter , et éventuellement ( probablement ) démonter , un processus largement obscur , peu transparent , en y décelant de très probables biais initiaux aboutissant à de volumineuses / bruyantes excroissances tel le dernier « rapport » .
Parmi les témoins plus que douteux il en est un , ancien frère de St Jean , que vous ne citez pas et qui pourrait être un élément clé de l’édifice ( la construction ) .
Enfin certains « témoins » n’existeraient pas sans le rôle majeur de certains médias dont il serait bon de parler aussi
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Merci pour ce laborieux travail de rectification contre un tribunal médiatique massif qui a perdu la raison et qui se nourrit d’une malsaine curiosité et de haine pour survivre.
Comment ne pas pressentir dans cette obsédante machination, l’influence démoniaque qui joue avec la fragilité psychologique, la naïveté des gens, leur mal être d’un côté et de l’autre côté, il y a les accusateurs jaloux, frustrés se laissant contaminer par la haine destructrice. Ils seront jugés sur leur propre jugement. Qu’il se rassurent ou en tremblent!
Sans parler de l’influence médiatique cherchant le buzz pour faire marcher la boutique. Le règne du mensonge est à l’œuvre!
Peut-être que la réputation des père Philippe est anéantie par ce tribunal public auto-proclamé. Je ne crois pourtant pas que cela détruise leur œuvre et les fruits nombreux que la Providence a produite à travers eux. J’ en suis un témoin: jamais aucune calomnie ne pourra détruire l’œuvre divine dont ils ont été les instruments. Que ceux qui en doutent, continuent leur quête de vérité.
Réjouissons-nous donc parce que leur nom est inscris dans les cieux, dans notre cœur, témoins des merveilles du Crucifié toujours Vivant et à l’œuvre en chacun .
Vous avez raison d’invoquer un vrai travail de justice. Mais n’est-il pas déjà implicitement du côté des accusés, quand aucun tort majeur ne leur est « officiellement » reproché? Ce ne sont pas les agités du bocal et leur marionnettes qui pourront me convaincre de leur accusations.
Je pense même que tous ces conseils inter-ecclésiaux eux aussi plus ou moins auto-proclamés, ne peuvent être crédibles(même s’ils ont leur intérêt ad-intra, dans certains cas précis)). Rendez à César le jugement et la justice de ce monde. Le jugement attribué à l’Eglise est d’un autre ordre. Tout ce qui est publié sur l’agora publique dans la presse à scandale et celle qui joue avec le doute et la crédulité des gens, n’a rien de pertinent. Moins encore les journalistes catho qui surfent sur ces vagues dangereuses pour montrer on ne sait quelle bonne foi et pseudo-compassion. Leur conviction arrêtée les condamnent. Pas leurs interrogations qui les obligent à ne pas pondre des articles faciles et à reconnaître leur ignorance.
Je n’écris pas cela pour vous dissuader de continuer à défendre vos proches; au contraire, si cela vous permet en même temps de vous rapprocher de la Vérité par cette quête des vérités multiples qui nous sont nécessaires pour laisser Dieu nous rejoindre, dans notre bonne volonté rectifiée par une intelligence cultivée.
De tout cœur, donc avec vous en Jésus-Christ, Le Vivant!
Armand Theis
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