Note sur l’érotomanie probable des plaignantes

Il ne faut pas confondre l’érotomanie avec la nymphomanie qui le besoin maladif  et compulsif pour une femme d’avoir des rapports sexuels. L’érotomanie dans sa forme la plus classique ( cf Dr Laforgue) est un état passionnel qui se rencontre chez une femme ou jeune femme célibataire (dans environ 80-90 % des cas). Il se déroule en trois phases :

  • la phase d’espoir: la plus longue, où le malade espère que l’être aimé va se déclarer ouvertement. La plupart du temps, l’érotomane reste fixé, névrotique, à cette phase ;
  • la phase de dépit: la personne malade peut alors sombrer dans la dépression ; elle devient plus agressive ;
  • la phase de rancune: l’agressivité se tourne vers la personne aimée.

Cette phase de rancune expliquerait que ce furent les femmes les plus « accrochées » aux pères Thomas et/ou  Marie-Dominique  qui se sont retournées contre eux dans leurs accusations post mortem.

J’ai trouvé une description très ressemblante de la principale plaignante dans une recension  d’un ouvrage du psychanalyste italien Luigi Zoja «  Paranoïa, la folie qui fait l’histoire » (Les Belles Lettres, 540 p.)

Goût pour l’affabulation ou tendance plus ou moins marquée à voir des ennemis partout, divagation induite par la jalousie ou l’érotomanie (conviction qu’on est aimé par une personnalité célèbre), folie des grandeurs ou maladie mentale, la paranoïa a de multiples formes et degrés. L’American Heritage Stedman’s Medical Dictionary la définit ainsi : «1. Un trouble psychotique caractérisé par des délires systématiques, majoritairement de persécution ou de supériorité, en l’absence d’autres troubles de la personnalité. 2. Une forme extrême et irrationnelle de méfiance à l’égard des autres». Mais presque tous les manuels de psychiatrie précisent que le paranoïaque possède «une faculté de réflexion remarquable, [qui] n’empêche pas sa foi dans le contenu des idées délirantes» (Karl Jaspers), et que «le diagnostic de la paranoïa n’est pas toujours évident», dans la mesure où «les malades savent quelles réflexions sont considérées comme pathologiques et sont capables de les dissimuler ou les atténuer de manière à trouver des gens prêts à jurer qu’ils sont sains d’esprit» (Eugen Bleuler). Pathologie difficile à cerner, donc. «Construction logique bâtie à partir d’un noyau délirant et d’un postulat de base falsifié», elle autorise que l’on puisse «discuter avec un paranoïaque de la partie logique de sa pensée», aussi longtemps du moins qu’est tenu caché le «noyau central», lequel «ne souffre aucune discussion» puisqu’il relève d’une condition que le sujet «exige pour vivre», ou d’une «vérité» qui «ne demande aucune justification mais qui justifie tout». A l’origine de la paranoïa – «tromperie originelle dont le sujet est l’auteur et la victime» – se trouve sans doute une indicible souffrance, ou en tout cas une solitude, «brisée par le fantasme d’être au centre de l’intérêt de tous» ou de se sentir l’objet de toutes les malveillances : elle s’accompagne de mégalomanie, d’envie, de jalousie, de suspicion, quand elle ne débouche pas, dans les formes graves, sur un «syndrome d’encerclement et la conviction d’être victime d’un complot», d’une persécution.

https://next.liberation.fr/livres/2018/06/27/paranoia-le-corps-du-delire_1662376

Il serait intéressant de creuser la piste d’une forme spécifique de ce dérangement psychologique que l’on retrouve chez au moins trois plaignantes que j’ai pu identifier et « analyser » mais hélas qu’assez sommairement.

Jonckheere relève cinq mécanismes fondamentaux à la genèse de l’érotomanie :

  1. Le mécanisme compensatoire : à la solitude, par exemple chez les célibataires âgées.
  2. Le mécanisme conjuratoire : rendant possible la réalisation d’une relation hétérosexuelle imaginaire et dépourvue de danger et de culpabilité (phases érotomaniaques chez les schizophrènes).
  3. L’érotomanie de revendication,
  4. L’érotomanie venant nier une homosexualité latente.
  5. L’érotomanie de négation psychotique, protégeant des angoisses de néantisation par un délire assurant un « minimum contre l’insécurité ontologique fondamentale » déclenchée par un préjudice réel » chez des sujets présentant déjà une morbidité psychiatrique.

THESE de Doctorat pour le DES de Psychiatrie par Edouard-Jules LAFORGUE page 74

http://psyfontevraud.free.fr/theses/LAFORGUE-Erotomanie-2014.pdf

 

 

 

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